Google fait-il la promotion de théories du complot ?

Les résumés IA de Google peuvent promouvoir des théories du complot.

Une équipe de chercheurs Australiens a testé la tendance de Google a mettre en avant les théories du complot lors de ses résumés de recherches.

Ils se sont pour cela appuyés sur deux théories complotistes :

– Les chemtrails, l’idée que le gouvernement diffuse des produits toxiques via les trainés d’avion.
– Les « 15 minutes city conspiracies ». Les théories du complot concernant la ville du quart d’heures.

Le concept de la ville du quart d’heures repose sur le fait d’avoir à 15 min de chez soi (à pied ou à vélo) tous les services essentiels. Mais certaines théories du complot fleurissent, avançant l’idée que ce sera un moyen pour une élite malfaisante de contrôler les citoyens.

Vous n’avez probablement jamais entendu parlé des complots impliquant la ville du quart d’heures (voir de la ville du quart d’heure tout court), et c’est normal.

C’est même un élément clé dans cette étude.

Les résultats sont assez édifiants. Tout d’abord, Google ne présente pas forcément les chemtrails comme une idée complotiste. Il le fera uniquement si la question est cadrée de manière neutre, mais pas si la formulation est déjà complotiste.

Et lorsque les chemtrails SONT présentés comme une idée complotiste, il n’explique pas exactement pourquoi.

Enfin, Google est beaucoup plus conciliant concernant les théories complotistes de la « ville du quart d’heure ». Il ne met pas en garde l’internaute et présente les complots comme des craintes légitimes.

Cela nous montre plusieurs choses : les pare feux SONT possibles. Google PEUT spécifier la nature complotiste de la théorie des chemtrails.

Mais cela est conditionnée par la formulation de la recherche. Quant aux théories plus récentes, moins connues (avec peut être moins de sources de débunkages), cette vigilance est beaucoup plus ténue.

Lien vers l’étude : https://journals.sagepub.com/doi/epub/10.1177/1329878X261481856

Si vous souhaitez que j’intervienne sur le sujet des Fake News dans un établissement scolaire, une entreprise ou une association, n’hésitez pas à me contacter !

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Soral et Guénolé, itinéraire d’un débat inutile

J’ai regardé le débat Soral-Guénolé pour que vous n’ayez pas à le faire.

(Oui, on occupe ses dimanches comme on veut.)

Je vais essayé d’en faire un retour objectif.

Tout d’abord, et il faut reconnaître, Thomas Guénolé était solide, plutôt carré, et connaissant ses dossiers. Il avait de vrais arguments pour démonter les thèses antisémites de son contradicteur – le but affiché de ce débat.

Le problème, c’est qu’en face, il y avait Alain Soral, qui se moque totalement des arguments et de la logique, bien qu’il s’en revendique. Il a ressassé incessamment les mêmes clichés sur les Juifs qui contrôleraient absolument tout, et seraient responsable de l’assassinat de Kennedy, du 11 septembre ou de l’incendie de Notre Dame.

Soral n’écoute aucun argument, prétend se baser sur le « vrai » et la « vraie science », sans jamais définir ce qu’il entend par là, et refuse toutes les sources de Guénolé puisqu’elles font « partie du système » (juif, ou judéo-maçonnique).

Ses « preuves » sont en réalité son postulat de base (les Juifs contrôlent tout), et les seules sources qu’il sortira durant le débat sont les livres qu’il édite lui-même dans sa maison d’édition… qu’il a choisi justement car ils valident sa thèse.

Nous sommes dans un exemple assez fabuleux d’argument circulaire, où la conclusion est décidée par la conviction d’origine et validée par des preuves pré-sélectionnées.

Soral est vraiment le prototype du complotiste, prétendant « douter » de la vérité officielle alors qu’en réalité il la réfute totalement, enchainant le mille-feuilles argumentatifs, changeant de sujet dès qu’il est mit en défaut et cherchant avant tout à imposer ses obsessions. Il a, en outre, tenté à plusieurs reprises d’amalgamer détestation des juifs et critique Israël, dans l’espoir de piéger Guénolé, connu pour ses positions propalestiniennes.

Et c’est tout le problème avec ce débat, qui ne POUVAIT pas se passer autrement.

Guénolé a fait un travail plutôt rigoureux pour souligner l’absurdité des thèses antisémites de Soral.

Mais peu importe, puisque s’il contredit Soral, c’est qu’il fait partie du complot, et ses preuves sont celles de « l’élite » donc, par principe, irrecevables, puisque l’élite est complice (et juive).

Au final, les soraliens ne changerons pas d’avis, les sceptiques non plus. Tout cela n’aura permis qu’à replacer Soral sur le devant de la scène et mettre en lumière cette chaine Youtube complotiste qui, franchement, ne le mérite pas.

Voilà pourquoi il est toujours nécessaire de réfléchir à l’impact de ce genre de débat, avant de vouloir le mettre en place.

Qui a le plus à y gagner, quelque soit l’issu ?

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Remontez le temps pour aider les résistants Lyonnais !

Une histoire de voyage dans le temps peut aider vos élèves à être plus vigilants avec leurs données personnelles !

Depuis trois ans, j’anime la classe culturelle numérique « Self Data », organisée par Erasme et la Métropole de Lyon, ouverte à toutes les classes de primaire et collège de la Métropole.

L’idée est simple : nous imaginons que nous envoyons des téléphones portables en 1942 pour aider les résistants lyonnais.

Chaque mois, les élèves résolvent des énigmes pour aider les résistants du passé à faire attention à ce qu’ils diffusent en ligne, pour que leurs données ne tombent pas dans les griffes de la Gestapo.

Il s’agit de craquer un mot de passe trop facile, géolocaliser un résistant avant qu’il se fasse attraper !

A la fin de l’année, les élèves utilisent ce qu’ils ont appris pour créer des outils de vigilance numérique qu’ils pourront diffuser aux autres classes de leur établissement, diffusant encore plus les points clés de cette vigilance numérique.

Ce sont souvent des moments très forts pour les élèves, notamment le rendu final où toutes les classes du projet se rencontrent enfin.

Et ce sont des souvenirs qu’ils vont garder longtemps.

Ce projet est bien évidemment gratuit pour les établissements participants !

Je serai là durant toutes l’année pour échanger avec les élèves, leur expliquer les missions et les guider dans cette aventure entre présent et passé !

Donc si vous êtes professeur de la Métropole, n’hésitez pas !

Vous trouverez toutes les informations ici : https://www.laclasse.com/portail/inscription_CCN/index.html

Je serai ravi de vous compter parmi nous cette année au sein de cette classe culture numérique.

Date limite des inscriptions : 15 septembre.

N’hésitez pas à me contacter si vous avez la moindre question.

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Quand notre cerveau modèle le réel

Je suis à un café avec une amie. Un jeune homme que je ne connais pas entre dans l’établissement. Je jette un oeil, puis reprend ma conversation.

Alors que je me lève pour chercher de l’eau, je devine qu’il me fixe.

« Antonin ? »

Je me tourne vers lui, le regarde et en quelques secondes… son visage change. Et je reconnais une ancienne connaissance d’il y a quinze ans !

On papote, on est contents de se revoir, etc.

Ce qui est fascinant, c’est à quel point pour mon cerveau a « transformé » son visage dès l’instant qu’il m’a interpelé.

Car en signalant qu’il me connaissait, j’ai compris que je devais le connaître aussi. Et cet élément supplémentaire a transformé ma perception du réel.

Même maintenant, lorsque je me rappelle de la scène, je vois deux visages, un lorsqu’il rentre dans l’établissement, l’autre une fois que je l’ai reconnu.

Et là belle coïncidence, c’est que ça fait SERIEUSEMENT écho au livre que je lis en ce moment.

The Experience Machine, d’Andy Clark

Dans ce livre, Andy Clark, professeur de philosophie cognitive, ne voit pas le cerveau comme un simple analysant du réel (via les sens), mais comme une machine qui tente de prédire en permanence l’environnement, et s’adaptant aux nouvelles informations.

C’est exactement ce qu’il s’est passé. Pensant ne pas connaître la personne, je lui ai plaqué un certain visage, qui a évolué pour me faire reconnaitre les traits de mon ancienne connaissance.

Fascinant !

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Réel et fiction : les liaisons dangereuses

La fiction impacte-t-elle le réel ? Le réel influence-t-il la fiction ?

Dans cette émission de la Tronche en biais, nous avons vu, en compagnie d’Isabelle Bauthian, Jeannie C Moria, Vled Tapas, et moi-même, animé par Acermendax, les différentes facettes de ces liaisons, parfois dangereuses, entre réel et fiction.

Vidéo ici :

Ou cliquez sur le lien ici :
https://www.youtube.com/watch?v=Xaq04RI_On4

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Il ne faut pas débattre avec Alain Soral

Thomas Guénolé va faire un débat avec Alain Soral, et c’est une très mauvaise idée.

L’argument du politologue pour défendre cet évènement est, je cite, de combattre l’extrême droite et ses idées.

Pour rappel, Alain Soral est une figure extrêmement importante de l’antisémitisme, de l’homophobie et du masculinisme français. Il s’est exilé à Moscou il y a quelques mois pour échapper à la justice suisse lors de son procès pour « apologie du terrorisme ». Il estime la justice suisse associée à la « France juive ».

Sur le papier, on pourrait se dire qu’en démocratie, les idées, même les plus terribles, se combattent et qu’un débat est le meilleur format pour ça.

Mais ça, c’est sur le papier.

Dans le réel, je pense qu’il faut se poser une question fondamentale :

À qui bénéficiera le débat ?

Et pour moi, quel qu’en soit l’issue, ça bénéficiera à Alain Soral.

Car Alain Soral est désormais un vieux monsieur. S’il a eu une grande influence en France il y a 10 ans, au point de former des générations d’antisémite, son influence décroit d’année en année.

Faire ce débat, c’est lui réaccorder une importance. C’est braquer un nouveau projecteur sur lui.

Admettons que Thomas Guénolé soit impeccable dans ce débat (ce dont on peut douter, Guénolé n’est pas mauvais en débat mais se fait régulièrement piéger). Cela désavouera les idées de Soral ?

Un débat ne se base pas sur une argumentation précise.

Il peut se gagner sur des attaques personnelles, des insultes, des provocations, des phrases choques qui se propageront sur les réseaux et lui donneront une caisse de résonnance incroyable.

Enfin, comment « gagner » un débat face à une personne qui déblatère des horreurs antisémites ? Dire que c’est faux ? Que ce n’est « pas bien » ? A quel moment cela convaincra le moindre adepte ?

Cet échange n’aura AUCUN effet bénéfique.

Parfois, la programmation même d’un débat mettant en avant des personnalités qui ne devraient pas être exposées est une défaite, avant même que les premiers mots soient prononcés.


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Guillaume Pley et la technique de la concession

Guillaume Pley est sorti de son silence face à toutes ces accusations, et sa réponse est très intéressante.

Il va admettre que certaines accusations sont vraies, notamment les blagues graveleuses qu’il disait en radio et qu’il regrette aujourd’hui.

A contrario, il rejette d’autres accusations, comme les accusations de racisme entretenus dans ses bureaux.

Cette réponse est une stratégie rhétorique extrêmement utilisée en cas d’accusations graves ou multiples :
La concession.

Si Guillaume Pley avait tout nié tout en bloc, on se serait dit, « ce n’est pas crédible, il y a forcément du vrai dans le lot ».

S’il avait tout admis, ce serait la fin de sa carrière et de possible suites judiciaires.

La concession permet de trouver un juste milieu, ce qui fait penser d’ailleurs au biais du juste milieu, notre tendance à imaginer le vrai entre deux affirmations extrêmes.

On admet des choses, généralement les choses les moins graves, ou qui sont révolues, et on nie le reste.

Ainsi, le public se dit que s’il a admis certaines choses, on va le croire lorsqu’il nie le reste.

Ce qui est bien sûr un raisonnement fallacieux.

Beaucoup d’autres accusés récentes ont utilisé cette technique.

On peut parler de DSK en 2011, qui a admit être infidèle MAIS nie ce qu’il s’est passé au Sofitel.

Ou du Youtuber Léo Grasset, de la chaine Dirty Biology, qui a admit des attitudes peu correctes avec ses ex mais pas les accusations de VSS.

Attention, cela ne nous dit rien de la véracité de ce qu’on lui reproche.

Mais cela nous permettre de mettre en avant une technique assez redoutable utilisée pour faire face à des accusations graves et nombreuses.

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La fiction menace-t-elle la réalité ?

Pour répondre à cette question épineuse et foisonnante, on se retrouve sur la chaine de la Tronche en Biais (https://www.youtube.com/TroncheEnBiais) mardi 11 août à partir de 21 heures !

Pour en discuter, des artistes et vulgarisateurs/trices :

Isabelle BAUTHIAN
Jeannie C. MORIA
Vled TAPAS
Et moi.

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L’interdiction des réseaux sociaux est un échec, et ça va s’empirer

L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ne fonctionne pas.

Nous le savions, nous avions alerté, et ce rapport de eSafety commissionner le prouve.

En Australie, 80% des enfants utilisent toujours les réseaux sociaux plus de trois mois après leur interdiction.

Et ce, pour plusieurs raisons :

La première, c’est que des réseaux n’appliquent pas du tout les recommandations. Les enfants n’ont rien à vérifier, ou alors peuvent simplement cocher « 16 ans », et ils ont accès au contenu.

La deuxième raison, plus inquiétante, c’est que certains enfants vont sur des réseaux moins recommandables et moins surveillés, sans même que les parents soient au courant.

Alors qu’ils savaient que leurs enfants étaient sur Tiktok, et pouvaient en parler avec eux.,

Tout cela était prévisible.

Et les conséquences de cet échec ne vont rien arranger.

Pris par le biais d’engagement, le gouvernement australien risque d’enfoncer le clou. Il y aura certainement des processus de vérifications d’âge plus accrus, avec des vraies questions sur la préservation des données personnelles et la vie privée.

Mais cela risque aussi de pousser encore plus les plus jeunes vers des sites moins recommandables qui, eux, ne se plieront pas aux règles.

Les problèmes avec les réseaux sociaux sont réels, notamment pour les enfants.

Il ne faut pas le nier.

Nous devons trouver des solutions.

Mais toute décision coercitive n’a pas pour conséquence les effets souhaités.

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Guillaume Pley et l’illusion de la neutralité

L’animateur Guillaume Pley, de la chaîne YouTube Legends (presque 4 millions d’abonnés), est au coeur de plusieurs polémiques assez sévères.

De nombreuses enquêtes et vidéos (du Monde, des Inrockuptibles, la Tronche en Biais) soulignent de problèmes au sein de l’équipe, de Pley lui-même, et de son contenu.

Certains de ses invités sont très marqués politiquement, ou alors portes paroles de pseudos sciences assez radicales, comme l’affirmation que les pyramides sont construites par des aliens, ou que la Terre serait plate.

Pourtant, Guillaume Pley affirme que ses interviews sont bienveillantes, et surtout : neutres.

Nombreux semblent penser la même chose.

Voilà pourquoi cette situation peut nous amener à réfléchir sur ce que c’est la neutralité.

En effet, Pley laisse la parole à ses invités, n’interrompt pas et ne contre dit quasiment jamais.

Mais est-ce là vraiment de la neutralité ?

Je pense qu’on peut le critiquer à deux égards.

Tout d’abord, on peut se demander s’il est plus neutre de contredire un invité qui dit des choses fausses, ou de le laisser parler.

Ne PAS rectifier quelque chose de faux, n’est-ce pas prendre parti, également ?

La neutralité n’est pas forcément le silence. Cela peut être aussi le rappel du consensus scientifique.

Pour le second point, il faut prendre un peu plus de recul.

Même si on dit que l’attitude de Pley est neutre dans ses émissions, le CHOIX de ses invités l’est-il vraiment ?

Ces invités sont généralement invités pour leur popularité, mais aussi pour le « clickbaiting » qu’ils produisent. Les sujets choisis sont racoleurs, et appellent aux émotions.

Cela incite généralement à favoriser les invités polémiques, ou qui racontent des choses choquantes, et fausses.

Difficile de parler à ce niveau là de neutralité. Opposer un platiste et un non platiste n’est pas faire preuve de neutralité, c’est mettre au même niveau deux opinions qui n’ont pas la même valeur.

Donc méfions-nous généralement des personnes qui affirment « être neutre ».

Il s’agit généralement d’un moyen de cacher les véritables partis pris !

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