Histoire d’écrire #37 : du bon usage du narrateur

Nous avons vu la semaine dernière les différents types de narrateur : première personne, troisième personne, omniscient, etc. Pour plus de détails, rendez-vous ici.

Voyons désormais pourquoi, quand, et comment les utiliser.

La troisième personne

Comme nous l’avons vu, l’usage de la troisième personne se fait par défaut. En cela, j’entends qu’il s’agit de l’utilisation la plus courante et la plus facile pour la narration : il est possible pour l’auteur de dire par ce biais ce qu’il veut, passer d’un personnage à l’autre, briser le quatrième mur.

Attention : cela ne veut PAS dire que le choix de la troisième personne est un choix « faible ». Être original, pour le simple fait d’être original, n’est généralement pas vendeur. Je conseille plutôt de choisir tout simplement le type de narration qui correspond le mieux à l’histoire que vous voulez raconter.

Nous l »avons vu la semaine dernière, il y a trois possibilités pour utiliser la troisième personne. Nous allons désormais voir les avantages et inconveniants de ces choix.

Ominisient.

Le narrateur omniscient sait tout, passé, présent, futur, sur tous ces personnages. Même s’il est généralement plus focalisé sur l’un des personnages (le héros), rien ne l’empêche d’aller voir la psyché d’un ou d’une autre.

Il y a de nombreux avantages à cela, surtout dans le cadre de la fantaisie / science fiction, où un nouvel univers est mis en avant.

Décrire l’univers.

Un univers tel celui d’Interfeel possède de nombreux éléments : nouveaux objets, nouvel ordre social, modification. Ces informations ne sont pas toujours accessible aux personnages. Par exemple, le héros d’Interfeel, Nathan, est un jeune homme de 16 ans, encore naïf au début de l’histoire, qui n’a pas connaissance de ce qu’il s’est passé avant sa naissance, avant Interfeel. Être un narrateur omniscient permet de raconter ces éléments, en s’éloignant du point de vue du personnage.

Montrer les autres points de vue.

De nombreux conflits surgissent dans les histoires. Pour rester sur l’exemple d’Interfeel, une tension survient au chapitre 7 entre Nathan et Livia, et Nathan n’en comprend pas (sur le moment) la cause. La force du narrateur omniscient est qu’il peut par la suite se concentrer sur le personnage de Livia pour en expliquer la raison.

Une difficulté, alors, survient : il ne faudra pas oublier que les connaissances que possède le lecteur (sur Livia) ne sont pas connu de Nathan. Ainsi, il faudra gérer en permanance ce « décallage de connaissances » entre lecteur et protagoniste.

Les flashbacks et les forshadowings.

L’outil (pour moi) le plus puissant de l’écriture omnisciente, est de créer un suspens en mettant en relief ce qu’il se passe dans le présent avec des actions passées, et d’autres qui ne sont pas encore survenus. Nous pouvons prendre l’exemple de cette phrase :

S’il l’avait rattrapé à ce moment-là, rien des tragédies futures ne seraient arrivées.

Cette phrase prend un risque dans la narration : le lecture ne va plus se demandé ce qu’il va arriver, mais comment ces tragégies vont arriver (et ce qu’elles seront). C’est, vous vous en doutez, un outil à utiliser avec parcimonie.

D’une manière générale, ce procédé est particulièrement utilisé lors d’une multiplicité de personnages. Ainsi, ce n’est pas un souci pour passer de l’un à l’autre.

Le narrateur focalisé sur un personnage.

L’un des défauts de la vision « omnisciente », c’est qu’elle met de facto une distance entre le lecteur et le personnage, le lecteur se contentant d’observer le personnage, d’un point de vue presque sociologique. Le focale sur un personnage réduit les connaissances en dehors de ce dernier, et nous permets donc meilleure approche. Nous sommes plus « près » du héros, nous avons ses limitations.

Si nous restons dans un univers nouveau, il faudra alors trouver d’autres moyens d’expliquer au lecteur les choses qu’il ne connait pas encore. Celles-ci se font souvent en plaçant le personnage que l’on suit en position de « naïf », découvrant l’univers en même temps que nous, et nous apprenons en même temps que lui ces nouveautés. C’est le cas pour Harry Potter, qui ne connait rien du monde des sorciers au début de l’histoire.

L’avantage de ce focus est que l’on peut encore décrire le personnage au delà de lui même. Ainsi, nous pouvons décrire que le héros à peur, même si lui même n’en a pas conscience (et nous pouvons d’ailleurs expliquer que « lui même n’en avait pas conscience »).

Enfin, il est à noter que « omniscient » et « focalisé » ne sont pas des catégories imperméables. Interfeel, par exemple, est un peu entre les deux. Généralement, à chaque fois il se concentre sur un personnage de manière exclusif, offrant (rarement) des informations au delà de ce que perçoit le personnage.

Le narrateur externe.

Le narrateur externe est très spécialisé, surtout dans les polars. Dans ce type de narration, nous ne faisons qu’observer les personnages du dehors, comme s’ils s’agitaient sur un grand jeu d’échec, sans n’avoir aucune idée de ce à quoi ils pensent. Par nature, donc la vision de ces personnages est plus « froide » plus mathématique. Ce n’est donc pas un hasard si nous retrouvons principalement ce proécédé dans les polars, où les sentiments importent peut, si ce n’est que ce sont des éléments pour essayer de trouver le coupable. Les 10 petits nègres d’Agatha Christie en est l’exemple type.

Une version alternative de ce narrateur est le narrateur à la première personne qui n’est pas le héros, mais l’observateur du héros. Hasting et Hercule Poirot. Watson et Sherlock Holmes. On aucun cas nous ne sommes dans la tête du détective, mais nous l’observons, par le prisme du naïf, c’est à dire Hasting ou Watson, qui n’ont pas les capacités intellectuelles de Poirot ou Holmes, mais plutôt les nôtres. Du côté « cocorico », la saga des enquêtes du journaliste Rouletabille utilise le même procéssus, puisque ces aventures sont narrés par son ami, l’avocat Sainclaire.

L’usage de la première personne.

L’usage de la première personne est plus exclusif. Il offre une contrainte supplémentaire à l’écrivain : il est impossible de décrire ce qu’il se passe en dehors de la tête de son personnage principal, et nous n’avons accès qu’à ses propres perceptions.

Il est toujours possible d’écrire un roman de Fantasy ou de Science Fiction de cette manière, mais dans ce cas le rôle du naïf semble indispensable. L’exemple type va être la saga Hunger Game, ou Katniss découvrira le Capitole en même temps que nous.

The Hunger Games - Wikipedia

De même, la saga Twillight utilise le même procédé, Bella découvrant l’univers des vampires au fil des pages de la narration.

Le choix de la première personne, pour ce type d’ouvrage, n’est donc pas le choix par défaut, à l’instar de choisir de faire une photo noir et blanc à notre époque. Mais c’est un choix acté, pour offrir une nouvelle perspective de l’histoire ( de même que les photos noir et blanc offrent une nouvelle perspective de l’image). Car il y a des avantages.

La réduction de informations à transmettre au lecteur ont un avantage fondamental : cela humanise grandement le récit, et le met à l’échelle du héros, du moins de la personne que nous suivons. Le récit devient celui du narrateur. Expliquons cela :

Dans un récit à la troisième personne, si le héros, que nous nommerons Harry, à peur, le narrateur écrira vraissembablement

Harry a peur

A la première personne, le personnage dira certainement « J’ai peur ». (j’ai conscience que c’est un peu plat pour le moment, mais suivez mon raisonnement !)

Mettons maintenant qu’Harry a bel et bien peur, mais n’ose pas se l’admettre. A la troisème personne, on écrra donc :

Harry a peur, mais j’ose pas se l’admettre.

Et maintenant, si l’on passe à la première personne, on arrive à un problème : autant le narrateur externe peut comprendre que et le héros a peur, et il ne peut pas l’admettre.

Mais le narrateur interne ne possède pas cette distanciation avec lui-même (surtout si l’histoire est rédigée au présent). Il ne peut pas à la fois avoir peur, et le dire, s’il ne peut pas l’admettre.

Cela est une contrainte narrative. Mais une contrainte génératrice de créativité. C’est à l’écrivain de trouve un moyen de faire exprimer au héros un seniment qu’il n’ose pas admettre formellement (le coeur bat la chamade, les murs penchent, etc.).

Et cette manière de décrire un sentiment, de le ressentir, même, est beaucoup plus… humain ! On se colle vraiment au protagoniste, on partage, au point même d’en oublier la frontière du livre, ce qu’il vit. C’est une expérience forte.

Jean Claude Izzo a écrit une trilogie de polar se déroulant à Marseille, que j’ai lu il y a au moins 15 ans. Le narrateur est le héros, Fabio Montale, qui parle à la première personne. Si je me souviens très peu des histoires, l’état d’esprit du héros, profondément mélencolique, me marque encore. C’est la force de ce genre de récit. Beaucoup plus contraignant à écrire, potentiellement émotionnellement plus fort à lire.

Pour conclure, vous avez de nombreux choix pour écrire votre histoire ! Vous pouvez même mélanger les différentes possibilités (mais attention à la confusion). J’espère qu’avec cet article, vous aurez comprends les avantages et les inconvéniants de chacun, histoire d’écrire l’histoire qui vous correspondra le plus !

A bientôt !

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Comment reprendre un récit déjà écrit ? Hors Série #Histoiredecrire

Bonjour tout le monde !

J’espère que vous allez bien dans ce mois d’août (souvent) chaud.

https://i0.wp.com/evasion-online.com/RecupImgArticles/le+desert/Mourir-dans-le-desert.jpg
Rho, ça va… il fait pas si chaud !

Avez-vous déjà reprendre un texte, laissé de côté depuis de nombreuses années ? La démarche semble simple, le texte étant déjà écrit, et pourtant… pas facile !

https://img.freepik.com/photos-gratuite/femme-age-mur-reflechie-touchant-menton_1262-17605.jpg?size=626&ext=jpg
Le doute, représentation visuelle.

C’est ce qui m’arrive en ce moment, avec mon nouveau projet d’écriture (la rédaction d’Interfeel 2 étant terminé).

Dans cette vidéo, je vous explique les raisons de ces blocages, et comment y remédier.

Bon visionnage !

Bon visionnage !

Antonin A.

Le prochain article #Histoiredecrire arrive bien sûr ce vendredi ! D’ici là, vous pouvez me suivre sur les Réseaux Sociaux !

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Histoire d’écrire #36. Écrire à quelle personne ?

Lorsqu’on commence l’écriture d’un texte, l’une des premières questions qui de pose est : à quelle personne écrit-on l’histoire ? Première personne ? Troisième personne ? Évitez de tirer à pile ou face, ce choix de personne a un impact fondamental sur le fond, et la forme, de votre histoire.

Troisième personne

Le livre à la troisième personne est le plus courant. Tout comme le temps du passé, vu dans l’article précédent, ce sera le choix par défaut pour beaucoup de livres. Cela dépend aussi beaucoup des styles et des genres. Le polar est souvent à la troisième personne (ou la troisième personne par transfert, voir plus bas), pour offrir du mystère au raisonnement du héros, et permettre des révélations éclatantes à la fin. Les thrillers tendent plus vers la première personne, comme les affectes du héros sont tout aussi important, sinon plus, que le raisonnement mathématique pour trouver le coupable.

Le choix de la troisième personne est le choix par défaut, car il est le plus facile. En effet, dans cette catégorie, trois choix sont possibles (si bien que la distinction 3ieme/1ère personne est artificielle : il faudrait plutôt faire une séparation entre quatre catégories). Voyons donc ces trois choix :

Narrateur omniscient

Dans ce cas, le narrateur prend, sans prétention, la place de Dieu. Il sait tout, les ressentis de chaque personnage. Il avance ses pions, tel un joueur d’échecs géants, dont chaque pièce serait douée de conscience.

Attention : cela ne veut pas dire qu’il faut révéler les intentions de tous les personnages. En plus de tout savoir de tout ses personnages, l’auteur peut décider d’une aridité d’information, pour une question d’équilibre narratifs, de mystère, de suspens.

Quand utiliser ce choix ? Lorsque vous voulez décrire un univers facilement, sans avoir à passer par le prisme d’un narrateur, ce choix est important (Le seigneur des Anneaux en est l’exemple type).

Enfin, l’exemple d’excellence d’omniscience se trouve, selon moi, dans « La vie, mode d’emploi », de Georges Perrec, que je recommande absolument.

La vie mode d emploi

Narrateur focalisé sur un personnage

Dans ce cas, le narrateur se focalise sur un personnage, dont on connaît toutes les émotions, et celles des autres ne sont que vu, et ressenti, à travers ce personnage principal.

Prenons un exemple que, je suis sûr, personne ne connait : Harry Potter.

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A quelques exceptions près, notamment les premiers chapitres de chaque livre, toute l’histoire est vue du point de vue d’Harry Potter, à la troisième personne.

IMPORTANT : il faut noter que ces différents choix ne sont pas hermétique. Il est tout à fait possible de passer de l’un à l’autre. Si nous reprenons l’exemple d’Harry Potter, l’histoire du premier tome commençant avant la naissance d’Harry Potter, il ne peut en être le narrateur principal. La narratrice est donc omnisciente, avant de se concentrer sur Harry Potter, dans le chapitre suivant.

Variation du narrateur focalisé :

Il est tout à fait possible de se concentrer sur plusieurs personnages, alternativement. Attention, cela ne transforme pas le narrateur en omniscient, puisqu’à chaque fois, il ne se concentre que sur un personnage. Pour rester sur l’exemple d’Harry Potter, c’est généralement le cas lors des premiers chapitres des romans, avant que l’action ne reprenne sur Harry Potter.

D’autres exemples d’alternance de narrateur sont encore plus flagrants : à chaque chapitre, nous changeons de personnage. Le Fille du Train, de Paula Hawkins, joue sur cette dualité de protagonistes.

La Fille du train

Et nous retrouvons également la trilogie de Vernon Subutex, dont j’ai parlé déjà la semaine dernière, où chaque chapitre se focalise sur un personnage différent, et sur ses propres perceptions.

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Vernon Subutex, encore.

C’est d’ailleurs aussi le cas d’Interfeel, même si beaucoup de chapitres sont tout de même centrés sur Nathan.

Narrateur externe

Cette fois, le narrateur ne se mêle de rien. Il se contente de décrire les faits, gestes et paroles des personnages. Cette démarche, qui peut sembler arride aux premiers abords, est intéressantes pour les polars, type « Dix petits nègres ».

Dix petits nègres. Agatha Christie - Decitre ...

L’intérêt de ce choix est surtout dans les polars, car il permet de préserver une part de mystère intrinsèque au personnage : même le lecteur ne peut savoir qui est le coupable, puisqu’on ne sait rien de leurs intentions.

Il est important de noter que ces trois points de vue différents ne sont pas imperméables. Très souvent, d’ailleurs, l’auteur va changer de narrateur au fil de ses envies, ce qui généralement ne pose pas de souci pour le lecteur. Rien n’empêche, par exemple, une histoire commençant par une description objective de la ville (narrateur externe), puis on remonte l’histoire de cette ville (narrateur omniscient), enfin l’histoire commence et l’on se focalise sur un seul personnage (narrateur personnel).

Cette porosité, bien avantageuse pour développer son récit, ne se rertouve pas dans la narration à la première personne que nous allons voir désormais.

A la première personne

Un texte à la première personne ressemble au narrateur personnalisé que nous avons vu plus tôt (à la troisième personne), sauf que les perceptions du héros sont intériorisé. Tout passe par le prisme de la première personne. Il est impossible de faire un écart, de devenir un narrateur omniscient le temps de quelques lignes, pour décrire ce qu’il se passe dans la pièce d’à côté. C’est donc un choix très restrictif. Pourtant, le type de narration à la première personne ne manque pas d’intérêts. Nous verrons cela la semaine prochaine.

Quelques utilisations particulières de la première personne.

La troisième personne par transfert

Le narrateur n’est que le témoin du personnage principal. En ce sens, l’histoire est un peu un mixte de première personne (car il y a un narrateur) et de troisième personne : car le personnage principal est écrit à la troisième personne.

Cela peut être utilisé pour préserver le mystère du personnage principal. C’est d’ailleurs le seul moyen : à la troisième personne, on ne pourrait que parler de lui, à la première personne, la notion de mystère disparaît.

Cela est très présent dans les livres policiers, avec bien sûr Sherlock Holmes, personnage principal des histoires, pourtant racontées par le doctor Watson.

Sherlock and John - New Season 4 Promo still | Sherlock ...
Anecdote amusante : savez vous que dans aucun livre d’Arthur Conan Doyle (le père de Sherlock Holmes), Sherlock ne dit la fameuse phrase : « Elementaire, mon cher Watson » ?

Mais plus récemment, l’amie prodigieuse d’Helena Ferrante emprune le même chemin. Même si la narratrice est importante, l’admiration qu’elle voue à son amie en fait le personnage principale, et permet d’ajouter une dose de mystère à cette femme.

L'amie prodigieuse (Tome 1) - Elena Ferrante
Je n’ai pas été sensible à cette tétralogie (que je n’ai pas finis), mais beaucoup l’ont été, alors laissez vous tenter !

Plusieurs narrateurs à la première personne

Le livre « La Horde du Contrevent » offre une autre utilisation intéressante du narrateur à la première personne : il y a autant de narrateur à la première personne que de personnages horde du contrevent : il y a autant de narrateur que de personnes (et il y en a 23). Intérêt : cette multiplicité de points de vue densifie l’univers, en y apportant 23 interprétations différentes. Problème : cette pluralité de narrateur peut être un peu confu.

La Horde du Contrevent : une BD chez Delcourt à l'automne 2017

Enfin, même si nous n’en parlerons que peu ici dans cet article, mais sachez qu’il existe également ce qu’on appelle le « narrateur incertain ». Ce qui signifie que le lecteur ne peut pas se fier au narrateur, et aux informations qu’il propose. L’exemple le plus frappant se trouve dans le livre « Le Meurtre de Roger Ackroyd », une aventure d’Hercule Poitot d’Agatha Christie. Je ne vous ferais aucune révélation supplémentaire, mais vous conseille de lire ce livre qui, oui, est écrit à la première personne, et offre une belle utilisation des informations lacunaires que peut révéler un narrateur interne !

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0b/Le_Meurtre_de_Roger_Ackroyd_d%27Agatha_Christie%2C_couverture_de_Charles_L%C3%A9andre%2C_1927.jpg

Nous avons vu aujourd’hui les différentes possibilités de narration. La semaine prochaine, nous reprendrons là où nous nous sommes arrêtés, et nous verrons les intérêts et les inconvenients de ces différentes choix narratifs !

Je vous dis donc :

To Be Continued GIFs | Tenor
« A suivre… »

Je vous dis donc :

A vendredi prochain !

Antonin A.

PS : si vous avez des suggestions d’articles, n’hésitez pas, il me reste des créneaux !


—-

J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Histoire d’écrire #35 – Écrire à quel temps ?

Hello !

Un article un peu particulier aujourd’hui puisque durant tout le mois d’août, je vais répondre à des questions sur l’écriture que VOUS m’avez posé !

(D’ailleurs, il reste des créneaux durant l’année où je répondrais à vos questions ! Posez les donc en commentaire, ne soyez pas timides !)

Aujourd’hui, une question posez sur Instagram : à quel temps écrire ! Cette question rejoindra d’ailleurs celle de la semaine prochaine : à quelle personne écrire ?

Bref, vamos !

Mais le temps, c’est quoi ?

On ne va pas en parler philosophique ou physiquement, car à défaut d’un article, il nous faudrait trois volumes ! Le temps dans la littérature, c’est quoi ?

Celui avec lequel un va raconter l’histoire.

Les temps possibles

Le passé : le temps par excellence.

Once upon a Time... Black and White typography of fairy ...

Il était une fois…

Les histoires, traditionnellement, se racontent au passé. On part du postulat que si l’on raconte l’histoire, c’est qu’elle est achevée et qu’elle est donc, par définition, passé… Et cela peu importe l’époque : les livres futuristes se racontent au passé puisque le narrature se situt après l’histoire, donc plus tard dans le futur que lorsque l’histoire futuriste à lieu… vous me suivez ?

Et donc, paraxoxalement, écrire une histoire futuriste au présent peut être surprenant.

(Par exemple, devinez à quel temps est écrit Interfeel ?)

Le passé est la norme. L’immense majorité des romans sont écrits à ce temps. On peut donc dire que c’est le temps de narration par défaut. Ainsi, ne pas écrire au passé, c’est s’écarter de la norme. Il faudra donc une bonne raison.

(Cette nuance est importante : le choix entre présent et passé n’est pas neutre, comme l’un de ces deux temps est un choix par défaut, l’autre choix implique une raison spécifique).

Les avantages d’écrire au passé.

C’est le temps « normal ».

Il ne faut pas négliger cet argument : vouloir à tout prix ne pas être dans les clous est le meilleur moyen de se planter, justement. Si le choix du temps importe peu pour vous, je préconise le passé.

Il offre un aspect mythique à l’histoire (en se réfèrent aux histoires traditionnelles).

Il offre un plus grande diversité de temps, et donc un plus grande précision :

Passé simple, passé composé, imparfait, tout cela est possible au passé. Quels sont leur équivalent au présent ? Et bien… Le présent !

Chaque temps, en français, possède sont utilité. L’imparfait traite des choses habituelles et répétitives. Le passé simple s’occupe des actions ponctuelles. Par exemple :

Chaque jour, John avalait sa pilule qui lui permettait d’oublier sa journée atroce. Ce soir, par contre, il la reposa sur la table.

Au présent, les spécificités de chaque action sont effacées au profil d’un temps uniforme :

Chaque jour, John avale sa pilule qui lui permet d’oublier sa journée atroce. Ce soir, par contre, il la repose sur la table.

Vous voyez bien avec cet exemple que écrire au présent ou au passé n’est pas un choix sans conséquence. C’est une autre manière de présenter son texte. On lui offre une autre saveur. Et voici, d’ailleurs, pourquoi écrire au présent :

A noter que l’anglais n’a pas ce problème, puisqu’il propose deux temps au présent :

I come

I am coming

Le deuxième appuyant l’idée que l’action est en train de se produire en ce moment même, que nous sommes au cours de l’action.

D’autres langues, comme le japonais, font de même, avec la forme  » て  » (te)

来ます

来ている

(Verbe venir au présent, sous la forme classique, et la  » て  » forme, dîtes progressive)

Pour le français, la traduction la plus proche serait alors : « il est en train de venir », ce qui allourdit la phrase.

Pourquoi écrire au présent ?

Nous l’avons vu, le choix du présent est généralement volontaire, et pas par défaut. Il recèle pourtant de nombreux avantages. Le premier coule de source :

Mon livre s’ancre dans le présent, dans le réel. Et le temps du réel, c’est le présent.

Pour Interfeel, je l’avoue, le choix a été assez intuitif : le passé était naturel, d’autant que j’avais l’espoir de l’inclure dans un univers plus large, dans lequel le passé offre un aspect « mythologique » à l’ensemble.

Quelles sont les conséquences du choix du présent ?

(Il s’agit d’un ressentit strictement personnel).

Le présent offre un rapport plus « brut » avec le réel. Plus cash. On n’a pas la distance narrative, on se trouve directement dans l’action, collant les personnages à la peau. Si l’on devait comparer cela à un film, je verrais une caméra collée sur les acteurs, peu de plans larges.

Ce n’est pour moi pas un hasard si Virgnie Despentes, dans ses Vernom Subutex entre autres (que je recommande), utilise le présent. Elle suit les personnages un à un, et le choix de ce temps cadre parfaitement avec son style narratif cash, droit au but. (Quelques extraits ici)

Vernon Subutex - Virginie Despentes - SensCritique
Un des livres les plus importants de ces dernières années, selon moi.

Ainsi, ce que le présent va perdre en chox de temps, il le gagne en terme d’instantanéité. Pour moi, le présent est plus rugueux, ce qui convient parfaitement au style de Despentes, et de nombreux auteurs contemporains. Si vous souhaitez offfrir ce style « brute » à votre histoire, passez au présent.

Reste une façon très particulière d’utiliser le présent dans un texte qui ne l’est pas : le présent de narration.

Présent de narration

Le présent de narration, c’est l’incursion du présent, dans un texte qui ne l’est pas. Pourquoi ? Pour, justement, et l’espace d’un moment, coller avec l’action, suivre les héros pas à pas.

Il est tentant d’utiliser ce présent. Je l’ai fait, souvent, plus jeune, et trop. Il s’agit pour moi d’un outil utile, mais à utiliser avec percimonie. Si la liberté d’expression ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, ce genre d’outil perd de sa saveur avec l’outrance.

Utiliser le passé dans un texte au présent.

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Il est également possible d’utiliser le passé, pour relater un évènement antérieur. Dans ce cas, le temps le plus couremment utilisé sera le passé composé (Il a mangé), qui a la particularité, contrairement au passé simple (Il mangea), de garder comme référence temporelle le présent.

Qu’est ce à dire ? Qu’avec « il a mangé », l’action est terminée, et ancré dans le passé. Il mangea, on se trouve au moment de l’action, située dans le passé.

Et le futur, alors ?

Back To The Future GIFs | Find, Make & Share Gfycat GIFs

Et bien le futur, vous conviendrez que c’est compliqué ! Il ne sera utiliser qu’à de rares occasions, soit lorsqu’un personnage prédira une action, soit quand le narrateur prédira la suite de son histoire, par créer un décalage et de nouvelles attentes chez le lecteur (le foreshadowing). De même que le présent de narration, je conseille de ne pas abuser de cet outil, car il s’agit d’un temps réellement inhabituel, et surprenant pour le lecteur. Mais l’effet de surprise, trop utilisé, devient généralement indigeste.

Voilà ! J’espère que les différentes utilisations des temps au sein d’une histoire. Comme vous le voyez, le choix n’est pas anodin. Il faut tenir compte de beaucoup de paramètres : la tonalité que vous souhaitez donné à votre histoire. Il faut également avoir conscience que le temps de référence est le passé. Le choix du présent est un choix actif. Dans tous les cas, ce choix va impacter votre texte, changer sa tonalité, sa perception aux yeux du lecteur. Réflechissez bien avant de choisir, bref… prenez votre temps !

Le mois d’août, ce sont VOS questions !

Merci à « @je.suis.un.oreiller » d’avoir posé cette question sur Instagram (d’ailleurs, suivez moi !) La semaine prochaine, nous aborderons une nouvelle question que vous m’avez posé : relater un récit à la première ou à la troisième personne, quelle différence ?

Et si VOUS avez des questions, posez les en commentaires, il reste des créneaux, fin août. Si la question m’interpèle, j’en ferait un article !

A bientôt !

Antonin A.

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Histoire d’écrire #34 Comment faire quand on doit écrire, mais qu’on ne veut pas écrire ?

Parfois, la contrainte dépasse l’envie. Parfois, il faut écrire mais, bon sang, l’envie est loin, loin.

Alors comment faire ? Et bien, la première question élémentaire est :

Dois je vraiment l’ecrire ?

Hamlet’s Soliloquy, "To Be Or Not To Be," a Modern English ...
To write or not to write ?

Et oui ! Au final ce texte, cet article, est-il vraiment indispensable ? On a déjà tellement de contrainte dans la vie, pas besoin d’en rajouter :).

Si la réponse à la question précédente est « non », fermez votre ordinateur, écrivez quelque chose d’autre, regardez une série, ce que vous voulez ! Si la réponse est oui, et bien, la suite de cet article est pour vous :

Pourquoi n’ai-je pas envie ?

Pas Envie GIF - Pas Envie Oss117 - Descubre & Comparte GIFs

Est ce un manque d’objectif ? Une fatigue ? Je vous renvoie un cet article si vous cherchez la motivation. N’oubliez pas qu’écrire, ça fatigue. Vous prendriez soin de votre sommeil si vous dormiez tous les jours, non ? Pareil pour l’écriture. Dormez, reposez vous, mangez équilibré, fruits et légumes frais, etc.

Parfois, vous avez trop écrit avant, donc écrire maintenant, non, vous saturez. Faites un break.

Mais parfois, l’envie n’est tous simplement pas là. Et il faut écrire, et créer. Comment être créatif sans l’envie ?

C’est compliqué ! Mais…

Voici quelques astuces qui peuvent vous faire retrouver votre intérêt.

Trompez l’ennui par de nouvelles formes de créativités.

L'ennui rend plus créatif ! Voici pourquoi... - Out the Box
Je te jure que c’est possible, grumpy cat !

Vous pouvez trouver la créativité dans les formes d’écriture les plus routinières.

Vous devez rendre un rapport, ce qui n’enchante pas trop votre fibre d’artiste ? Et si vous vous fixiez pour objetif de n’écriture que neuf mots par phrase, pas un de plus, pas un de moins ? L’intérêt de prendre un travail sous cet angle, c’est que le fond, qu’on estime que vous maîtrisez, s’efface pour la forme, où la contrainte, pour reprendre les grands principes du mouvement Oulipo, génère la créativité. L’autre intérêt d’un tel challenge, c’est qu’il est relativement invisible à la première vue et donc, les récipiendaires de ce rapport, ne devrait voir que le beau texte que vous avez pondu. En plus, il y a toujours un petit plaisir de voir dans un écrit que vous venez de rendre une signature, une personnalisation, invisible aux autres !

Petit exemple personnel : il y a quelques années, j’ai rédigé une lettre de motivation que je n’avais, justement, aucune motivation à écrire. Je le suis amusé à l’écrire en Alexandrin. Douze pieds, des rimes plus ou moins riches. Je n’ai pas eu de réponse mais, au moins, je me suis bien amusé 🙂 – et je ne pense pas que ce soit à cause de mon challenge !

Démarrez !

Les Fous du volant (37)
Ils sont déjà à fond !

Généralement c’est démarrer qui est dur. Telle une eau trop froide à laquelle on s’habitue une fois dedans, parfois, c’est le premier pied, le premier mot, qui pose soucis. Lancez vous ! Qui sait, vous pourrez trouver, sans même le savoir, de l’intérêt au final pour ce texte à l’apparence hermétique.

Changer sa manière de voir le texte.

Lire entre les lignes photo et image | street, 14, noir ...
Cette personne, par exemple, est en train de lire entre les lignes

Parfois, pour trouver la motivation – ou du moins, réduire la non motivation -, il est important de trouver une autre perspective pour appréhender son travail. De même, changer sa manière d’écrire (commencez par le début, jusqu’à la fin).

Écrivez de manière inconsciente.

Bac : Tous les résultats effacés après que le chat de la ...
Ecrire de manière inconsciente, ce n’est PAS faire marcher votre chat sur votre clavier

Ecrivez le texte sans réfléchir. Oui. Bien sûr, il y a aura des coquilles, des fautes. Pas grave. L’important, et de ne pas subir la contrainte du texte. Par la suite, revenez sur ce qui est votre matière première, et peaufinez là, tel un sculpteur méticuleux. Sans réfléchir. Ensuite relisez, et peaufinez. Cette manière de voir votre travail, plus originale, vous semblera plus distrayante.

Ecrivez à l’envers.

[Étale ta science !] Pourquoi les miroirs inversent-ils la ...
Non, pas comme Léonard de Vinci

C’est la méthode que j’utilise pour la relecture (qui, je l’admets, m’insupporte). Si vous avez plus de temps que de motivation, commencez par le dernier paragraphe. Puis remontez, jusqu’au début. Plus long, plus compliqué, mais peut être plus intéressant. De plus, cela vous permettra d’exercer votre capacité rédactionnelle, et votre manière de saisir un texte dans votre ensemble. En sommes, il sera possible d’utiliser ce texte rébarbatif comme entraînement utile pour la suite.

N’écrivez que les passages qui vous plaisent, vous reviendrez sur les transitions ensuite.

Je vous ai déjà parlé de cette méthode pour retrouver la motivation lors de l’écriture de la fiction. C’est, en outre, très utile pour déterminer les éléments clés de votre histoire. Vous pouvez bien sûr l’utiliser pour rendre une rédaction plus aisée. Commencez par l’essentiel. Puis revenez sur le moins important. Encore une fois, vous regarderez l’ensemble de votre travail d’un oeil neuf.

La méthode de dernier recours.

L'effet tunnel n'est pas si loin | Cours du soir au CNAM
Ce n’est pas un effet tunnel, mais la métaphore est là : focus uniquement sur l’objectif, au bout du bout.

Dernière méthode, que j’utilise parfois, mais que je recommande d’utiliser avec parcimonie : le focus. Oubliez tout. Isolez vous complètement du monde extérieur, et avancer. Rien d’autre ne doit exister que cet objectif. Imaginez vous perdu en forêt. Fatigue ou pas, il faut avancer pour s’en sortir. Dans ces conditions « extrême », la notion même de motivation importe peu, car elle ne nous aide pas à avancer. C’est un peu ce qu’utilise l’étudient travaillant la veille d’un rendu ! Peu important la motivation, il faut finir !

Avantage indéniable de cette technique : vous avancez !

Inconvénient majeure : cette méthode vous use, et déteriore, sur le long terme, la motivation et le plaisir d’écrire. A utiliser donc avec parcimonie, et non pas tous les 4 heures du matin la veille d’un rendu !

J’espère que ces conseils d’écriture vous ont plu ! La semaine prochaine, nous verrons l’une des premières questions posées par l’un d’entre vous : à quel temps écrire ? Présent ? Passé ? Futur ? (peu probable !). A bientôt !

 Antonin A.

—-

J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Lire Interfeel !

Hello tout le monde !

Le mois dernier, j’ai effectué un atelier d’écriture au collège Lestonnac, à Lyon. Pendant deux heures, la classe de 6°2, guidée par leurs professeures Mms Jacquemin et Grumel, et moi-même, ont imaginé des nouvelles inspirées de l’univers d’Interfeel et de l’Opale !

Résultat : des histoires débordantes d’imagination, des voyages dans l’espace, dans le temps, bref, que du bon et de la fraicheur !

Aussi ai-je eu envie de vous les lire ! Voici donc 9 nouvelles, inventées par Amélie, Anaïs, Victorinne, Baptiste, Gabin, Luca, Brieuc, Luka, Nathan, Andréa, Juliette, Manon, Enzo, Mehdi, Mohammed, Aurèle, Jules, Naël, Noé, Alyssa, Melek, Mélissa, Zoé, Amadou, Romann, Timothée, Emmy, Maya, Mélina.

A bientôt !

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Histoire d’écrire #33 Comment écrire lorsqu’on a un temps TRES limité ?

Parfois, vous l’avez plus le temps. Qu’il s’agisse d’une rédaction, d’un essai, d’un roman, le tic tac de l’horloge tranche comme une épée de Damoclès. Que ce soit la faute d’éléments extérieurs, un planning serré, un rendu important, ou de cette satané procrastination, l’heure n’est pas à la culpabilité : cela n’aidera pas à la rédaction, donc rangez là dans un coin. Il faut écrire, et vite. Mais justement, faut-il vraiment écrire, et tout de suite ?

Et bien non !

The popular Nooooo GIFs everyone's sharing
La réféfence série qui va bien

La précipitation n’est pas bonne conseillère. Cela paraît paradoxal, c’est pourtant nécessaire : prenez du recul. Soyez stratège.

Définissez : le temps qu’il vous reste, ce que vous devez faire, à la fois en terme d’écriture, mais concernant des activités annexes et dérisoires comme manger ou dormir. Puis, planifiez. Honnêtement. Connaissez vous. Il vous faut deux heures pour écrire une page ? Voyez combien de temps vous pouvez vous libérer. En fonction de cela, voyez ce que vous pouvez écrire.

De manière générale, reprenez les étapes indispensables à l’écriture : les recherches, le plan, la rédaction, la relecture. Les 4 sont indispensables. Si vous vous lancez tête baissée dans, simplement, l’écriture, vous n’aurez que l’illusion de la progression et, généralement, vous je parviendrez pas au bout et serez déçu du résultat. N’oubliez pas qu’écrire un plan c’est, justement, gagner du temps sur l’écriture. Ce n’est pas forcément intuitif mais une fois que vous serez au phase de rédaction, vous saurez où aller, et votre esprit sera plus clair. Néanmoins, tout n’est pas si simple, et lorsque le temps nous est compté, il faut prendre conscience de l’importance d’une notion très particulière :

Le sacrifice

Thorgal - The Sacrifice
La référence BD qui va bien

La notion de sacrifice est à double tranchant, et il vous faudra l’accepter rapidement. Vous devrez sacrifier des activités que vous aviez prévu de faire (sortie entre amis, ce satané épisode de cette super série). Acceptez-le dès le début. N’essayez pas de tout faire, et n’oubliez pas ce que vous devez faire (dormir, manger, en gros).

Le sacrifice concernera aussi votre texte : vous ne pourrez pas faire un texte parfait et exaustif. Il faudra choisir : un format plus court que prévu, des personnages passés à la trappe : mieux vaut une histoire moins ambitieuse mais cohérente, qu’un texte à rallonge inachevé.

Acceptez que ce ne sera pas forcément une partie de plaisir.

Le chocolat, plaisir ou drogue ? - Magicmaman.com
Pour une fois, la vie ne sera pas comme une boîte de chocolat.

Le stress peut-être stimulant, certains n’écrivent que comme ça (je l’ai fait) mais maintenant, écrire sous la pression, ça me gonfle. Pourtant, parfois, ce sera nécessaire. Et la notion de plaisir de l’écriture, que j’estime indispensable – contrairement à tous les clichés concernant les écrivains, ne sera pas des plus grandes. Il est donc important que ce genre de situation soit le plus rare possible. Ecrire tout le temps de l’urgence c’est, au final, tuer votre plaisir de créer et donc, logiquement, votre créativité.

Tenez vous à votre planning. Il va être tentant de vous dire « mais en fait, j’ai le temps d’ajouter ci, de rajoutez cela ! ». Erreurs et illusions. Soyez ferme, tenez bon.

Une fois que vous avez accepté cet ensemble, il est temps de vous lancer. Recherches, plan, écriture, relecture. En gros, les recherches et le plan doivent vous prendre un quart de votre temps (au minimum), l’écriture, la moitié, et la relecture, un quart.

Les recherches

The Hangover GIFs - Find & Share on GIPHY

En fonction du texte que vous écrivez, les recherches seront plus ou moins importantes. « Sacrifiez » les plaisirs de la sérendipité, à zoner d’une page wikipédia à l’autre. Allez à l’essentiel. De quelles informations avez vous réellement besoin pour écrire ? Soyez sobre.

Le plan

Art and Culture: Resolution for 2014: Stick to the Plan

Etape à mes yeux la plus indispensable. Calmez vous (car qui dit temps limité, dit stress correspondant), et faite le plan le plus simple possible, le plus logique et cohérent. L’originalité, en période de temps limité, est mauvaise conseillère. Mettez les grandes lignes, glissez sous chaque partie les recherches correspondantes.

L’écriture.

My Writing Process (in GIFs) | Lola Dodge
Un petit chat kawai pour faire des vues

Lancez vous ! Et faites vous confiance ! Vous avez établis un plan, vous savez où vous allez. Ecrivez, ne vous arrêtez pas sur les détails, les bourdes, les erreurs, les répétitions, vous aurez pour cela…

La relecture.

Rereading work I did last night It makes sense - Success ...
Et enfin, un meme hyper utilisé pour montrer que je suis quelqu’un de branché

La grande négligée de tous les étudiants en course pour leur partiel. Et pourtant ! Si vous voulez un bon rendu de votre travail, quelqu’en soit sa nature, il faut réserver BEAUCOUP de temps (un quatre du temps) pour la relecture. Corriger les fautes et tous les blocages qui sont survenus dans la partie précédente. De plus, laissant en suspens des questions durant l’écriture, vous avez eu le temps d’y réfléchir, inconsciemment, en fond sonore de votre cerveau. Les solutions arriveront alors bien plus vite que si vous aviez butté un temps indéterminé en cours d’écriture.

Et croyez-moi, lorsque le temps vous manque, il vaut mieux rendre un texte simple, mais carré et propre, qu’un texte ambitieux, raturé et inachevé.

J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu ! La semaine prochaine, nous verrons quelque chose d’encore plsu problématique : comment écrire, lorsqu’on n’a pas envie d’écrire ! Paradoxe ? Nous verrons !

A bientôt !


Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Histoire d’écrire #32 Que faire lorsqu’on ne veut PLUS écrire ?

 

Parfois, le blocage n’est pas que technique, l’inspiration n’est pas que manquante. Parfois, on n’a, simplement, plus envie. Et écrire sans envie, c’est comme un fromage sans repas (ou l’inverse) : il manque quelque chose.

Avant de vous donner des conseils pour retrouver cette envie (je ne prescrirais aucune drogue, petits coquins), on va s’arrêter un instant et comprendre pourquoi, parfois, on ne veut plus écrire.

Le ras le bol.

Bol lisse en porcelaine - Supports Porcelaine - Supports à ...

On a trop écrit, ou trop vite. Le ras le bol, c’est un rejet rapide de l’écriture. Dans ce cas, la solution est simple : faite un break. Consacrer sa vie à son art ne signifie pas se tuer au travail. Prenez un temps pour vous, vous retrouverez par la suite votre rythme d’écriture. Allez voir ailleurs, remplissez vous la tête de nouvelles choses (je n’aime pas l’expression se vider la tête), oublier franchement votre histoire, vous y reviendrez avec un regard frais et une motivation nouvelle.

Si vous devez quand même écrire, changer de manière de travail. Plutôt que la rédaction simple, réfléchissez à la structure des chapitres à venir. Ou relisez les chapitres précédents. Ne buttez pas sur cette non-envie. Contournez là. Soyez stratège !

Autre petit conseil personnel : j’admets généralement que l’écriture ne sera pas, à chaque seconde, un pur délice. Je sais que j’aurai des coups de mou, et que ceux-ci finiront par passer. Miracle de la prophétie auto-réalisatrice, sachant que ces coups de mou sont passagers, je persiste, et ceux-ci finissent, effectivement, par passer !

La lassitude (ça ne marche pas).

Pierre Billon - La Bomba triste - 1984 - Purepeople
Un choix visuel particulièrement osé

Parfois vous écrivez avec le sentiment que tout cela, au final, ne sert à rien. Soit vous ne parvenez pas à terminer votre histoire, soit aucune maison d’Edition ne répond à vos nombreux envois. À chacun des ces raisons, une solution. Si vous ne parvenez pas à terminer votre histoire, peut être avez vous visé trop gros, trop vite (par exemple : commencé par une saga en six volumes 😉). Travaillez quelques nouvelles. Elles seront logiquement plus rapides, et plus faciles à terminer, et vous offrir un sentiment de satisfaction moteur pour continuer.

La lassitude du au refus des maisons d’Edition est plus complexe : ça ne dépend pas de vous. Il n’y a pas de solution miracle (ça se saurait), mais je peux me permettre un conseil (même venant d’un auteur publié) : écrivez avant tout pour vous même. Pour le plaisir de la création. Voyez la publication comme une cerise sur un gâteau déjà bien garni, plutôt que comme l’unique but. Appréciez le chemin, et pas uniquement la finalité.

Plus envie d’écrire. Du tout.

Closeup quotes the end wallpaper | AllWallpaper.in #2903 ...
The end, peut-être, mais il y a encore des pages à explorer

Et parfois, tout simplement, ce sentiment s’installe, durablement. La lassitude vous prend, et ce n’est ni temporaire, ni un découragement. Simplement, vous ne prenez plus de plaisir à écrire.

Dans ce cas n’oubliez pas une chose, peut être dur à entendre, mais essentielle : ce n’est pas grave de vous tromper de voie. Il est possible d’avoir cru dans un projet, mais de réaliser en court de route (et pas uniquement du aux difficultés du chemin), que ce n’est pas fait pour vous. Il n’est JAMAIS grave de faire marche arrière, et de revenir sur vos pas.

Mais un frein arrivera : ce que l’on appelle « les coûts irrécupérables ». Vous avez déjà investis du temps, de la motivation, peut être même de l’argent. Vous avez refusez d’autres opportunités pour l’écriture. Donc s’arrêter maintenant, c’est trop bête… Malgré la disparition de l’envie… Malgré l’impression de se forcer à chaque fois pour prendre le stylo…

Mais ces coûts sont ce qu’ils sont : irrécupérables. Que vous arrêtiez l’écriture ou non, le temps passé ne se rattrapera pas, les choix faits ne se deferont plus. Ce qu’il vous reste, c’est de décider de ce que vous voulez pour votre futur. Pas comment optimiser votre passé. Surtout que…

Nous vivons dans une société qui ne valorise pas l’erreur, et ne défend pas la possibilité de changer de voie. Pourtant, quelle richesse ! Vous n’aurez jamais perdu votre temps. Écrire, c’est apprendre la patience, à développer votre imagination. Vous ne perdrez pas ces atouts. Ces outils vous accompagnerons, et vous pourrez les utiliser sur d’autres domaines.

Donc si vous sentez vraiment que ce n’est pas votre tasse de café, que ce n’est pas juste une baisse de motivation passagère, mais un choix définitif. Choisissez. Et ce n’est pas grave.

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu ! La semaine prochaine, nous verrons comment écrire, lorsqu’on a un délai particulièrement court ! Le conseil numéro 3 vous surprendra !

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Histoire d’écrire #31 Comment faire lorsqu’on n’a plus d’idées ?

 

Hello !

La semaine dernière, nous abordions les conseils pour (re)trouver sa motivation pour écrire (donc pour la forme). Revenons aujourd’hui sur le fond : comment fait-on lorsqu’on n’a, tout simplement, plus d’idées ?

Rappelez-vous des prémices de votre histoire

Posez vous les bonnes questions : pourquoi vouliez vous écrire cette histoire à la base ? Qu’est-ce qui vous motivait ? Retrouvez l’essentiel, cela vous aidera à défricher le chemin.

Pour cela une solution simple existe : reprenez les éléments essentiels de votre histoire. Mettez les, pourquoi pas, dans une chronologie, pour mieux comprendre leur articulation. La charnière suivante de votre texte deviendra alors plus évidente.

Pourquoi vouliez vous l’écrire à

Recontextualisez

Si ça ne marche, posez vous les questions (d’ailleurs, n’hésitez pas à vous les poser à haute voix). Pourquoi est ce que je. Eux trouver cela ? Qu’est-ce que ça va m’apporter ? Qu’est ce que ça apporte à mon histoire.

Puis ciblez les personnes impliquées dans l’événement : quels sont leur motivation ? Pourquoi s’impliquent-ils ? En remontant tous ces fils narratifs, vous devriez clarifier vos idées, mettre à jour l’essentiel, et trouver les clés nécessaires à la résolution de votre problème, clé qui, bien souvent, étaient sous votre nez !

Relisez votre histoire.

"Relire un Service", Session Organisé par la grande région ...
Un petit coeur. Juste comme ça. Parce que je vous aime tous.

Oui, posez vous, et lisez. Passez outre les petits détails à corriger, vous verrez cela plus tard. Tenez vous à l’essentiel. Vous trouverez peut être de charmants fusils de Tchekov que vous n’aviez pas vu au premier abord, et qui vous permettront de dénouer le reste.

Synthétisez votre histoire en un paragraphe.

Couleurs et arts : Fiche de cours - Sciences | SchoolMouv
Pas ce genre de synthèse

Puis faite un résumé de ce que vous avez fait jusque là. Encore une fois, cela vous aidera à retrouver votre but, et la prochaine étape évidente de votre histoire.

Revenez sur des points de votre histoire sur lesquels vous n’aviez pas pensé :

Comment untel et unetelle se sont rencontrés ? Qu’est ce qu’il aimait faire avec d’être au poste présent dans votre histoire ?

Cela apportera de la profondeur à vos personnages, à votre histoire, vous maintiendra dans une réflexion active à propos de votre œuvre et, qui sait, vous permettra peut être de trouver de nouvelles pistes pour votre histoire.

Soyez logique

Ep10 Raisonner de façon correcte (Testez votre logique ...
Allez, comme ça, de la pub pour une super chaîne Youtube.

Parfois, les meilleurs idées viennent lorsqu’on se demande ce qui devrait alors se passer. X vient de trouver l’artefact. Quel est, logiquement, l’étape suivante ? Le protéger ? Le remettre à Y ? Parfois, les questions les plus simples sont les plus efficaces.

Parfois, rigoureux que vous êtes, vous bloquez sur un problème, une difficulté : le héros n’a aucun moyen d’aller à l’endroit où il doit se rendre. Donc ça n’avance pas.

Alors déjà (et je ne le répéterai jamais assez !) il est important d’avoir résolu ces problèmes avant même de commencer l’histoire ! Mais admettons, vous êtes bloqué par une contrainte. Alors :

Les contraintes sont une force.

File:Jenga distorted.jpg
Je peux le faire !

Et bien justement, positive thinking power, est ce que ces contraintes ne peuvent pas être le moteur d’un nouveau rebondissement dans l’histoire ? Cet blocage que vous avez, n’arrive-t-il pas également au héros, au cours de sa quête ? Ne doit-il justement pas prendre du temps pour lui ? Les meilleures épreuves sont celles qui nous aident à avancer (on dirait une phrase de coaching ! Mais c’est vrai). Utiliser les contraintes qui vous bloque pour offrir de nouvelles péripéties à vos héros !

Parlez en à haute voix.

Parler seul à voix haute pour se sentir mieux
N’en faîtes pas trop, quand même.

Le ridicule ne tue pas, je vous le rappelle ! Mais exprimer votre histoire par un autre canal que l’écrit, l’extérioriser, vous offrira une autre approche de ses problématiques, et qui dit autre approche, dis nouvelles solutions.

Parlez en à des proches

Comment se comporter avec un proche dépressif
N’en faîtes pas trop, quand même.

Laissez lui vous poser TOUTES les questions qu’il ou elle veut. Pas seulement celles qui vous arrange. Écoutez toutes ses remarques. L’important, c’est qu’il y ait de la bienveillance des deux côtés : la personne en face doit considérer que ce ne sont que des remarques sincères, et en aucun cas des critiques sur votre travail. Vous, vous devez admettre qu’effectivement, la personne ne vous attaque pas personnellement en soulevant les points qu’elle juge étrange dans votre histoire (très généralement, c’est le cas, et très généralement nous, écrivains, le prenons mal :)).

Autre avantage : cela vous aidera à synthétiser votre histoire.

C’est justement par les chemins de traverse, défrichés par ses questions, que vous trouverez de nouvelles idées :).

 Changez vous les idées !

Pour vous perfectionner dans les arts martiaux, faîtes de la guitard.

Description de cette image, également commentée ci-après

J’attribue cette citation à Miyamoto Musashi, grand épéeiste japonais (et accessoirement bien badasse) mais je me trompe peut être complètement. Bref, l’idée sous jacente est que : pratiquer une autre forme d’art permet de comprendre la précédente. Combien d’idées me sont venus alors que je voyais un film ? De manière plus prosaïque, dessiner les scènes m’aident beaucoup pour situer les personnages et débloquer les situations.

Au delà du monde de l’art, changez vous, donc, les idées. Mais vraiment ! Faîte du sport, montez des projets, non pas pour fuir votre blocage, mais pour au contraire le dénouer avec des chemins de traverse.

Et dernière idée (mais elle vaut ce qu’elle vaut) : lisez un bouquin chiant ! L’ennui provoqué par cette lecture vous fera fuir vers votre propre histoire et, qui sait, vous offrira la clé que vous cherchiez !

(Il est très rare de s’ennuyer, de nos jours. Pourtant, ses vertus sont nombreux, à commencer par sa principale : le fuir en créant!)

Je conseille, personnellement, ce livre.

S'ennuie t'il ou est-elle intéressée
Je sens poindre l’idée du siècle.


  Le truc là est de reformuler les problematiques. Résumé votre histoire. Parlez-en (même si c’est dur !).


J’espère que ces conseils d’écriture vous ont plu !

La semaine prochaine, nous verrons quoi faire lorsqu’on ne veut PLUS écrire ! Et oui, ça existe ! A vendredi prochain !

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Nouvelle vidéo ! Fin d’Interfeel 2, et des conseils !

Bonjour tout le monde !

Et oui, j’ai terminé Interfeel 2 ! Ecrit, relu, envoyé à l’Editeur !

Dans cette vidéo, je vous explique ma méthode pour avoir écrit aussi rapidement, et je livre quelques conseils d’écriture appris durant cette expérience.

J’espère que cela vous plaira !

Bonne tête de vainqueur, non ?
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