Histoire d’écrire #19 Comment construire une histoire ?

Aujoud’hui, article un peu spécial : nous allons voir, ensemblen les schémas narratifs classiques.

Pourquoi? Car tout roman peut se décomposer en ligne narrative. Qu’il s’agisse de l’histoire en tant que tel, ou le parcours individuel des protagonistes.

Encore flou ? Pas de souci : avec des schémas élégamment tracés et une foison d’exemple, livres, films ou séries, vous comprendrez ! Et je vous expliquerai, à la fin, pourquoi il est indispensable d’avoir conscience de ces « lignes de forces » dans votre histoire. C’est parti !

NB : je ne parlerai pas ici du parcours initiatique du héros (situation initiale, élément perturbateurs, etc.), même si j’en ferai allusion. Ce sera le thème d’un prochain article.

NBB : ces lignes narratives ne sont, évidemment, pas de moi. Mais il me semble essentielle d’en parler et, par contre, la réflexion que j’y apporte est de mon propre fait.

NBBB : aussi et enfin, comme il y aura foison d’exemples concrets, des spoils sont à prévoir. Pour info, je parlerai ici de : l’Assomoir et le Bonheur des Dames, de Zola, les romans de Michel Houlebecque, Bel Ami de Maupassant, (vaguement) Games of Throne, Chronique de la Lune Noire, Star Wars (je suis ton…), Scarface, Le Loup de Wall Street, Matrix, Harry Potter, X Men 3, Le seigneur des Anneaux.

Cela étant dit et bien dit, entrons dans le vif du sujet !

Les schémas narratifs

Je vais parler de 6 schémas narratifs, avec une variation sur les deux premiers.

La chute sans fin

Donc là, c’est littéralement une chute sans fond. Les protagonistes essuient échec après échec, sans aucun espoir de rédemption. Parfois, même, leur déclin est annoncé dès le début du livre et nous ne sommes que les observateurs, impuissants, de cette déchéance.

Vous pourrez penser que ce genre de structure est rare, mais c’est loin d’être le cas, surtout en littérature classique. L’exemple qui me vient directement en tête (spoiler, mais quand même), c’est Zola, avec « L’Assommoir ». Aucun espoir pour nos héros. Et Zola est bien friand de ce genre de schéma, le coquin.

[Illustrations de L'Assommoir] / Gaston Latouche, F ...
C’est pas le livre le plus fun à lire.

La chute sans fin, variation.

Ça, c’est une version un peu plus « réaliste » de la chute sans fond de nos héros : il y a de vagues espoirs, des possibilités de rédemption, mais au final, rien n’y fait, la gravité (de l’histoire) reprend ses droits, et ils tombent.

Un auteur hyper friand de ce genre de structure est Michel Houellebecq. Quasi tous ces bouquins (du moins ceux que j’ai lu) suivent ce chemin, offrant de l’espoir, puis le réduisant en pièces. Plombant.

Les particules élémentaires - Michel Houellebecq - Babelio
Pour une grande poilade, lisez ce livre

Dans un exemple hors littérature classique, les parcours de certains personnages de Game of Throne suivent ce même schéma. (car je le répète, ces lignes narratives ne s’appliquent pas uniquement à l’hisoire en général, mais aussi à des personnages, ou des intrigues secondaires) Devinez-vous lesquels ?

Test de personnalité : quel personnage de Game of Thrones ...
Alors ? Indice, il n’est pas forcément sur cette image !

L’ascension.

Schéma suivant : l’assenscion permanente. Rien n’arrête notre héros dans ses succès. Généralement, d’ailleurs, ce héros devient un symbole.

Encore une fois, vous pouvez penser qu’une telle structure narrative est rare, et pas forcément intéressante à lire. Mais les exemples, en littérature classique, toujours, sont nombreux. L’exemple le plus frappant est George Duroy, héros du livre « Bel Ami », de Maupassant : à force de magouille politicienne et de séduction, le héros parvint à ses ambitions, toujours plus grandes.

Oui, je fais de la pub pour Edward, de Twillight ! Mais pour les puristes :
Guy de MAUPASSANT: Bel-Ami
Voilà.

Si on quitte le domaine du roman, la saga « Chronique de la Lune Noire » suit ce même schéma (c’est d’ailleurs pourquoi je considère cette saga assez chiante).

Chroniques de la Lune Noire -9- Les Chants de la négation
C’est chiant, mais chiant…

L’ascension (variations).

Version plus « réaliste de ce schéma, dans le sens où le héros est soumis à des épreuves qui ne vont pas le faire descendre, mais néanmoins se dresser face à lui, ou le faire douter (ou nous faire douter) de ses succès. Je pense par exemple à Octave Mouret (Zola toujours), dans « Le bonheur des dames ».

« Au bonheur des dames » d’Emile Zola - 12 romans à ...
What esle.

C’est aussi le cas de beaucoup de héros de série, plus spécifiquement de sitcom. Voyez vos héros classiques, dont les histoires sont résolus en 1 épisode. Généralement, les épreuves sont pour la forme, et au final, son succès est toujours assurer.

La raison est toute simple : le but des sitcoms est de faire le plus d’épisodes possibles, en suivant peu ou prouve le même schéma narratif. Aussi, il ne faut pas trop secouer le héros, simplement donner l’illusion qu’il galère un peu. En vrac : Arrow, Flash, Big Bang Theory… Au final, nous voyons que leur situation n’évolue que très peu au fil des épisodes.

La chute, puis le succès final.

On arrive sur un schéma plus « classique », dans le sens où il va vous paraître plus familier. La chute du héros / protagoniste, et son succès final, ou sa rédemption.

Je n’ai pas d’exemple à proprement parler, mais pensez à toutes ces personnes qui se rachètent à la fin d’une histoire (généralement en se sacrifiant). Je pense par exemple à Dark Vador, à la fin du « Retour du Jedi »

Bon papa. Mais mauvais Dark Lord.

Cela me permet de faire deux parenthèses importantes : cette évolution narrative dépend de nos critères de base. Ainsi, si on voit l’évolution de Dark Vador à travers le prisme de « Sith à succès », l’évolution sera diamétralement opposée ! Dans grand succès durant tous les épisodes et paf !, il gâche tout en sauvant, looser, son fils (spoiil ! Mais bon, je pense que vous le saviez déjà :)). Par contre sous le prisme de la rédemption, il suit ce schéma.

Autre point important : cette évolution est plutôt l’apanage des ennemis, ou des seconds couteaux. Rarement le cas du /des protagonistes principaux, pour lesquels l’évolution est plus complexe (nous le verrons plus bas).

L’ascension, jusqu’à la chute.

Justement, le schéma inverse. Succès du personnage, jusqu’à sa chute. On pense donc à Dark Vador en mode « Sith Puissant », mais c’est aussi le cas de beaucoup de protagoniste méchant, par exemple « Tony Montana » dans ScarFace, ou le Jordan Belford, heros du « Loup de Wall Street ». Généralement, ce schéma suit une valeur morale, et la chute du personnage, à la fin, est généralement la conséquence de ses méfaits précédents.

Say hello…
To money

L’ascension, la chute, la rédemption.

On arrive sur un schéma bien connu, hyper classique, qui ressemble beaucoup au « parcours » du héros (que l’on verra une autre fois).

Allez, un exemple : un/une protagoniste se découvre des pouvoirs/aptitudes. S’en suit différentes péripéties où il/elle use de ses pouvoirs. Mais à un moment, c’est la déchéance, la chute, l’échec, la presque mort. Heureusement, il/elle survit, affronte les obstacles, et finis plus puissant que jamais.

De quelle histoire est ce que je parles ?

Si vous avez répondu Matrix / Harry Potter / StarWars, vous avez raison ! Il s’agit de la trajectoire la plus classique du héros : la montée, le moment où il manque de tout perdre, puis la victoire finale. Combien de films, de séries, de mangas, de dessins animés, avec le héros sur le point de mourir face au méchant et qui, dans un ultime sursaut, trouve la force de s’en sortir ? Je vous laisse commencer la liste :).

Allez, pour le plaisir

La chute, espoir de succès, la fin.

Ce parcours là, je vais l’appeler la « rédemption avortée du méchant. » Le méchant semble faire preuve de magnanisme, de mansétudes, bref, de tous ces adjectifs compliqués. Comme ça, je pense à Gollum, dans le seigneur des anneaux, le mutan Dark Phénix de le (désastreux) X Men 3…

J’ai galéré à trouver des images, mais avant de tout détruire, Jean Grey a une lueur de rédemption (qu’on ne voit pas forcément là).

Très généralement, ce schéma fonctionne en symétrie avec le précédent. Prenom Mr Smith : l’émergence du héros provoque une chute. Il pense tuer Néo : espoir de succès. Néo n’est pas mort : bye bye Hugo (jusqu’au prochain épisode).

Alors : pourquoi parler de tout ça ? Est ce pour montrer, salaud que je suis, que toutes les histoires se ressemblent, qu’on ne peut rien inventer de nouveau ?

Oui mais non.

Je vous décris ces schémas pour deux raisons :

La première, c’est qu’il est important, je pense, de désosser votre histoire jusqu’à ces trames essentielles. Vous comprendrez mieux votre dynamique. Alors l’exercice du jour c’est : prenez vos personnages, et voyez à quel schéma ils se rapprochent le plus. Cela vous « forcera » a voir l’essentiel dans votre histoire.

Enfin (et, peut être, surtout), oui, réduit à l’os, les trames narratives peuvent se ressembler… Et alors ? Voyez plutôt cela comme un squelette. Tous les squelettes se ressemblent (plus ou moins). Mes la dynamique, les muscles, la chaire, vont individualiser les gens, les rendre unique. Ici c’est pareil : cette charpente est nécessaire, mais c’est ce que vous allez mettre autours qui sera la matière de votre histoire, ses caractéristiques.

Donc n’ayez pas peur de décortiquer vos histoires jusqu’à ces « briques » essentielles. Pas là peine qu’elles soient tordues dans tous les sens, pour le simple plaisir d’être tordues. L’importe, c’est qu’elles soient une structure solide ! Après, libre à vous de les orner comme bon vous semble :).

A bientôt !

Antonin A.

—-

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Histoire d’écrire #18 Comment commencer une histoire ?

Les premiers mots d’une histoire sont important. Essentiels, même, car non seulement ils donneront envie – ou non – au lecteur de continuer, mais en plus, ils lui montreront également l’ambiance que vous voulez mettre, la tonalité à laquelle vous voulez faire résonner (et raisonner) votre texte.

Comme d’habtitude, nous parlons ici principalement des romans. Mais ces principes s’appliquent également aux films, même si, nous le verrons, des différences doivent être établis.

Nous allons voir plusieurs manières de commencer une histoire. Bien sûr, ce sont des catégories abstraites. Bien sûr, il y en a d’autres. Mais je pense que cette liste sera un bon moyen de défricher les possibilités qui s’ouvrent à vous, quand vous commencer à écrire !

Commencer de manière chronologique

On commence par le plus simple : par le début. Les premiers chapitres se font de manière narratives, chronologiquement. Présentant les personnages, la situation, les problèmes à venir. Les exemples sont légions, et je veux en citer deux, évidents : le Seigneur des Anneaux, et Harry Potter.

Pourquoi ? Parce que non seulement on commence par le début, mais également par une présentation de l’univers original : la Comté pour le SdA, les Durlsey pour HP.

Avantage

Les aventages sont nombreux : on prend le temps de placer les personnages, d’expliquer au lecteur quel sera l’univers dans lequel il va se plonger. On le prend, en quelque sorte, par la main. Et cela permets par la suite, d’explorer de nouveaux aspects de cet univers : nos héros vont quitter le Comté, leur environnement familier, pour explorer la Terre du Milieu, et le Mordor. Harry Potter va quitter sa demeure (malheureusement) familière, la maison des Durlsey, pour découvrir Poudlard.

L’idée est donc de commencer petit, et, étape par étape, plonger le lecteur dans un univers de plus en plus grand.

C’est un peu ce que j’ai fait avec Interfeel, où nous nous concentrons sur Nathan et son environnement familier (Le lycée, sa maison, l’utilisation d’Interfeel), avant d’agrandir l’univers.

Inconveniants

Tout lecteur du Seigneur des Anneaux pourra le confirmer : le début est quand même un peu long :). C’est le problème principal qui peut survenir avec ce genre de début : le manque de rythme. L’action ne surviendra que plus tard, lorsque l’univers sera établit. Mais l’intérêt du lecteur peut être déjà partit à ce moment.

Plusieurs solutions subsistent, et Harry Potter les utilisent magistralement bien : instiller du mystère dans cette normalité apparente. Déjà en focalisant le début sur Dumblerdor, un sorcier, donc, et ensuite en créer plusieurs situations où Harry Potter utilise de la magie sans le savoir. L’intérêt du lecteur est piqué : il veut comprendre ce qu’il se passe.

Note importante : commencer au début de l’histoire ne veut pas dire qu’il ne s’est pas passé d’autres choses, avant ! L’aventure de Bilbon Sacquet a eu lieu avant le SdA, et le premier règne de Voldemort se passait avant le premier HP. Et dans Interfeel, la Guerre Numérique a eu lieu 20 ans avant le début. Mais le livre commence en même temps que l’histoire de nos héros.

Comme le montrent mes exemples, ces débuts chronologiques début se trouve très généralement dans le cadre des sagas, c’est à dire les histoires de découlant sur plusieurs Tome. Car, nous le verrons, les autres manières de commencer ne sont pas forcement indiquées pour ce genre d’histoire longue.

Commencer au milieu directement de l’action.

L’idée, là, est de ne pas commencer avec une présentation de l’univers, mais par une action très particulière. Les films d’actions sont particulièrement friants de ce genre de procédé : il permet de révéler par l’image les qualités du héros, sa force, ses faiblesses. Ce procédé est bien moins utilisé dans les livres, puisque le langage visuelle, qui va de pairs avec une scène d’action, n’existe pas, et doit être expliciter. Ce qui veut dire qu’en plus de l’action, il faut en même temps expliquer qui est le héros, sa mission, sa motivation.

Exemples de films commençant directement par une scène d’action :

La scène d’interrogation au Moyen Orient, de Kingsman :

'Kingsman: The Secret Service': Eggsy (Taron Egerton ...

La récupération du sceptre de Loki, dans Avengers 2

captain america avengers GIF
Un spiderman s’est caché dans ce gif, saurais-tu le retrouver ?

(Ce dernier exemple est particulier : comme nous connaissons déjà les protagonistes avec le premier film, il est moins difficile de connaître l’univers, la personnalité et les motivations des personnages).

Les avantages.

Directement dans l’action ! Nous devinons l’univers à travers une action bien particulière, qui permet de présenter à la fois les personnages, et l’environnement. Sur le plan visuel (car ce procédé est surtout effectué au cinéma pour les films d’action), le but est d’accrocher directement le spectateur, pour ensuite partir sur un passage plus explicatif.

Les inconveniants.

Ce procédé est souvent utilisé dans les films pour une raison particulière : l’action visuelle. Dans un livre, c’est bien plus compliqué, puisque une action racontée, avec des personnages qu’on ne connait pas encoree, n’accroche pas. Et si nous voulons tout mettre en même temps : l’action, les personnages, le but, cela risque de faire un petit gloubiboulga un peu indigeste.

Commencer par un Mac Guffin

Mais qu’est ce qu’un Mac Guffin ?

L’expression, popularisée par Alfred Hitchkock, est un moyen bien particulier de commencer une histoire : les protagonistes, ou les méchants, sont à la recherche d’un objet, ou d’un secret. Mais celui ci ne sera jamais révélé : il n’est que le prétexte pour débuter l’histoire, et sert de détonnateur au moteur narratif.

Plus d’informations sur la page Wikipédia.

Les exemples sont légions dans les films :

La malette que vont chercher Jules Winnfield et Vincent Vega dans Pulp Fiction :

pulp fiction GIF
On ne sait pas ce qu’il se trouve dans cette malette

La patte de lapin, cherchée par Ethan Hunt, dans Mission Impossible 3

Mission: Impossible III | moviescramble
On ne saura jamais ce qu’est cette patte de lapin.

Le disque dur que recherche James Bond, au début de Skyfall

james bond GIF
On n’entendra plus parler de ce disque dur, passé le générique

Mais les séries télés ne sont pas en reste : la quasi totalité des épisodes des Simpsons fonctionnent ainsi : le premier tiers de l’histoire proposent une histoire presque sans intérêt, occasion généralement pour Homer Simpson de faire l’idiot, avant de commencer la véritable histoire dans les deux tiers suivants.

awkward the simpsons GIF
Ni vu ni connu !

A ma connaissance, ce procédé est beaucoup moins utilisé dans les livres. Ma théorie, c’est que cette question peut être aisément laissé sans réponse dans un film, emporté par l’action et le divertissement. Dans le livre, le lecteur aime moins avoir des questions sans réponses.

Les avantages

Grace au Mc Guffin, on se lance directement dans l’action ! Mais on n’a pas à se soucier d’expliquer les tenants et les aboutissements de l’action par la suite, puisque cette recherche n’est qu’un pretexte à lancer l’histoire.

Les inconvéniants.

Bien moins utilisé dans les livres, le Mc Guffin possède un problème de taille : il laisse une question irrésolue. Ainsi, il peut passer pour une facilité scénaristique, et provoquer un sentiment d’instatisfaction chez le lecteur.

Commencer par une accroche qui se passe plus tard dans l’histoire (un flash forward)

Attention : je parle bien là d’histoire qui ont une structure narrative, mais dont on va montrer, au début, un passage qui se passe plus tard dans le film ou le livre. Et donc, on relate un évènement qui se passera plus tard. Ensuite, tout l’intérêt du début de l’histoire, c’est d’arriver à ce moment là.

C’est ce qui a lieu dans, par exemple, le film Mission Impossible 3 (ou d’ailleurs, on parle déjà de la patte de lapin) :

L’intérêt est évident : il place directement dans l’action, et donne envie au lecteur, au spectateur, de savoir comment le héros en est arrivé là.

J’utilise également ce procédé dans Interfeel, d’ailleurs, où le livre commence par

Nathan fixait l’embrasure de la fenêtre. Quelques ins‑ tants auparavant, il s’y tenait encore. Puis il avait disparu, comme aspiré par le vide. Après un lourd silence, il y avait eu ce son percutant d’un choc contre le sol, puis le silence oppressant avait repris ses droits. Nathan ne bougeait pas et ne disait rien. Une nouvelle question l’obsédait. Mais il ignorait encore que, pour trou‑ ver des réponses, il irait bien plus loin que tout ce qu’il aurait pu imaginer.

Le lecteur commençant l’histoire souhaite donc savoir quel est cet évènement qui va changer la vie de Nathan.

Les avantages

Les aventages sont, en réalité, les mêmes que la plupart des débuts qui ne suivent pas la chronologie classique : créer une attente chez le spectateur, ou le lecteur. Lui donner envie d’en savoir plus, de comprendre comment on en est arrivé là. On transforme donc le quoi par le pourquoi (ou le comment) : au lieu de voir ce qu’il va se passer, le lecteur, le spectateur va vouloir comprendre pourquoi, et comment, ils en sont arrivés là. Mais un tel choix scénaristique n’est pas sans conséquence.

Les inconveniants

Le problème principal qui survient est, justement, de trop en dire. Car l’ordre des éléments que l’on dispose dans notre histoire va influencer la perception du lecteur : en lisant ce début d’histoire, puis en revenant en arrière, le lecteur ne va pas découvrir notre univers naïvement, mais essayer de noter les indices qui amèneront à cette situation. L’effet de surprise peut donc être atténué. Voyez un peu cela comme une bande annonce qui en dit trop : notre vision du film, lorsqu’on le commence, est altérée, car on sait déjà ce qu’il va se passer. Pour simplifier, on peut dire qu’on troque une accroche du lecteur dès le début, en sacrifiant la découverte future qu’il fera ensuite.

Reprenons la scène de Mission Impossible 3, dans laquelle le regretté Philipp Seymour Hoffman menace la femme de Tom Cruise, dans un décompte plutôt bien foutu et bien joué. Oui, ça accroche dès le début, oui, on veut savoir comment ils en sont arrivés là, qui est ce méchant, est ce que la femme va s’en sortir…

Mais si on n’a pas cela, et qu’on arrive directement à cette scène en cours de film : est ce que l’effet ne serait pas encore plus saisissant ? Voir le héros, jusque ici invincible, désemparé dans cette situation ?

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’ordre dans lequel on met les évènements va impacte la reception de notre histoire. A vous donc de choisir en votre âme et conscience l’effet que vous voulez produire sur vos lecteurs 🙂

Pour la petite histoire, c’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu trop en dire dans l’introduction d’Interfeel : je voulais laisser la surprise au lecteur.

Version alternative : commencer par un flash back (un évènement du passé)

Même cas de figure que dans le cas précédent, où l’on a ce qu’on appelle un Fast Forward (diffuser dans le présent un évènement du futur), il est aussi courant de commencer par un Flash Back. L’idée est le même : instiller une pointe de mystère dans la situation initiale du héros qui, normalement, n’est pas (encore) affecté par l’élément perturbateur. Les avantages et les inconvéniants sont généralement les mêmes que dans la situation précédente : on troque l’intérêt du lecteur dès le début, en contrepartie on lui enlève un effet de surprise par la suite.

Mais cette utilisation de Flash back (évènement du passé dont rêve le héros, puis il se révèle par exemple), peut également être un moyen de placer un élément qui enrichit l’histoire du héros, et qu’il aurait été impossible de mettre par la suite, à moins de faire un dialogue forcée entre deux protagonistes, ou une introspection qui n’a pas sa place dans le récit. Encore une fois, c’est à vous de voir ce que vous voulez faire !

Conclusion

C’est donc à vous, auteur, autrice, de décider : soit vous proposez au lecteur de découvrir ce qu’il va arriver (en faisant une narration chronologique), qui a faire un début d’histoire lent mais nécessaire, , soit il lui propose de voir comment cela va arriver (en plaçant des indices du futur de l’histoire au début). MAIS, je vous en prie, ne gâchez pas une bonne révélation de votre livre simplement pour accrocher le lecteur en tout début. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Je reviens un peu sur la notion de saga : celles ci utilisent génaralement une trame chronologique, puisque l’intérêt c’est, justement, une quête. Auquel cas le point culminant de l’histoire se trouvera à la résolution de la quête (brûler l’anneau, détruire Voldemort). Ainsi, jouer du Flash Forward, c’est à dire expliciter l’un des points culminants au tout début de l’histoire, pose soucis, puisque généralement, ce point culminant est la résolution de l’histoire, quelques livres plus tard !

Ces différents procédés (fast forward, flashback, Mc Guffins), sont principalement utilisé au début, mais peuvent aussi être utilisés en cours d’histoire. Deux films utilisent magistralement ce concept de chronologie destructurées, qui non seulement donnent un intérêt décuplé à l’histoire, mais montrent également que la narration chronologique n’est pas une obligation. Encore une fois, c’est un choix.

Memento

Memento est un film, littéralement, et dans sa quasi totalité, monté à l’envers. Nous commençons donc par la fin de l’histoire, et nous remontons l’histoire du personnage. Cette construction est indispensable à l’oeuvre, puisqu’elle suit la pathologie du protagoniste, qui ne se souvient que des 5 dernières minutes de sa vie. C’est l’ordre même des évènements placés dans l’histoire – anté chronologique, qui donne tout son sel au film.

Alabama Monroe

De même, dans l’excellent film Alabama Monroe, suivant les aventures amoureuses de Didier, joueur de Blue Grass, et d’Elise, chanteuse. le réalisateur Felix Van Groeningen avait effectué un premier montage linéaire, mais, déçu du rendu, lui a préféré une construction a-chronologique… ce qui donne une expérience cinématographique extrêmement différente et, à mon sens, bien meilleur.

Deux films que je recommande !

A bientôt

Antonin A.

—-

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Histoire d’écrire #17 Focus Interfeel : comment m’est venu l’idée d’Interfeel ?

Mes conseils d’écriture se base, principalement et bien sûr, sur mon expérience et ma réflexion personnelle, que j’agremente d’exemple tirés de mon propre livre, Interfeel.

(Pour toutes les infos sur ce livre : par ici)

Pour cet article là, je vais faire le raisonnement inverse : je vais expliquer la genèse d’Interfeel, et les conclusions que l’on peut en tirer quant à l’écriture.

Un peu d’histoire : mais comment qu’a été créé Interfeel ?

Tout a commencé en 2012 (et oui, ça date !). Un concours d’écriture est lancé par Pocket Jeunesse

et la plateforme littéraire We Love Words.

Celle-là même.
http://welovewords.com/

L’idée était de découvrir de nouveaux talents. Et comme tout concours d’écriture, appelé « Bug Social »

Essai bannie re 5
Celui là… vous avez compris !
http://welovewords.com/contests/social-bug

Concours dont voici le pitch :

Imaginez une société qui a laissé trop de pouvoir à un réseau social virtuel extrêmement puissant. Faites bugger la société.

L’intrigue du texte devra intégrer les éléments suivants : action, suspens, amour, amitié. Les héros du livre doivent avoir entre 15 et 18 ans.

L’utilisation d’éléments fantastiques est bien sûr acceptée même si elle n’est absolument pas obligatoire.

Il ne s’agit pas de disserter sur une dérive de la société ou de décrire pendant des heures le monde de demain. Il faut raconter une histoire !

Attention, il ne s’agit pas de faire une copie d’Hunger Games ou d’autres textes d’anticipation connus.

On sent déjà venir les prémisses d’Interfeel, non 🙂 ? La deadline est au milieu d’août, on va dire le 15.

Et moi, en plein cœur de l’été, je suis à mille lieux d’avoir envie de participer à un concours d’écriture, d’autant que le genre (la science fiction) et la tranche d’âge (Young Adult), ne me sont absolument pas familiers.

Et donc je suis en Bretagne, avec des amis, à faire tout, n’importe quoi, mais pas écrire.

Related image
Je suis plutôt sur ce genre de projet

Et puis, 48 heures avant la fin du concours, je me réveille. L’envie de gagner me gagne. Et l’idée d’un réseau de partage des émotions prend forme. A la réalité, je pense bien qu’il se formait tranquilou dans ma tête, à mon insu, et qu’il attendait le bon moment pour émerger.

Bon moment, d’accord, c’est cool, mais il ne me restait deux jours ! Et une fois l’idée présente, pas question de la lâcher. Alors s’en suivirent 48 heures d’écriture assez tenace, puisqu’il fallait écrire à la fois le premier chapitre du livre, la bible des personnages et le résumé du premier Tome.

24 heures chrono, Saison 8 (VF) sur iTunes
Je me senstais un peu comme ça. Mais sur deux jours.
http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=58.html

Je l’ai fait. Et, grosso modo, ce que j’ai rendu en si peu de temps est devenue peu ou proue la trame d’Interfeel : un personnage masculin principal : Nathan, une personnage féminin : Elizabeth, un antagoniste : le commissaire (une seule personne pour l’instant), un groupe d’ami autours de Nathan, le professeur, et leurs péripéties.

Et quelques mois plus tard, je m’en rappelerai toujours, je sortais du monop’ quand je reçu un email sur cet ancêtre de l’Opale qu’est le Smarthone. Vue la rapidité de mon envoi, je ne jugeais pas la chose lisible, voir visible, j’étais persuadé de ne pas avoir gagné. J’avais presque envie d’ignorer ce message qui avait des allures de spam.

Et pourtant ! J’avais gagné !

Puis l’écriture, la longue période d’écriture, a suivit. J’y reviendrais dans un prochain article. Il me semblait important de, déjà, tirer des leçons de cette genèse.

Les leçons à tirer

L’urgence a du bon.

48 heures pour sortir une vingtaine de pages. Ça paraît inconcevable, je n’y croyais pas non plus, et je l’ai fait (et je ne suis pas plus intelligent qu’un autre). Pour moi, la leçon à tirer c’est que, comme le titre l’indique, l’urgence a du bon. Bien utilisé le stress est un formidable catalyseur d’idées. On se perd moins dans les mémandres nébuleux de l’inspiration. On hésite moins : droit au but. Et généralement, c’est gagantn.

Attention seulement : cet état d’esprit ne peut pas fonctionner Ad Vitam. De même que vous ne pouvez pas taper un sprint sur 10 kilomètres, vous ne pouvez pas écrire un livre entier avec ce procédé là. Je le dirais toujours : l’écriture est un marathon (et je dois me le rappeler aussi, parfois :)). Si vous écrivez un roman dans le rush, du début à la fin, sans pause, je ne donne pas cher de votre état cardio vasculaire par la suite. Mourir pour des romans, d’accord, mais de mort lente, comme dirait l’autre.

parks and recreation running GIF
Métaphore d’un homme qui a voulu courir un marathon comme un sprint

Bref, le stress est un outil puissant. Mais comme beaucoup de choses, il est à consommer avec modération. Leçon numéro 1.

Faite simple pour commencer.

Seconde leçon à tirer : faire simple avant de faire compliqué. Cela me semble bien plus efficace que de faire un florilège d’idées complètement anarchiques, et de devoir tout retailler par la suite. Dans le contexte de la création d’Interfeel, le temps limité + le stress vue précédemment m’ont obligé à aller droit au but. Et comme je l’ai dit, l’histoire de base que j’ai proposé dans le concours était clair, et c’est celle que j’ai reprise dans la rédaction de mon livre.

C’est à partir de cette trame solide que j’ai pu complexifier mon univers. J’ai ajouté l’Opale. J’ai dédoublé l’antagonisme principal, le commissaire, en deux personnes : Vlad Ekaton et Kassandra Kacem. Bref, je me suis appuyé sur cette ligne narrative solide (qui plus ai approuvé par la maison d’Edition), pour sereinement aborder la complexité de l’univers d’Interfeel. Je suis persuadé que, sans ce concours et cette obligation de faire simple, mon histoire aurait été grandement différente, et pas forcément mieux.

Plus votre univers est fertile, plus je vous conseille d’avoir une trame narrative simple (mais pas simpliste), que vous pourrez ensuite complexifier. Vous pourriez, sinon, vous perdre dans vos nombreux détails et ne plus voir l’ensemble. De plus, il est très dur d’abandonner une idée qu’on aime, quand elle ne cadre pas notre histoire. Alors autant définir notre histoire en amont.

N’ayez pas peur de tenter : ce qui vous paraît nul ne l’est pas forcément

La dernière leçon à tirer est ma surprise à me savoir gagnant. Je n’aurai, sérieusement, jamais parié un kopek sur mon histoire (facile de dire ça a posteriori, mais c’est vrai). Ce n’est pas de la fausse modestie, j’avais limite honte de ce que j’avais envoyé.

La leçon a en tirer est : mettez à bas vos a priori, vos présupposés, vos « de toute façon ils ne vont pas aimer », peut être que non, en effet, et peut être que si. Il n’y a pas de pire juge que soit même, et ce magistrat est souvent très injuste. Essayez, présentez votre travail au monde extérieure. Et pour paraphraser Mandela : soit vous gagnez, soit vous apprenez pour la prochaine fois. Peace.

Et pour finir en musique :

Et pour finir en musique

Voilà, j’espère que cet « Histoire d’Ecrire » un peu particulier vous aura plus ! N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires, quant à moi je vous retrouve très bientôt, pour un nouvel article ! Tchu

Antonin A.

—-

J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Les CLA Books Awards, escale à Aublay sous bois !

Une belle journée que celle-ci ! J’avais été invité aux CLA Books Awards, organisés par les médiathèques d’Aulnay sous Bois ! L’idée est de faire vivre leur établissement, défendre la culture, et dynamiser les clubs ados. Bref, que des belles initiatives, dans lesquels je m’inscris à fond.

Chaque année, donc, sont organisés lew. CLA Books Awards, où plusieurs livres (francophones) sont choisis, et jugés.

Et cette année, mon livre Interfeel concourrait !

Après donc les (désormais habituelles) péripéties de train Lyon Paris, puis de RER D, puis A, me voilà à Aulnay sous bois, direction la bibliothèque Daudet !

Comme son nom l’indique.

Une belle accueil, par une équipe sympathique et motivée (cf. Leurs objectifs ci-dessus :)), et de bonnes rasades de café (important).

Puis commence la cérémonie ! Et ils n’ont pas fait les choses à moitié ! Tapis rouge, oui messieurs, oui mesdames, et trophée officiel réalisé à l’imprimante 3D.

Plusieurs catégories, et, bien sûr, loi de Murphy oblige, le mien passe en dernier.

Le stress monte, et j’entends :

Le CLA Books Awards 2019, catégorie meilleure duo, est attribué à Nathan…

Et là, durant une demi seconde, je me dis que je n’ai pas gagné, qu’elle n’a pas dit Antonin, que…

Puis la demi seconde passe et elle continue :

…Nathan et Elizabeth dans Interfeel, d’Antonin Atger.

Le cerveau, parfois…

Après ce petit ascenseur émotionnel, je grimpe sur l’estrade, bafouille un peu discours que peu globalement se résumer par « merci » et par une coupe de cheveux approximatives.

Mais qui est gagnant ??

S’en suit un petit pot (Big up au gateau fait maison), et surtout un super échange de près d’une heure, avec des ados passionnées et passionnantes. Sans faire dans le gros poncif, j’ai envie de dire :  » C’est pour ce genre de moment que j’écris ». Cœur avec les doigts. Je plaisante, mais c’est vrai.

Puis retour à la maison le cœur léger et le sac allourdit d’un super trophée !

Ah, et j’ai rencontré deux supers auteurs lors de cet événement ! Romain Sanchez et Natacha Henry !

On n’est pas beau tous les trois ? Et j’ai pas l’air hyper réveillé, quand même ?

J’ai profité de faire une petite interview d’eux, histoire que vous puissiez connaître leur travail !

Natacha Henry

Martin Sanchez

Et pour connaître le travail de ces gens qui s’échinent à faire vivre leurs bibliothèques, et à transmettre leurs passions, c’est par ici :

A bientôt !

Antonin A.

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Histoire d’écrire #16 Comment faire des recherches efficacement ?

Les recherches pour une histoire sont généralement indispensables. Et tout comme les idées doivent être classer et avant, et durant l’écriture (on l’a vu la semaine dernière), il est important de faire des recherches et avant, et pendant l’écriture également.

Pourquoi ?

Les recherches en amont sont indispensables pour donner un cadre à votre univers. C’est le cas, bien sûr, lorsqu’il se veut ancré dans un environnement réaliste (une période historique précise, une ville existante). Attention, par contre, à ne pas tomber dans l’écueil de l’hyperprecision : trop raconter, expliquer et décrire parce qu’on veut que le lecteur sache tout, ou qu’il sache tout ce qu’on sait. Ça peut être ou paraitre prétentieux, et cela marque un manque de confiance dans la capacité imaginative du lecteur.

D’un autre côté, la précision est importante, pour ne pas prendre le lecteur pour une buse, en mettant des informations grossières et fausses. Ce n’est que mon avis, mais je lis, et vois énormément d’oeuvre qui nous donne l’impression fondamentale de nous prendre pour des pigeons.

Bien sûr, un écrivain ne peut pas raconter avec une précision absolue une opération à cœur ouvert (quoi que…), mais il existe ce qu’on appelle en anglais « suspension of disbelief », la suspension consentie de l’incrédulité. Le regard critique, va accepter certaines torsions faites aux règles élémentaires de la réalité, pour entrer dans une histoire imaginaire. Voilà pourquoi on accepte des humains volants, ou des tapis magiques. Mais attention à ne pas pousser le curseur un peu trop loin, sinon l’illusion, dans laquelle le lecteur s’est volontairement mis, va se lever. Donc recherche.

Mais je ne conseille pas uniquement de faire les recherches dans le cas d’un souci de réalisme. Lire des informations sur des sujets proches de vos thématiques est un formidable déclencheur à idées nouvelles. Donc quelques soit votre type d’histoire, faite des recherches ! Que ce soit par souci de réalisme, ou au contraire pour titiller votre imagination.

Mais faire des recherches, comment ?

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Certaines recherches sont plus compliquées que d’autres 🙂

http://partagemotopassion.eklablog.com/litterature-kulture-et-histoire-moto-a129178062

Excellente question ! Il y a deux manières de faire ses recherches : la recherche externe, et la recherche interne. Vous allez comprendre :).

Recherches externes

Les recherches externes, ce sont toutes les informations que vous allez glâner au dehors de votre petit esprit, dans les livres, Internet, etc.

Ma préférence (à moi)

Ma source d’information préférée, ce sont les livres. Romans, essais, scientifiques, peu importe : les livres. L’isolement, la nécessité de ne faire que cette tâche, favorise mon imagination, et j’ai souvent une feuille a porté de main, pour noter les idées (ce que je vous conseille). Les livres permettent d’avoir son propre rythme, et, autre aventage, me font décrocher de l’écran, devant lequel je suis en permanance pour écrire.

Internet

Album - Humour - pull.over-blog.fr
Mais les recherches, c’est parfois plus compliquées 😉

http://pull.over-blog.fr/album-2143348.html

Internet est un fabuleux outil, qui fait, entre autres, que vous pouvez lire ces lignes. Je ne serai jamais la voix du « c’était mieux avant Internet », qui revient pour moi à dire que c’était mieux avant l’électricité. Faire des recherches sur le web, c’est très bien, utile et complet. Simplement, méfiez de cette satanée sérendipité. La sérendipité, c’est le clic de trop, sur le lien pas utile mais rigolo, sur la barre de droite de votre navigateur. C’est la petite notification vous signalant que votre clan a besoin d’aide, maintenant. Internet, de part son fonctionnement actuelle, fait tout pour vous distraire, sauter d’appli en réseau social. Et cela est dommageable pour votre recherche. Pas uniquement en matière de temps, mais également en terme de concentration (comme vu plus haut). Si vous voulez néanmoins passer par Internet pour vos recherches, astreignez vous à une seule tâche. Résistez à la tentation. Et de manière pragmatique, désactivez les notifications ou les fenêtres pop up. Si vous êtes sur smartphone, vous pouvez également vous mettre en mode avion : la WiFi fonctionnera quand même.

Il y a, bien sûr, d’autres moyens de faire vos recherches. Visiter un musée, un monument, une ville. L’idée est de sentir la manière qui vous semble la plus pertinente et qui vous parle le plus. Et surtout, c’est un travail de chaque instant : gardez l’esprit ouvert, soyez prêt à accueillir les idées même quand vous ne vous y attendez pas. Et notez la immédiatement. Il n’y a rien de plus volatile qu’une bonne idée, et si vous ne comptez que sur votre mémoire, vous risquez fort de le regretter.

Comment classer ses recherches.

Dans toutes mes notes numériques, j’ai le dossier écriture (pour… L’écriture), le dossier Bibles (Qui recoupe les informations sur les personnages, les lieux, les objets, les évènements), et le dossier recherche. Ici, je mets toutes les informations tirés de l’extérieur.

C’est ma méthode, il y en a plein d’autres. Vous pouvez très bien mettre ensemble tel chapitre, et telle recherche associée.

Les recherches internes.

Ce sont les recherches qui proviennent de votre propre créativité, les objets que vous inventez (l’Opale, par exemple). J’ai déjà parlé de ce genre de travail dans les chapitres précédents, et j’y reviendrais certainement.

Pourquoi continuer à faire des recherches après avoir commencer à écrire ?

Il est illusoire de penser que vous allez planifier toute votre histoire, jusqu’à l’ordre exacte des mots, avant de commencer à écrire. Même si la préparation en amont – même si je ne le répéterai jamais assez, est indispensable. Et donc, les recherches doivent continuer durant l’écriture. Pour affiner, préciser, creuser les détails. Mais aussi trouver de nouvelles idées, fort de ce que vous avez déjà écrit. En effet si faites des recherches après avoir écrit la moitié de votre histoire, votre regard sera différent. Certaines informations qui seraient passés auparavant sous le radar de votre regard, deviendront saillantes, élémentaires, comment avez vous pu les laisser passer avant ? Tout simplement car vous ne saviez pas forcément ce que vous cherchiez.

Et vous, comment effectuez-vous vos recherches ? Laissez donc ces informations en commentaires !

A bientôt ! 

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Histoire d’écrire #15 Comment organiser ses idées ?

Mais une idée, c’est quoi ?

Il y a, on va dire, deux types d’idées dans le processus d’écriture. Celles qu’on utilise au sein de notre histoire, l’action, les péripéties, (machin rencontre machine, untel se fait sauvagement tuer), et celles qui constituent votre univers et vos bibles de personnages, qui ne servent pas directement votre histoire mais la nourrissent, l’enrichissent, et vous aident à mieux la connaître. Les deux sont nécessaires, et je préconise de justement séparer ces deux types d’idées.

Quand les classer ?

Tout le temps, ma bonne dame : avant d’écrire, bien sûr, pour avoir l’architecture nécessaire de votre histoire. En cours d’écriture, surtout. Pour ne pas perdre le fil, prendre du recul sur votre histoire. Ce n’est jamais une perte de temps que d’en prendre à trier vos idées… Il ne faut juste pas que cela devienne une fuite en avant, et un prétexte pour ne pas se lancer ! (en plus, ça rime !)

Pourquoi ordonner ses idées ?

Métaphore de la chambre

Is jouw kamer een bende? Dan ben jij een bovennatuurlijk ...
Ceci est, par exemple, la métaphore d’une histoire -un peu – bordélique
http://www.upcoming.nl

Faire une histoire, concrètement, c’est ordonner différentes idées dans un ordre bien spécifique. Sauf que l’esprit est capricieux, et les idées n’arrivent toujours (pas souvent même) dans le bon ordre ! Le problème survient quand vous êtes submerger par vos idées, au point de ne plus vous y retrouver et donc, de ne pas avancer !

La chose à ne pas faire (à mon humble avis), c’est d’écrire au fil de l’eau, espérant que les idées s’arrangent magiquement. Les histoires sont peut-être magique, mais comme dans tout tour de magie qui se respecte, il faut une bonne préparation pour que le tour fonctionne à l’instant T. Donc, pour vous y retrouver, voyez cette histoire comme votre chambre. Elle est personnelle, c’est la vôtre, vous y êtes bien mais, parfois, c’est le bordel. Et prendre le temps de tout ranger, ce n’est pas une perte de temps (j’ai mis des années à le comprendre : gagnez du temps, faites le dès maintenant !). Alors prenez une heure, un jour, une semaine, pour mettre de l’ordre. Vous verrez des choses que vous pensiez indispensables, mais que vous pouvez finalement mettre à la poubelle (ou au recyclage, c’est à dire dans un autre dossier. C’est écolo, et on pourra l’utiliser plus tard !).
Classez les choses en fonction de leur utilité, et de votre attachement. Et en guise de coup de balai symbolique, pour finir, supprimez les dossiers à peine commencés, pas mis à jour depuis trois ans, obsolète. Vous avez grandit, votre histoire aussi, il est tant que ça se voit dans vos écrits.

Comment les classer ?

Faites des fiches ! Des fiches des fiches des fiches ! J’en ai déjà parlé mais : mettre à plat ses idées sur le papier, changer de support, c’est un excellent moyen de les regarder d’un autre œil. Je suggère d’en faire beaucoup en amont, peut-être pas tout planifier (impossible et étouffant) mais au moins vous aurez le canevas nécessaire pour commencer correctement votre histoire. Un peu comme une Mental Map, pour ceux qui savent : vous gardez toutes vos idées à portée de main. Et ces fiches, reprenez les tous les mois, pour les relire et les mettre à jour, et prendre du recul !

Fiches Bristol quadrillées - 105 x 148 mm - Vert Lot de ...
Le cauchemare de tout élève en révision peut devenir votre meilleur ami !

Autre solution : le logiciel. Un support comme Scrivener permet d’avoir facilement tous les éléments en main pour arranger l’ensemble. Idem pour Aeon Timeline, j’ai déjà parlé de ces logiciels.

Mais quel ordre de classement ?

Et bien il y a déjà, le classique ordre chronologique pour les évènements, regroupement par personnages pour les bibles du même nom. Je conseille d’éviter le classement alphabétique (même pour les objets imaginés, par exemple), car c’est un classement arbitraire, qui ne vous parle pas.

Ma méthode : pour les évènements de l’histoire, je mets d’un côte le classement chronologie, et d’un autre, si nécessaire le classement narratif, c’est à dire l’ordre dans lequel apparaîtront les éléments dans l’histoire. Utile, quand notre trame se passe sur plusieurs périodes, ou plus simplement si nous devons parler d’éléments antérieurs à l’histoire et qu’on veut, un peu, s’y retrouver !

Et si vous êtes débordé par les idées, ne luttez pas contre ces moulins à vent : posez le stylo, prenez les fiches, et notez, notez tout ce que vous voulez mettre MAIS AUSSI celles que vous avez déjà écrit. Vous y verrez plus claire, et pour les idées à venir, et pour les idées passées. Et parfois, de nouveaux liens utiles apparaîtrons entre le fait et l’à faire !

Les idées en trop.

Comme une cuisine un peu trop généreuse, parfois, il y a du surplus. Il serait alors tentant de vouloir la rentrer au forceps, pour ne pas gâcher cette bonne préparation ! Mais attention à l’écoeurement. Comme une bonne recette, il ne faut pas voir chaque ingrédient de votre histoire comme un élément indépendant. L’important reste comment ils se marient ensemble.

Well, il y a bien une personne qui aimera la nourriture quoi qu’il en soit 🙂

Aussi il faut parfois – à regret, certes, mais quand même – se séparer d’une idée qui ne va pas avec le reste.

Mais ne la jetez pas ! Notez là dans un coin de votre « data base », elle le sera aussi dans un coin de votre tête et reviendra, peut être, sous un autre forme plus tard. Ou sur une autre histoire. Elle sera peut-être la porte d’entrée vers une réflexion totalement nouvelle qui, elle, vous serivra. On ne sait jamais. Par exemple, l’Opale, à la base, n’était pas du tout destinée à Interfeel ! Comme quoi, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises idées. Juste une bonne façon de les utiliser

A bientôt !

Antonin A.

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Histoire d’écrire #14 Comment prendre du recul sur ce que l’on écrit ?

La question qui fâche

Commençons par la question qui, parfois, fâche : pourquoi prendre du recul sur ce qu’on écrit ? Pourquoi ne pas simplement se laisser porter par son flot littéraire, sa verve romanesque, et présenter son œuvre, brut, donc authentique.

Car il existe ce que l’on appelle la perception subjective. Et comme je le rappelais dans l’article « Pour qui écrire », si on écrit pour les autres, il faut en tenir compte, des autres. Cela ne veut pas dire lisser son style mais, au contraire, l’affuter. Et pour cela, et il enlever le nez du tableau de votre histoire et voir l’ensemble.

L’exemple du rêve

Prenez un exemple onirique : vous faite un rêve fabuleux, vous volez dans un ciel éthéré, nappé de forme somptueuse. Si vous racontez votre rêve, et que vous disez simple : « je volais », vous ressentez à travers ces simples mots vos sensations de vertige, de légèreté, de liberté. Mais la personne qui écoute n’entendra que « je volais », sans toutes les émotions qui lui sont rattachés. Au pire raccrochera-t-il ces mots à des souvenirs personnelles, mais n’est pas ce que vous vouliez raconter. Il faut donc rajouter des détails que vous connaissez, mais pas l’autre, pour quitter la simple explication de votre rêve, aux ressentis que vous voulez partager.

Si vous prenez ce recul, vous remarquerez alors que ce que vous pensiez clair ne l’était pas forcément, et ce que vous pensez complexe était tellement évident que vous n’aviez pas besoin de sur-expliquer l’ensemble des étapes.

Sauf que voilà : prendre du recul sur son propre texte, c’est compliqué. Plus difficile qu’une musique où l’on peut noter la fausse note à l’oreille, ou le manque de proportion d’un dessin au premier regard. L’écrit est  personnel, il passe par notre propre intellect, et notre propre interprétation. Difficile donc de repérer l’éléphant qui cache la forêt, ou l’arbre dans la pièce.

Voici quelques astuces que j’utilise pour voir son texte d’un peu plus loin, pour pouvoir le rapprocher des lecteurs.

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L’important, c’est de prendre du recul !
https://fr.depositphotos.com/92954012/stock-photo-teenager-and-blackboard.htm

Imprimer son texte.

Votre texte, sur sa page numérique, vous le connaissez. Changez donc de format pour le lire certes toujours face à la feuille, néanmoins sous un autre angle. Et l’impression permet, justement, d’en avoir une nouvelle, d’impression. Armez vous d’un stylo (mais oubliez le rouge, vous n’êtes plus à l’école), et soulignez avec bienveillance mais honnêteté les passages, mots qui vous gênent. Créez votre propre code de relecture par exemple : mots barrés = à supprimer. Soulignés en vaguelettes = à modifier. Un triangle (conspirationnnn !!!) : à développer.

Si des considérations écologiques vous freine dans votre débit de papier, je le comprends parfaitement (mais sachez que le papier n’est pas tant ecocide que cela, pas forcément plus que blinder un email de pièces jointes), vous avez aussi la solution PDF. Le PDF est, techniquement, une impression numérique de votre document et figurez vous que, vive l’effet Placebo, ça marche ! Vous voyez votre texte différemment, et vous avez une furieuse envie de reprendre votre texte Word pour y appliquer des corrections que vous n’auriez pourtant pas vu sur le document original.

Lire sur un smartphone.

Il est de bon ton de dénigrer le smartphone, généralement d’ailleurs en postant un tel message véhément sur les réseaux sociaux envoyés… de son Smartphone ! Alors oui, on peut faire plein de critiques : chronophage, obsolescence programmé, coût écologique… dans un autre registre, on associe souvent le Smartphone comme de l’anti littérature : avant, les gens lisaient, maintenant, ils jouent à Candy Crush… Oui oui oui, mais comme tous les outils, tout dépend de l’utilisation qu’on en fait. Or, pour prendre du recule sur votre texte, vous pouvez aussi le lire de votre Smartphone !

Le plus simple pour cela est de le mettre sur un document texte basique (.txt), le mette sur le « Cloud » (Dropbox, One Drive, Google Drive, celui que vous voulez) et le lire via une application.

Pourquoi lire sur Smartphone ? Et bien, comme le pdf, c’est un format différent, qui vous apportera donc un regard tout aussi différent sur le texte. Aussi, ne sous estimez pas l’importance du contexte : si un texte papier se lit à un bureau ou dans un cadre formel, le smartphone se consulte, par exemple, dans les transports en commun. Contexte différent vous permet de votre votre texte d’une manière… Vous avez deviné :).

Pour la petite histoire, j’écris beaucoup sur mon Smartphone, notamment nombre de ces articles, que je mets ensuite en page (avec plus ou moins de succès :)) sur ordi.

Lâchez votre texte

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Regardez comme ils ont l’air content de lâcher leur texte !

https://www.freepik.es/fotos-premium/sonrisa-feliz-gente-negocios-tirar-papeles-documentos-volar-aire-exito-trabajo-concepto-exito-empresarial_1381146.htm

Détachez-vous, littéralement, de votre texte ! Faite du sport, allez dormir (pas en même temps, les deux sont généralement incompatibles – merci d’éviter les blagues graveleuses en commentaire :)). Il faut juste que ce soit une vraie coupure, que vous sentiez poussé par nécessité, et non un simple prétexte pour ne pas affronter un problème syntaxique que vous espérez voir disparaître pendant la nuit ! La nuit porte certes conseil, mais ne fait pas le travail à votre place :).

Au lit !

La nuit porte conseille. Je ne vais pas expliciter ici toutes les études qui le prouvent mais je pense que déjà, empiriquement, vous le savez. Lâchez votre texte, allez dormir, et reprenez le frais comme un gardon le lendemain ! Votre esprit sera plus clair, votre regard plus affûté.

Lire son texte à haute voix.

Dans l’ancien français, entendre voulait dire comprendre. On retrouve ce sens en espagnol avec le mot « entender », comprendre, un faux ami qui donne des sueurs froides à tout élève espagnol LV2 qui se respecte. Quelques expressions françaises ont également subsisté : on s’entend bien avec quelqu’un, on est en bonne entente…

Le lien entre l’oralité et la compréhension semble donc assez évident. A vous désormais de l’appliquer ! Lisez à haute voix ! Frottez ces mots fragiles à vos cordes vocales, pour faire des étincelles. Difficile, oui, mais nécessaire. Les petites erreurs de texte que vous cachiez dans votre lecture silencieuse trouver soudain un écho, littéral, à l’extérieur. Et une nouvelle fois, vous « entendrez » mieux votre texte !

Le faire lire aux proches.

Le regard extérieur est important, déjà, pour les conseils qu’il peut apporter. Mais aussi, car le simple fait de savoir que quelqu’un d’autre va lire ce que vous écrivez va vous apporter un autre regard. Le vôtre, mais avec du recul. Vous comprenez ?

Attention néanmoins à ne pas vous mettre une pression excessive à cause de cette lecture des tiers. Noubliez pas comment vous devez choisir vos bêta lecteurs : bienveillant mais sincère, sincère mais bienveillant.

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Avantage collatérale : lire à voix haute permet de bien s’entendre !

http://rire.ctreq.qc.ca/2014/04/lecture_voix_haute/

J’espère que ces conseils vous aiderons ! Et vous, comment fait vous pour prendre du recul sur votre texte ?

A bientôt !

Antonin A.

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Histoire d’écrire #13 Comment garder la motivation ?

https://twitter.com/AntoninAtger/status/1100796482104578051

La motivation est capricieuse. Et pourtant, elle est nécessaire pour avancer dans l’écriture !

J’ai eu l’occasion de parler déjà motivation le long des articles précédents ! Aujourd’hui, pour changer un peu, plutôt que de longs paragraphes, je vais donner de courts tips, des conseils en vrac ou, comme disent si bien les anglais : à la carte. A vous de picorer ce qui vous plaît !

Comprenez comment vous fonctionnez.

Êtes vous du matin, du soir, du midi ? Préférez-vous écrire plusieurs heures d’affilée, ou durant de courts moments répétés ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, juste ce qui vous correspond le mieux !

Acceptez que c’est du long terme.

Écrire, c’est un marathon. Ne brûlez pas toutes vos cartouches (d’encres) au début. Ménagez vous, reposez-vous.

on the go running GIF by Tomas Ferraro, Sports Editor
Allez, un bon café, et je repars !

Acceptez que ce ne sera pas toujours une partie de plaisir.

Parfois, écrire, c’est chiant. La relecture, ça pèse. Admettez cela dès le début vous aidera à vous y préparer.

Acceptez que l’écriture, ce n’est pas que de l’écriture.

C’est aussi de l’organisation, des recherches, de la relecture. Programmez ces différentes activités en fonction de vos envies, pour garder la motivation.

Faites des rituels.

Prenez vous un quart d’heure tous les matins pour penser à votre histoire. Après une période d’écriture, offrez vous la récompense d’un bon chocolat chaud. Le cerveau aime les rituels, et votre cerveau est ici votre meilleur ami (tant que vous fonctionnez en équipe avec lui !)

Our brains and our hearts have a very interesting relationship, and it is their crazy back-and-forth that Nick Seluk, the artist behind the popularAwkward Yeti webcomic (which also had these wonderful comics on depression), plays upon with his Heart And Brain comic series. Heart, who always wants to live life to the fullest, often conflicts … Akward Yeti, Weekend Days, Laughter, Funny Comics, Owlturd Comics, Life Comics, Funny Jokes, Hilarious, Stupid Memes
Un super bd que je vous recommande !
https://www.pinterest.fr/pin/317503842459114529/

Changez de support.

L’ennui pointe ? Changez de support. Passez de l’ordi au papier, du bloc-note au papier, de l’écran au smartphone. Profitez-en pour découvrir votre support préféré, et en quelle occasion.

Travaillez sur votre texte par des moyens détournés (dessin, musique).

Marre du stylo ? Accordez vous une pause, et faite un dessin. Mais optimisez ce break : dessinez vos personnages, les lieux. Pas besoin d’être un esthète, un Master en gribouillages suffit ! Musiciens, faîtes nous un petit riff de guitare qui vous fait pensé à votre histoire. Vous verrez, non seulement vous vous changerez les idées, mais en plus vous risquez d’en trouver de nouvelles !

Description de cette image, également commentée ci-après
Je te jure chérie, je bosse sur mon roman
Par Manuel Lino — originally posted to Flickr as Type O Negative – Coliseu dos Recreios, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10042559

Se concentrer sur le processus et pas sur la finalité.

Si la SEULE motivation, c’est le livre fini, bon courage. Appréciez les étapes : la satisfaction de progresser dans votre écriture, le plaisir de finir un chapitre, de trembler face à un passage émouvant, bref, appréciez le voyage, et pas seulement la destina(edi)tion.

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Franchement, si un poster Instagram avec des lettres majuscules vous le dit, pourquoi ne pas le croire ?

https://www.psychologies.com/Culture/Les-phrases-de-sagesse/Phrases-de-sagesse-Voyage/L-important-ce-n-est-pas-la-destination-c-est-le-voyage

Simplifiez vous la vie !

Écrire, c’est compliqué. Alors autant ne pas rendre la chose encore plus difficile qu’elle n’est ! Ayez tout ce qu’il vous fait à disposition ! Anticipez le stock de stylo, de cartouches d’encre, de batterie. Pré-pa-ra-tion ! Sachez en avance la musique que vous écouterez (si vous en écoutez), mettez vous dans votre tenue préférée, un verre de votre boisson préférez (café !!!), bref, faite de cet instant le moment le plus simple, et le plus agréable, possible.

Anticiper les trucs rébarbatifs, comme la réécriture, en amont.

Effets indésirables associés à la réécriture : un sérieux impact sur votre quantité de cheveux, que vous risquez de vous arracher à pleines poignées ( un peu quand Vlad Ekaton quand… oups, spoiler Interfeel). Prévoyez les moments qui seront, mettons, moins fun que le reste, et séquencez-les. Un peu de contraintes par jour, pas assez pour être dégouté. Dîtes vous « demain, je m’occupe de relire le chapitre 4 ». Anticipant la contrainte, vous serez moins susceptible de la subir.

Faites par couches.

N’écrivez pas de manière linéaire. Si vous bloqué sur l’écriture du chapitre 3, réfléchissez à la structure du chapitre 5. Un peu comme l’idée de passer au dessin, vous utiliserez vos ressources intellectuelles différemment, et ce que vous ferez sera non seulement actif, mais en plus ne sera pas rébarbatif.

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Non, pas celles-ci

https://www.magicmaman.com/,les-couches-usagees-de-bebe-transformees-en-energie,2224,1822676.asp

Mettez vous des challenges !

Vous voulez ressentir un peu de « thrill » ? Pas compliqué : mettez-vous des challenges ! Donnez-vous tant de jours pour finir tel chapitre, tel passage, tel paragraphe (, tel mot ?). Attention néanmoins : connaissez-vos limites : ne vous mettez pas de challenges illusoires, intenables, qui vous dégouterons. Un peu comme les résoutions de nouvelle année 🙂

Écoutez les retours extérieurs.

C’est dur, de faire lire son travail. Mais c’est important. Déjà, nous pouvons combinez ça avec le conseil précédent : « demain, je t’envoie le chapitre 5 ». Pourquoi les retours extérieures ? Car vous aurez (bien sûr) choisi des personnes bienveillantes ET honnêtes, qui vous encourageront, qui vous dirons les passages qu’elles ont aimés, et les choses à améliorer. Vous quitterez l’isolation propre à l’écrivain, pour un échange vivant et enrichissant.

Relisez des choses que vous avez déjà écrit et dont vous êtes fiers.

Je ne supporte pas le cliché de l’artiste dans le doute perpétuel, jamais content. repensez à vos écrits précédents. Quel est celui, ceux, dont vous êtes le plus fier ? Et dès que vous avez un coup de mou, relisez-le. Vous êtes encore capable d’écrire ce genre de chose. Et ne vous dîtes pas que votre éclat est passé, que vous ne retrouverez jamais ce talent de votre prime jeunesse. Vous êtes la même personne et, en plus, vous avez désormais plus d’expérience. Il n’y a pas de raison :).

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Regardez-vous le nombril, n’ayez pas honte

Faites de vraies pauses.

Entendons nous bien. Par pause, je ne veux pas dire « fuite en avant en plongeant dans la première application smartphone venue ». Par pause, j’entends « j’ai bien bossé, j’en profite vraiment. » Donnez vous un objectif pour la journée, et dîtes vous qu’ensuite, vous savourerez une bonne série / une bonne clope (pas bien !), une glace, ce qui vous fait plaisir. Et terminez l’objectif, et savourez VRAIMENT la pause (MÊME si vous voulez continuer à écrire) ! Et OUBLIEZ votre histoire, durant ce moment. Déjà, vous avez bien mérité ce moment détente, et en plus, cela gardera votre motivation intacte 🙂

Et vous, quelles sont vos trucs et astuces pour maintenir la motivation intacte ? Partagez-les en commentaires, pour la communauté !

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Mes livres de (p)référence

Voilà la liste de mes ouvrages préférés ! Pour les choisir, point de recherche minutieuses dans ma bilbiothèque, de classement hérmétique, ou de tri dans un tableau Excel où j’aurai consciencesement noté toutes mes lectures (la bonne blague !).

Plutôt, l’intuition, une réflexion, et les livres qui ont émergé naturellement au fil de mes pensées ! Liste donc totalement subjective, bien évidemment, mais vous vous en étiez douté !

La petite marchande de prose (Daniel Pennac)

Clairement, LE livre qui m’a donné goût à la lecture. Mon sou fétiche à moi.

La petite marchande de prise, kesako ? C’est le troisième volume de la « saga Maulaussène », où l’on suit le héros, Benjamin Malaussène, et sa folle famille et ses demi freres et sœurs tous aussi originaux, marqués (mais évitant la caricature, ce qui est fort). Benjamin Malaussène est bouc émissaire, c’est à dire que quand quelqu’un veut se plaindre, d’abord dans un grand magasin, ensuite dans une maison d’Edition, c’est lui qu’on va voir, et il admet que c’est sa faute, rien que sa faute. Mais comme Benjamin est sincèrement bon et empathique, les gens ne parviennent pas à continuer leur vociférations, et les mêmes qui étaient venus se plaindre repartent généralement en se confondant en remerciements et en excuses.

Sauf que Benjamin a un don : c’est de s’attirer à chaque fois un sacré paquet d’ennuis : accuser de meurtre de torture, il est innocent, nous, lecteurs le savons, mais il se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment, connait les mauvaises personnes et tout, absolument tout l’accuse ! Sauf qu’il est innocent. Reste à savoir comment il va se sortir de ce bourbier !
Pourquoi ? Déjà, l’écriture, fluide et légère, même pour parler des sujets les plus graves (il prend quand même cher, dans ce tome là, Benjamin Malaussène).
Ensuite, une construction au cordeau : de nombreux indices sont éparpillés tout le long du livre, pour rendre l’histoire, même si elle semble invraisemblable, cohérente.
A la réflexion, je pense que Daniel Pennac et sa saga Maulaussène m’ont influencé plus que de raison. Je pense (modestement) partager les mêmes objectifs que Daniel Pennac : rendre l’histoire accessible, sans la rendre simpliste. Teinter le tout de réflexion morale, mais pas moraliste. Divertir, aussi. Et proposer de bons gros twists !

La joie de vivre (Emile Zola)

Ah, Zola. C’est mon petit péché mignon des auteurs classiques ! J’ai commencé la sage des Rougons Macquart comme un challenge (idiot), et je me suis laissé embarqué dans les aventures de cette famille… Particulière.
Petit rappel des faits : Zola à écrit 20 romans, les Rougons Macquarts, retraçant la vie sous le second Empire. Chaque Tome suis un personnage, et (surtout) une thématique : la vie paysanne (La Terre), la naissance des grands magasins (Au bonheur des dames), les grèves minières et l’émergence du communisme (Germinal).
Et pourquoi j’aime bien ? Déjà parce qu’il écrit bien, ce con. Oui, il pose des tartines de description, allant sur le détail du détail du sourcils de l’héroïne, mais on se rend compte que ces descriptions sont indissociables du projet de Zola : décrire, avec le plus de concision possible, la réalité de l’époque.
(Bon il publiait dans un mensuel et peut être aussi qu’à l’instar de certains mangas aujourd’hui, il étirait en longueur pour publier plus de chapitres !).
Pourquoi j’ai choisi la joie de vivre ? Car c’est, à mes yeux, le plus violent. Zola décrit tout et quand, pars exemple, il décrit un accouchement, il le décrit. J’ai faillis sauter des pages, alors je n’imagine pas les réactions à l’époque. Et l’histoire de cette jeune fille, désespérément accrochée à sa joie de vivre malgré le paquet de problèmes qui lui arrive sur la tête, est déchirant. Un must read.

Vernom Subutex Tome 1 (Virginie Despentes)

Et si on parlait maintenant de la Zola de notre époque ? C’est clairement ce que j’ai ressenti en lisant le premier Tome de Vernon Subutex, de la Lyonnaise, Croix-Roussienne, même (d’où le pseudo « Des Pentes » – de la Croix Rousse).
On suit sur trois Tomes (mais j’ai préféré le premier, je l’expliquerais ensuite) les (mes)aventures de Vernon Subutex, ancien disquaire, ruiné par le numérique. Il croisera une foule de personnages au cours de son chemin de croix (les lecteurs de la trilogie savent pourquoi j’utilise cette référence), et chaque protagoniste sera le miroir d’un des aspects de notre époque. Le trader, la quarantenaire qui tente de rebondir, la jeune femme qui décide de porter le voile, au grand dam de son père. Et à chaque fois, ça tombe juste, ça évite le cliché et Virginie Despentes, percutante et engagée dans ses interviews, réussis le tour de force d’être tout aussi percutantes dans ces livres, tout en gardant le regard extérieur de l’écrivaine. Bravo !
Alors, pourquoi ce choix ? Déjà, parce que j’adore le style de Despentes, que je qualifie de « coup de poings ». Elle va droit au but, ne s’embarrasse pas de fournitures sémantiques, mais en même temps je cherche jamais la provocation gratuite (comme ça a pu être le cas dans ses premiers romans). Ensuite, les personnages. Ils sont tous ciselés, travaillé, nourrit d’informations crédibles qui nous les rendent réels. Pourquoi le Tome 1 ? Tout simplement car justement, l’histoire principal du livre, ce sont les personnes qui la composent. Ils sont l’histoire. Dans les Tomes 2 et 3, la narration reprend son cours, et j’ai trouvé cela moins intéressant.

Akira (Katsuhiro Ōtomo)

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Il est temps de faire un tour du côté des bds, et sa déclinaison japonaise : le manga. Généralement critiqués, considéré par certains puristes de la littérature en général, ou de la bande dessinée, comme un sous genre, une sous culture. Oui, mais il y a Akira (et Monster, et Taniguchi, et plein d’autres).
Akira se passe dans le futur, un futur plus très lointain puisque nous sommes en 2030, et qu’un explosion nucléaire à ravagé Tokyo 30 ans auparavant, faisant place à néo Tokyo. Dans ce monde post-apocalyptique, nous suivons Kaneda, un voyou (insupportable !), Tetuso, et différents protagonistes, tandis qu’une opération s’organise pour réveiller Akira, un jeune enfant capable de provoquer l’apocalypse, d’ailleurs responsable du premier drame.
C’est terriblement bien dessiné, quasi cinématographique (beaucoup de mangas sont ainsi, je conseille également Domu, du même auteur), l’évolution des personnages est bien faite, la fin crédible, l’univers réaliste et les thématiques abordées pertinantes. Bref, que demander de plus ?

La jeunesse de Picsou (Don Rosa)

Et oui : la jeunesse de Picson. La. Fucking. Jeunesse. De. Picsou. De Don Rosa.

(Et oui, mon exemplaire est vieux, usé, et encore en francs. J’assume mon âge.)

On suit les aventures de Balthazar McPicsou, de ses dix ans, dans l’Ecosse de la fin du 19ieme, jusqu’au milieu du 20 ieme, lorsqu’il devient l’homme (enfin, le canard) le plus riche du monde. Et il n’y a pas que le dessin terriblement bien chiadé, les références historiques bien placés et l’humour. C’est touchant, aussi, et montez l’évolution de ce jeune homme (oui, Canard), naïf et reveurs, à ce milliardaire au cœur de pierre que l’on connait tous. A lire.

The Curious Incident of the Dog in the Night-Time (Mark Haddon)

Votre niveau d’anglais n’est pas très bon ? Lisez quand même ce livre dans sa version originale. La lecture n’est pas très compliqué car le narrateur est un jeune autiste de 14 ans, et ses phrases sont excessivement simples et, surtout, logiques.
Ce livre est un petit bijou. Le héros découvre le chien d’une voisine mort, une fourche plantée dans le ventre, et décide de mener l’enquête pour savoir qui l’a tué. Ce qu’il va découvrir chambouler à son univers.
La force, la grande force de ce livre, et de l’auteur, c’est d’avoir pu se glisser dans la peau d’un jeune autiste, et de voir le monde à travers ses yeux, avec sa logique, son univers. Ni complaisant, ni mièvre, il est un exemple à suivre pour quiconque cherche à faire parler un narrateur, une narratrice, dont la vision du monde diffère de la sienne. C’est à dire, à peu près tout le monde. Bref, lisez le !

L’esprit de Warren (Brunschwig, Servain, Goth)

Retour à la bd avec « L’esprit de Warren », une tétralogie suivant les traces d’un serial killer, Warren, sur trois générations de personnages

Difficile de résumer l’esprit de Warren sans trop spoiler, donc je vais me concentrer sur ses atouts, nombreux : la transmission, l’influence du conditionnement, notamment chez l’enfant, le fait de faire jouer cette histoire sur trois époques de manière tout à fait cohérente, ainsi que la thématique des indiens d’Amérique, centrale dans le récit. Un bijou.

Universal War 1 (Denis Bajram)

Allons enfin faire un tour du côté de la science fiction ! Ce domaine est assez particulier, puisqu’il permet de s’évader, tout en offrant un regard pertinent et souvent critique sur notre présent.

J’ai beaucoup d’affection (à part la toute fin #nospoiler), pour Universal War 1. Pour des raisons personnelles, déjà, mais aussi par la très grande maîtrise du scénario, alors que l’auteur joue avec le principe pourtant casse gueule des voyages dans le temps. Mais ça marche, etc’est très bien dessinée, et les personnages sont forts et originaux. Bref, un Space opera comme on les aime. Je ne vais pas trop vous résumer l’histoire également, mais ça se passe dans l’espace (en grande partie), il y a des bons gros rebondissements et l’ensemble est cohérent jusqu’à presque tout au bout (à part la fin, donc !) Et j’ai beaucoup moins d’affection pour UW2, en cours de publication actuellement.

Le combat ordinaire (Manu Larcenet)

Enfin, toujours dans la bd, la semi autobiographie de Manu Larcenet, tout en finesse, aussi bien au niveau du dessin que sur l’histoire. C’est tendre, c’est touchant, c’est souvent drôle, ça raconte la vie de Marco, photographe un peu paumé et attachant, et ça aborde un paquet de thématiques universelles : la filiation, la paternité la politique. Un sans faute, et une tétralogie à découvrir.

Et voilà !

S’il y a une leçon à tirer de tout ça (même si ce n’est pas le but principal), c’est, comme j’en parlais dans un article « Histoire d’écrire », c’est qu’il n’y a pas de « genre » spécifique pour aimer la littérature. Je lis des classiques, des contemporains, des bds, des mangas. Mes influences proviennent également des séries télé, des films et (dans une moindre mesure) des jeux vidéos. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas grave ! Lisez ce que vous avez envie de lire ! Si une personne vous juge d’un air condescendant en voyant votre livre, continuer de le lire ! C’est le meillleur moyen de faire fermer le clapet aux soi-disants détenteurs du « bon goût ». Alors que le  seul goût qui importe, c’est le vôtre !

A votre tour ! Mettez en commentaires vos livres préférés ! J’ai hâte de mieux connaître mes lecteurs, et quoi de mieux pour cela que de savoir ce qu’ils lisent :).

A bientôt !

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Histoire d’écrire #12 Comment faire le tri quand on a trop d’idées ?

Ce sont des choses qui arrivent. Parfois, c’est la page blanche et aride, qui assèche le stylo. Parfois, c’est un flot ininterrompu d’idées qui noie l’encre de ce que l’on voulait dire. On est perdu, submergé, et on ne peut plus avancer. Comment faire ?

Plume à encre
Parfois, votre plume est en feu !
https://adapei-19.fr/plume-a-encre/

Pourquoi ai-je cette idée ?

Et bien pour commencer, il faut, littéralement, réfléchir, c’est à dire faire un retour sur soi. Et envisager deux options.

Première option

Cette nouvelle idée n’est qu’une manière subtile de votre cerveau pour faire une fuite en avant, un pas de côté, et ne pas vous consacrer à cette tâche plus concrète, parfois ingrate, qu’est l’écriture. Soyez fort ! Encore une fois, il faut montrer à votre cerveau qui est le patron !

Pour cela prenez un moment pour vous. Ne fuyez pas vers une application quelconque de téléphone, ou vers la première vidéo youtube venue. Instant pour soi. Pourquoi pas, de médiation. Pourquoi ne voulez vous pas écrire cette histoire ? Est ce la crainte de ne pas réussir ? L’ennui qui pointe, parfois, dans l’écriture ? Ou qu’en fait vous ne vouliez pas écrire cette histoire ?

Si c’est la crainte de ne pas réussir, comme dans l’article précédent, lancez-vous ! Si c’est l’ennui, acceptez-le. Pourquoi pas, changez de support (de l’ordi au papier, du stylo au clavier). Si vous ne voulez, en réalité, pas écrire ce texte, interrogez vous sur les moteurs qui vous ont poussé à l’écrire en première instance. Une contrainte extérieure ? Une pression des pairs ? Une commande ? Et, dans cette situation, votre choix n’appartient qu’à vous : stop ou encore.

Deuxième option

Vous avez pleins d’idées pour la suite de votre histoire mais vous ne savez pas comment choisir. Ce n’est pas une fuite, simplement une envie perfectionniste d’améliorer votre histoire, encore et encore.

Or, là, tout dépend de comment vous avez organisé votre histoire en amont !

En effet, je préconise dans un article précédent de ne pas commencer le premier mot de votre histoire avant d’avoir organisé la structure la plus complète possible de votre histoire. Déjà, pour savoir où vous allez et ne pas vous perdre en cours de retour en vagabondent au fil de votre plume. Ensuite (et, dans le cas qui nous concerne actuellement, surtout), car cela va créer un cadre, une structure au sein de laquelle vont se développer vos idees.

Pour être concrêt, prenez l’image du tuteur à plantes. Celui-ci ne va pas brimer, mais accompagner la plante dans la direction souhaitez. C’est exactement ce que nous allons faire avec les idées ! Lorsque j’écris Interfeel, j’ai toujours réfléchis auparavant à l’univers de mon histoire. Ainsi, les idées arrivent déjà arquées, ancrées dans l’univers d’Interfeel. Cela permet la créativité et évite la dispersion.

Ne vous laissez pas parasiter par une idée, même excellente. Soit vous la rangez dans un coin de votre cerveau, soit vous la notez sur un bout de votre carnet, et vous y revenez plus tard ! Elle est là, quelque part, pas d’inquiétude, vous ne la perdrez pas !

Votre nouvelle idée change radicalement votre histoire.

Sauf que voilà : des fois, votre idée est meilleure que ce que vous écrivez actuellement. Elle transforme votre histoire, la sublime, lui donne du relief alors que ce que vous écrivez actuellement paraît, en comparaison, aussi plat que votre feuille.

Dans ce cas, arrêtez vous. Prenez, une nouvelle fois, un temps pour vous, et écrivez votre idée. Voyez si son côté excitant dépasse le simple cadre de la nouveauté. Parfois, une bonne idée fane au bout de quelques heures, ou dès qu’on y réfléchit d’un peu plus prêt (à la condition, bien sûr, que cette idée perdre naturellement de son attrait, et qu’elle ne soit pas simplement polluée par une crainte ou un manque de confiance en soi).

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Cela peut être l’état d’une bonne idée quelques heures à peine après l’avoir découverte.
http://ppcaillou.canalblog.com/archives/2015/04/13/31882598.html

Apprendre à abandonner des idées.

Écrire, c’est savoir effacer. Parfois, votre idée ne vas pas. Quoi que vous fassiez. Elle a beau être excellente prise seule, elle n’est pas de bonne compagnie avec le reste de votre histoire. Vous pouvez tenter de la rentrer au forceps, tordant les intentions des personnages, usant et abusant de Deus Ex Machina, croyez moi, ça va se voir, et vous allez arracher le lecteur qui se dira « ça ne marche pas ».

Parfois, il faut donc abandonner l’idée. Notez-là quand même quelque part. Il est possible que, surprenante, elle revienne par un chemin détourné, ou qu’elle soit la clé miraculeuse vers une idée tierce, indispensable, elle, a votre histoire. En création aussi, rien ne se perd, tout se transforme. Il faut juste savoir comme disposer les éléments, et savoir lesquels mettre un moment à l’écart.

La concurrence des idées

Reste le cas, si particulier et pourtant si fréquent, où deux idées se font parfaitement concurrence. Où il est impossible de départager la meilleure, malgré les pros, les cons, de chacune.

Et bien dans ce cas, il existe une solution. Pas sûr qu’elle vous plaise, mais il faudra passer par là : lancez-vous (encore ? Mais oui !).

Prenez une des deux idées, au hasard, au pif, à l’instinct, et écrivez. Parfois, il faut se lancer malgré le doute. Écrire, c’est aussi le doute. Écrire, c’est parfois se tromper. L’important, c’est d’écrire. Vous remarquerez souvent qu’au final, les deux convenaient, et que votre histoire s’est enroulé autours de votre décision. Écrire, c’est aussi choisir.

A bientôt !

Antonin A.

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