
L’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans est l’illustration parfaite du bon constat et d’une solution absurde.
D’abord le constat : les réseaux sociaux ONT des effets délétères. C’est une réalité. Lors de mon audition par l’Assemblée Nationale sur le sujets, j’avais explicité la situation :
– L’usage des réseaux sociaux est corrélé à une augmentation de l’anxiété, de la dépression, d’une faible estime de soi chez les adolescents.
– Ces impacts sont accentués dans les foyers à revenus modestes, augmentant les inégalités d’usage.
– Même si les adolescents ayant des prédispositions à l’anxiété sont les plus atteints, l’impact des RS n’est pas neutre, il est catalyseur.
– Et cela sans parler de la désinformation omniprésente.
Voilà pour le constat. Mais alors, l’interdiction pour les moins de 15 ans devrait être du bon sens, non ?
Non.
Déjà car il y a également des effets positifs à l’usage des réseaux sociaux, sur la construction, l’estime de soi et la sociabilité.
Mais surtout, il faut tenir compte des conséquences réelles de cette interdiction :
– Sera-t-elle effective ? L’exemple de l’Australie nous montre que très rapidement les adolescents vont trouver des moyens pour contourner cette interdiction.
– Elle risque d’aggraver les problèmes déjà existants, en amenant les plus jeunes vers d’autres réseaux sociaux moins contrôlés qui ne respectent pas la vérification d’identité.
Et je ne parle même pas du fait que pour savoir si une personne a plus de 15 ans, il faut vérifier l’identité de TOUS… dans un pays qui se fait pirater ses données tous les deux jours.
Cela pose également des questions éthiques sur le droit à l’anonymat, la gestion des données personnelles… tout cela pour une solution potentiellement inefficace.
J’ajoute que les plus jeunes ont bons dos. Les plus sensibles à la désinformation sont les séniors, et leur poids politique est bien plus importants.
Ma suggestion lors de mon audition était de proposer quelques limitations sur les réseaux existants (fin du scroll infini par exemple), et des versions adaptées pour les adolescents, à l’instar de Youtube Kids.
Ce n’est certes pas une solution parfaite, mais cette dernière n’existe pas.
N’oublions pas qu’un BON constat ne veut pas dire que n’importe quelle solution proposée (parfois pour un simplement effet d’annonce politique) est automatiquement pertinente.
Si vous souhaitez que j’intervienne sur le sujet des Fake News dans un établissement scolaire, une entreprise ou une association, n’hésitez pas à me contacter !
Lien vers mon audition : https://www.youtube.com/watch?v=scZahm60bpU











