Histoire d’écrire #53 Focus sur un métier méconnu : diffuseur.

 La chaîne du livre tout le monde la connaît peu ou prou.

Rappel de la chaîne du livre

Il y a tout d’abord, bien sur l’écrivain qui va concevoir d’histoire et la rédiger.

Viens ensuite l’éditeur qui va s’occuper d’une relecture de correction orthographique ou de conseils le mettre en page proposer une couverture.

Arrive ensuite l’imprimeur qui s’occupe, comme son nom l’indique très bien, d’imprimer le livre.

Ensuite le livre arrive en librairie où il est proposé au client qui pourront savourer cette nouvelle histoire.

Enoncé comme ça les chaînes du Livre semble complète, non ? C’est d’ailleurs ce que me disent les élèves lorsque je les interroge sur ce sujet, lors de mes interventions.

Mais justement, il manque une étape essentielle, un maillon important dans ce cycle, sur lequel je voulais m’arrêter aujourd’hui : les diffuseurs.

Un diffuseur, c’est quoi ?

Dans le cycle du livre, le diffuseur se classe entre l’imprimeur et le libraire. C’est lui qui s’occupe justement d’apporter le livre jusqu’au lieu de vente. Mais il fait, bien sûr, bien plus que ça.

Chaque agent de diffusion possède un territoire plus ou moins grand. De ce territoire généralement il connaît les librairies qui s’y trouvent, les libraires, et le lectorat.

Vu comme ça on pourrait dire que ça juste un peu moins d’un commercial pourtant il n’y en ait rien.

Le diffuseur est un intermediaire intéressant car il connaît, d’un côté, les livres qu’il amène. De l’autre, il sait les livres susceptibles d’intéresser le libraire. Et dans la vaste production livresque de notre pays, cette étape est généralement la bienvenue.

La connaissance des libraires.

Le diffuseur connais très bien les librairies de son territoire. Et comme vous le voyez déjà, non seulement chaque librairie possède ses propres genres, son public, mais aussi sa personnalité.

De ma petite expérience de dédicaces, je peux déjà noter les différences de population entre une librairie située dans un quartier huppé, proche d’une école, ou dans un village plus restreint. Cela impactera non seulement l’affluence dans la librairie, bien sûr, mais aussi le type de lectorat. Le diffuseur connait également ces différences, mais aussi tous les livres dont il a la charge de… diffuser, justement.

Mon expérience

J’ai eu la chance de parcourir quelques librairies avec certains diffuseurs, pour la sortie de mon livre Interfeel (Edition PocketJeunesse, diffuseur Interforum – à chaque fois j’ai envie de dire Interfeel !). Outre la sympathie avérée des diffuseurs, il est intéressant de voir leur travail, extrêmement humain avec les libraires, qu’ils connaissent bien, et leur connaissance aiguë des livres qu’ils diffusent.

Voilà ! C’est un article un peu « Hors Série », mais ignorant tout de ce métier avant ma publication, j’ai pensé intéressant d’en parler un peu, car d’autres, peut-être, l’ignoraient aussi.

Si vous avez d’autres questions, sur la chaîne du livre, sur la vie d’un livre et d’un auteur dans le parcours de la publication, n’hésitez pas !

Excellente journée, à vendredi prochain ! 

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Histoire d’écrire #52. A la rencontre des libraires

Votre livre est sorti !

bravo gif | Tumblr

De bien belles choses vous attendent désormais ! Les salons, la rencontre avec vos lectrices et lecteurs, l’échange…

Je voulais aujourd’hui insister sur un point qui me semble fondamentale : comme aborder les libraires. Il y a un double avantage : faire connaître le livre, pour qu’il soit recommandé par le libraire, et proposer une séance de dédicace.

1 Le cas de l’autoédition.

Comme je n’ai jamais été auto-édité, je ne peux malheureusement pas vous donner beaucoup de conseils à ce propos.

Sachez néanmoins que certains libraires vont être assez réticents à l’idée de promouvoir un livre auto-édité. Déjà car ils ont été parfois édité par Amazon, qui n’est pas, disons le, leur plus tendre amis, et d’autres part car ils soutiennent la chaîne du livre, c’est à dire la rémunération de tous les acteurs du livre (Editions, Imprimeur, etc.), ce qui n’est pas fait dans le cas de l’auto édition. Mais cela ne doit pas vous empêcher de tenter !

Les différents endroits distribuant des livres

On va commencer par ouvrir une (décidément, cela devient une habitude)

L’annonce qui suit risque de faire grincer quelques dents (j’assume). J’ai un respect infini pour les librairires indépendantes. Ils sont le poumon de la diffusion de la littérature en France. Dans leur immense majorité, ce sont des gens passionnés et passionnants, dont les échanges sont avant tout humain. Chaque rencontre est une expérience.

Mais ne descendons pas tout de suite en flèche les autres locaux de vente de livres. A savoir les espaces culturelles, les magasins culturelles, les grandes surfaces (oui !!) voir (et les dents grincent MAINTENANT !), la vente en ligne. Voilà pourquoi :

Déjà, ce ne sont pas les mêmes personnes qui vont acheter leur livre dans une grande surface, ou dans un librairie (ce n’est pas forcément le cas pour la vente en ligne). La concurrence n’y est donc pas directe.

Et justement, mettre des livres dans les grandes surfaces, malgré toutes les critiques que l’on peut faire dessus, permette de mettre à disposition ces ouvrages à un public qui, peut être, n’aurait pas le réflexe de pousser les portes d’une librairie indépendante. Peut être que l’achat d’un livre, à cet endroit, sera une rencontre entre la littérature et un nouveau lecture et ce que dernier, la prochaine fois, ira justement dans… un librairie indépendante.

(Oui je rêve beaucoup. Sachez également que je suis pour la paix dans le monde, et que je considère que la guerre, c’est mal).

Pour la même raison que je ne supporte pas que l’on déconsidère un lecteur pour son choix de lecture (quoiiiiii ? Tu lis du Mussooooo ?), je ne suis pas fan à l’idée de critique un lecteur pour son lieu d’achat. L’accès à la culture doit être le plus grand. S’il passe par les grandes surfaces également, soit.

Allez, on va piquer un peu plus : la vente en ligne. Alors : OUI, la vente en ligne tue des emplois, détruit la relation privilégiée entre le librairie, le lecteur, et l’échange entre les deux. Je suis d’accord pour tout ça.

MAIS je vois quand même un avantage à la vente en ligne : là où l’accès à la librairie, voir la grande surface est, justement, impossible. Combien de villages, de « zones blanches », sont coupées de l’accès physique à la culture ? Dans ce cas, la vente en ligne ne permet-elle pas de retrouver ce lien ? Tout au bout du cycle du livre se trouve le lecteur. Ne l’oublions pas, et acceptions que pour lui, parfois, l’option vente en ligne est une nécessité. Pas le meilleur choix, bien sûr. Mais le seul, certainement.

Allez, fin de la :

Bon, j’en étais où ?

Ok ! La prospection en librairies ! Pour vous expliquer un peu ma méthode de démarchage, il me semble important de séparer, justement, les différents lieux de vente du livre (en mettant de côté, pour des raisons évidente, le livre dématerialisé et la vente en ligne).

Je vais distinguer ensuite trois types de point de ventes : les grandes surfaces, les Centres culturels et la fnac, les librairies indépendantes. Vous comprendrez ensuite pourquoi je mets la fnac à part 🙂

Les grandes surfaces

PRODUITS PÉRIMÉS RESSUSCITÉS DANS LES GRANDES SURFACES ...
Ceci

Autant le dire tout de suite : il y a, déjà, peu de chance que votre livre soit naturellement à ces endroits, qui se basent généralement sur les nombres de ventes (déjà fait, ou anticipés) pour choisir leur livre. Une séance de dédicace sera non seulement difficile, mais personnellement, je la déconseille, car les gens sont généralement pressés en grande surface, et ne s’arrêteront pas souvent pour discuter avec vous. En plus de perdre votre temps, vous serez certainement dégouté de ce genre d’expérience.

Je ne dénigre absolument pas les personnes travaillant dans un centre culturel, attention. Simplement, la plupart du temps, les gens se rendant dans les grandes surfaces ne viennent pas spécifiquement pour les livres et sont génralement pressés (on ne déambule rarement dans les grands étalages d’un encore plus grand magasin). Après vous pouvez avoir des surprises, et trouver des gens intéressés, attention. Mais de mon expérience, ce n’est pas le meilleur endroit pour un échange long et détendu avec des lecteures.

Les centre culturels dans les grandes surfaces.

Centre E.Leclerc Saint Orens Toulouse – Votre hypermarchà ...
Cela

De plus en plus de grandes surfaces possèdes des centre culturelles. Oui, il s’agit toujours de grandes surfaces, mais il y a des libraires sont personnellement affectés au livre, et qui, parfois, veulent, et peuvent, dynamiser cet endroit. A ne pas négliger. Rien ne vous empêche, donc, d’aller les voir pour leur parler de votre livre.

La Fnac et Cultura et Decitre.

La Fnac, est vraiment l’intermédiaire. C’est un médiateur culturel important en France, et vous pouvez bien sûr allez voir les libraires affectés au rayon correspondant à votre livre, pour leur parler. Mais proposer une dédicace, c’est compliqué : tout est centralisé par région, c’est généralement un parcours du combattant.

Les enseignes Cultura sont un peu intermédiaire entre la Fnac et des autres magasins spécialisés au sens que il est plus facile pour une magasin de décider d’une dédicace. Généralement, on aura immédiatement la réponse, sans passer par différents intermédiaires hiérarchiques.

Decitre pour des Lyonnais propose une démarche un peu différente. Cela reste des grandes surfaces au sens propre du terme, mais des grandes surfaces spécialisés dans le livre. Et les libraires possèdent également une plus grande marge de manoeuvre pour accueillir les auteurs. Tentez !

Je n’ai jamais mis les pieds dans un Furet du Nord (pour l’instant), je ne peux donc pas vous en dire grand chose… si ce n’est que désormais, Decitre fait partie de la même maison !

Les librairies indépendantes.

Les librairies indépendantes vous accueillent aussi très généralement avec le sourire si vous êtes édité. De différents témoignages que j’ai reçu, c’est plus compliqué pour l’auto-édité, pour la simple raison que beaucoup de librairies sont attachés à la chaîne du livre (qui les fait vivre). Mais encore une fois, demandez à d’autres auteurs auto-édités, pour une réponse plus précise. Bon, arrêtons nous un peu plus sur ces librairies, et comment les aborder.

Quand y aller ?

Evitez absolument le samedi, le mercredi après midi, les jours fériés ou le mois de décembre. Les librairies seront très, très occupés ! Privilégié le mardi ou le jeudi. Ce sera plus calme et les libraires seront plus à l’écoute.

Quoi dire ?

Ne DEMANDEZ pas une dédicace. S’ils veulent en faire une, ils vous la proposeront. Parlez simplement de votre livre, de ce qui vous a animé, et proposé que votre maison d’Edition leur envoi un SP. Laissez, bien sûr, vos coordonnées. Vous pouvez repasser, mais n’harcelez pas ! Ce genre de relation passe avant tout par l’humain.

Un point important :

Privilégiez les librairies proches de chez vous. Déjà, car le fait que vous soyez un/e auteur / autrice local/e est un argument de vente. Ensuite car, s’ils vous font venir en dédicace, ils n’auront pas à payer de défraiement. Et oui, money money, mais les librairies ne roulent pas sur l’or, et cela entrera forcément dans la balance.

Cela dit, je vous répète quelque chose de fondamental : ne dépensez pas d’argent pour promouvoir votre livre ! Ce n’est pas à vous de payer les frais de déplacement, ou d’envoyer les livres par la poste. N’oubliez pas que venir faire une dédicace, c’est donner de votre temps (et c’est de l’argent), gratuitement (il est d’ailleurs possible de se faire rémunéré pour les dédicaces. Ce qu’à mon niveau je ne fais, pas, je peux vous en expliquer les raisons en commentaire si vous le souhaitez). Il est donc hors de question qu’il y ait des frais supplémentaires. C’est tentant, bien sûr, car on veut défendre son livre, son oeuvre, son bébé. Mais c’est une pente glissante et surtout, ça ne rend pas service à la profession. Si vous payez pour vos déplacements, au prochain auteur qui devra venir on pourra dire : « Vous venez à vos frais, car d’autres auteurs sont venus à leur frais ». Restons donc solidaires ! Et n’oubliez pas si en vous accueillant, la librairie participe à la mise en avant de votre livre, vous participer également à l’animation du lieu ! La relation est donc, au moins, égalitaire ! Et doit l’être.

Voilà, j’espère que ces conseils (très spécifiques !) vous ont aidé !

A bientôt !

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Histoire d’Ecrire #51 Les corrections avec l’Editeur

Revenons plus en détails maintenant sur ce qu’il se passe une fois que le livre a été accepté par un Editeur.

Alors déjà bravo ! C’est, j’imagine, une très grande satisfaction.

Bravo GIF - Bravo - Discover & Share GIFs

Qu’est ce qu’il se passe après alors ? Et bien il se passe justement… du temps ! Il faut faire oeuvre de patience, ce qui, comme je l’ai déjà dit, peut être difficile à vivre, puisqu’on ne contrôle plus son oeuvre et que bon, c’est son bébé, comment ça, il n’est pas dans la top priorité de l’Editeur ?

Non.

solitude et gif tristesse - le blog de claudie
Tristesse

Même avec la certitude d’une publication, il faut patienter au moins six mois. Car l’Editeur doit faire son job d’Editeur, c’est à dire relire, et annoter votre livre.

Comment ? Une modification sur mon oeuvre tellement parfaite ?

Unhygienix | The Asterix Project | Fandom powered by Wikia
Comment ça ? Pas parfait, mon (hors d’) oeuvre ?

Oui, et ce n’est pas plus mal ! Car le regard de l’Editeur peut apporter un éclairage intéressant. Il a du recul sur votre texte, ce que vous n’avez pas forcément (et c’est normal). Il a l’expérience des textes. Cela ne veut pas dire qu’il a toujours raison, mais souligne au moins sa pertinence dans le retours. Et puis, il connait le marché du livre. Il sait comme vendre le vôtre.

Quoi ? Mon livre, un produit à vendre ?

Et bien… oui. Je trouve incroyable qu’il y ait encore un tabou par rapport à cela (même s’il s’explique très bien). Si vous voulez pouvoir vivre de vos écrits il faut bien… qu’ils vous rapportent de l’argent ! Cela ne veut pas dire pondre à la chaîne, cela ne veut pas dire écrire uniquement des textes complaisant. Mais un livre, c’est un rencontre entre le lecteur et son public. D’où les modifications de texte.

Breaking Bad’s remaining loose end: What happened to Huell ...
On n’est pas bien, là ?

MAIS

Cela ne veut pas dire tout accepter les yeux fermés (surtout que ainsi, la lecture est plus compliquée). J’estime que les échanges avec l’Editeur doivent être francs et utiles. Il est tentant de se dire que toutes les modifications qu’il propose sont forcément pour prendre possession de votre bébé. Prenez du recul. Même si vous n’êtes pas d’accord avec ces modifications, n’imaginez pas d’autres intentions que celles : 1) de faire le meilleur livre qu’il soit 2) de le vendre. A vous de voir où vous décidez de placer le curseur des modifications que vous décidez d’apporter.

A titre personnel, pour la construction d’Interfeel, mon Editeur a fait beaucoup de remarques très pertinantes, qui font du livre ce qu’il est aujourd’hui. Il voulait aussi changer d’autres choses, ce que j’ai refusé.

D’ailleurs,

(Ils sont cools mes titres dernièrement, non ?)

Ce n’est pas un marchandage, hein ? Il ne faut pas se dire « j’accepte 50 % de ses modifications, il accepte 50% de mes refus. Chaque argument doit être pris pour ce qu’il est, et réfléchit dans une seule optique : comment rendre le meilleur livre qu’il soit. Si vous êtes en désaccord, exprimez-le. Peut être que l’Editeur vous donnera des explications, des raisons qui vous avez échappées, et qui vous convaincront. Ou peut être pas. Mais au moins, vous aurez avancé. Car vous en aurez compris la raison.

Définir la BATNA d'une négociation pour mieux négocier ...
Discussion habituelle avec son éditeur ?
(Spoiler : non)

Note importante : je ne suis que chez UN Editeur. Ces principes ne peuvent pas s’appliquer à l’ensemble des maisons d’Edition dont la taille, l’importance, la politique éditoriale, vont forcément impacter la relation que vous aurez avec votre éditeur. Ne prenez donc (comme toujours d’ailleurs :)) pas ces remarques comme des vérités générales. Mais dans tous les cas, demandez des explications. L’échange, encore.

La couverture.

Couvertures
Oui, l’écrivain possède un sens de l’humour extrêmement développé

La couverture, comme pour le livre, fut décidée conjointement. Et je ne m’en plains pas ! Mais encore une fois, des échanges que j’ai eu avec d’autres auteurs et autrices, cela est loin d’être une vérité générale, et l’influence de la maison d’Edition peut être plus grande. Rien ne vous empêche, en amont même de la signature du contrat, d’en parler. L’échange, toujours.

Conclusion

Pour paraphraser maladroitement notre ami Edouart Baer, alias Otis, dans Astérix Mission Cléopâtre, il y a des bonnes et des mauvaises corrections. Mais il y en a des bonnes. Ne laissez pas votre égo reffuser une modification qui serait bénéfique pour votre livre. Mais écoutez votre courage pour vous opposer, quand une autre modification de vous convianct pas.

Et échangez ! L’échange, toujours.

A bientôt !

Antonin A.

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Interfeel en poche ? No way ! Mais si, all the way !

Hello !

J’ai le plaisir de vous annoncer que le premier volume de ma saga Interfeel paraîtra en poche le 9 janvier 2020 (en même temps que la sortie de sa petite soeur, enfin du grand format, Interfeel 2).

Bon, la couv ressemble quand même vachement au grand format, je suis d’accor d!

Plaisir, parce que la culture a un prix, mais tant mieux s’il est le plus réduit possible. Durant cette année et demi d’interventions, de signatures, de salons, j’en ai entendu beaucoup me dire que oui, le livre a l’air super, mais bon, 18 euros 50… et je comprend, bien sûr. D’où la sortie en poche, au prix de 8 euros 10.

Heureux également, car j’ai le pressentiment qu’un tel format et un tel prix ouvrira la porte de mon livre à des institutions. Des établissements scolaires. Qui ne pouvaient pas se permettre de commander autant de grands formats.

Bref, Interfeel 1 prend une nouvelle vie, une nouvelle forme. Belle évolution. Déjà car, vous ne le savez peut-être pas, mais un livre ne sort en poche que s’il a fonctionné en grand format. Je considère ainsi cette nouvelle publication comme une récompense, presque de cette année et demi d’échange, de diffusion et de promotion. Et de votre fidélité et votre bouche à oreilles à toutes et à tous.

Nouveau prix, nouveau format. Mutation. Plus compact. Se glisse dans les poches. Dans un sac. S’ouvre dans un métro, un bus, un train. Un compagnon de quelques semaines, quelques jours même, car je sais que vous lisez vite ! Bref, un renouveau ! Interfeel grand format n’est plus, vive Interfeel en poche !

Belles (re)lectures à vous !

Antonin Atger.

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Histoire d’écrire #50. J’ai fini d’écrire Interfeel. Et après ?

On a, enfin, lâché son bébé !

Mike Barber reports that Josh Jackson's name is in the ...

Il est entre les mains dans l’éditeur, victoire !

Victoire ? Attendons.

Oui, littéralement, attendons. L’Editeur passe plusieurs mois sur un manuscrit de faire un retour. Et cela peut être très frustrant.

Gifs animés SABLIERS
Le saviez-vous ? A la millière rotation, il se passe quelque chose de dingue.

Entendons nous bien : je le répète, j’ai écrit Interfeel suite à un concours qui m’assurait un contrat d’Edition. Encore une fois, c’est une situation très confortable.

MAIS

Mais il n’empêche, durant des mois et des mois, et parfois des années, l’avancé du livre ne dépend que de nous. On ne va pas assez vite, on rature, on réécrit, mais on avance. Concrète. Chaque mot, chaque relecture, fait aller dans le bon sens.

Et puis d’un coup, vous ne pouvez « plus rien » faire. Le livre est dans les mains de l’Editeur. Et le harceler tous les jours pour qu’il vous fasse un retour n’est pas forcément une bonne idée ! Comme, désormais, les prochaines étapes ne dépendent plus de nous, arrive un sentiment de frustration, de perte de contrôle, plutôt difficile à concevoir, surtout après « l’épreuve » de l’écriture. Le plus dur est passé, certes. Mais tout n’est pas fini.

Je n’ai jamais vécu ça. Mais j’imagine que cette sensation est tout aussi importante, sinon plus, lorsqu’on envoie un manuscrit à un (dix, vingts) éditeur. Car en plus de l’attente, il y a l’incertitude.

Nouvelle parenthèse : je reçois beaucoup de demandes, de la part d’écrivains souhaitant être publiés, concernant les démarches à effectuer pour prospecter les maisons d’Editions.

J’aimerai volontiers vous aidez, croyez moi, mais c’est une démarche que je n’ai jamais eu à effectuer, nanti de moi. Je ne peux donner que des conseils généraux :

  • Ciblez vos maisons d’Editions (pas la peine d’envoyer votre polar à une maison spécialisée dans les recueils de poésie).
  • Vérifier quinze fois l’orthographe.
  • Envoyez une version papier, et achevée.
  • Faîtes une belle note d’intention (voir ici, par exemple).
  • Allez sur chaque site des maisons d’Editions, voir déjà si elles acceptent de recevoir des manuscrits, et quelles sont les typos demandées. SUIVEZ CES RECOMMANDATIONS A LA LETTRE.
  • Commencez par les grandes maisons d’Editions, car vous serez frustrez si vous ne le faîtes pas. Si la réponse est négative, n’oubliez pas qu’il existe beaucoup de maisons d’Editions plus locales, mais extrêmement intéressantes et ambitieuses.

Fin de la parenthèse.

Bon, donc, il y a l’attente de la réponse de l’Editeur, et c’est frustrant. Mais il y a encore pire, si. C’est :

Le vide émotionnel.

Le Vantablack : la matière la plus noire du monde ...
Trop dark.

On est embarqué pendant un an et demi dans une histoire qui nous suit nuit et jour. Forcément, une fois parti, c’est à la fois la fatigue et la déprime.

Le piège (que j’ai fait), c’est de vouloir partir tête baissée dans une nouvelle aventure, une nouvelle écriture.

The legend, the myth and the balls of Admiral Gial Ackbar ...
Je vous présente le GIF, je pense, le plus utilisé d’Internet

Vous êtes fatigués et, heureux d’avoir fini l’histoire. Vous avez oublié à quel point ce fut éprouvant, puisque vous êtes arrivé au bout. Reposez vous. Faites autre chose. Voyez des amis. Vivez. Laissez l’envie d’écrire revenir par elle même, n’utilisez pas l’écriture comme un moyen de combler un vide. Remplissez le de votre vie. Votre prochain désir d’écrire ne sera donc pas pour pallier un manque, mais pour construire un nouveau projet.

Donc, si nous devons résumé : le meilleur moyen de supporter la fin de l’écriture d’un livre, c’est de faire autre chose. Si, comme moi, quand vous écrivez un livre, vous avez tendance à oublier tout le reste, essayer justement de reprendre de vos anciennes habitudes, du sport, des verres avec des amis, des moments en famille. Cela est très importance. Retrouver son équilibre est nécessaire après le vertige de l’écriture.

Et surtout, cela vous permettra de patienter sereinement, en attendant le retour de l’Editeur (je croise les doigts pour vous :)).

Et puis…

Tout s’accélère ! Retour de l’Editeur, planification de la publication, cela se compte en mois, en semaines… échanges de relectures, interrogation sur tel mot, questionnement, validation de la couverture, et hop, le livre est dans les bacs !

Et alors, votre petit bébé ne vous appartient plus – vraiment. Il devient un objet. Il est vendu. Et comme tout objet de vente, une communication particulière va se produire autours de lui. C’est ce dont nous parlerons la semaine prochaine, et nous concentrant surtout sur le démarchage des librairies !

À la semaine prochaine, donc !

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Histoire d’écrire #49 Focus Interfeel : comment j’ai su que j’avais terminé l’histoire ?

Article plus personnel. Je vous parle des étapes, et de mon ressentit. Cela peut vous intéresser.

Ça, c’est mon livre

Il n’y a pas une seule fin à l’écriture d’un roman, nous l’avons vu lors des articles précédents. Mais ce sentiment existe aussi, intimement, au creux du créateur. Laissez moi vous raconter aujourd’hui comment, et quand, j’ai eu le sentiment d’avoir enfin terminé mon livre.

La première fin.

La première fin est arrivée lorsque j’ai posé le dernier mot de l’histoire.

99 Francs
Si vous ne connaissez pas le concept de fin multiple, voyez ce film.

À ce moment-là je n’ai pas ressenti de la satisfaction, encore moins un sentiment de fierté (je vous l’avais dit que je serai honnête :)). Plutôt un sentiment de fatigue totale. De

« enfin fini !!!! ».

Le nombre de points d’exclamation est important. Comme dans un texto.

Et oui. Je vous avais dit que j’étais honnête.

done. (@doneappco) | Twitter
Done. Just done it.

Il est à mon sens important d’en parler, car il ne faut pas oublier (et je ne le répèterai jamais assez) que l’écriture n’est pas toujours une partie de plaisir. L’abattement la fatigue de doute font partie intégrante de ce processus.

Fatigue, donc, et envie d’aller voir ailleurs. De lâcher le texte.

Mais je ne l’ai pas fait. Je me suis attaqué directement à la relecture. Et ce fut une erreur.

Pourquoi ? Laissez-moi vous rappeler les circonstances très particulières de l’écriture d’Interfeel : j’ai gagné le concours « Bug Social », sur le site WeLoveWords, dont le premier prix était un contrat d’Edition. Ainsi, contrairement à de nombreux écrivains, qui écrirent un roman, puis tentent leur chance à travers différents éditeurs, j’avais déjà une édition à la clé. Ce qui, bien sûr, était un immense confort.

Mais je me suis mis la pression. L’Editeur attendait le texte, je devais le rendre le plus vite possible (note importante : ce n’est pas ce qu’il m’a dit, c’est moi qui me le suis imaginé). Et donc j’ai directement enchaîné par la relecture.

Mais comme expliqué précédemment, il n’est pas opportun de s’attaquer directement à la relecture. Comme l’a dit un ancien président (à vous de trouver lequel) :

« Il faut donner du temps au temps. »

Un ancien président.

Et donc, je me suis attaqué à la relecture à contre-coeur. Et déjà que la relecture n’est pas une partie de plaisir… autant vous dire qu’à ce moment, Interfeel, après un an et demi d’écriture, et cette relecture attroce, j’en avais par dessus la tête. Ce qui, déjà, n’est pas bon pour nous (bien sûr), mais également, cela n’est pas bon pour la qualité du livre que l’on rend. Non-motivé, on bacle.

L’envoi du livre relu à l’éditeur ne m’a donc pas donné ce sentiment d’achevé. Plutôt de « ça, c’est fait ». Ce quoi, vous en conviendrez, est ballot.

Et puis

Et puis le temps, enfin, a passé.

L'équilibre du choix et du temps - la théorie applicative ...
Regardez, il passe.

J’ai pu me détâcher du livre. Le considérer comme quelque chose existant désormais à l’extérieur de moi (car il était chez l’éditeur : voir mon article précédent). J’ai pu le conceptualisé, y réfléchir… et avoir de nouvelles idées ! Non pas pour changer l’histoire, mais pour l’amérliorer (par exemplesn les prénoms des héros n’étaient pas ceux là à la base. Hanek s’appelait Thomas, Adila s’appelait Sophie…).

Aussi, en prévenant mon éditeur bien sûr, quelque six mois plus tard (amis jeunes écrivains, n’oubliez pas que l’oeuvre de patience ne se fait pas que lorsqu’on écrit un livre, mais également lorsqu’on attend un retour de l’éditeur), quelques six mois plus tard. Et j’ai rajouté ces éléments. Les prénoms. Quelques détails. Des indices sur ce qu’il se passera sur le Tome 2 (les avez vous trouvé ??).

Et alors…

Le premier vrai sentiment d’achèvement arriva. Comme si ces détails, que j’ignorais à l’époque de l’écriture, étaient nécessaires pour boucler le cycle. Ils étaient la dernière pièce du puzzle, le dernier artefact, le dernier rouage, celui qu’on ne trouve que lorsqu’on prend du recul, qu’on s’éloigne du tableau gavé de craie blanche.

J’envoyais à nouveau le texte. Et cette fois, j’avais le sentiment, c’est étrange, d’être en accord avec ce que je venais de transmettre. Je le considérais enfin comme un objet inachevé.

Quelques mois plus tard.

Il y a, depuis, pendant, dans … | Superblog de FLE
Quelques mois. Pas plus.

Quelques mois plus tard, enfin, l’Editeur m’envoya ses propres relectures.

Parenthèse : je pense qu’il y a beaucoup de fantasmes par rapport à ces remarques que fait l’éditeur, comme quoi il « dénature » le texte, impose des coupes, etc. Je pense que c’est vrai dans certains cas, que cela dépends beaucoup des éditeurs aussi, et surtout, il faut savoir de quoi on parle :

Il y a deux types de suggestions qu’un écrivain va refuser :

  • Car elles ne sont pas cohérentes avec sa vision de l’oeuvre (auquel cas il me semble légitime pour lui de refuser ces modifications).
  • Car il ne veut rien changer, non non, c’est lui l’auteur, toute modification de quelque d’autre que lui entacherait la pureté de l’oeuvre (auquel cas, je pense que l’écrivain ne considère pas encore son oeuvre comme un objet, c’est à dire quelque chose que l’on peut concevoir à l’extérieur de soit. Ouaip, l’article de cette semaine est un peu psycho ! Ou alors, c’est une histoire d’égo).

Pour reprendre l’exemple d’Interfeel, j’ai accepté beaucoup de remarques de l’Editeur. Il s’agissait généralement d’un choix de mot, plus pertinents. Qu’à cela ne tienne : l’important est de faire le meilleur livre possible. Il y avait d’autres suggestions, des passages qu’il voulait supprimer, que j’ai refusé, car pour moi il s’agissait soit d’éléments importants, soit il s’agissait d’éléments préparatifs au Tome 2 que lui, forcément, ne pouvait pas voir.

Donc pour résumé : j’ai accepté ses modifications pertinentes, il a accepté mes refus de modifications. Bref, un travail plutôt bien fait à mon sens. Fin de la parenthèse.

Mais le plus important n’est pas là : ce qui est fou, c’est qu’en relisant sa version du livre, avec ces modifications, j’ai commencé à lire Interfeel comme un lecteur (et d’ailleurs j’ai adoré l’histoire !! ;)). Sensation étrange mais délicieuse, d’être à la fois auteur et lecteur d’une oeuvre.

En renvoyant le manuscrit cette dernière fois, j’ai à nouveau eu cette sensation de finitude, et d’abandon, mais pas dans un sens tragique. Paradoxalement, voir par la suite mon livre en papier m’a fait de l’effet, mais c’est par ces multiples relectures et échanges que j’ai vraiment pu concevoir mon livre comme une entité à part entière.

En conclusion.

Quelles leçons tirer de cette expérience ? En vrac :

  • Prenez votre temps avant la relecture !
  • Acceptez vos sentiments de frustration lors de l’éccriture, lors de la relecture : ils font partis du processus.
  • Acceptez les conseils de modification sur votre livre s’ils vont dans le sens de votre livre !
  • Enfin, est c’est le plus important : l’écriture d’un livre ne s’achève pas en une seule fois ! De même, le sentiment de finitude se fait, ou peut se faire, par étapes. Mais n’oubliez pas d’en savourer chacune d’entre elles !

A bientôt !

Antonin A.

—-

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Un nouveau début pour Interfeel ?

Bonjour tout le monde !

Vous le savez, je fais de nombreuses interventions en classe, partout en France. Ce sont à chaque fois d’excellentes rencontres, avec des élèves passionnés et passionnants, dynamiques. De beaux moments !

Lors de ma visite, les élèves de troisième du collège Léonard de Vinci me proposèrent une belle surprise ! Chaque groupe imagina une nouvelle histoire, après l’incipit, la première page d’Interfeel ! Ce sont donc plein d’autres possibilités, des histoires que j’aurai pu arpenter.

Je suis ravi que mon livre soit le champ d’une telle créativité pour les élèves. Une histoire n’est pas figée, ni sous verre (ou papier). Elle peut se malaxer comme de l’argile, et servir de terreaux pour l’imagination !

Voici les variations de ces élèves autour d’Interfeel. Cliquez sur l’image !

Cliquez sur le livre. Si si, c’est possible !

Sinon, allez directement ici :

https://www.calameo.com/subscriptions/2258766

Je vous souhaite une excellente lecture de ces nouveaux débuts d’Interfeel débordants d’imagination !

Si vous voulez que j’intervienne dans votre établissement, n’hésitez pas à me contacter !

Antonin Atger

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Couverture d’Interfeel 2, et date de sortie officielle !

Bonjour à toutes et à tous !

J’ai le grand honneur, la joie sans mélange, bref, je suis hyper content de vous présenter (enfin !) la couverture du Tome 2 d’Interfeel, tant attendue !

La voilà !

Bon alors, je ne suis peut-être pas très objectif, mais je trouve qu’elle déchire grave !

En premier lieu, je tiens à dire à grand merci à Léonard Dupond, l’audatieux, le talentueux artiste de la première couverture, et de celle-ci.

Mais ne me croyez pas sur parole, allez découvrir son talent directement à cette page.

Je remercie aussi toute l’équipe de PKJ, qui se démène depuis déjà un an et demi pour faire découvrir, connaître, Interfeel et, très bientôt, Interfeel 2. Un merci spécial à Xavier, mon directeur de publication dont les conseils, sur le Tome 1 comme sur le Tome 2, ont été précieux, et on permit de vous offrir le meilleur livre qu’il soit.

Merci aux libraires (j’en ai rencontré un sacré paquet !), qui ont aimé le livre, et se sont battus pour le faire connaître au public.

Merci à toutes les chroniques, critiques, par rapport à mon sujet. Positives ou négatives, peu importe. Déjà parce qu’elles étaient essentiellement positives 🙂 ! Ensuite car le livre a ainsi atteint son but : être un moyen d’échanger.

Et merci à vous toutes et tous, qui avez lu ce livre, qui avaient rêvé avec les histoires de Nathan, Elizabeth, Hanek, Livia, Adila, Nadem… C’est un plaisir, et un honneur, de vous offrir désormais la suite de leur aventure.

Mais mais mais… quand, alors ?

Et bien, voici la date de sortie officielle :

Le 09 janvier 2020

Je vous donne donc rendez vous ce jour là pour harceler nos amis libraires :). Et j’attends vos retours, aussi, sur mon nouveau livre. Comme je l’ai toujours dit, un livre raconte un histoire. Mais il peut aussi relier les gens.

A très vite !

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Histoire d’écrire #48 Savoir s’arrêter à temps

C’est un paradoxe : une fois que l’on a fini l’histoire, on ne veut plus y toucher, quitte à rechigner à faire la (les) sempiternelles relectures. Et pourtant, quand il est temps de lui dire vraiment adieu, de le lâcher dans la nature, que dis-je, dans la jungle des éditeurs, on renacle, on rechigne, on s’accroche. Une dernière correction. Une énième relecture. Je suis sûr qu’il n’est pas parfait, qu’il mérite… Tellement mieux…

Comment, alors, lâcher son texte ?

Maintenant ! - Mes mots doux
Si c’est écrit en gros sur une photo inspirante, c’est sûrement vrai.

 La métaphore du chef de chantier

Chef de chantier (Fiche Métier) - Comment devenir Chef de ...
Je vous présente votre chef de chantier du jour

Je ne sais plus exactement d’où me vient cette image (si quelqu’un en connaît l’origine, qu’il n’hésite pas), mais elle me paraît être la parfaite analogie à notre situation.

Voyez un chef de chantier. Il a travaillé des mois sur, justement, un chantier.

(toute ressemblance avec notre comparaison entre écrire une maison et construire un roman… Enfin, l’inverse, ou pas, serait totalement infortuite).

Bref, il a érigé des murs, fait tombé des cloisons, il a passé des mois sur son œuvre, son chef d’oeuvre. Et maintenant que tout est construit, les fondations, les murs, les canalisations, la tapisserie… Le voilà qui laisse UNE porte non peinte. Une simple finissions, qu’il pourrait terminer en une demi-heure, café compris. Pourtant, non. Tout est monté, construit, fait, et… Il laisse cette porte.

Pourquoi ? Pourquoi tenir à l’inachevé ? La réponse est désespérément simple : une fois terminée, l’oeuvre ne lui appartient plus. Il ne peut plus répondre aux critiques : j’ai pas fini, attendez de voir quand ce sera achevé. Il ne lâcher son œuvre en pleine nature. L’œuvre est irrémédiablement achevée.

On revient sur l’écrivain et l’oeuvre. J’imagine que vous avez compris la -subtile- analogie. Terminer son histoire, c’est s’en détacher. C’est accepter ses imperfections. C’est voir notre travail pour ce qu’il est, et non comment on l’espère.

Lâcher son oeuvre, c’est faire preuve d’humilité. C’est accepter qu’il n’est, et ne peux pas, être parfait.

Quoi ? Pas parfaite, mon oeuvre ??

Panoramix et la recette de la potion magique
A dire avec la même intonation qu’Ordralfabétix

Oui. La perfection n’existe pas. Tendre vers la perfection est une nécessité. Mais pour effectuer ce cheminement, cette tension, il faut accepter l’imperfection. Vu comme cela ça paraît nébuleux, donc laissez moi vous proposer une autre analogie, celle du sculpteur.

Imaginez, donc, un sculpteur, qui vient d’achever une statue. Mais avant de la livrer, il se reprend. Est-elle vraiment parfaite ? Est-ce qu’il ne devrait pas faire faire cette petite modification, ce détail, cette main, cet oeil, et creuser un peu plus, juste un peu plus.

Il le fait. Il creuser. Mais maintenant que c’est fait, est ce qu’il ne devrait pas équilibrer avec ce qu’il se trouve autours ? Ajuster, modifier, peaufiner.

Puis arrive le moment où, épuisé, il prend du recul. Et se rend compte qu’il a enlevé toute la mtière. Qu’à trop vouloir creuser, il a vider son oeuvre de sa matière première, ici la pierre.

La conclusion de cette petite histoire est très simple : le perfectionnisme peut être néfaste, et les multiples infimes modifications que l’on veut faire peuvent dénaturer le grand oeuvre. Travaillez un texte aussi achevé que possible. Mais sachez vous arrêter à temps. Acceptez le risque de l’imperfection.

Gardez l’essentiel, en peaufinant le détail.

Apprendre les règles du jeu d'échecs
Si si, il y a un lien. Lisez la suite.

Nous le voyons dans l’exemple précédent, le problème principale de l’hyperrelecture est qu’elle risque de dénaturer l’ensemble pour un détail peut-être anodin.

Prenons l’exemple d’un coup d’échec. Réfléchir au meilleur coup, oui. L’erreur est de trop réfléchir, se perdre en conjoncture sur 10 coups à l’avance, multiplié par le nombre de pions jouables, au final choisir une action, qui nous semble pertinente, et se faire bouffer la reine juste après. À trop se perdre dans les détails, on perd de vue l’essentiel. Il vaut mieux rendre un texte (un peu) imparfait, que trituré dans tous les sens, avec ce détail (mineur) enfin réglé mais qui, au final, dénature l’ensemble.

L’intérêt des bêtas lecteurs.

J’utilise des bétas lecteurs au fil de mes chapitres. Cette relecture en continue (que je cale sur un calendrier précis), me « force » à rendre des textes en temps et en heures, malgré le fait qu’ils me semblent inachevés (il s’agit généralement d’inquiétude non légitime). Progressivement, je me détache de mon oeuvre, ce qui me permet de voir (le plus) objectivement (possible) ses défauts, et ses qualités.

Les bêtas lecteurs aident à accepter les défauts. Et à voir ce qui apparaît vraiment comme un défaut, objectif, et non simplement un stress de votre part de devoir achever l’oeuvre. Le diable se cache dans les détails, certes, mais à trop chercher la petite bête, votre pavé finira en enfer, avec tous les autres chargés de bonnes intentions.


En conclusion

Relire pour affiner, améliorer, affûter, préciser, oui. Maintenant, reprenez tous ces verbes, et rajoutez trop devant. Vous avez votre limite. Ne pas trop retoucher. Trop modifier.

Il vous faut savoir si votre retouche est vraiment nécessaire en soi, ou si c’est un moyen (prétexte ?) de ne pas finir votre livre, et « affronter » ce qu’il se passe après. Encore une fois et comme souvent, ça dépend de vous :).

Antonin A.

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Histoire d’écrire #47 Comment relire ?

La relecture d’un texte est compliqué, pour de nombreuses raisons. Voilà pourquoi (liste loin d’être exhaustive) :

  • Vous avez fini votre livre. En même temps vous ne l’avez pas fini. Cette notion d’entre deux n’est pas agréable à tenir. Un peu comme si vous étiez assis entre deux chaises.
Dips - Musculation pectoraux et triceps
Tentative de survie entre deux chaises
  • Après l’écriture d’un roman, généralement, plusieurs mois, vous êtes vidés. Comme après une période intense au boulot, votre corps, votre esprit ont tenus le coup jusqu’à la fin de l’écriture et se disent maintenant « hop ! C’est fini ! » et hop, relâchement immédiat, torpeur, etc. Sauf que non, ce n’est pas fini !
  • Non seulement ce n’est pas fini mais qu’en plus, allez, on va se l’admettre, la relecture, c’est chiant. Nécessaire, mais chiant. Il n’est plus question de créativité ou d’imagination, simplement de finalisation, de correction minutieuse, de détails tatillons. Et c’est long.
  • Et frustrant. Généralement, lorsqu’on termine un texte, on le garde en tête avec les lunettes roses de la nostalgie. On l’imagine parfait. Après tout, on a tellement sué : heureusement qu’il est parfait !
  • Et la relecture, avec son œil d’aigle mais parfois, aussi, de vautours, va nous pointer du doigt tous les petits défauts que l’on a pas vu, ou refuser de voir, à l’époque. Et ce ne sont plus de gros problèmes de narration (enfin, je l’espère pour vous), mais une multitude de petits détails, car des grains de sable qui vous font crisser des dents.

Y’a-t-il une seule relecture ?

On dit souvent « la » relecture. Selon moi, il y en a plusieurs. A titre personnel, je distingue trois catégories :

  1. La relecture de fond (voir si tous les évènements s’enchaînent correctement),
  2. La relecture de forme : voir si c’est bien écrit). L’attention est alors porté sur le style, sur les tournures de phrases, le rythme, si votre histoire est bien retransmise à travers les mots.
  3. Relecture orthographe : voir si c’est correctement écrit. On s’occupe désormais de la syntaxe. Être certain que les mots soient bien écrits, les phrases complètes.

Or, je ne sais pas vous, mais moi, je ne peux pas me concentrer sur les trois types de relecture en même temps. Je reviens dingue. Mais alors, il faut relire son texte TROIS fois ? C’est bien possible ! (même si cela dépend de chacuns). Voici dans tous les cas une foule de conseils pour vous aider :

Mes conseils

Prenez votre temps !

Ne fait pas la relecture juste après la pose de votre point finale, croyez moi, ça va vous rendre fou ! Psychologiquement d’abord, si vous enchaîné écriture par relecture, vous aurez l’impression qu’il s’agit d’un petit boulot, allez quoi, une heure ou deux.

Relire, c’est long (et chiant, mais je l’ai déjà assez dit). Il faut l’admettre. Donc voyez cela comme une tâche importe, qu’il faut séparer de l’écriture. Et puis, laissez passer du temps. Six mois, si vous le pouvez, pour souffler un peu. Et congratuler me vous, que diable ! Oui, ce n’est pas encore finis, mais vous avez fait le plus dure ! Reste le plus chiant, certes, mais n’y pensez pas tout de suite.

Commencer par le fond

Commencez par la relecture de fond, celle où vous modifier le sens de votre histoire. Obviously, puisque les modifications indues par cette dernière vont impacter les deux suivantes. Mais restez sur celle ci. Il est tentant de corriger la faute, là, que vous voyez, mais vous allez vous éparpiller. Au pire, soulignez, surlignez… Mais ne corrigez pas !

Écoutez de la musique.

Il m’est toujours compliqué d’écrire en écoutant de la musique. Quand je le fais, je choisi des morceaux que je connais par cœur, ou des musiques sans parole, ou soft, comme le classique ou le Trip Hop, histoire que mon esprit ne s’accroche pas sur le son, mais sur l’histoire sur laquelle je travaille.

Sauf… pour la relecture ! C’est tellement chiant que, au contraire de l’écriture, où toute mon attention doit être sur mon travail, là, je n’ai qu’un souhait : que mon attention aille ailleurs ! J’en profite donc pour découvrir de nouveaux groupes, de nouveaux chanteurs, idéalement non francophone, histoire de ne pas être attiré par le sens des paroles. Vous trouverez rapidement votre paylist pour l’écriture (si vous êtes plus productif avec), et pour la relecture.

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Musique et café : l’attirail complet du petit relecteur.

Connaissez-vous

Quand êtes vous mieux à l’aise pour la relecture de fond ? Pour l’orthographe ?

Votre esprit ne fonctionne pas pareil le matin à midi après le repas le soir ou en pleine nuit à vous de vous connaître découvrir et à quel moment par exemple vous êtes dans un bon état pour simplement vous concentrer sur l’orthographe de quel à quel moment vous êtes apte à faire une voiture plus en profondeur ou simplement me concentrer sur la forme une fois que vous savez cela choisissez les chapitres à travailler ou fonction niveau de relecture et on sait vous.

Alternez les types de relecture.

Je vous conseille de passer d’une relecture à l’autre en fonction du chapitre. Avancez sur différents chapitres à la fois.

Voyez les différentes relectures comme des « couches », que vous posez les unes sur les autres. Rien ne vous oblige à poser la première couche du premier au dernier chapitre, puis de passer à la couche deux, etc. Le fait d’avoir plusieurs chapitres, avec des niveaux de « couches » différents vous permettra de choisir le bon type de relecture, au moment qui vous semblera le plus opportun puisque, ayant suivis le conseil précédent, vous vous connaîtrez, et saurez quand vous êtes le plus efficace.

Déstructurez vos relectures.

Lisez votre histoire de manière déstructurés : commencez par la fin, par le milieu. Cela vous apportera un nouvel éclairage et vous evitera de vous laissez emporter par votre propre histoire (forcément géniale :)).

Par exemple, lire les chapitres dans le désordre vous permettra à la fois de vous concentrer sur la relecture spécifique que vous êtes en train de faire, mais également de sentir si votre texte est assez solide pour que vous vous y retrouviez, même dans le désordre. Enfin, cela vous permettra de voir si votre chapitre, votre paragraphe reste consistant et significatif, même s’il n’est pas directement lié à celui devant, et celui d’après.

Pour la relecture orthographique, idem : relisez en remontant à l’envers, un paragraphe après l’autre. Cela sera moins ennuyeux, vous découvrirez votre histoire sous un autre jour, un autre sens, littéralement, et cela vous permettra de vous concentrer uniquement sur la forme orthographique.

https://tradespecializados.com/wp-content/uploads/2018/01/Imagen-rev-y-correcci%C3%B3n.jpg
Je galère à trouver des illustrations pour cet article. Alors je mets ce que je peux.

L’impression

Imprimez votre texte. Ou, si votre conscience écolo vous titille trop (ce que je comprends tout à fait), convertissez le en PDF, cela marche aussi, par le pouvoir de la symbolique).

L’impression de votre texte vous donnera justement une nouvelle impression. Vous verrez les choses différemment, littéralement avec plus de recul. Il se produira une impression d’achevée, d’irrémédiable, qui justement vous fera réaliser toutes les erreurs que vous ne voyez pas avant, lorsque vous baignez dans ce bon vieux document Word.

Utilisez vos proches, et faites leur confiance.

l’écriture est un acte solitaire c’est sûr mais je pense qu’il est très important de s’entourer d’un groupe de béta lecteurs pour vous conseiller soit tout au long de l’histoire soit à la fin.

Le simple fait de savoir que vous allez leur envoyer vous permettra d’avoir un recul psychologique qui fera ressortir des erreurs autrement passées inaperçues.

Si vos proches sont prêts à vous aider sur la relecture, qu’ils s’agissent du fond :

« Dîtes, les gars, est ce qu’il y a des choses qui vous semblent incohérentes dans l’histoire ? »

La forme :

« Dîtes, les gars, est ce qu’il y a des passages qui vous semblent mal écrits ?

Ou l’orthographe :

« Dites, les gars, est ce qu’il y a des passages qui vous agressent les yeux ? »

Pour le fond et la forme, n’oubliez pas que leur retour ne sont que des conseils, pas des obligations. Et ne prenez pas la mouche s’ils ne sont pas d’accord avec certains de vos choix. Déjà, c’est leur droit le plus légitime (pas la peine de demander des conseils si ce n’est que pour recevoir de la flatterie), et ensuite, ce ne sont que des conseils. Retours bon ou mauvais, cela vous permettra d’avoir des exemples de l’impression que donne votre livre à l’extérieur.

Pour l’orthographe, ma foi, convention syntaxique oblige, c’est un peu plus que des conseils. C’est comme ça où ça ne l’est pas, il n’y a pas (souvent) de débat. NE NEGLIGER PAS l’orthographe. Votre histoire peut être la plus belle du monde, les fautes d’orthographe écorcheront les yeux de lecture, de l’éditeur, qui ne voudra pas aller plus loin.

Certains bétas lecteurs ne peuvent pas s’empêcher de faire des retours sur l’orthographe. Ma foi, tant mieux pour vous !

La différence entre la révision et la relecture (proofreading)
Hop, encore une illustration bien pourrie !

Quelques conseils généraux sur votre relation avec les bétas lecteurs.

  • N’oubliez pas qu’ils font cela pour vous rendre service. Partant de ce présupposé :
  • Ne les pressez pas de vous répondre. Ils ont une vie, qui ne tourne pas uniquement autours de votre livre (ce qui est par contre certainement votre cas).
  • Ne les engueulez pas s’ils n’ont finalement plus le temps de lire votre livre.
  • Ne les engueulez pas s’ils n’ont pas aimés : encore une fois, c’est leur droit le plus légitime.
  • S’ils vous semblent, par contre, un peu trop virulents et blessants, engagez le dialogue (idéalement en face à face, méfiez vous des messages numériques et écrits dans ce cas là). Remerciez de leur retour, mais expliqué que la manière est un peu dur. Généralement, les gens ne sont pas des monstres (je vous promets), ils comprendront.
  • Remerciez les à chaque retour. S’ils ont des questions, répondez-y. Je vous le rappelle, ils prennent, généralement, du temps pour vous aider.
Adaptation / relecture / mise à jour | W&B CREATION
Les illustrations n’ont plus rien à voir avec le sujet maintenant. Plus rien à fout’.

Voilà pour tous ces conseils de lecture lecture et un moment difficile frustrant et pourtant indispensable un texte ma orthographié remettra les éditeurs de la première page même si même si de vivre réveille la meilleure histoire du monde donc ne vous précipitez pas prenez le temps de relire le fond la forme orthographe et seulement après vous pouvez commencer à envoyer votre manuscrit aux éditeurs nous verrons cela une prochaine fois à bientôt.

 Antonin A.

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