Nouvelles du confinement 4 – Faits Divers

On ne prête pas d’attention aux faits divers. Ni à celui qui les écrit. Tant mieux. Pour ce que j’accomplis, je ne demande qu’à être le plus insignifiant possible.

Car vous aviez raison depuis le début. Les faits divers, c’est mon œuvre.

Ces cinq lignes en marge du magazine, c’est moi. Ces quelques mots qu’on lit rapidement lorsqu’on ne veut pas réfléchir à l’actualité, c’est moi. On se dit que c’est affreux, tous ces morts, tous ces accidents, mais c’est la vie que voulez-vous, et on tourne la page pour se renseigner sur le conseil minceur du jour.

Parfait. Survolez ces lignes, ne vous y arrêtez pas. Car si on le faisait, je finirais en prison. Ce que vous avez presque réussi à faire…

J’ai été le plus rapide.

Je vais commencer par le début, vous comprendrez mieux. Ne vous inquiétez pas je vais faire vite, je sais bien que vous n’avez pas beaucoup de temps.

Je suis quelqu’un de banal. Pas même extrêmement banal, ce qui me distinguerait. Banalement banal. Chacun de mes gestes, chacune de mes pensées est imprégnée de cette banalité.

J’ai toujours voulu être un créateur. Au début je souhaitais être écrivain, mais je n’avais aucun talent. J’ai décidé d’être journaliste, mais je n’avais aucun talent. Je me suis donc rabattu sur les faits divers. Un emploi à la hauteur de mes capacités.

Pas de mes ambitions.

Je suis d’ailleurs le propre fait divers de ma rédaction. Celui qui est là simplement pour occuper un peu d’espace, combler un vide. Je suis situé en marge, au bout du couloir. A droite, les toilettes, à gauche, mon bureau. On ne me salue que lorsque l’on me croise à la machine à café – car j’aime beaucoup le café.

J’ai longtemps souffert. J’étais frustré, triste, malheureux, blessé par cette indifférence. Un jour, j’ai compris qu’il s’agissait en réalité de mon plus grand avantage. Dans la protection de cette ignorance je pouvais déployer les trésors de mon imagination. Devenir le créateur que j’avais toujours rêvé d’être.

Ma vie a changé.

Je me rappellerai toujours de ma première fois. Excité, angoissé, soucieux de réussir, peur d’être déçu. Il faut dire que j’attendais ce moment depuis si longtemps…Je me suis installé devant mon bureau, j’ai pris une feuille vierge et j’ai écrit, d’un seul coup, dans un jet d’encre, mon premier fait divers.

« Un jeune homme est retrouvé mort dans un accident de voiture à la sortie d’une boîte de nuit ».

Un peu court, un peu maladroit mais c’était le premier. Je n’osais pas aller plus loin. Je l’ai recopié sur ordinateur, envoyé à mon directeur de publication à 16 : 50, juste avant le bouclage. Il allait être dès le lendemain matin imprimé dans le journal. Le compte à rebours était lancé, il me fallait maintenant lui donner vie. J’ai dû trouver le bon endroit, la bonne personne, le bon véhicule, saboter les freins – alors que je ne connais rien en mécanique, attendre dans ma propre voiture qu’il ressorte, démarre le moteur, parte. Je l’ai suivi le cœur battant. Mon excitation grandissait au fur et à mesure qu’il accélérait….

L’explosion arriva. Ce fut l’un des plus beaux moments de ma vie.

Depuis ce jour je ne me suis jamais arrêté. J’ai toujours le même rituel, j’envoie le fait divers à la dernière minute et, saturé  d’adrénaline, j’ai la nuit pour accomplir mon œuvre. Assez timides au départ, mes mots – et mes gestes – sont devenus assurés. Dorénavant, je suis entreprenant. Je prends des risques, mon imagination étant ma seule limite. Le jour, je suis l’indifférence incarnée. La nuit, je fais plier la réalité à mes désirs créatifs.

Tenez, l’un de mes derniers, que vous connaissez sûrement :

« Une jeune fille glisse sur un gâteau au chocolat. Elle tente de se raccrocher à un jambon cru entier de quinze kilos, mais ce dernier lui tombe dessus et l’assomme mortellement. »

Pour le gâteau au chocolat, ça allait. Par contre je ne vous raconte pas la difficulté de trouver un jambon entier à deux heures du matin.  Cela fait partie du jeu. Ce plaisir d’imagination pure et de contraintes techniques… c’est ce que je cherche.

Alors, bien sûr, il y a le problème des dates. Le journal sort le matin et les informations qu’il contient viennent à peine d’être découvertes par la police. Il est donc impossible qu’elles aient été écrites la veille. Je vous le dis, c’est l’effet fait divers. Personne n’y prête attention.

Sauf vous.

Je vous ai repéré à la rédaction. Vous preniez l’air de rien quelques renseignements. Je me suis immédiatement méfié. J’ai demandé votre nom et retrouvé votre adresse dans notre liste d’abonnés. J’ai observé vos habitudes jour après jour. Maintenant, grâce à vous, j’ai enfin pu créer ce que je considère comme mon chef d’œuvre. Là où la fiction façonne elle-même sa propre réalité. La prophétie auto-réalisatrice. C’était risqué. Très risqué. Tout s’est pourtant déroulé comme prévu. C’était écrit.

Maintenant c’est fini. Mais je vous devais une explication. Devoir moral. Après tout, vous avez été mon unique adversaire et j’ai pris grand plaisir à ce petit duel.  Merci donc. Adieu maintenant. 

Elle avait fermé les yeux depuis longtemps mais il était sûr qu’elle l’écoutait encore. Elle s’était investie dans cette affaire depuis bien trop longtemps pour ne pas vouloir connaître tous les détails. Même dans la situation actuelle.

Cela avait commencé il y a cinq mois quand elle avait remarqué l’annonce d’un accident dans le journal avant même que son équipe de police n’arrive sur les lieux. Puis elle avait oublié. Deux mois plus tard la situation s’était reproduite. Elle en avait parlé à ses collègues, ils avaient éludé le problème d’un haussement d’épaule. On ne prête pas d’attention aux faits divers. Elle avait mené sa propre enquête. Elle était passée quelquefois à la rédaction pour avoir des précisions et s’était abonnée au journal qu’elle lisait quotidiennement. Elle avait son petit rituel. Tous les matins elle sortait de sa chambre pieds nus, enroulée de son vieux peignoir jaune, noyé par la brume pré-caféine du réveil. Elle faisait chauffer sa cafetière italienne déjà remplie. Pendant ce temps, elle allait chercher le journal dans sa boîte aux lettres. Après s’être versée une tasse et en attendant que le café refroidisse, elle lisait le journal posé sur la table, la cafetière encore à la main. Elle commençait bien sûr par les faits divers.

Elle nota au fil de ses lectures de plus en plus d’invraisemblances. Mais les jours passaient, et son propre raisonnement perdait de sa propre cohérence. Elle voyait un signe, un symbole, un message dans chaque mot et elle soulignait, entourait, raturait tout ce qui était à portée de son stylo. Obsédée par les faits divers, ses raisonnements devenaient irrationnels et le peu de crédibilité que ses collègues portaient à cette affaire disparut complètement. Elle commençait à devenir inquiète, tendue, paranoïaque. Elle avait la constante impression d’être suivie, paniquant pour rien, se maudissant d’oublier sans cesse de fermer la fenêtre de sa maison après avoir terminé sa cigarette le matin.

Puis aujourd’hui, peignoir jaune, pieds nus, cafetière à la main, elle avait commencé sa lecture habituelle. Elle tomba sur ce fait divers :

« Une jeune policière trébuche dans sa cuisine et se cogne mortellement la tête. Lorsqu’elle est retrouvée, son peignoir jaune était imbibé de café et de sang. »

Elle eut le souffle coupé et fut prise de vertige. Elle lâcha le journal et la cafetière s’écrasa, brûlante, sur son pied. Le choc lui fit perdre l’équilibre, son front percuta l’angle de la table, elle atterrit par terre à moitié inconsciente. Le sang coulant de son crâne se mêla au café fumant répandu sur son peignoir.

Une ombre s’approcha d’elle et lui parla longtemps, longtemps…jusqu’à ce qu’elle sombre définitivement.

Il s’arrête de parler. Cela ne sert plus à rien désormais. Il s’approche en prenant soin de ne pas marcher sur les différents liquides répandus sur le sol et saisit le journal avec précaution, qu’il range dans sa poche. Il regarde la scène une dernière fois avec un large sourire.

Alors qu’il va partir, il hésite puis revient vers la table, saisit la tasse et boit le café désormais à parfaite température.

Il aime beaucoup le café.

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L'horloge

             La voix électronique annonce l’arrivée du train en voie E. Une centaine de personnes s’agite et saisit à pleines mains valises et enfants pour s’engouffrer dans un train que quelques uns poursuivront désespérément un quart d’heure plus tard. Les bancs se garnissent à nouveau de passagers qui disparaîtront à leur tour, soufflés de leurs sièges par la même voix monocorde. Chacun occupe ces quelques instants à sa manière. Certains suivent mécaniquement l’itinéraire qu’ils prennent chaque semaine depuis des années, d’autres s’attardent un peu dans cette gare qu’ils ne connaissent pas avant de disparaître aussi. Quelques personnes rêvent devant un tableau d’affichage à des destinations vers lesquelles ils n’iront jamais, avant de repartir vers leur quotidien. Certains se résignent, d’autres trépignent d’impatience ou de rage. Mais toutes ses personnes finissent chassées de la gare après quelques minutes ou quelques heures.

             Ces moments n’ont jamais changées même si mon monde entier, lui, s’est transformé. Je suis en place depuis 10684680 heures et j’ai vu le soleil scier le ciel 445 195 fois. J’ai vu la neige fondante garnir les arbres de bourgeons ; ces bourgeons exploser en fleurs puis tomber asséchés sur le sol et se couvrir de neige. J’ai vu la ville proliférer de manière tentaculaire, striant le paysage de nouvelles rues qui se nappaient de goudron et sur lesquelles les chevaux devenaient mécaniques. J’ai vu les immeubles jaillir de partout, certains ne tenant pas le coup et s’effondrant pour renaître de leurs cendres quelques années plus tard.

             La gare s’est transformée, agrandie, les escaliers furent rognés par les escalators, les kiosques à journaux muèrent en tabac presse, les trains s’allongèrent et arrêtèrent de fumer. Je dois être l’une des dernières pièces d’origine.

             Les modes vestimentaires disparurent, englouties par leur époque, et ressurgirent quarante ans et deux générations plus tard. Les robes à tournure s’assouplirent pour remonter de plus en plus haut le long des cuisses. Les queues de pie tombèrent, les bretelles se ceinturèrent autour des pantalons. Les bérets se moulèrent autour du crâne et s’équipèrent d’une visière griffée d’un logo. Les jeux d’enfants devinrent virtuels. Les montres à gousset s’accrochèrent au poignet puis retombèrent dans la poche sous forme de portables.

             Mais malgré tout ça, les gens lèvent toujours la tête dans ma direction, préférant l’angle de mes aiguilles aux écrans tactiles pour savoir où ils en sont. Je me souviens de chaque personne qui a tourné les yeux vers moi, et j’ai suivis des vies entières à travers ces regards. J’ai vu des enfants me montrer du doigt en rigolant, avant de m’exclure totalement de leur vie d’adulte pour mûrir, vieillir, et me guetter à nouveau en attendant leurs petits enfants. J’ai vu le regard passionné des artistes, le coup d’œil distrait de l’homme pressé, l’angoisse de l’amoureux transi, la joie du voyageur qui arrive juste à l’heure, le désespoir de celui qui ne l’est pas et la rage de celui dont le train est en retard. 

             Et surtout, j’ai vu ces deux amants qui se dévorèrent du regard à l’instant où ils se rencontrèrent sur le quai. Ils me désignèrent en se murmurant des choses à l’oreille avant de forcer l’entrée de ma tour, de grimper jusqu’à à l’intérieur de mon mécanisme et de s’étreindre passionnément tandis que la gare en contrebas continuait de vivre derrière la vitre floutée de mon cadran. Au milieu de leurs ébats, ils percutèrent l’un de mes rouages et enrayèrent ma mécanique. Mes aiguilles s’arrêtèrent, entrainant l’immobilisation de mon monde. Chaque passager se figea dans sa position, attendant la prochaine seconde pour se permettre un nouveau pas. Les sons s’arrêtèrent aussi et leurs cris de jouissance au moment où ils avaient percuté mon rouage s’étendirent à l’infini. Tout ne se remit en marche que quelques jours plus tard lorsqu’un mécanicien changea ma pièce endommagée.  

             Ils revinrent tous les ans à la même date, pénétrant frauduleusement dans mon sanctuaire pour faire l’amour devant l’agitation des foules de voyageurs, étouffée par la vitre dépolie de mon cadran. Ils prenaient garde alors à ne rien endommager. Après cela, ils parlaient pendant des heures, arrêtant parfois leurs discussions lorsque la montée de leur désir ne leur permettait plus de continuer. Ils parlaient de l’amour qui les consumait l’un pour l’autre, de leur choix de ne se voir qu’une fois par an pour garder ce sentiment intact. Ils se promettaient de ne pas revenir l’année d’après s’ils ne le désiraient pas, mais ils revinrent toujours, année après année, décennie après décennie, tandis que leurs corps s’alourdissaient et se drapaient de rides. Puis vint le moment où ils décidèrent qu’ils ne pourraient plus se voir car ils étaient trop vieux. Dans leurs voix devenues chevrotantes, des pleurs naissaient, teintant leurs paroles du regret de n’avoir pas pris le risque de vivre ensemble cinquante ans auparavant. Tout était trop tard à présent pour envisager quoi que ce soit et ils pleurèrent à nouveau. Puis, tentant de lier le rire aux larmes, ils se rappelèrent lorsqu’ils avaient bloqué le mécanisme de l’horloge la première fois qu’ils avaient fait l’amour en mon sein. Riant un peu plus, ils se dirent que ce n’est pas maintenant que cela arriverait, et l’un d’entre eux promis que si les aiguilles se bloquaient à nouveau comme la première fois, il l’épouserait malgré leurs âges, leurs familles et tout le reste. L’autre, riant de cette absurdité, accepta.

             Je me suis concentré sur chaque partie de mon mécanisme pour trouver la partie la plus fragile, celle qui s’était usée par plus d’un siècle d’existence et qui n’avait jamais été remplacée. Lorsque je l’ai trouvé, j’ai pesé dessus de tout mon poids et le rouage a sauté. Alors le temps s’est à nouveau arrêté, immobilisant la gare et étendant leurs cris de surprise à l’infini.

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Nouvelle confinement 2 : Entre eux deux

(Note : nouvelle écrite avant le coronavirus : la distanciation sociale n’est absolument pas respectée !)

Le métro s’arrête. Les portes vont bientôt s’ouvrir.

Au dehors, la cohorte est alerte. Prête à bondir. Les regards scrutent l’intérieur pour voir si par miracle un siège est resté vide. Chacun retient son souffle, attendant le signal pour se forger un passage à la force des coudes.

Enfin les portes coulissent. Quelques personnes à l’intérieur pensaient naïvement pouvoir sortir ; elles sont happées par le flot contraire qui s’engouffre. Poussant devant, poussée derrière, la masse compacte s’avance ligne par ligne. A chaque choc crépitent les injures. Peu à peu, la densité de personne augmente, augmente encore, enfin sature. Les gens dorénavant retiennent leur souffle et attendent la sonnerie salvatrice.

Sept bips courts et distincts annoncent la fin des hostilités. Et la fermeture des portes.

Mais cela ne suffit pas. Un pied sur le quai, un pied dans la rame, la dernière rangée de personnes n’en démord pas. Ce train ne partira pas sans eux. Les portes coulissent, buttent contre un sac ou un visage et s’ouvrent à nouveau. Par vagues, les gens avancent, ceux à l’intérieur se contractent, se compactent, les ventres se pressent et les corps se tendent comme pour maintenir la tête hors de cette marée humaine.

Enfin la dernière personne parvient à grappiller le dernier espace à coup d’épaules et d’excuses. Il rentre plus ou moins dans le wagon, la porte qui glisse à ras ses fesses achève de l’imbriquer complètement dans les personnes voisines.

Et puis c’est l’attente. Ces quelques secondes interminables, le temps que la rame daigne se mouvoir…

Comme tous les autres, Thomas est encastré à l’intérieur. Il a copieusement injurié mentalement les nouveaux arrivants. Vu de dehors, cela s’est traduit par deux détails : un léger bougonnement dans sa barbe courte et grisonnante et la crispation de sa main sur son attaché – caisse qu’il a par la suite coincé entre ses jambes. Il soupire : plus qu’un arrêt.

Il a vainement tenté de s’agripper à quelque chose. Mais son bras n’est pas assez long pour contourner les trois personnes qui le séparent de la barre transversale. De toute façon le bloc autour de lui est hermétique. De chaque côté il est encerclé, acculé, accolé.

            Derrière, une personne se maintient à bout de bras à un anneau. Ses aisselles grandes ouvertes arborent un éventail de poils qui dardent pointes et odeur en direction de ses narines. Sur un côté, un petit vieux défend son maigre espace vital à coups de canne dans les mollets. De l’autre, un jeune homme parvient à oublier la torture de la chair grâce au tube de R’n B vissé dans ses oreilles, qui grésille à plusieurs mètres à la ronde. Devant lui se trouve une adolescente plaquée contre son pull, mèche rouge, outrageusement maquillée, qui mâchonne négligemment un chewing-gum d’un air absent. Thomas se promet de ne jamais laisser sa petite dernière finir comme ça.

            Enfin la rame, alourdit par plusieurs tonnes de passagers, s’est décidée, péniblement, à initier, lentement, un mouvement. Les visages furieux des personnes restées sur le quai défilent de plus en plus vite. Puis c’est le noir du tunnel.

            Thomas tente de penser à autre chose, son travail, sa famille, tout ça, mais cerné par l’odeur de transpiration, les coups de canne et les refrains Hip Hop, il ne parvient pas à faire abstraction. Alors il décompte les secondes qui lui restent avant la prochaine station ; la dernière, enfin !

            Soudain le drame intervient. Le téléphone coincé dans la poche du Jeans Slim de l’adolescente se met à sonner, musique du dernier tube d’Emma Leprince. Elle sursaute et… non…elle ne va tout de même pas…mais si ! Ce coup de fil est FORCEMENT d’une importance capitale. Elle ne peut le louper pour rien au monde. Alors elle se contorsionne, se cambre, se replie pour créer un minimum d’espace et pouvoir plonger sa main dans la poche plaquée contre sa jambe. Mais  le temps presse, déjà trois sonneries !, elle panique, se dépêche, coup involontaire dans le ventre de Thomas qui marmonne quelque chose, enfin elle parvient à saisir son I – Phone du bout des phalanges, l’extirpe à la force des doigts, le remonte rapidement à son oreille et

« Allo ? »

            Une seconde auparavant, elle a pu apercevoir la photo qui l’appelait et un grand sourire s’est formé sur ses lèvres. Tandis qu’elle écoute, son regard se porte du côté du téléphone, comme pour rendre la conversation réelle.

            Thomas continue de marmonner. Il pense à pleins de choses en même temps, le non-respect de l’autre, la décadence de la jeunesse, la dictature de la technologie, la connexion immédiate,

            « Quoi ? »

            Ce mot interrompt à ses pensées. Ce mot n’est pas normal. Il est prononcé avec trop de tristesse pour cadrer avec la situation qu’il a quittée des yeux deux secondes auparavant. Il regarde à nouveau l’adolescente et ne la reconnait plus. Son grand sourire a disparu et sa mâchoire commence à trembler. Ses sourcils, agrandis d’un coup de crayon à maquillage, sont dramatiquement repliés sur son front dorénavant marqué de rides.

            « Ok… » Murmure-t-elle faiblement. « Salut ». Le bras retombe. Elle remet mollement son téléphone dans la poche, puis elle ne bouge plus. Et à la commissure de ses yeux, deux larmes commencent à se former, qui grossissent, s’alourdissent puis tombent sur ses joues dans une trainée de maquillage.

            Son regard perdu fixe droit devant elle. Devant elle, c’est-à-dire à trois centimètres d’un pull en lin. Elle relève lentement la tête. Son regard remonte le long du cou, du menton, pour enfin se planter dans les yeux de Thomas.

Et Thomas voit toute la tristesse du monde dans ce regard, et il n’arrive pas à s’en décrocher. Et l’adolescente, soudain, éclate en sanglots. Elle se replie sur elle-même et sa tête vient se poser sur le pull. Thomas ne bouge pas. Elle s’approche un peu plus et c’est maintenant tout son visage qui s’enfuit dans le tissu pour pleurer à grosses larmes.

Sans s’en rendre compte, Thomas s’est légèrement penché en avant. Courbé, il semble envelopper l’adolescente. Alors elle enroule ses bras autours de sa taille et se colle un peu plus contre lui.

Thomas ne bouge toujours pas. Il se sent tellement idiot qu’il arrête de réfléchir et, hésitant, il la prend aussi dans ses bras. Elle tourne lentement la tête et pose sa joue contre le pull en fermant les yeux. Elle a un petit sourire, qui fait dévier la trajectoire des larmes sur son visage.

Balbutiant, il lui dit :

« Ce n’est pas si grave, tu verras… »

Pour toute réponse, il sent la tête de l’adolescente hocher affirmativement. Ils restent ainsi une éternité.

Quelques secondes plus tard, la trame commence à ralentir. Les personnes poussent un soupir de soulagement, heureux d’enfin quitter ce carcan humain. Quelques-uns, auparavant assis sur des sièges, tentent vainement d’atteindre les portes de sortie, sous le regard narquois de ceux qui ont dû rester debout..

Les pleurs de l’adolescente s’arrêtent en même tant que le métro. Elle grimpe jusqu’à l’oreille de Thomas et murmure « merci ». Puis les portes s’ouvrent et elle est entraînée au dehors.

Thomas, immobile, voit les portes se refermer. Ce n’est que lorsque le métro redémarre qu’il réalise qu’il vient de rater son arrêt.

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Nouvelle Confinement 1 : Point Rouge

File:Cercle rouge 100%.svg - Wikipedia

Le laser rouge pointe en direction de mon cœur. Je le sens traverser mes vêtements et brûler ma peau. Il ne tremble plus. Il est sur sa cible. Il doit me rester moins d’une seconde à vivre. Une boule d’angoisse monte au cerveau et me paralyse. Tout ralentit. Le temps s’étire, s’étire…

Puis s’arrête.
Bon.
Je vais mourir.
Je ne peux rien faire pour l’empêcher. Je n’ai pas le temps de me jeter par terre. Je n’ai pas le temps d’avoir peur. Je n’ai le temps de rien. Aucun muscle ne réagit. Je ne contrôle plus mon corps.

Je ne contrôle que mon esprit. La seule chose qui me reste. Je réfléchis. A toute vitesse. Je suis ce que je pense. Je peux revoir chaque instant de ma vie. Plus rien ne m’en empêche. Ni la peur, ni les émotions.

Je revis mes dernières sensations…le vent d’un matin d’automne…la main de ma femme contre ma hanche…son souffle…

Non.

Ça ne m’intéresse pas. Si je ne peux pas éviter ma mort, je ne désire qu’une chose : comprendre. Comprendre la raison de ce point rouge sur mon cœur. Au creux de cette ultime seconde qui se dilate à l’infini, je fais défiler ma vie et j’effleure ces milliards de souvenirs du bout de ma conscience.

Certains moments de mon enfance, plus forts que d’autres, me reviennent. Les cris de mon père. Ses leçons de morale. Sa fierté lorsqu’il annonçait au repas de famille du dimanche que je reprendrais le cabinet de notaire qu’il avait hérité de son propre père qui l’avait hérité de son propre père.

Je le haïssais.

La haine. J’ai cohabité avec elle dès mon plus jeune âge. Je m’y accroche et elle m’amène à un autre souvenir.

J’ai quinze ans. La fille, dix-sept. C’est une belle espagnole. Je suis parvenu à la séduire et à présent elle attend de voir ce que je vaux. Je veux tellement bien faire que je finis bien trop vite et elle éclate d’un rire méchant. Elle aussi, je la hais.
Cette fille…celles qui suivront lui ressembleront. Je me vengeais. J’ai passé ma vie à me venger. Je les faisais souffrir, pleurer, puis je les consolais et leur faisais l’amour. Au plaisir physique s’ajoutait une sensation de puissance incroyable.
La vengeance… Elle me guide un peu plus loin dans ma vie. Un autre souvenir…

J’ai vingt et un ans. Je viens de passer ma licence de droit. Je suis face à mon père. Je sais que cet instant va être le plus beau de ma vie. Je savoure chaque seconde et chaque mot que je prononce. Je lui dis que je ne reprends pas le cabinet de notaire de la famille et que je l’emmerde. Puis je regarde. Ses veines se gonflent. Sa mâchoire se contracte. Ses pupilles se dilatent. Je tremble d’une joie féroce.

Féroce… Les années filent. Je travaille le jour, la nuit, et je dors quand je peux dans une chambre de bonne. Je veux de l’argent et n’en gagne pas assez. Mais pour l’instant je ne peux rien y faire. Alors je fais hiberner mes ambitions…


Elles se réveillent à l’aube de mes vingt-six ans. Je viens de rencontrer Julien…
Stop.
Quelque chose ne va pas avec Julien. Je ne sais pas pourquoi.

Il a vingt-sept ans et possède deux qualités : beaucoup d’argent, aucune personnalité. Je m’en fais un ami. Je le convaincs de s’associer avec moi pour monter une entreprise de transaction immobilière. Moi aussi, j’ai de l’argent. Mais pas assez.

J’obtiens ma carte professionnelle et je commence à travailler. Sans arrêt. Je vends. Je magouille. Je falsifie des compromis. Je n’ai aucune pitié. Je ne cède aucune affaire.

Ma société grossit. Sept ans plus tard je deviens promoteur immobilier. Je fausse des permis de construire et reverse un pourcentage aux autorités. Julien n’existe plus. Je n’avais besoin que de son argent. Il reste associé mais n’a plus aucun rôle.

Qu’est ce qui me gêne, alors?

Ceci.

Ce regard qu’il lance à Sandra, ma future femme. Autre souvenir. Ça fait douze ans que je suis dans l’immobilier. Moi et Julien sommes derrière le bureau du local. Elle se trouve de l’autre côté. Elle est furieuse. Elle est aussi dans l’immobilier et je lui ai piqué un contrat de manière totalement illégale. Je la vois s’énerver et j’ai envie de la séduire pour deux raisons : elle ne me plait pas et je suis sûr de n’avoir aucune chance. Je n’explique pas mon envie. Un défi peut être. Autre chose, sûrement.

Il me faudra des mois. Elle me hait. Et elle me plait de plus en plus. Le temps passe et pour la première fois je m’attache. Le premier soir que nous faisons l’amour, je l’impression d’avoir un gouffre dans le ventre.

Elle est forte. Tellement forte que je n’ai jamais essayé de la faire pleurer. J’ai l’impression de ne plus tout contrôler. Ça m’enivre et me fait peur.

Trois ans plus tard. Nous sommes enlacés. Elle me regarde dans les yeux et me dit que je mens. Que je ne me suis jamais mis en danger: «  Tu veux prendre un véritable risque ? Epouse-moi sous le régime de la communauté universelle. Ce qui t’appartient m’appartiendra aussi. Et si plus tard on se sépare, tu devras me donner la moitié de tout ce que tu possèdes. Qu’en penses-tu ? C’est un sacré défi non ? Il exige que tu ais confiance en moi. »

J’ai pris ce risque et je l’ai épousée, le cœur battant d’excitation et de crainte, avec cette impression de jouer ma vie. J’ai Julien pour témoin. Il a le même regard que la première fois qu’il avait vu ma femme. Un mélange de désir, de jalousie et de haine.

Lui aussi l’aimait. Et me haïssait par la même occasion. C’était une nouvelle part de sa vie que je lui volais. Je ne m’étais jamais intéressé à lui auparavant. Je n’avais jamais vu tout cela.

Soudain j’ai l’impression de frôler ce que je cherche. Tout s’accélère. Ma pensée n’est plus linéaire. Elle rebondit de souvenir en souvenir, d’idée en idée…des fragments d’images  me reviennent…

Julien. Son parfum. Sur ma femme. Sur le moment je ne m’en étais pas rendu compte.

Ils sont amants. Je revois une foule de détails piochés dans ma mémoire qui confirment cette idée. Des absences de ma femme. La voix tremblante de Julien. Son regard à lui. Méprisant. Son regard à elle. Plus distant.

Une autre scène. Un repas d’affaire. Nous sommes une dizaine. Comme toujours, je rabaisse Julien pour me mettre en avant. Je minimise son rôle dans l’entreprise. Il marmonne :

« Attends un peu… ». Sur le moment je ne l’entends pas.

Autre image. Un sourire de Julien. Il y a six mois. Je lui avais demandé au hasard d’une conversation s’il comptait se marier un jour.

Pourquoi ce sourire ?

Puis je comprends.

Tout.

En divorçant, ma femme prenait la moitié de mes parts de l’entreprise. En épousant Julien sous le même régime que le nôtre ils fusionnaient leurs parts. Je devenais minoritaire. Je n’aurais plus aucun pouvoir…

Et pour avoir toutes les parts de l’entreprise, il suffit de me tuer.

J’ai compris.

Mais trop tard.

Je ne peux plus rien faire pour empêcher cela. Ma seconde de sursis prend fin.

J’attends.

J’attends.

J’attends…

La seconde est écoulée. Quelques autres aussi.

Sandra me prend la main et me glisse à l’oreille :

« Attention ! On essaye de te tuer ! ».

Elle sourit et me montre un enfant sur le trottoir d’en face qui me vise avec son laser de poche. Le gamin s’enfuit en rigolant.

– Ça y est ! Tu es mort !

Sa bouche descend le long de ma joue et m’embrasse le cou. Elle me prend la main.

– Je t’aime, murmure-t-elle. »

Je souris et serre sa main à mon tour. Assez fort pour lui broyer les doigts.

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Interfeel 2 – Les Résistants, sort aujourd’hui !

Bonjour toi lectrice, toi lecteur !

Aujourd’hui est un grand jour pour moi : le Tome 2 d’Interfeel sort (enfin !).

Je suis très ému et, pour tout te dire, un peu flippé.

Pourquoi ? N’est-ce pas déjà devenu routinier, après la sortie du Tome 1 ?

Et bien, non. Et tant mieux ! Chaque livre est différent, même dans une même saga.

Pour ceux qui le savent, le T1 a été écrit suite à un concours sur Internet, organisé par la maison d’Edition Pocket Jeunesse et feu la plateforme WeLoveWords.

J’ai eu carte blanche pour l’écrire, mais j’ai néanmoins suivi la trame que j’avais annoncé lors du concours, qui m’avait permis de le remporter.

Pour le Tome 2, j’étais… complètement libre. Ce qui était grisant. Et un peu flippant, donc.

Ce volume est plus personnel. J’ai pris un plaisir fou à développer l’univers d’Interfeel, au delà des frontières de la ville. A creuser mes personnages. Les connaître. Voyager avec eux. Ressentir leurs épreuves, leurs remises en question… et il y a beaucoup !

Aussi, j’ai l’impression délicieuse et angoissante d’un premier livre. Celui où je suis complètement sincère. Où j’ai tout créé, à partir d’une feuille blanche. Cette sensation est vertigineuse, mais je suis très heureux de la vivre et de la partager avec toi.

J’ai toujours aimé échangé avec toi, lecteur, toi lectrice. D’où ma présence sur ce site et sur les Réseaux Sociaux. Et une fois de plus, je te sollicite. Je suis avide de savoir ce que tu penses de cette nouvelle aventure de mes héros. Ce que je leur fais vivre. La direction que prend l’histoire d’Interfeel.

Et je serai ravis, en plus des messages encourageants que tu me laisses sur les sites de notations des livres (Fnac, Decitre, Book Node, etc.), ce qui est très utile, que tu me laisses un petit message, ici, à la suite de cet article, une fois que tu ressortiras de ce second volume. Cela me ferait infiniement plaisir et, bien sûr, je te répondrais.

(Pardon, je te tutoie, mais comme on partage beaucoup à travers mes livres, même si on ne s’est peut être jamais croisé, j’ai l’impression de te connaître !).

Ce petit message me ferait infiniement plaisir. Bien sûr, je comprends la timidité, la pudeur, bien sûr. Mais si tu le souhaites, je t’en prie. Quelques mots, c’est déjà beaucoup !

Je te laisse, maintenant, avec mon nouveau bébé, qui voit le monde dès aujourd’hui (oui, la métaphore de la naissance fonctionne toujours avec les livres !).

Tu peux le retrouver dans toutes les librairies indépendantes, maillage fantastique sur le territoire, lien social, animé par des gens passionnés. Voici l’un des sites qui permet de les faire vivre :

https://www.chez-mon-libraire.fr/livre/9782266299992-interfeel-tome-2-vol02-atger-antonin/

Tu peux aussi le retrouver sur la Fnac, Decitre, et autres.

D’avance, je te remercie ! Pour ta lecture, pour ton message !

A bientôt pour de nouvelles aventures, Interfeeliennes et autres !

Antonin A.

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Bilan 2019, résolutions 2020.

Bonjour tout le monde !

Une nouvelle année commence, et même si au final, seulement vingt-quatre heures se sont passées entre le 31 et le 1ier, c’est à dire autant qu’entre n’importe quelle journée de l’année (sauf les années bissextiles – n’essayez pas d’y réfléchir, c’est une blague), symbolique oblige, les résolutions arrivent !

Cet article se veut un équilibre entre le bilan 2019, et les résolutions 2020. Commençons par le commancement, c’est à dire le passé.

2019 fut littérairement parlant bien, bien chargé. A commencer, et vous le savez désormais, par la rédaction des tomes 2 ET 3 d’Interfeel !

Mais comment ? Comment ai-je pu écrire autant, en littéralement, quelques mois, alors que le premier tome m’avait coûté un an et demi d’espérance de vie ?

Ce n’est pas qu’une question rhétorique : je ne m’attendais moi-même pas à une telle productivité ! Voyons ensemble ce qui a changé, et commencer cela peut également s’appliquer à vous !

Retour sur mon année d’écriture : comment ai-je pu écrire autant ?

7 étapes faciles pour écrire beaucoup plus vite | À propos ...
De l’encre. Du papier. De la motivation.

L’expérience.

Et oui, cela tombe sous le sens, mais entre l’écriture d’Interfeel et celle d’Interfeel 2 j’avais… l’expérience d’un bouquin en plus ! D’où, intuitivement, une meileure connaissance de ma manière d’écrire, une augmentation de ma productivité et de ma concision.

La connaissance de l’univers.

La difficulté principale avec la création d’une oeuvre dans un univers nouveau, c’est qu’on ne peut pas se contenter de raconter une histoire. Il faut imaginer l’environnement de cette dernière et, idéalement, le rendre cohérent. On appelle cela la diégèse.

Ce qui m’a pris le plus de temps sur Interfeel 1, ce fut la création de l’univers. Mais j’ai fait une erreur assez importante : j’ai écris l’histoire avant de bien connaître ce « nouveau » monde.

Ecrire lorsque l’on sait quoi écrire.

Je comprends l’idée de commencer écrire sans trop savoir où l’on va. Mais arrive à un moment où cela bloque. Il y a trop de choses à quoi penser, en même temps. Il faut faire évoluer les personnages, avancer l’histoire, et décrire un univers qu’on ne connait pas vraiment. Le débit des choses à faire est trop important pour le jet de notre stylo.

En attaquant Interfeel 2, je connaissais déjà l’univers dans lequel naviguaient, mes héros (mais si je l’ai grandement développé dans le Tome 2). Mais surtout, j’ai écris le premier tome entre 2013 et 2014. Ainsi, j’ai eu des années pour réfléchir à cette histoire. Et même si je n’avais pas tous les éléments, j’avais déjà en tête les moments les plus forts, les plus intenses, ceux que je voulais à tout prix mettre dans l’histoire.

S’organiser.

Un mot qui donne des sueurs froides à beaucoup d’entre nous. La flamme artisitque ne va-t-elle pas s’éteindre si on commence à se structurer.

Et pourtant, quelle efficacité si on planifie un peu ce que l’on fait ! J’ai commencé à écrire Interfeel 2 en février. Pourtant, le mois de janvier fut le plus imprtant en terme de production. Car j’ai agencé toute mon histoire. Je l’ai séquencé en chapitres, les reliants les uns les autres, si bien que, commençant la rédaction, je pouvais me concentrer uniquement sur l’écriture. Voilà pour moi l’une des clés de la productivité : savoir se faciliter la vie malgé l’avalanche de choses à faire. Agencer mon histoire + créer mon univers + écrire = équation impossible. Il fallait faire par étape.

Ensuite, je me suis fait un challenge. Je devais écrire tant de chapitres par semaine (d’abord un, puis deux, puis trois). L’idée était de ne pas me dégouter, mais de pousser, un peu, mes capacités. Je savais que je pouvais écrire un chapitre par semaine. Deux, c’était mon rythme de croisière, sur lequel je suis resté quelques mois. Enfin, pour finir, j’ai dépasser mes limites, passant à trois chapitres. Si j’avais commencé directement par trois chapitres, je n’aurai pas tenu deux semaines. Et même si je l’avais fait, je n’y aurai pris aucun plaisir.

Voilà l’un des conseils que je peux vous donner : fixez vous des objectifs atteignables, juste au dessus de ce que vous pouvez habituellement faire. Inutile d’avoir une espèce de folie des grandeurs pour vos bonnes résolutions : vous ne les tiendrez pas. Commencez sous vos capacités, tenez le maximum de temps au niveau de ce que vous pouvez faire, puis terminez au-dessus. Il est important de pousser un peu plus le bouchon, mais inutile de tout faire sauter (métaphore champagne, c’est la saison).

Pour l’écriture d’Interfeel 2 et 3, j’avais aussi un groupe de béta lecteurs. Certains auteurs n’aiment pas, moi cela me motive : à la fin de chaque chapitre, je leur envoyez. Cela évite la procrastination propre aux écrivains, d’écrire un peu de chaque chapitre, mais de ne jamais en finir aucun. Sachant que mes amis lecteurs m’attendaient au tournant, je terminais !

Je rendais quelque chose de correcte, mais je me perdais pas dans des heures de relectures à fois. C’est un autre piège : polir ce qu’on a déjà fait, comme si on le chérissait, ce qui est un excellent moyen de ne pas continuer ! Gardez la relecture pour la fin, elle sera bien plus efficace puisque vous aurez l’histoire dans son ensemble, et vous saurez exactement quoi modifier, rogner, ajouter.

Et donc, pour les résolutions ?

New Year Resolutions - Simon's Cat | GUIDE TO - YouTube

Fixez vous des objectifs précis. Plutôt que de vous dire « je vais écrire un roman », dîtes vous « je vais écrire tous les jours ». Ou tous les deux jours. Soyez honnêtes avec vos dispobilités, car il est toujours gratifiant de tenir ses objectifs, et dépriment d’échouer. Soyez ambitieux, oui, mais à peine au dela de vos capacités. N’oubliez pas que l’écriture est un travail de fond, pas un sprint. Commencer un marathon en détalant vous fera passer devant les autres, mais vous n’irez pas très loin. Pensez à vous. Connaissez-vous. Ou saississez l’occasion pour vous découvrir. Il n’y a pas de règles. Certains écrivent dix heures par jour, d’autres un quart d’heure. Des auteurs pondent un roman par un, d’autres paufinent une oeuvre pendant une dizaine d’années. Cela ne présage pas de la qualité de l’ouvrage. Chaque auteur est différent, les manières d’écrire aussi.

Réfléchissez à votre histoire avant de l’écrire. Connaissez l’univers, les personnages. Peut être pas parfaitement, mais assez pour savoir où aller. Vous n’avez pas idée du temps que vous gagnerez, et de votre sérenité en écrivant ensuite : vous n’aurez alors qu’à vous concentrer sur l’écriture.

Pour comparer, imaginez un réalisateur qui n’a aucune idée de ce qu’il va faire dire à ses acteurs. Certes, cela peut permettre de belles surprises, mais c’est aussi incroyablement casse gueule, et chronophage. Vous serez peut-être découragé à la dixième page. Si ce même directeur sait ce que ses acteurs vont faire et dire, il peut se concentrer sur comment ils vont le faire, et le dire. La créativité est toujours là. Elle est juste, à mon sens, optimisé.

Planifiez, juste ce qu’il faut. Assez pour ne pas vous perdre. Assez peu pour avoir de belles surprises en cours d’écriture. C’est un équilibre que vous seul pouvez atteindre, puisqu’il est propre à chacun. C’est le sempiternel équilibre entre les architectes et les jardniers, les premiers pouvant être accuser de trop planifier, les autres de ne pas le faire. A vous de trouvez votre place entre ces deux termes. Ce n’est pas l’un ou l’autre, ce sont deux extrêmes d’un spectre au sein duquel vous pouvez évoluer à votre guise.

Faîtes relire si vous le souhaitez. Dans tous les cas, si vous avez des ambitions de publication, il faudra vous jeter à l’eau ! Commencer donc par tremper le doigt : trouvez des personnes de confiance, honnêtes mais bienveillantes, qui vous diront ce qui va, ce qui ne va pas. Et n’oubliez pas que les critiques ne seront jamais adressées à vous, la personne, mais à votre texte. N’oubliez pas de les remercier : il est plus loin, contraignant et compliqué de faire un retour complet, positif comme négatif, que de simplement vous flatter en disant « c’est trop bien », en ayant à peine lu votre écrit. Il faut du courage, pour dire à quelqu’un qui vous est proche que quelque chose ne va pas. Ne l’oubliez pas.

C’est, en tout cas, ce qui m’a permis d’écrire aussi rapidement Interfeel 2 et 3 ! J’espère que ces conseils vous aideront tout autant à avancer dans vos projets ! N’hésitez pas si vous avez des questions ! Je réponds à tous les commentaires (sauf si vous êtes un monarque africain devant me faire un virement de 20 000 euros. A ce moment, discutons en privée pour éviter les jaloux).

Je vous souhaites de beaux projets, littéraires, mais pas que, et une belle année 2020 !

Antonin A.

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Histoire d’écrire #56 Focus Interfeel : la vie après Interfeel.

C’est donc le dernier article de cette série, initiée il y a un peu plus d’un an !

Comme vous l’avez compris, ces articles suivaient, justement, le processus de création d’un livre. Des questionnements premiers (en janvier), aux techniques motivations, puis les conseils pour l’écriture à proprement parler, début, milieu, fin, et enfin la vie après la publication !

Je voulais conclure cette série en, déjà, vous remerciant si vous me suivez depuis le premier ! Affichez vous en commentaire si c’est le cas, que je vous congratule directement !

Et puis faire un article plus personnel, sur les choses qui ont changé, pour moi, après la sortie d’Interfeel.

Le train de vie d’une rock star (la drogue en moins)

Pete Doherty. Sentrum Scene Oslo. 13.03.18 | Pete Doherty ...
En gros

Je rigole, mais : il s’est passé de nombreux mois où chaque weekend, j’étais en vadrouille. J’ai traversé la France, par trains, par trains ratés puis récupéré, par voiture (bouh !), et j’ai rencontré des lecteurs aux quatre coins du pays. De tout âge (le premier qui me sort que les jeunes ne lisent plus…), et tous sympa ! J’ai rencontré des libraires, qui se battent pour faire tenir leur magasin, poussées (accord de majorité) par la passion, l’envie de partage. Dans tous ces échanges, c’est ce qui revient. Pourquoi tenir une librairie ? Certainement pas pour ce faire un paquet d’oseille. Plutôt : pour échanger, faire découvrir une petite perle au lecteur, perle qu’il n’aurait certainement pas trouvé en suivant l’algorithme d’Amazon, par exemple.

J’ai croisé des responsables de festival, des bénévoles, tous poussés par cette envie de partager la culture et le savoir, à la fois attentif à l’accueil des lecteurs qu’à celui des auteurs. De rares expériences désagréables (il en faut), beaucoup de bons souvenirs.

Me concernant, ce qui m’a le plus touché n’est pas la sortie de mon livre, mais les retours des lecteurs. Sur les sites, les blogs, bien sûr, mais aussi les quelques messages, personnels, que j’ai reçu, comme celui-là :

Franchement, si ça ne vous arrache pas le coeur, c’est que vous n’en avez pas.

Où une autre ado qui m’a contacté par Instagram pour me dire que mon livre lui avait redonné goût à la lecture. J’aime bien écrire des histoires, attention. Mais la solitude pèse, parfois. Savoir que ces créations touchent, émeuvent, est indescriptible ( pour paraphraser Ana). Et implique une responsable envers les lectrices et lecteurs : essayer de faire des histoires encore plus belles.

Le statut :

Être écrivain, ou simplement dire qu’on est écrivain, changé beaucoup de choses. Lorsqu’on est en « représentation » au sein des salons, ou des écoles. Mais aussi dans la vie privée.

Le rôle de l’écrivain.

Quand je suis en dédicace, par exemple, je suis assez naturel. C’est à dire que je peux faire des blagues, chambre un peu (je suis un petit rigolo, oui oui). Or il ne faut pas oublier quelque chose : vous n’êtes désormais plus uniquement vous, mais aussi vous, auteur. Celui qui parle à cette lectrice, ce lecteur, n’est pas uniquement une personne. C’est l’auteur du livre qu’il, elle a aimé. Qu’il, elle va découvrire. Une des erreurs est de se sentir gonfler des ailes et pousser les chevilles (ou l’inverse), et de devenir pédant au possible. L’autre erreur, est de faire comme si de rien n’était. Comme si on n’était qu’une personne random.

Parfois la personne ne veut pas parler. Souvent la personne ne voit en vous que l’auteur (en même temps c’est normal, elle ne vous connait qu’ainsi), et peut mal intérprêter une blague, même anodine. C’est une histoire de dosage, et de feeling. En fonction de la personne, de sa timidité, sa véhémence, on peut se permettre l’humour, ou simplement le sourire respectueux. Certains nous chambrent directe, et on peut se faire plaisir. Certains sont plus dans la retenue, et il faut le respecter. Avec l’expérience, vous verrez. Et cela vous apprendra à (encore mieux) lire les personnes. Toujours utile, pour vous, et votre écriture !

Le statut de l’écrivain.

Mais l’influence de l’écrivain transparait également dans la vie privée. Mettons une scène de rencontre ordinaire, autours d’un bon repas, d’une tablée :

« Tu fais quoi dans la vie ?
– Je suis écrivain. »

Et là généralement, le silence se fait, flatteur, certes, mais génant aussi. Et après, votre statut change. C’est désormais l’écrivain qui parle, même pour expliquer que ce gigot n’est pas très cuit.

« Qu’a-t-il voulu dire par gigot ? Est-ce une métaphore de la société actuelle, où personne ne parvient à trouver sa bonne température – NON, JUSTE QUE LE GIGOT N’EST PAS CUIT ! »

Bon, soit vous rêviez de ces moments où l’attention est tournée vers vous et vous kiffez, tant mieux ! Vous êtes alors celui qui a tenté, réussis, de vivre par son art. A titre personnel, je suis à la fois flatté et géné. Généralement, ensuite, des questions arriveront (presque toujours en fait), par ce que votre métier n’est pas anodin, et l’objet de fantasme. Si vous souhaitez rester dans votre coin à vous plaindre de la froideur de votre gigot, c’est raté ! Et je vous préviens, après, chacune de vos remarques sera passés au prisme de la « caution culturelle » de la table 🙂 !

Ce n’est pas un GROS problème, attention. En gros un problème d’artiste, et beaucoup seraient bien content de l’avoir. Mais je voulais simplement prevenir de ce changement de statut. Il arrive, que vous le vouliez où non. Et alors, les gens écouteront, même si tout ce que vous dîtes sera d’une banalité monstrueuse.

Yvan Bourgnon, le gladiateur des mers, invité à Genève par ...
 » La guerre, c’est plutôt mal.
– Quel génie ! »

Bref, quoi qu’on fasse, on est toujours catalogué. Heureusement, le statut d’écrivain n’est pas le pire :).

Voilà ! Cet article conclue un an de conseils d’écriture, initié en janvier. J’ai pris grand plaisir à les écrire, et à échanger avec vous. J’espère qu’ils vous ont plu, amusées, parfois, intéressés, souvent. Bon réveillon, et je vous retrouve en début d’année prochaine pour plein de nouvelles surprises !

A très vite et… À vos stylos !

 Antonin A.

—-

J’espère que ce (dernier) conseil d’écriture vous a plu !

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Histoire d’Ecrire #55 Les interventions scolaires

Les interventions scolaires sont, clairement, l’une de mes activités préférées. Permettez moi de vous expliquer pourquoi en quatre points :

La rupture du travail solitaire de l’écrivain.

L’écriture est un art solitaire. Je sais, j’enfonce des portes déjà bien ouvertes, mais il est toujours important de le rappeler. Ecrire, c’est passer des heures, et des heures, et des heures, face à son écran, ou son papier pour les plus tradi d’entres nous. A l’instar des salons, la rencontre avec les élèves rompt cette solitude, et nous offre de l’échange.

Avantage collatérale : chaque rencontre d’élèves, bien sûr, se prépare. Il faut savoir présenter son livre, ainsi que son métier d’écrivain. Il faut choisir les thématiques que l’on va aborder, généralement notre relation aux Réseaux Sociaux (dont Interfeel est, bien évidément, une extrapolation futuristique), et la discrimination (entre la ville et le Quartier Est).

Tout cela offre un recul très sain, presque nécessaire, sur sa propre histoire, et sur les thématiques que l’on souhaitait mettre en avant. Le piège de l’écriture, forcément solitaire, c’est d’être noyé au sein de nos propres concepts, au point de ne plus pouvoir les distinguer. Ce genre d’interaction offre une bouée de sauvetage salvatrice.

La confrontation.

Pas le meilleur symbole du mot « confrontation » mais justement ! Celle ci est enrichissante avant tout, et permet de créer des liens.

Ce genre de rencontre est souvent bienveillante, et parfois (un peu) cash. Tant mieux ! Cette honnêteté un peu brute d’adolescents, qui n’est jamais irrespectueuse, permet de remettre les choses en place, et d’éviter une flagornerie envers l’écrivain certes flatteuse, mais contre productive.

Avec honnêteté, donc, les ados vont expliquer ce qu’ils ne comprennent pas. Ce qui les dérange. Et nous offrent, encore, une nouvelle perspective sur notre oeuvre, et sur la vie. Surtout lorsque nous mêmes, nous nous éloignons de cette tranche d’âge. De là à dire que ces rencontres éviter de devenir un vieux c…, il n’y a qu’un pas !

L’énergie.

L’énergie, c’est comme une technologie : elle peut être bonne ou mauvaise, tout dépend de comment on l’utilise. Elle peut devenir contreproductive, face à une classe trop dissipée. Mais orientée dans la bonne direction, cela permet une émulation incroyable, et un engouement stimulant. On sort de ces rencontres à la fois vidé (car nous aussi, nous avons dépensé de l’énergie), et revigoré (par la leur).

L’utilité.

Souvent, les élèves préparent des textes, des panneaux, des réflexions, qu’ils aient lu un simple début de livre, ou son entiéreté. Il est flatteur, certes, mais surtout touchant, de voir que notre travail à pu servir de graines de réflexion, offrant à ces élèves une parenthèse à leur travail habituel en classe, tout en restant dans l’objectif fondamental : développer la curiosité, l’appétance à la culture, et l’esprit critique. J’ai dernière visité une classe qui avait imaginé de nouveaux personnages au sein d’Interfeel. Tout y est passé : du cyborg bienveillant au vieux samourai. Quel plaisir de voir que ces élèves ont trouvé, dans ce livre, des graines d’inspiration à développer. Et j’ai l’impression qu’ils ont réellement pris du plaisir à le faire !

Lorsqu’on écrit, on se demande parfois (moi, en tout cas) : à quoi bon ? Ou alors : est-ce vraiment utile, est ce que mon livre permettra, un peu, de faire avancer les choses dans la bonne direction. Ces rencontres offrent une réponse. Le travail qu’ont effectué les élèves sur l’oeuvre est généralement génial, et preuve qu’à un moment, quelques personnes sur Terre se sont amusées à imaginer, penser, réfléchir autours de mon livre.

Cela se retrouve au sein des rencontres en tant que tel. Mes crédos sont les suivants : toute personne qui lit est un lecteur. Je commence souvent mes rencontres en demandant qui se considère comme un lecteur, et quelques mains, timides, se lèvent. Puis je demande qui lit des mangas, et une floppée de mains émergent (dont la mienne). Les mangas sont-ils des livres ? Enfin, je reviens sur ma première question. Y-t-il des lecteurs dans la salle ? Et je suis heureux de voir que, cette fois, beaucoup plus de mains sont levées.

Déculpabiliser par rapport aux différents styles de lecture. Sans renier les grands auteurs, mais en expliquant qu’il y a une diversité de style, et que ces catégories ne sont pas imperméables. On peut lire Naturo d’une main, et Balzac de l’autre.

Pour la ref.

Ensuite, j’invite à réfléchir sur les Réseaux Sociaux, que presque tous les élèves utilisent. Encore une fois, l’idée n’est pas de faire culpabiliser (moi aussi, j’utilise les Réseaux Sociaux), simplement d’offrir du recul sur ces médias. Ce qui est, par ailleurs, exactement ce que je fais pour Interfeel : le Réseau n’est pas explicitement mauvais, simplement mal utilisé.

Au final, je pense que, j’arrive lors de ces interventions, à divertir, et faire réfléchir ces élèves. ça tombe bien, c’est exactement ce que je cherche comme avec mes livres. Cela me confirme que, ces échanges, comme ces livres, ont leur part d’utilité.

PS : si vous êtes professeurs et souhaitez me faire intervenir, ce sera avec grand plaisir ! Je vous laisse avec cet article, qui détaille toutes mes interventions.

En plus, on des parfois des cadeaux sympas de la part des profs ! Ici, un Brie !

Antonin A.

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Histoire d’écrire #54 Les salons littéraires et la rémunération.

Alors, les salons, c’est formidable ! Vous rencontrez plein de gens, des collègues auteurs, avec qui vous partagez vos expériences, ou simplement un fou rire. Les organisateurs sont généralement des gens passionnés, qui s’échinent, quelque soit l’échelle de l’événement, à faire vivre leur passion du livre.

Et puis il y a le public. Toi, toi, et toi, lecteur ! Contrairement à une dédicace « classique » en librairie, dont certains vont venir pour vous, certes, mais vous aurez également beaucoup de gens venus simplement pour un autre livre, ou n’ayant pas le temps de parler. Ici, les gens sont en recherche de livres, mais ne savent pas encore lequel. Aussi, l’échange est différent, et généralement excellent.

Mais pour la suite de cet article, je voudrais m’arrêter sur un autre point important : la rémunération.

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Ouh le gros mot !

Je pense qu’il est compliqué de se faire rémunérer pour toutes ses prestations, notamment les dédicaces (même si c’est possible et, parfois faisable). A titre personnel, je ne fais pas payer les dédicaces, mais tout le reste (débats, interventions), si. D’autres auteurs ne font pas pareil, il s’agit vraiment d’un choix personnel, qu’il faut faire en connaissance de cause. Si je peux toutefois me permettre un conseil, qui sonne plutôt comme une conviction voir une loi d’airain :

Vous pouvez accepter, ou nous, d’être rémunéré. On ne peut pas catégoriser tous les salons de la même manière, entre la petite association étudiante et le Salon de Paris. MAIS : vous ne devez pas débourser un centime. Ni pour les transports, l’hébergement ou la nourriture.

Repas de fête et excès de bouffe : que se passe-t-il dans ...
C’est gratuit, on vous dit !

Pourquoi ?

Déjà, pour vous. Vous ne mendiez pas une place dans un salon. Vous leur faire l’honneur de votre présence. Et oui, on se la pète !

Blague à part, n’oubliez pas que ce genre d’intervention doit être un win-win. Oui, ils vous offrent une place pour vendre votre livre, de la visibilité, ce que vous voulez. En même temps, c’est grâce à votre présence, à vous écrivains, que le festival à lieu. Et l’argent qu’eux utiliseront pour vous défrayer, provient de leur subvention ou de leur budget. Par contre, si vous réglez ces frais, l’argent sortira directement de votre poche. Sensible différence, non ?

Méfiez vous, d’ailleurs, de l’argument : « ça vous fera de la visibilité ». Oui. D’un autre côté, nous offrons à votre événement de la visibilité, on faisant gratuitement sa promotion. En se déplaçant. En dégageant du temps. Donc l’argument ne tient pas.

Cela me fait penser aux groupes de musique que certains restaurants invitent et ne payent pas car « tu vendras tes CDs à la fin » ! D’accord. Et l’animation que je fais dans ton restaurant ? Et la prestation ? Les gens qui sont venus spécifiquement pour nous voir, et qui ont payé des consos, renflouant votre caisse ?

Au-delà du simple fait de ne tout simplement pas perdre de l’argent, je considère aussi qu’il faut penser « collectif ». Si tous les écrivains réagissent pareil, il ne serait plus du tout naturel pour les festivals de proposer autre chose. N’oublions pas que chaque action imprime une tendance. À nous de l’orienter dans la bonne direction.

ACD Groupe : Editeur de Logiciels Experts-Comptables ...
Tous ensemble ! Oui, ce sont des écrivains, et pas une photo d’une banque d’images prise au hasard.

Je tiens à préciser que je parles plus ici d’auteur publié dans des maisons d’Editions. Je ne connais pas assez l’univers de l’auto-édition pour en parler.

Ma philosophie

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Je reste de marbre.

Dédicace gratuite en salon, idéalement si j’ai des interventions en classe (rémunérées) avant. C’est un peu le deal implicite : rémunéré pour les interventions les jeudis et vendredis, présence bénévole le weekend.

Et tout ce qui implique une préparation, et une implication, un débat, une présentation, une intervention… rémunération. Comme le dit le sempiternel adage, tout travail… mérite d’être payé selon la charte des auteurs (jeunesse).

Et je n’accepte jamais de ne pas être défrayé pour un salon. J’entends tout à fait que certains ne puissent pas rémunérer les auteurs pour leur présence, mais s’ils ne peuvent même pas financer les trajets… Pas la peine.

Comme je l’ai explicité, il ne me semble ni logique ni légitime de dépenser de l’argent pour l’hébergement, les trajets et les repas. Notamment car, pour les auteurs édités, l’argent gagné sur la vente du livre n’arrive pas directement sur notre compte en banque, mais à la maison d’Edition. Encore une fois, la différence est sensible.

Pour conclure : les festivals littéraires sont d’excellents moments à vivre ! Mais je vous déconseille de dépenser de l’argent (que vous avez pas à dépenser, vous êtes invité à un festival), dans l’hypothèse d’une reconnaissance du lecteur. Cette reconnaissance viendra ! Et plus il y aura d’auteurs imposants ces conditions, plus cela deviendra la norme !

À bientôt ! 

Antonin A.

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Histoire d’écrire #53 Focus sur un métier méconnu : diffuseur.

 La chaîne du livre tout le monde la connaît peu ou prou.

Rappel de la chaîne du livre

Reprenons rapidement : il y a tout d’abord, bien sûr, l’écrivain qui va concevoir d’histoire et la rédiger (jusque là, ça va !).

Ensuite, l’éditeur s’occupe (entre autres) d’une relecture, de correction orthographique ou de conseils, le mettre en page, proposer une couverture, ce genre de choses, que nous avons déjà vu dans un précédent article.

Arrive ensuite l’imprimeur qui s’occupe, comme son nom l’indique très bien, d’imprimer le livre.

Ensuite le livre arrive en librairie, où il est proposé au client qui pourront savourer cette nouvelle histoire, fruit du labeur de tant de personnes.

Enoncée comme ça, la chaîne du livre semble complète, non ? C’est d’ailleurs ce que me disent les élèves lorsque je les interroge sur ce sujet, lors de mes interventions.

Mais justement, il manque une étape essentielle, un maillon important dans ce cycle, sur lequel je voulais m’arrêter aujourd’hui : les diffuseurs.

Un diffuseur, c’est quoi ?

Dans le cycle du livre, le diffuseur se classe entre l’imprimeur et le libraire, tout en étant en relation avec le librairie et (mais c’est plus rare) l’écrivain. C’est lui qui s’occupe justement d’apporter le livre jusqu’au lieu de vente. Il fait, bien sûr, plus que ça.

Chaque agent de diffusion possède un territoire plus ou moins grand. De ce territoire généralement il connaît les librairies qui s’y trouvent, les libraires, et le type de lectorat.

Vu comme ça on pourrait dire que ça juste un peu moins d’un commercial, ce qui n’est qu’à moitié vrai.

Le diffuseur est plus que cela, car il connaît, d’un côté, les livres qu’il amène aux librairies. De l’autre, il sait les livres susceptibles d’intéresser tel ou tel librairie. Et dans la vaste production livresque de notre pays, cette étape d’orientation est généralement la bienvenue.

La connaissance des libraires.

Le diffuseur connais très bien les librairies de son territoire. Et chaque lieu est unique, avec sa propre politique de présentation, de choix de livres, son public, sa personnalité.

De ma petite expérience de dédicaces, je peux affirmer avec certitude qu’aucune librairie ne se ressemble. Je note avec une fascination sociologique les différences de population entre une librairie située dans un quartier huppé, proche d’une école, ou dans un village plus restreint. Cela impactera non seulement l’affluence dans le magasin, bien sûr, mais aussi le type de lectorat, la vente des livres.

Le diffuseur connait également ces différences, mais aussi tous les livres dont il a la charge de… diffuser, justement. Il sait donc quoi conseiller, où, et à qui. Et de part les contacts extrêmement réguliers avec les libraires, la relation dépasse de loin le simple cadre commercial, ce qui me semble indispensable lors de la vente de livres.

Bilan 2014 des Méconnus - 5 livres qui se sont démarqués ...

Mon expérience

J’ai eu la chance de parcourir quelques librairies avec certains diffuseurs, pour la sortie de mon livre Interfeel (Edition PocketJeunesse, diffuseur Interforum – à chaque fois j’ai envie de dire Interfeel !). Outre la sympathie avérée des diffuseurs, il est intéressant de voir leur travail, extrêmement humain avec les libraires, qu’ils connaissent bien, et leur connaissance aiguë des livres qu’ils diffusent. A titre personnel, je ne retire de ces échanges que du bon !

Voilà ! C’est un article un peu « Hors Série », mais ignorant tout de ce métier avant la sortie de mon premier livre, j’ai pensé intéressant d’en parler un peu, car d’autres, peut-être, l’ignoraient aussi.

Si vous avez d’autres questions, sur la chaîne du livre, sur la vie d’un livre et d’un auteur dans le parcours de la publication, n’hésitez pas !

Excellente journée, à vendredi prochain ! 

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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