Alors que le propriétaire de Twitter, Elon Musk a apporté son soutien à Marine Le Pen, Valérie Pécresse estime que les Français ne vont pas voter selon les indications du milliardaire.
C’est une vision, une vision a minima extrêmement naïve du fonctionnement des réseaux sociaux.
Admettons que le soutien officiel de Musk n’ait aucune influence.
Ce n’est pas ce qui va jouer.
Elon Musk n’est pas que l’homme le plus riche du monde. Il est aussi propriétaire de Twitter. Il peut donc influencer son fonctionnement algorithmique.
Lors de de l’élection américaine, les contenus pro-républicains et pro-Trump, soutenu par Elon Musk, étaient trois fois plus mis en avant que les contenus démocrates.
Lors de l’élection allemande, les contenus de la l’AfD, extrême-droite allemande soutenue par Elon Musk, étaient les seuls posts traduits en anglais.
Le simple fait de mettre en avant les soutiens d’un parti par rapport à un autre influence notre perception du rapport de force entre ces partis, leur importance et leur normalisation.
Et au-delà de la mise en avant des soutiens, la mise en avant des contenus nous influence également.
Imaginez qu’à un même moment, il y a une sècheresse immense du au réchauffement climatique, et des voitures brûlées suite à une victoire footbalistique. Pensez-vous que mettre en avant un évènement par rapport à l’autre soit neutre ? Et amène les mêmes conséquences politiques ?
Je ne parle bien sûr pas de TAIRE l’un ou l’autre. Il s’agit de hiérarchie, de visibilité, de répétition de l’évènement, ce qui va automatiquement accroitre la perception de son importance.
Et donc les politiciennes et politiciens qui abordent en priorité ces thèmes.
Soyons plus lucides sur le pouvoir d’influence des réseaux sociaux, en bien comme en mal.
Très heureux d’avoir pu présenter à mon centre de recherche en psychologie de l’université Brunel les interventions scolaires que je propose en France !
Pour l’occasion, traduction des documents, et intervention tout en anglais.
Nous avons vu les différents types de Fake News, et à quel point ce terme n’est pas utile pour qualifier les jeux d’influences sur les réseaux sociaux.
En effet, il est tout à fait possible de mentir et de manipuler avec des vraies informations !
Ajoutons à cela les algorithmes qui non seulement favorisent les contenus chocs et polarisants (qu’ils soient vrais ou faux), et qui sont eux-mêmes soumis à l’orientation politique du réseau (bonjour Elon Musk).
Bref, il faut aller « au delà de la Fake News » et c’est ce que j’ai tenté de montrer à cette équipe de chercheurs en psychologie que je côtoie depuis déjà trois ans !
Si vous souhaitez que j’intervienne sur le sujet des Fake News dans un établissement scolaire, une entreprise ou une association, n’hésitez pas à me contacter !
Je profite de cette période de Coupe du Monde pour vous rappeler que les vrais complots, existent.
Le joueur américain Balogun a vu son carton rouge annulé par la FIFA.
On peut, dès lors, très raisonnement imaginer un complot, puisque l’on peut très probablement supposer une ingérence de Trump.
Un complot se définie ainsi : un groupe de personnes influence en secret un autre groupe de personnes pour ses propres gains.
C’est exactement ce qu’il se passe ici.
Mais alors, si les complots existent, est-ce que ça veut dire que toutes les théories du complot sont vraies?
Non.
Profitons de cet exemple pour rappeler une différence fondamentale :
Un vrai complot est généralement limité dans le temps, l’espace et surtout par le nombre de personnes au courant.
L’affaire ici a dû impliquer une dizaine de personnes maximum.
Cette limite est essentielle.
Car plus le nombre est grand, plus le risque de divulgation devient important.
Imaginons par exemple que l’alunissage américain soit un complot.
Pour qu’il tienne, il aurait fallu inclure des milliers de personnes au minimum !
La probabilité qu’aucun ne parle devient alors ridiculement petite.
J’aurai pu m’arrêter là sauf que, lors d’une interview…
Trump s’est publiquement vanté d’avoir fait pression sur la FIFA pour annuler le carton rouge !
Et d’un coup, deux choses se produisent : nous avons la certitude que le complot est vrai…
et ce n’est plus un complot, puisque ce dernier nécessite d’être secret !
C’est tout le paradoxe du complot : c’est lorsque nous avons la certitude absolue de son existence – lorsque le secret est levé – qu’il cesse d’en être un.
Hello ! Je viens de créer un nouveau petit jeu, Radar’naque, pour tester nos compétences face aux arnaques en ligne ! (Il est créé surtout pour les personnes âgées). N’hésitez pas à tester, suggérez moi des arnaques types à ajouter !
Vous pouvez le trouvez en allant dans l’onglet « Jeux pédagodiques » de mon site, ou en cliquant directement sur l’image ou le lien dessous !
Une perquisition a eu lieu dans les locaux du RN dans le cadre de l’enquête du parquet européen sur de possibles malversations financières.
En réponse, le président du RN Jordan Bardella a publié ce message.
La phrase soulignée est révélatrice : elle sous-entend que cette affaire est connectée à la prochaine échéance électorale, la présidentielle, et ne serait pas « que » judiciaire.
Autrement dit, Bardella sous-entend l’idée d’un complot.
Cette rhétorique d’accusation complotiste est très couramment utilisée par les politiciens (de tout bords) pour se déresponsabiliser d’une attaque ou d’une procédure judiciaire.
Cette stratégie va même au-delà de la politique.
Quand des célébrités sont accusés d’agression sexuelle, on accuse les femmes de mentir pour devenir célèbres.
Lorsque des pseudos scientifiques sont mis à mal, on accuse la justice d’être aux ordres de Big Pharma.
Est-ce que ces accusations sont toujours infondées ?
Oui et (surtout) non.
Dans le cadre médiatique, il est possible que les révélations sont calculées pour avoir un réel impact. Par exemple, quand le Canard enchaîné révèle l’affaire François (et Pénélope) Fillon quelques semaines avant les élections de 2017, on peut imaginer qu’il s’agissait d’un choix du journal pour peser dans la campagne.
Mais ces probables cas n’en font pas une vérité générale.
Et dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, c’est difficilement tenable, vu qu’il s’agit d’une enquête européenne et que les partis de plusieurs pays sont concernés, indépendamment de leurs échéances électorales.
N’oublions pas que si les complots existent bel et bien, l’accusation de complots est une arme rhétorique redoutable, souvent utilisée pour se défendre.
Je fus très heureux d’intervenir à l’Alliance Française de Hong Kong, où j’étais de passage !
Nous avons parlé de mon métier d’écrivain et de mon travail pédagogique autour de la désinformation.
Nous avons analysé ensemble les clés pour réussir l’écriture d’un roman.
Le long travail de publication.
Les interrogations sur l’IA, son impact sur l’art et sur le processus créatif même des auteurs.
Nous avons également plongé dans le fonctionnement intime du cerveau.
Sa manière de percevoir l’information.
Tous les facteurs qui ne lui offre qu’une vision partielle du réel, ce qui l’amène à fabriquer lui-même des Fake News.
Et comment la logique même des réseaux sociaux – et leurs idéologies politiques sous jacentes, influencent jusqu’à notre manière d’appréhender l’information.
Bravo à ce public investi, félicitations aux allophones pour leur incroyable niveau de français, et merci à l’Alliance Française pour l’organisation de cette belle soirée !
Si vous souhaitez que j’intervienne sur le sujet des Fake News dans un établissement scolaire, une entreprise ou une association, n’hésitez pas à me contacter !
Pour celles et ceux qui sont un peu loin de France, et pas très loin d’où je suis actuellement, sachez que je serai en dédicace à l’Alliance Française de Hong Kong lundi 29 juin de 18:30 à 20:30 !**
Dans cette vidéo, Jean-Luc Mélenchon explique de manière très claire pourquoi il ne soutient pas les attaques récentes de l’Ukraine contre Moscou :
A cause des Américains.
Il estime qu’en cas de victoire ukrainienne (à laquelle il ne croit d’ailleurs pas), l’influence des Etats Unis grandirait en Europe.
Cela éclaire le soutien, disons modéré, du leader de la France Insoumise vis à vis l’Ukraine depuis le début du conflit et son envie de vouloir maintenir le dialogue avec les Russes (il a néanmoins condamné l’attaque dans un billet de blog en 2022 et tenu les Russes pour responsable).
Cette réflexion internationale basée principalement sur l’opposition aux Américains possède un nom : le campisme.
Ce terme, hérité de la guerre froide, envisage la géopolitique sous le prisme de deux blocs, l’un occidental (mené par les américains), l’autre soviétique (mené par l’Union soviétique).
Après la Guerre Froide, le terme a été utilisé pour critiquer l’hégémonie américaine, et ses ingérences (bien réelles).
Ce terme permet d’éclairer beaucoup de positions de Jean-Luc Mélenchon sur le plan internationale : soutien au Venezuela, désir de collaborer avec la Chine, dialogue avec la Russie. Le point commun de tous ces pays, c’est qu’ils sont farouchement opposés aux Etats Unis.
Mais le campisme revient également à minorer des actions critiquables, lorsqu’elles sont faites par ces mêmes pays.
Mélenchon a par exemple publiquement soutenu les bombardements Russes en Syrie en 2015-2016, minoré le nombre de victimes civils (qui étaient autour de 5000) et nié les crimes de guerre russe fait par l’armée russe (« tout ça, c’est des bavardages »).
Le campisme, comme tout prisme unique, possède un double problèmes : une simplification évidente de la complexité du monde géopolitique contemporain, et un relativisme moral, lorsque les exactions sont produites par le « bon camp ».
Il est parfois tentant, dans la lutte contre le complotisme, de nier l’existence même des complots.
C’est absurde : les complots existent. Ils sont nombreux.
Et cet exemple en est la dernière preuve.
Un complot se définit par un groupe de personnes, généralement puissantes, qui tentent le biais d’actions secrètes et malveillantes de porter atteinte aux intérêts d’un autre groupe ou d’accroître leur gain personnel.
C’est exactement ce qu’il passe ici.
Outre le fait que nier l’existence de vrais complots est une erreur épistémique, elle donne un argument très solide aux complotistes qui pourront dire :
« vous voyez, même quand on a des preuves, ils n’y croient pas. Pourquoi les croire alors quand ils nient l’existence de théories du complot ? » (qui elles, sont généralement fausses).