
La chroniqueuse Russe, très présente sur les chaines de Vincent Bolloré, est menacée d’un avis d’expulsion pour cause d’ingérence étrangère.
Ses avoirs ont également été gelées.
Elle diffuse, en effet, un discours extrêmement critique à l’Ukraine, et reprend généralement des éléments de langage proche de ceux du Kremlin.
Parmi les gens qui s’opposent à cette expulsion, beaucoup ont ce raisonnement :
Dans une démocratie solide, on devrait pouvoir écouter son adversaire.
La force d’une démocratie est justement la pluralité des opinions, même celles de ceux qui s’y opposent. Au final, la force d’une démocratie solide est sa capacité à résister en permanence à ces forces adversaires.
J’ai un problème avec ce raisonnement : je ne considère pas du tout que la France soit une démocratie solide.
Elle est même une démocratie de plus en plus fragilisée par des forces internes comme externes.
Ainsi, de base, le raisonnement ne tient pas, puisqu’on ne parle pas de la « même » démocratie.
Il y a chez beaucoup une confusion entre une démocratie idéale, fantasmée et théorique, qui se tiendrait face à tous les mensonges et les ingérences étrangères, et la réalité, où la démocratie est une construction humaine, forcément imparfaite, fragile et qui peut disparaitre sous le coup de ses adversaires.
En suivant cette logique, d’ailleurs, il faudrait ne lutter contre AUCUNE ingérence étrangère (et il y en a beaucoup) puisque dans tous les cas « dans une démocratie solide, cela n’aurait aucun impact ».
Ce qui me semble absurde.
Au-delà de ce point, j’aimerai rappeler que Mme Fedorova n’est pas du tout journaliste, elle n’en n’a ni la formation, ni le diplôme. C’est sa proximité avec le pouvoir de Moscou qui lui a permis d’obtenir des postes importants dans les organes de presse russe.
Cela peut très bien ne pas justifier une expulsion, mais ces éléments me semblent nécessaire à prendre ne compte, pour se faire un avis.













