Histoire d’écrire #22 Comment terminer ses chapitres ?

Pourquoi « bien » terminer ces chapitres ? Et bien, pour répondre à cette question, il faut se demander « Mais c’est quoi, un chapitre ? »

Mais oui, c’est quoi ?

Un chapitre, c’est un bout de votre histoire. Les « règles » d’usages voudraient qu’ils fassent tous la même taille, découpant ainsi le livre de manière régulière. Mais si vous tranchez votre histoire à, exactement, 15 pages et demi, tout simplement car votre livre fait 155 pages et que vous voulez dix chapitres, vous vous doutez bien que ça ne fonctionnera pas. Il faut une raison pour que le lecteur se dise « Ok, là, je comprends que quelque chose vient de se terminer, et quelque chose d’autre va commencer. Il faut qu’il y ait un sens à votre construction de chapitres.

Il existe des constructions « logiques » de chapitre. S’il y a deux narrateurs, et que les chapitres oscillent naturellement de l’un à l’autre (exemple : la fille du train). Ou plusieurs narrateurs qui se passent la parole tel un relai (exemple : Game of Throne – enfin : a song of Ice and Fire).

Auto promo : j’ai fait une petite vidéo sur Game of Thrones (sans spoils des dernières saisons), où j’explique mon désamour de la série et, justement, parle des arcs narratifs que nous verrons plus bas.

Idem si l’histoire se passe sur plusieurs époques (encore la fille du Train ou plus récemment, « Nous sommes l’étincelle »)

La Fille du train - poche - Paula Hawkins, Corinne ...
La fille du train combinne à la fois un découpage de chapitres suivant à la fois une alternance temporelle, et de narratrice

Prenons, pour l’instant, une histoire plus classique, avec un seul narrateur, et une histoire chronologique. Et dans ce cas :

Comme découper son histoire en chapitres ?

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par la propre expérience, inspirée, je pense, par les polars, et la structure narrative des séries. Et pour cela, il faut parler des arcs narratifs.

Qu’est ce qu’un arc narratif

Qu’est ce qu’un « arc narratif » ? Un fragment d’histoire, plus ou moins grand, qui contient sa situation initiale, sa problématique, ses épreuves et sa résolution.

Il est possible qu’un roman, ou n’importe quelle histoire, ne contiennent qu’un seul arc narratif, mais c’est rare, car c’est un peu pauvre. Généralement des arcs narratifs secondaires, de moindre importance, viennent enrichir l’intrigue principale, et densifier le récit. Il peut s’agir de tout, et de rien : une tension entre deux personnages, qui se resolvera à un moment (opportun) de l’histoire. Parfois, plusieurs arcs narratifs se déploient en parallèle. Parfois, la résolution d’un arc narratif entraine la résolution de l’autre. Si vous êtes familiers de la série « Dr. House », vous savez de quoi je parle. Généralement, le génial et misanthrope docteur comprend la solution d’un problème qui paraît anecdotique, et cela lui donne la réponse pour le problème médical qui leur donnait du fil a retordre depuis le début de l’épisode.

dr house oops GIF
Oups, j’ai encore résolu un mystère insondable, en regardant une petite fille jouer avec sa peluche !

Parfois, enfin, un arc narratif qui paraissait anodin à la base devient insurmontable, ce qui entraîne une surprise assez efficace envers le lecteur (Game of Thrones regorge de ce genre de procédé).

Mais, cher Antonin, allez vous me dire, tout cela c’est bien beau, mais quel rapport avec « Comment terminer ses chapitres » ? Car, et je viens de vérifier, c’est bien de cela dont il est question dans cet article.

Patience, petits chenapans, je vais y venir. Car les deux sont liés ! Reprenons l’exemple des séries : nombre, nombre d’entres elles utilisent un double arc narratif : un premier, principal, que l’on suit durant toute une saison, voir plusieurs saisons. Un autre, plus restrictif, le temps de l’épisode concerné. Pour unique exemple, je vais prendre « The Mentalist », que je n’ai pas vu, mais qui, je sais, utilise bien ce procédé : la recherche de John le Rouge est principale pour le héros. A chaque épisode, également,il va résoudre des arcs narratifs plus restreints. Et une structure en chapitres procède de la même manière : à la fin de chaque chapitre, les questions que vous vous posez en début de chapitre sont résolues (en partie), mais pas l’histoire principale. Par contre, un jeu d’interaction doit jouer entre l’histoire principale et les histoires secondaires.

Mentalist image #3775
Je l’aurai un jour, je l’aurai !

Ces histoires secondaires n’ont pas besoin d’être indépendantes de l’histoire principale. Elles apportent, peu à peu, des éléments, soit de mystère, soit de réponse, à l’histoire principale. Une enquête policière va être construite ainsi.

Enfin, l’autre raison à cette constrcution en arc, et sous arc narratifs, est de maintenir l’intérêt du lecteur. Si l’histoire est d’un calme plat pendant 400 pages, et que tout s’explique lors des 50 dernières, certes, l’histoire peut être la meilleure du monde, mais l’ennui peut rapidement gagner le lecteur. Chaque étape de la résolution de l’intrigue principale peut, donc être une histoire en soit, qui enrichit la principale.

Concilier les chapitres, leurs fins, et les arcs narratifs de votre histoire.

J’utilise abondamment ce procédé dans Interfeel : A la fin du chapitre 1, la présentation d’Interfeel est fait, mais je sous-entends qu’elle n’est pas sans poser problème. A la fin du deux : perturbation de la trame principale. Chapitre 3 : interventions des Forces Spéciales, etc..

Une histoire bien construite est donc un agrégat interessant d’arcs narratifs mineurs qui, mis bout à bout (sous la forme de chapitres, donc), créé l’histoire principale, sans la perdre dans les détails, sans ajouter des contraintes « pour la forme ».

Car c’est l’écueil que peuvent avoir certains livres, ou certaines séries : le cliffhanger de fin de chapitre (dont personnellement, je raffole), mais qui ajoute des arcs narritifs accessoires, et inutiles. Ça va marcher une fois, deux fois, puis le lecteur va réaliser que vous vous foutez un peu de lui (et il aura raison :)).
Prenons un exemple :

Il se retourna et soudain il vit…

Le lecteur se dit bon sang : une nouvelle peripétie ! Mais que va-t-il advenir de notre héros ??

Chapitre suivant :

… Qu’il avait oublié son portable sur le bureau !

Vous pouvez sentir poindre la déception dans les yeux du lecteur :). Je vous laisse devinez quelles séries usent et abusent de ce principe de trames annexes, simplement pour faire apparaître un bon gros cliffhanger à la fin (je ne citerais aucun nom, sinon je parlerais des séries créées par JJ Abrahams – je l’aime bien, c’est pourquoi je le charrie autant !).

Lost TV Show Meme
Bin tiens

Donc pour conclure, un chaptre, c’est l’équivalent en musique d’un phrasé : un univers propre, riche en lui-même, avec ce qu’il faut de mystère à la fin, ou de résolution, pour donner envie de lire la suite. Et qui ne doit pas donner l’impression de n’être là que pour remplir de la page, ou créer un rythme artificiel, qui ne bluffera pas le lecteur longtemps

Antonin A.

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Histoire d’écrire #21 Elipse ou pas élipse?

Definition : mais une élipse, c’est quoi ?

"Je ne sais pas"
from: journaldunet.com

C est l’absence d’un passage de la narration. Elle peut prendre plusieurs formes. D’un passage abrupte d’un moment à l’autre, d’un bout de phrase transitoire (« le lendemain matin…), ou d’un petit paragraphe qui explique que l’on va accélérer un peu (« Durant deux semaines, il s’entraîna, sans relâche. A la fin, il était prêt. Il serait le meilleur dresseur de l’arène.)

L’elipse est ce qui differencie la vie réelle, où, à l’exception du sommeil ou des pertes de conscience, le temps s’écoule sans transition, et la narration qui, et c’est une manière de voir une histoire, n’est qu’avant tout une sélection des « meilleures morceaux choisis » du périple d’un héros.

Il y a beaucoup, beaucoup d’elipses dans un roman. Pour taquiner, on pourrait même dire qu’une histoire est une succession ininterrompu d’élipse, même d’un temps très courts, puisqu’aucun roman de d’écrire l’action seconde après seconde.

On recule d'une heure ce week-end en Atlantique | ICI ...
Techniquement, même si on décrit toutes les secondes, on fait quand même des élipses (d’une seconde)

Cette rupture narrative est utilisée en abondance, et vous l’utiliserez aussi. Le but de cet article est donc de voir les us et usages de cet outil narritif, quand l’utiliser et ne pas l’utiliser. Commençons !

Quels sont les types d’élipses ?

Il existe ce que l’on va appeler des élipses implicites. Des moments de la journée du héros que l’on va passer pour silence, car traditionnellement tabou, ou inintéressante, ou qui rendrait l’histoire confuse. Comment cela marche ?

Traditionnellement tabou

Le passage au toilette, le coït, ces choses qui tout le monde fait, mais auquel il n’est pas naturel de parler supplément. Tarantino, d’ailleurs, se fait un joie dans ses films de ne pas passer le passage des toilettes sous silence. Si vous voyez « Pulp Fiction », au moins trois évènements clés du film vont arriver lorsque Vince Vega est aux toilettes (Overdose, mort, braquage).

Dans des contextes particuliers (lorsque l’accès à des toilettes n’est pas évident ou possible), c’est tabou vont être mis sur le devant de la scène, au moins une fois, pour expliquer, et ôter cette interrogation au lecteur. Dans le premier livre Hunger Game, l’héroïne Katniss, dans l’arène, est décrite une fois en train d’uriner, pour éviter que le lecteur, bien que conscient du tabou, se pose la question. Nul doute qu’elle le fera plusieurs fois dans l’histoire, mais ce n’est plus la peine de l’expliciter : on sait.

Katniss - Katniss Everdeen Photo (28914701) - Fanpop
Hello Katniss

Dans le livre Jessy, de Stephen King, la femme se retrouve arracher à un lit, dans un chalet en pleine nature, pendant des jours. Bien évidemment, la question des besoins naturelles va resurgir, aussi Stephen King prendra soin, au moins un fois, d’expliquer qu’elle se fait dessus (pas d’autre choix…).

Jessie de Stephen King Format Poche - Achat vente neuf ...
Livre, d’ailleurs, que je vous recommande

Attention : ce tabou est généralement accepté par le lecteur. Aussi, à l’exception des cas cités plus haut, si votre protagoniste va aux toilettes, cela va sembler suspect. Pourquoi ? Va se demander le lecteur, et il va se mettre en garde. Si vous comptez que se déroule quelque chose de surprenant dans l’absence du héros, je vous invite à imaginer une raison annexe, qui détournera l’attention du lecteur.

Dans cet épisode de Bref par exemple : le héros va aux toilettes, sans raison apparente pour la narration. Bam, on sait qu’il va se passer quelque chose.

Pour le cas de Pulp Fiction, c’est plutôt bien amené : Vince Vega par aux toilettes pour « permettre » à Mia Wallace de faire son overdose. Mais on le voit parler avec lui même, réfréner ses pulsions de coucher avec elle. Le spectateur a donc la raison, et l’overdose (véritable raison de son passage aux toilettes) peut arriver, et avoir l’effet de surprise convenu.

Les passages inintéressants

Beaucoup de passage sont passés sous silence car inintéressant. Il ne faut jamais oublier qu’une histoire, tout réaliste qu’elle soit, ne reflète jamais la réalité. Simplement une transcription d’un univers plus ou moins réel, dans laquelle de nombreux éléments sont passés sous silence, histoire de ne pas freiner / perturber la compréhension de l’histoire.

Attention justement : lorsqu’on ne passe pas ces moments anodins sous silence, le lecteur s’attend qu’il se passe quelque chose.

Les moments confus

Imaginons une scène : un homme est marié, heureux, puis rencontre une autre femme dans l’ascenseur, avec qui le courant passe bien. Dans le langage narratif, cela signifie que cette rencontre sera importante pour la suite (c’est le fameux fusil de chekov, dont je parlerai plus tard). Or, non, l’homme ne reverra plus la femme, qui n’a aucune incidence sur l’histoire. Donc mettre cette rencontre fortuite dans l’histoire non seulement ne sert à rien, mais en plus entretien une confusion qu’il n’y a pas lieu de mettre. Il est donc conseillé de mettre en élipse, pas seulement ce qui tabou ou habituel, mais aussi ce qui ne sert pas l’histoire. Chaque ligne, chaque image, dans une histoire, sert un propos.

Bien sur, il ne s’agit là que de règles générales. Vous pouvez très bien semer le doute (surtout dans un polar / thriller), et des fausses pistes. Mais attention, c’est un exercice intéressant, efficace, mais difficile à mettre en place. A utiliser avec précaution et doigté, pour emmeler le lecteur juste assez pour le suspendre, et pas assez pour le décevoir.

Quand utiliser une élipse ?

Nous avons déjà vu plus haut qu’elles sont une partie intégrante de la narration. Mais il y a deux autres usages sur lesquels je voulais m’arrêter :

Pour donner du rythme.

Mettre des élipses, c’est enlever le mou de l’histoire, et ne garder que le dur. Cela permet de dynamiser l’histoire. C’est, mettons, l’utilisation la plus classique, celle qui justifie toutes les raisons précédemment citées.

Le rythme est important !

Par contre attention : méfier de l’usage abusif. Les temps de respiration sont nécessaire, pour laisser, justement, le temps au lecteur de souffler. Le ralentissement permet aussi de donner du sens à ce qu’il va arriver, et lui faire gagner en intensité. Une mélodie forte est d’autant plus épatante qu’elle est amené avec douceur. Dosez votre musique :).

Pour créer un effet (généralement comique).

Imaginez une personne qui doit partir d’une soirée. Mais ses amis le retiennent, et qu’il dit « bon, juste un verre ». Le plan suivant, cinq pintes de bières vides sont sur la table, table sur laquelle il fait la chenille avec ses potes. Élipse a ressort comique. On ne montre pas sa dégustation savoureuse de ces différents breuvages, un à un. L’effet produit est un contraste entre « un dernier verre », et sa passion pour cette sympathique danse des cours de maternelle ou des fins de soirée. L’elipse, ça peut aussi servir à ça !

Pour perturber le lecteur.

Amener le lecteur directement au milieu de l’action, plutôt que lui en montrer toutes les étapes. Cela peut permettre à ce dernier d’être aussi perdu que les héros. Ou de montrer, en une seule fois, l’étendu de ce qu’il s’est passé. Dans tous les cas, cela doit être un choix volontaire de la part de l’auteur. Ne pas montrer peut être autant efficace, voir plus, que de tout révéler.

Ce ne sont pas – exactement – des élipses, mais ce film montre à quel point la construction narrative d’un film peut en modifier sa perception.

Pour cacher un élément qui ne sera ressortit qu’à la fin.

Les polars et thrillers, bien sûr, son très friant de ce procédé. Masquer un élément au lecteur, qui sera le noeud de l’enquête. Dans le film « Prisoners », nous ne voyons pas l’enlèvement des deux fillettes. Le film peut donc commencer, pour comprendre ce qu’il s’est passé. Il en va de même pour Gone Girl. L’elipse la plus marquante dans ce genre, c’est l’un des livres d’Agatha Christie où le narrateur est en réalité le coupable. Nous suivons ses faits et gestes à la première personne. Pourtant, grâce aux élipses, les éléments clés nous sont cachés, pour que nous, lecteurs, ne puissions pas le penser assassin (je tairais le nom du livre pour éviter le spoil…Et car je ne m’en souviens plus !)

Pour laisser l’imagination du lecteur imaginer le reste

Imaginez une scène de torture de notre héros, ou vous voyez tout. Douloureux, hein ? Maintenant, voyez le couteau s’approcher, et vous le retrouverez 3 heures plus tard, tout sanguinolent. Pas mal aussi, non ? Et ce procédé peut aussi servir un autre but :

Pour ne pas perturber votre vision du héros.

Parfois, votre héros fait des choix moralement répréhensible. Au hasard, il tue quelqu’un. Mais ça doit rester le héros. On doit toujours ressentie de l’empathie pour lui. Et bien, l’une des solutions les plus courantes est de, tout simplement, masquer cette action. Magie de l’elipse ! Le héros tue quelqu’un, mais comme on ne le voit pas, on n’éprouve pas de pitié pour l’antagoniste, et les rôles restent bien stable.

Mais justement, sachant cela, vous pouvez jouer avec la perception qu’on les lecteurs de votre héros. Vous voulez lui ajouter une ambiguïté morale, réduisez, un peu, vos élipses – œillères. C’est une question de dosage :).

Pour éviter une censure.

Villanova University law school busted/ censured by ABA ...

La censure, ce n’est pas bien, d’accord. Mais pour pleins de raisons, utiliser une élipse pour passer sous silence une scène de violence, ou une scène de sexe, va être utiliser (le fameux couple qui s’embrasse langoureusement dans le lit et hop, on passe au réveil, le lendemain matin).

Mais vous pouvez justement utiliser les élipses pour jauger, le nombre d’éléments généralement « tabou ». Car ne pas raconter une scène de sexe n’est pas uniquement une histoire de censure. Cela peut aussi être de la pudeur. Tout dépend de votre choix, encore une fois.

Quand ne pas utiliser les Ellipses.

Pour pallier un problème narratif.

Lorsque l’écrivain coince dans son écriture, l’une des tentations est de passer par une élipse, raccourci narratif, pour ne pas avoir à s’embarasser d’explication. D’accord, très bien, mais ça ce voit. Deux exemples me viennent en scène : la dernière bataille de la saison 5 de Games of Throne. On voit l’assaut, puis les conséquences de la bataille et .. comment dire : on est un peu sur sa faim ! Ce procédé est plus compliqué à faire en livre (tant mieux), où la compréhension du texte implique la compréhension de l’histoire, alors qu’on se laisse (à mon sens), plus facilement abusé par ce genre d’artifice dans les arts visuels.

Pour ne mettre que les actions que l’on considère important.

Sauf que parfois il est, justement, important de mettre en place des situations, pour qu’elles prennent toutes leur saveur. Le contexte favorise l’immersion, n’oubliez pas cela.

Trop d’élipses tue l’elipse.

Il est parfois important de balancer de bonnes grosses élipses à toutes les pages, pour mettre du rythme et, certainement, se donner un style particulier. Sauf que… Perdre le lecteur n’est jamais une bonne chose. N’oubliez jamais que, quelque soit l’outil narritif que vous utilisez, il faut se rappeler comment le prendra le lecteur. Si, par amour d’un style, vous sacrifiez le sens de votre texte, vous êtes perdant. Croyez moi.

Dans tous les cas, l’elipse est un outil, de la même manière que la description, la narration, le dialogue. De même que dans l’art du jardin japonais, c’est du vide, qui révèle l’espace. À utiliser, donc, en tant que tel.

Antonin A.

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Histoire d’écrire #20 Comment développer des personnages

Pour que le lecteur s’implique, ressente de l’empathie avec les héros, il faut qu’ils douillent ! C’est cruel, mais c’est comme ça ! Un héros qui traverse l’histoire sans une égratinure n’est pas un héros, ça devient un symbole, une incarnation, comme James Bond ou Superman.

Ce que beaucoup de gens ont, par exemple, apprécié avec les prestations de Daniel Craig, le dernier James Bond en date, c’était que pour une fois, il en prenait sévère.

daniel craig GIF

Et c’est d’ailleurs le reproche inverse qui a été fait au dernier film en date : Spectre, où rien ne semblait atteindre notre héros.

Dans beaucoup d’histoire, nos personnages vont suivre un parcours initiatique, c’est à dire vivre des évènements qui vont les transformer, les faire évoluer. Avant, et après l’histoire, ils ne seront plus les même.

Le cheminement le plus célèbre s’appelle le chemin du héros. Si vous avez vu Matrix, Harry Potter, ou Star Wars, vous le connaissez forcément, même si vous n’en avez pas encore conscience. C’est ce qu’on va voir aujourd’hui !

Le chemin du héros, qu’est ce que c’est ?

Un peu d’histoire !

(Je me base principalement sur cette page wikipédia pour synthétiser ce concept).

Tout est partit d’une théorie de Joseph Campbell, affirmant en 1949, dans son livre « le héros au mille visages », que la presque totalité des mythes connus s’appuyait sur le même processus narratif (on parle alors de monomythe). Autant le dire tout de suite, beaucoup d’expert en la matière réfute cette hypothèse. Il n’empêche que ce concept est très intéressant pour nous, auteurs, autrices.

Cette même théorie sera reprise dans les années 1990 justement comme un outil narratif essentiel, par Christopher Vogler dans son livre emblématique The Writer’s Journey: Mythic Structure For Writers, que, d’ailleurs, je dois lire. Ce parcours de héros peut se synthétiser en 12 étapes et, pour montrer son actualité, je vais prendre, pour chacune d’entres elles, à titre de comparaison, le film Matrix, monument de la science ficiton contemporaine, qui à mon sens suit parfaitement ce schéma.

keanu reeves neo GIF
Bring it on.

Les étapes du voyage du héros

Avant de commencer, quelques précisions :

  1. Je vais spoiler Matrix ! Vous serez prévenu, mais je ne pense pas que cela vous enlève le plaisir de cette expérience cinématographique esthétique et visuelle.
  2. Tout héros à une quête, appelé ci dessous « Elixir ». Dans Matrix, la quête de Mr. Anderson (Keanu Reeves) est de devenir Néo, l’élu, celui qui mettra fin à la Matrix.
  3. Les phrases en gras sont directement tirées de la page Wikipédia sus nomméée.

Le héros dans son monde ordinaire : il s’agit d’une introduction qui fera mieux ressortir le caractère extraordinaire des aventures qui suivront.

On plante ici le décor original : le héros est tranquillement, dans son univers familier. C’est Luke Skywalker chez ses oncle et tante. C’est Frodon Sacquet, à la comté. C’est Harry Potter chez les Dursley (univers familier ne veut pas forcément dire positif :)).

Et pour Matrix, c’est Anderson, Keanu Reeves quoi, dans sa vie quotidienne de hacker et d’employé de bureau

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Le gendre idéal.

L’appel à l’aventure, qui se présente comme un problème ou un défi à relever.

C’est 63PO et R2D2 qui débarque sur la planète de Luke. C’est Hagrid qui arrive chez les Durlsey. C’est Gandalf qui réalise que Bilbon détient l’anneau. Et pour le futur Néo de Matrix, c’est le message mystérieux qu’il reçoit sur son ordinateur, qui l’invite à suivre le Lapin Blanc.

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Le héros est d’abord réticent, il a peur de l’inconnu.

Mr. Anderson refuse de suivre Morphéus, pour commencer. De même, alors qu’il doit sauter d’une corninche, la peur le retient, et il se fait arrêter par les agents Smith, pour un entretien des plus cordiales qui et n’implique PAS DU TOUT la pose d’un insecte dans son corps (pas de spoil, on vous dit :)).

sci-fi GIF

Le héros est encouragé par un mentor, vieil homme sage ou autre. Quelquefois le mentor donnera aussi une arme magique, mais il n’accompagnera pas le héros qui doit affronter seul les épreuves.

Alors là, il y en a à foison : pour Harry Potter, c’est Hagrid dans un premier temps, puis Gandalf. Pour Frodon, c’est Gandalf. Pour Luke Skywalker, c’est Obi Wan Kenobi. Et pour Néo…

the matrix GIF
Hellooooo Morpheus !

Le héros passe le « seuil » de l’aventure, il entre dans un monde extraordinaire, il ne peut plus faire demi-tour.

Harry Potter découvre le monde des sorciers (il ne peut plus retourner dans le monde « normal », sachant que les sorciers existent). Luke Skywalker décolle de sa planète (il ne peut plus rester : sa famille est morte). Frodon part en quête. Et Néo choisit la pilule rouge, celle qui lui permet d’accéder au monde « réel ».

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Morhpeus dit littéralement qu’il n’y a pas de retour possible avec la pilule rouge.

Le héros subit des épreuves, rencontre des alliés et des ennemis.

Combats de sorciers, combats de sabres laser, combat contre les monstres de la Terre du milieu, et combat pour les agents Smith, pour l’ami Néo.

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ça chauffe, pour Mr. Anderson

Le héros atteint l’endroit le plus dangereux, souvent en profondeur, où l’objet de sa quête est caché.

Harry Potter affronte Voldemor (dans à peu près tous les Tomes). Luke Skywalker intègre l’étoile noire. Frodon atteint le Mordor. Et Néo affronte les agents Smiths, tout en sachant qu’ils sont plus fort que lui.

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« Je vais prendre grand plaisir à vous voir mourir, Mr. Anderson ».

Le héros subit l’épreuve suprême, il affronte la mort.

Dans le Tome 1 d’Harry Potter, Ron manque de mourir. Frodon douille sévère avant de détruire l’anneau (qu’il ne détruit pas lui même, d’ailleurs), et Néo meurt, littéralement :

Le héros s’empare de l’objet de sa quête : l’élixir.

Luke Skywalker détruit l’étoile noir à lui tout seul, en acceptant d’utiliser la Force (qui est un peu son Elixir, durant les trois films de la trilogie originale). Harry Poter trouve la Pierre philosophale. L’anneau est détruit. Et Néo, tout fringuant (et il n’a même pas attendu trois jours), démolie les Smiths et acquiert son statut d’élu :

Le chemin du retour, où parfois il s’agit encore d’échapper à la vengeance de ceux à qui l’objet a été volé.

Dans tous les exemples cités, le chemin du retour est assez tranquille : Frodon et compagnie, par la grace des aigles, arrivent en lieu sûr (il s’agit d’un Deus Ex Machina, d’ailleurs, on reparlera de ce concept plus tard). Luke Skywalker revient à la base rebelle, Harry Potter retourne dans les endroits « sûr » de Poudlard. Et Néo revient dans le vaisseau de Morphéus.

Ce passage est assez court dans le film, tellement court que je n’ai pas trouvé d’images ! Néo court jusqu’au téléphone, pour réintégrer le monde réel et sauver le vaisseau des bestioles métalliques.

Le retour dans le monde ordinaire et l’utilisation de l’objet de la quête pour améliorer le monde (donnant ainsi un sens à l’aventure).

Néo est l’élu, l’espoir renait dans la résistance. Luke Skywalker a terrassé l’empire, la sécurité reigne sur la Terre du Milieu.

matrix-trinity | Tumblr
Et les héros s’embrassent.

Le héros revient du monde extraordinaire où il s’était aventuré, transformé par l’expérience.

Harry Potter revient chez les Dursley, son environnement familier d’origine, mais il sait désormais que la magie existe, et peut donc l’utiliser à son avantage (« car ils ne savent pas que l’on ne peut pas utiliser la magie dans le monde Moldu » – citation approximative !). Et Néo revient littéralement dans son monde d’origine, avec… un petit truc en plus :

Petit ajout personnel

A ce parcours du héros, je rajouterai une étape : le décès du mentor, ou son immobilisation temporaire. Gandalf meurt (un momen), Morphéus se fait kidnapper, Obi Wan se fait désinguer, et Dumbledor…

Cette disparition est fondamentale : après avoir été, littéralement, le « tuteur » du héros, ce dernier doit continuer le chemin seul.

Ce schéma fonctionne-t-il à tous les coups ?

Non, bien sûr. Il faut le voir comme une trame, un repère pour comprendre la structure d’une histoire, et du parcours d’un héros. Certains passages seront plus rapides, ou absent. C’est, avant tout, un outil qui vous aide à décortiquer les histoires que vous lisez, voyez, et à structurer la votre. Il n’est pas nécessaire d’y coller, en partie ou totalement.

Est ce que ce schéma n’est pas trop classique ?

Tout dépend du point de vue, et de l’oeuvre en question. N’oublions pas qu’il ne s’agit là que d’un outil narratif parmi tant d’autres. Et que même s’il est suivit à la lettre, cela n’empêche pas l’immersion dans un univers. Au contraire, cela peut même l’aider.

Revenons sur Matrix : la structure narrative simple de l’histoire permet, justement, de plonger dans la complexité de l’univers créé, et les questions philosophiques qui en découlent (qu’est ce que la réalité ? Quelle est la force de mon esprit sur mon corps), et la beauté esthétique qui, elles sont originales. Une trame narrative plus complexe aurait peut être rendu l’immersion moins facile. Tout est donc une question de dosage

Et puis, n’oublions pas qu’il n’est pas obligé de suivre ce schéma à la lettre. Vous l’avez vu, je n’ai pas pu trouver des exemples de chaque étape avec les œuvres que je citais. Il ne faut pas considérer cette liste comme obligatoire, mais comme une corde supplementaire à votre arc narratif.Enfin (surtout ?), Si ce schéma habituel est attendu par le lecteur, pourquoi ne pas, justement, jouer avec ces attentes ? Il est tout à fait possible de semer des fausses pistes, de faire croire qu’après avoir faillit mourir, le héros va s’en sortir, et .. non ! Attention, c’est un procédé casse gueule, car la déception du lecteur peut survenir. Mais si c’est bien fait, vous laisserez une empreinte mémorable dans son imaginaire. Et à titre d’exemple de ces voyages du héros avortés qui fonctionnent, je n’ai qu’à vous rappeler sur la série la plus visionnée au monde est Games of Throne :).

J’avais envie, pour conclure, de parler des conséquences de suivre ce schéma initiatique, dans les suites de films et les séries. Et généralement, ça ne fonctionne pas très bien :).

Le problème des suites

Le problème des suites de film (quand celles ci n’étaient pas prévues à la base), c’est que nous nous trouvons à la fin du premier dans une situation satisfaisante. Or, il faut à nouveau créer de la tension dans l’épisode 2. Mais comment faire évoluer un héros qui a, déjà évolué ?

La première erreur (à mon sens), et ce qui fait qu’une suite ne marche pas, c’est d’anhilier les conséquences du premier film pour « repartir à zéro » dans le 2. L’exemple qui me vient en tête est Kingsman, et la figure de Galahad, jouée par Colin Firth, mentor du jeune Eggsy. Parcour classique du héros, qui refuse la quête, l’accepte, et paf, Galahad meurt, donc Eggsy doit continuer par lui même. Très bien. Efficace.

Et dans le volume 2, qui fait-on ? Par la magie du abracadabra, on réssucite Galahad ! Et c’est une autre figure de mentor, Merlin, qui écope cette fois. L’effet est, selon moi, désastreux, car le volume 2 non seulement efface toute l’implication émotionnelle du volume 1, efface ses conséquences, et surtout donne un sentiment d’immortalité de ses personnages (à quoi bon trembler avec eux, s’ils ne peuvent pas mourir). Pour ma part, on passe alors du film, au divertissement.

L’autre problème est de refaire un parcours du héros, comme si le héros, justement, était à nouveau innocent, vierge, et que les mêmes problèmes revenaient, sans qu’il ait tiré les leçons du premier. Tentant pour le producteur / écrivain / réalisateur : on prend la même recette, et rebelotte. Dans la Trilogie Cars, de Pixar Disney, le héros, Flash Mc Queen, apprend la modestie dans le premier film. Mais ensuite, il reste à nouveau de petit prétention pistonné.

Matrix se casse la gueule dans son volume deux pour beaucoup de raisons, l’une d’entre elles étant que, finalement, que Néo devienne l’élu faisait partit d’un procéssus beaucoup plus grand et complexe (et auquel, d’ailleurs, on n’a rien comprit). De fait, tout le parcours du héros de volume 1, et l’impliquation émotionnelle que nous avons eut en le suivant, devient caduque.

Mais alors, comme faire une bonne suite ? Et bien, tout simplement, en changeant les enjeux, sans nier les conséquences du premier volume.

La duologie Batman Begin et The Dark Night s’en sort très bien. Dans Batman Begin, le héros, Bruce Wayne, suit donc un parcour classique : refus de l’aventure (devenir Batman), acceptation, blablabla, à la fin, c’est Batman.

Dans le Dark Night, il est toujours Batman. Rien de ce qui est arrivé dans le premier volume n’a disparut ! Il ne remettra en question son statut qu’à la fin du film 2. On introduit, par contre, un nouveau personnage, le Joker (magnifiquement interprété par Heith Ledger, comme chacun sait) qui est d’ailleurs pour moi le personnage principal du film. Et cette fois, Batman ne suit pas le parcours initiatique du héros, au contraire, il cherche à lutter contre un ennemi qui, justement, n’a aucun plan, aucune origine, aucun parcours. De mon point de vue, c’est brillant.


Le problème des séries.

Le problème est le même avec les séries, surtout les sitcoms, pour lesquels il n’est jamais certain qu’il y aura de nouveaux épisodes. Comment faire évoluer un personnage, si on ne connait pas sa fin ? Et comment faire évoluer un personnage, si les spectateurs l’aiment tel qu’il est ? Barney Stinson, de la série How I Met Your Mother est un bel exemple de ce paradoxe entre « évoluer pour ne pas lasser » et « rester tel quel, car les gens l’aiment comme ça ». De nombreuses astuces sont effectuées, notamment des FlashBacks, de la période d' »avant », où il était « marrant ». Compliqué.

Et dans la logique du parcours typique du héros, on peut penser à la série Dardevil où, après que Matt Murdoch a complément accepté son rôle de justicier à la fin de la saison un, des remises en questions, à mon sens artificiel, surviennent dans les saisons 2 et 3 (d’après ce que j’ai entendu, n’ayant pas vu la saison 3), où, à nouveau, on détricote ce qui était installé. Et je ne parle même pas des séries low cost type Arrow, où le héros change de motivations et de valeurs comme de chemise, pour faire croire à une tension narrative quelconque

Et comment faire une bonne série ? Déjà, en l’arrêtant à temps. Breaking Bad suit l’évolution de Walter Withe devenir un magnat du crime, puis. 5 saisons, emballé c’est pesé.

L’autre solution, c’est de ne pas suivre le parcours initiatique du héros ! Prenons la série culte Friends, par exemple. Durant les dix saisons, il ne se passe au final, pas grand chose, quand à l’évolution des personnages. Joey est toujours ce dragueur un peu niais, Ross est toujours amoureux de Rachel… Mais il se passe beaucoup d’évènements. Et c’est sur cela qu’on s’attache. Sans oublier les dialogues, croustillants. En gros, il n’est pas obligé de suivre le chemin du héros. D’autres ficelles narratives peuvent être actionner. Mais si on le fait, il faut avoir conscience des conséquences : il n’y a pas de retour en arrière

Antonin A.

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Histoire d’écrire #19 Comment construire une histoire ?

Aujoud’hui, article un peu spécial : nous allons voir, ensemblen les schémas narratifs classiques.

Pourquoi? Car tout roman peut se décomposer en ligne narrative. Qu’il s’agisse de l’histoire en tant que tel, ou le parcours individuel des protagonistes.

Encore flou ? Pas de souci : avec des schémas élégamment tracés et une foison d’exemple, livres, films ou séries, vous comprendrez ! Et je vous expliquerai, à la fin, pourquoi il est indispensable d’avoir conscience de ces « lignes de forces » dans votre histoire. C’est parti !

NB : je ne parlerai pas ici du parcours initiatique du héros (situation initiale, élément perturbateurs, etc.), même si j’en ferai allusion. Ce sera le thème d’un prochain article.

NBB : ces lignes narratives ne sont, évidemment, pas de moi. Mais il me semble essentielle d’en parler et, par contre, la réflexion que j’y apporte est de mon propre fait.

NBBB : aussi et enfin, comme il y aura foison d’exemples concrets, des spoils sont à prévoir. Pour info, je parlerai ici de : l’Assomoir et le Bonheur des Dames, de Zola, les romans de Michel Houlebecque, Bel Ami de Maupassant, (vaguement) Games of Throne, Chronique de la Lune Noire, Star Wars (je suis ton…), Scarface, Le Loup de Wall Street, Matrix, Harry Potter, X Men 3, Le seigneur des Anneaux.

Cela étant dit et bien dit, entrons dans le vif du sujet !

Les schémas narratifs

Je vais parler de 6 schémas narratifs, avec une variation sur les deux premiers.

La chute sans fin

Donc là, c’est littéralement une chute sans fond. Les protagonistes essuient échec après échec, sans aucun espoir de rédemption. Parfois, même, leur déclin est annoncé dès le début du livre et nous ne sommes que les observateurs, impuissants, de cette déchéance.

Vous pourrez penser que ce genre de structure est rare, mais c’est loin d’être le cas, surtout en littérature classique. L’exemple qui me vient directement en tête (spoiler, mais quand même), c’est Zola, avec « L’Assommoir ». Aucun espoir pour nos héros. Et Zola est bien friand de ce genre de schéma, le coquin.

[Illustrations de L'Assommoir] / Gaston Latouche, F ...
C’est pas le livre le plus fun à lire.

La chute sans fin, variation.

Ça, c’est une version un peu plus « réaliste » de la chute sans fond de nos héros : il y a de vagues espoirs, des possibilités de rédemption, mais au final, rien n’y fait, la gravité (de l’histoire) reprend ses droits, et ils tombent.

Un auteur hyper friand de ce genre de structure est Michel Houellebecq. Quasi tous ces bouquins (du moins ceux que j’ai lu) suivent ce chemin, offrant de l’espoir, puis le réduisant en pièces. Plombant.

Les particules élémentaires - Michel Houellebecq - Babelio
Pour une grande poilade, lisez ce livre

Dans un exemple hors littérature classique, les parcours de certains personnages de Game of Throne suivent ce même schéma. (car je le répète, ces lignes narratives ne s’appliquent pas uniquement à l’hisoire en général, mais aussi à des personnages, ou des intrigues secondaires) Devinez-vous lesquels ?

Test de personnalité : quel personnage de Game of Thrones ...
Alors ? Indice, il n’est pas forcément sur cette image !

L’ascension.

Schéma suivant : l’assenscion permanente. Rien n’arrête notre héros dans ses succès. Généralement, d’ailleurs, ce héros devient un symbole.

Encore une fois, vous pouvez penser qu’une telle structure narrative est rare, et pas forcément intéressante à lire. Mais les exemples, en littérature classique, toujours, sont nombreux. L’exemple le plus frappant est George Duroy, héros du livre « Bel Ami », de Maupassant : à force de magouille politicienne et de séduction, le héros parvint à ses ambitions, toujours plus grandes.

Oui, je fais de la pub pour Edward, de Twillight ! Mais pour les puristes :
Guy de MAUPASSANT: Bel-Ami
Voilà.

Si on quitte le domaine du roman, la saga « Chronique de la Lune Noire » suit ce même schéma (c’est d’ailleurs pourquoi je considère cette saga assez chiante).

Chroniques de la Lune Noire -9- Les Chants de la négation
C’est chiant, mais chiant…

L’ascension (variations).

Version plus « réaliste de ce schéma, dans le sens où le héros est soumis à des épreuves qui ne vont pas le faire descendre, mais néanmoins se dresser face à lui, ou le faire douter (ou nous faire douter) de ses succès. Je pense par exemple à Octave Mouret (Zola toujours), dans « Le bonheur des dames ».

« Au bonheur des dames » d’Emile Zola - 12 romans à ...
What esle.

C’est aussi le cas de beaucoup de héros de série, plus spécifiquement de sitcom. Voyez vos héros classiques, dont les histoires sont résolus en 1 épisode. Généralement, les épreuves sont pour la forme, et au final, son succès est toujours assurer.

La raison est toute simple : le but des sitcoms est de faire le plus d’épisodes possibles, en suivant peu ou prouve le même schéma narratif. Aussi, il ne faut pas trop secouer le héros, simplement donner l’illusion qu’il galère un peu. En vrac : Arrow, Flash, Big Bang Theory… Au final, nous voyons que leur situation n’évolue que très peu au fil des épisodes.

La chute, puis le succès final.

On arrive sur un schéma plus « classique », dans le sens où il va vous paraître plus familier. La chute du héros / protagoniste, et son succès final, ou sa rédemption.

Je n’ai pas d’exemple à proprement parler, mais pensez à toutes ces personnes qui se rachètent à la fin d’une histoire (généralement en se sacrifiant). Je pense par exemple à Dark Vador, à la fin du « Retour du Jedi »

Bon papa. Mais mauvais Dark Lord.

Cela me permet de faire deux parenthèses importantes : cette évolution narrative dépend de nos critères de base. Ainsi, si on voit l’évolution de Dark Vador à travers le prisme de « Sith à succès », l’évolution sera diamétralement opposée ! Dans grand succès durant tous les épisodes et paf !, il gâche tout en sauvant, looser, son fils (spoiil ! Mais bon, je pense que vous le saviez déjà :)). Par contre sous le prisme de la rédemption, il suit ce schéma.

Autre point important : cette évolution est plutôt l’apanage des ennemis, ou des seconds couteaux. Rarement le cas du /des protagonistes principaux, pour lesquels l’évolution est plus complexe (nous le verrons plus bas).

L’ascension, jusqu’à la chute.

Justement, le schéma inverse. Succès du personnage, jusqu’à sa chute. On pense donc à Dark Vador en mode « Sith Puissant », mais c’est aussi le cas de beaucoup de protagoniste méchant, par exemple « Tony Montana » dans ScarFace, ou le Jordan Belford, heros du « Loup de Wall Street ». Généralement, ce schéma suit une valeur morale, et la chute du personnage, à la fin, est généralement la conséquence de ses méfaits précédents.

Say hello…
To money

L’ascension, la chute, la rédemption.

On arrive sur un schéma bien connu, hyper classique, qui ressemble beaucoup au « parcours » du héros (que l’on verra une autre fois).

Allez, un exemple : un/une protagoniste se découvre des pouvoirs/aptitudes. S’en suit différentes péripéties où il/elle use de ses pouvoirs. Mais à un moment, c’est la déchéance, la chute, l’échec, la presque mort. Heureusement, il/elle survit, affronte les obstacles, et finis plus puissant que jamais.

De quelle histoire est ce que je parles ?

Si vous avez répondu Matrix / Harry Potter / StarWars, vous avez raison ! Il s’agit de la trajectoire la plus classique du héros : la montée, le moment où il manque de tout perdre, puis la victoire finale. Combien de films, de séries, de mangas, de dessins animés, avec le héros sur le point de mourir face au méchant et qui, dans un ultime sursaut, trouve la force de s’en sortir ? Je vous laisse commencer la liste :).

Allez, pour le plaisir

La chute, espoir de succès, la fin.

Ce parcours là, je vais l’appeler la « rédemption avortée du méchant. » Le méchant semble faire preuve de magnanisme, de mansétudes, bref, de tous ces adjectifs compliqués. Comme ça, je pense à Gollum, dans le seigneur des anneaux, le mutan Dark Phénix de le (désastreux) X Men 3…

J’ai galéré à trouver des images, mais avant de tout détruire, Jean Grey a une lueur de rédemption (qu’on ne voit pas forcément là).

Très généralement, ce schéma fonctionne en symétrie avec le précédent. Prenom Mr Smith : l’émergence du héros provoque une chute. Il pense tuer Néo : espoir de succès. Néo n’est pas mort : bye bye Hugo (jusqu’au prochain épisode).

Alors : pourquoi parler de tout ça ? Est ce pour montrer, salaud que je suis, que toutes les histoires se ressemblent, qu’on ne peut rien inventer de nouveau ?

Oui mais non.

Je vous décris ces schémas pour deux raisons :

La première, c’est qu’il est important, je pense, de désosser votre histoire jusqu’à ces trames essentielles. Vous comprendrez mieux votre dynamique. Alors l’exercice du jour c’est : prenez vos personnages, et voyez à quel schéma ils se rapprochent le plus. Cela vous « forcera » a voir l’essentiel dans votre histoire.

Enfin (et, peut être, surtout), oui, réduit à l’os, les trames narratives peuvent se ressembler… Et alors ? Voyez plutôt cela comme un squelette. Tous les squelettes se ressemblent (plus ou moins). Mes la dynamique, les muscles, la chaire, vont individualiser les gens, les rendre unique. Ici c’est pareil : cette charpente est nécessaire, mais c’est ce que vous allez mettre autours qui sera la matière de votre histoire, ses caractéristiques.

Donc n’ayez pas peur de décortiquer vos histoires jusqu’à ces « briques » essentielles. Pas là peine qu’elles soient tordues dans tous les sens, pour le simple plaisir d’être tordues. L’importe, c’est qu’elles soient une structure solide ! Après, libre à vous de les orner comme bon vous semble :).

A bientôt !

Antonin A.

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Une grande nouvelle

Au fait, vous êtes au courant de cette bonne nouvelle ? Je vous la laisse découvrir en vidéo !!

D’ailleurs, je fais de plus en plus de vidéos sur ma chaîne Youtube, n’hésitez pas à y faire un tour et vous abonner !

A bientôt !

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Histoire d’écrire #18 Comment commencer une histoire ?

Les premiers mots d’une histoire sont important. Essentiels, même, car non seulement ils donneront envie – ou non – au lecteur de continuer, mais en plus, ils lui montreront également l’ambiance que vous voulez mettre, la tonalité à laquelle vous voulez faire résonner (et raisonner) votre texte.

Comme d’habtitude, nous parlons ici principalement des romans. Mais ces principes s’appliquent également aux films, même si, nous le verrons, des différences doivent être établis.

Nous allons voir plusieurs manières de commencer une histoire. Bien sûr, ce sont des catégories abstraites. Bien sûr, il y en a d’autres. Mais je pense que cette liste sera un bon moyen de défricher les possibilités qui s’ouvrent à vous, quand vous commencer à écrire !

Commencer de manière chronologique

On commence par le plus simple : par le début. Les premiers chapitres se font de manière narratives, chronologiquement. Présentant les personnages, la situation, les problèmes à venir. Les exemples sont légions, et je veux en citer deux, évidents : le Seigneur des Anneaux, et Harry Potter.

Pourquoi ? Parce que non seulement on commence par le début, mais également par une présentation de l’univers original : la Comté pour le SdA, les Durlsey pour HP.

Avantage

Les aventages sont nombreux : on prend le temps de placer les personnages, d’expliquer au lecteur quel sera l’univers dans lequel il va se plonger. On le prend, en quelque sorte, par la main. Et cela permets par la suite, d’explorer de nouveaux aspects de cet univers : nos héros vont quitter le Comté, leur environnement familier, pour explorer la Terre du Milieu, et le Mordor. Harry Potter va quitter sa demeure (malheureusement) familière, la maison des Durlsey, pour découvrir Poudlard.

L’idée est donc de commencer petit, et, étape par étape, plonger le lecteur dans un univers de plus en plus grand.

C’est un peu ce que j’ai fait avec Interfeel, où nous nous concentrons sur Nathan et son environnement familier (Le lycée, sa maison, l’utilisation d’Interfeel), avant d’agrandir l’univers.

Inconveniants

Tout lecteur du Seigneur des Anneaux pourra le confirmer : le début est quand même un peu long :). C’est le problème principal qui peut survenir avec ce genre de début : le manque de rythme. L’action ne surviendra que plus tard, lorsque l’univers sera établit. Mais l’intérêt du lecteur peut être déjà partit à ce moment.

Plusieurs solutions subsistent, et Harry Potter les utilisent magistralement bien : instiller du mystère dans cette normalité apparente. Déjà en focalisant le début sur Dumblerdor, un sorcier, donc, et ensuite en créer plusieurs situations où Harry Potter utilise de la magie sans le savoir. L’intérêt du lecteur est piqué : il veut comprendre ce qu’il se passe.

Note importante : commencer au début de l’histoire ne veut pas dire qu’il ne s’est pas passé d’autres choses, avant ! L’aventure de Bilbon Sacquet a eu lieu avant le SdA, et le premier règne de Voldemort se passait avant le premier HP. Et dans Interfeel, la Guerre Numérique a eu lieu 20 ans avant le début. Mais le livre commence en même temps que l’histoire de nos héros.

Comme le montrent mes exemples, ces débuts chronologiques début se trouve très généralement dans le cadre des sagas, c’est à dire les histoires de découlant sur plusieurs Tome. Car, nous le verrons, les autres manières de commencer ne sont pas forcement indiquées pour ce genre d’histoire longue.

Commencer au milieu directement de l’action.

L’idée, là, est de ne pas commencer avec une présentation de l’univers, mais par une action très particulière. Les films d’actions sont particulièrement friants de ce genre de procédé : il permet de révéler par l’image les qualités du héros, sa force, ses faiblesses. Ce procédé est bien moins utilisé dans les livres, puisque le langage visuelle, qui va de pairs avec une scène d’action, n’existe pas, et doit être expliciter. Ce qui veut dire qu’en plus de l’action, il faut en même temps expliquer qui est le héros, sa mission, sa motivation.

Exemples de films commençant directement par une scène d’action :

La scène d’interrogation au Moyen Orient, de Kingsman :

'Kingsman: The Secret Service': Eggsy (Taron Egerton ...

La récupération du sceptre de Loki, dans Avengers 2

captain america avengers GIF
Un spiderman s’est caché dans ce gif, saurais-tu le retrouver ?

(Ce dernier exemple est particulier : comme nous connaissons déjà les protagonistes avec le premier film, il est moins difficile de connaître l’univers, la personnalité et les motivations des personnages).

Les avantages.

Directement dans l’action ! Nous devinons l’univers à travers une action bien particulière, qui permet de présenter à la fois les personnages, et l’environnement. Sur le plan visuel (car ce procédé est surtout effectué au cinéma pour les films d’action), le but est d’accrocher directement le spectateur, pour ensuite partir sur un passage plus explicatif.

Les inconveniants.

Ce procédé est souvent utilisé dans les films pour une raison particulière : l’action visuelle. Dans un livre, c’est bien plus compliqué, puisque une action racontée, avec des personnages qu’on ne connait pas encoree, n’accroche pas. Et si nous voulons tout mettre en même temps : l’action, les personnages, le but, cela risque de faire un petit gloubiboulga un peu indigeste.

Commencer par un Mac Guffin

Mais qu’est ce qu’un Mac Guffin ?

L’expression, popularisée par Alfred Hitchkock, est un moyen bien particulier de commencer une histoire : les protagonistes, ou les méchants, sont à la recherche d’un objet, ou d’un secret. Mais celui ci ne sera jamais révélé : il n’est que le prétexte pour débuter l’histoire, et sert de détonnateur au moteur narratif.

Plus d’informations sur la page Wikipédia.

Les exemples sont légions dans les films :

La malette que vont chercher Jules Winnfield et Vincent Vega dans Pulp Fiction :

pulp fiction GIF
On ne sait pas ce qu’il se trouve dans cette malette

La patte de lapin, cherchée par Ethan Hunt, dans Mission Impossible 3

Mission: Impossible III | moviescramble
On ne saura jamais ce qu’est cette patte de lapin.

Le disque dur que recherche James Bond, au début de Skyfall

james bond GIF
On n’entendra plus parler de ce disque dur, passé le générique

Mais les séries télés ne sont pas en reste : la quasi totalité des épisodes des Simpsons fonctionnent ainsi : le premier tiers de l’histoire proposent une histoire presque sans intérêt, occasion généralement pour Homer Simpson de faire l’idiot, avant de commencer la véritable histoire dans les deux tiers suivants.

awkward the simpsons GIF
Ni vu ni connu !

A ma connaissance, ce procédé est beaucoup moins utilisé dans les livres. Ma théorie, c’est que cette question peut être aisément laissé sans réponse dans un film, emporté par l’action et le divertissement. Dans le livre, le lecteur aime moins avoir des questions sans réponses.

Les avantages

Grace au Mc Guffin, on se lance directement dans l’action ! Mais on n’a pas à se soucier d’expliquer les tenants et les aboutissements de l’action par la suite, puisque cette recherche n’est qu’un pretexte à lancer l’histoire.

Les inconvéniants.

Bien moins utilisé dans les livres, le Mc Guffin possède un problème de taille : il laisse une question irrésolue. Ainsi, il peut passer pour une facilité scénaristique, et provoquer un sentiment d’instatisfaction chez le lecteur.

Commencer par une accroche qui se passe plus tard dans l’histoire (un flash forward)

Attention : je parle bien là d’histoire qui ont une structure narrative, mais dont on va montrer, au début, un passage qui se passe plus tard dans le film ou le livre. Et donc, on relate un évènement qui se passera plus tard. Ensuite, tout l’intérêt du début de l’histoire, c’est d’arriver à ce moment là.

C’est ce qui a lieu dans, par exemple, le film Mission Impossible 3 (ou d’ailleurs, on parle déjà de la patte de lapin) :

L’intérêt est évident : il place directement dans l’action, et donne envie au lecteur, au spectateur, de savoir comment le héros en est arrivé là.

J’utilise également ce procédé dans Interfeel, d’ailleurs, où le livre commence par

Nathan fixait l’embrasure de la fenêtre. Quelques ins‑ tants auparavant, il s’y tenait encore. Puis il avait disparu, comme aspiré par le vide. Après un lourd silence, il y avait eu ce son percutant d’un choc contre le sol, puis le silence oppressant avait repris ses droits. Nathan ne bougeait pas et ne disait rien. Une nouvelle question l’obsédait. Mais il ignorait encore que, pour trou‑ ver des réponses, il irait bien plus loin que tout ce qu’il aurait pu imaginer.

Le lecteur commençant l’histoire souhaite donc savoir quel est cet évènement qui va changer la vie de Nathan.

Les avantages

Les aventages sont, en réalité, les mêmes que la plupart des débuts qui ne suivent pas la chronologie classique : créer une attente chez le spectateur, ou le lecteur. Lui donner envie d’en savoir plus, de comprendre comment on en est arrivé là. On transforme donc le quoi par le pourquoi (ou le comment) : au lieu de voir ce qu’il va se passer, le lecteur, le spectateur va vouloir comprendre pourquoi, et comment, ils en sont arrivés là. Mais un tel choix scénaristique n’est pas sans conséquence.

Les inconveniants

Le problème principal qui survient est, justement, de trop en dire. Car l’ordre des éléments que l’on dispose dans notre histoire va influencer la perception du lecteur : en lisant ce début d’histoire, puis en revenant en arrière, le lecteur ne va pas découvrir notre univers naïvement, mais essayer de noter les indices qui amèneront à cette situation. L’effet de surprise peut donc être atténué. Voyez un peu cela comme une bande annonce qui en dit trop : notre vision du film, lorsqu’on le commence, est altérée, car on sait déjà ce qu’il va se passer. Pour simplifier, on peut dire qu’on troque une accroche du lecteur dès le début, en sacrifiant la découverte future qu’il fera ensuite.

Reprenons la scène de Mission Impossible 3, dans laquelle le regretté Philipp Seymour Hoffman menace la femme de Tom Cruise, dans un décompte plutôt bien foutu et bien joué. Oui, ça accroche dès le début, oui, on veut savoir comment ils en sont arrivés là, qui est ce méchant, est ce que la femme va s’en sortir…

Mais si on n’a pas cela, et qu’on arrive directement à cette scène en cours de film : est ce que l’effet ne serait pas encore plus saisissant ? Voir le héros, jusque ici invincible, désemparé dans cette situation ?

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’ordre dans lequel on met les évènements va impacte la reception de notre histoire. A vous donc de choisir en votre âme et conscience l’effet que vous voulez produire sur vos lecteurs 🙂

Pour la petite histoire, c’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu trop en dire dans l’introduction d’Interfeel : je voulais laisser la surprise au lecteur.

Version alternative : commencer par un flash back (un évènement du passé)

Même cas de figure que dans le cas précédent, où l’on a ce qu’on appelle un Fast Forward (diffuser dans le présent un évènement du futur), il est aussi courant de commencer par un Flash Back. L’idée est le même : instiller une pointe de mystère dans la situation initiale du héros qui, normalement, n’est pas (encore) affecté par l’élément perturbateur. Les avantages et les inconvéniants sont généralement les mêmes que dans la situation précédente : on troque l’intérêt du lecteur dès le début, en contrepartie on lui enlève un effet de surprise par la suite.

Mais cette utilisation de Flash back (évènement du passé dont rêve le héros, puis il se révèle par exemple), peut également être un moyen de placer un élément qui enrichit l’histoire du héros, et qu’il aurait été impossible de mettre par la suite, à moins de faire un dialogue forcée entre deux protagonistes, ou une introspection qui n’a pas sa place dans le récit. Encore une fois, c’est à vous de voir ce que vous voulez faire !

Conclusion

C’est donc à vous, auteur, autrice, de décider : soit vous proposez au lecteur de découvrir ce qu’il va arriver (en faisant une narration chronologique), qui a faire un début d’histoire lent mais nécessaire, , soit il lui propose de voir comment cela va arriver (en plaçant des indices du futur de l’histoire au début). MAIS, je vous en prie, ne gâchez pas une bonne révélation de votre livre simplement pour accrocher le lecteur en tout début. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Je reviens un peu sur la notion de saga : celles ci utilisent génaralement une trame chronologique, puisque l’intérêt c’est, justement, une quête. Auquel cas le point culminant de l’histoire se trouvera à la résolution de la quête (brûler l’anneau, détruire Voldemort). Ainsi, jouer du Flash Forward, c’est à dire expliciter l’un des points culminants au tout début de l’histoire, pose soucis, puisque généralement, ce point culminant est la résolution de l’histoire, quelques livres plus tard !

Ces différents procédés (fast forward, flashback, Mc Guffins), sont principalement utilisé au début, mais peuvent aussi être utilisés en cours d’histoire. Deux films utilisent magistralement ce concept de chronologie destructurées, qui non seulement donnent un intérêt décuplé à l’histoire, mais montrent également que la narration chronologique n’est pas une obligation. Encore une fois, c’est un choix.

Memento

Memento est un film, littéralement, et dans sa quasi totalité, monté à l’envers. Nous commençons donc par la fin de l’histoire, et nous remontons l’histoire du personnage. Cette construction est indispensable à l’oeuvre, puisqu’elle suit la pathologie du protagoniste, qui ne se souvient que des 5 dernières minutes de sa vie. C’est l’ordre même des évènements placés dans l’histoire – anté chronologique, qui donne tout son sel au film.

Alabama Monroe

De même, dans l’excellent film Alabama Monroe, suivant les aventures amoureuses de Didier, joueur de Blue Grass, et d’Elise, chanteuse. le réalisateur Felix Van Groeningen avait effectué un premier montage linéaire, mais, déçu du rendu, lui a préféré une construction a-chronologique… ce qui donne une expérience cinématographique extrêmement différente et, à mon sens, bien meilleur.

Deux films que je recommande !

A bientôt

Antonin A.

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Histoire d’écrire #17 Focus Interfeel : comment m’est venu l’idée d’Interfeel ?

Mes conseils d’écriture se base, principalement et bien sûr, sur mon expérience et ma réflexion personnelle, que j’agremente d’exemple tirés de mon propre livre, Interfeel.

(Pour toutes les infos sur ce livre : par ici)

Pour cet article là, je vais faire le raisonnement inverse : je vais expliquer la genèse d’Interfeel, et les conclusions que l’on peut en tirer quant à l’écriture.

Un peu d’histoire : mais comment qu’a été créé Interfeel ?

Tout a commencé en 2012 (et oui, ça date !). Un concours d’écriture est lancé par Pocket Jeunesse

et la plateforme littéraire We Love Words.

Celle-là même.
http://welovewords.com/

L’idée était de découvrir de nouveaux talents. Et comme tout concours d’écriture, appelé « Bug Social »

Essai bannie re 5
Celui là… vous avez compris !
http://welovewords.com/contests/social-bug

Concours dont voici le pitch :

Imaginez une société qui a laissé trop de pouvoir à un réseau social virtuel extrêmement puissant. Faites bugger la société.

L’intrigue du texte devra intégrer les éléments suivants : action, suspens, amour, amitié. Les héros du livre doivent avoir entre 15 et 18 ans.

L’utilisation d’éléments fantastiques est bien sûr acceptée même si elle n’est absolument pas obligatoire.

Il ne s’agit pas de disserter sur une dérive de la société ou de décrire pendant des heures le monde de demain. Il faut raconter une histoire !

Attention, il ne s’agit pas de faire une copie d’Hunger Games ou d’autres textes d’anticipation connus.

On sent déjà venir les prémisses d’Interfeel, non 🙂 ? La deadline est au milieu d’août, on va dire le 15.

Et moi, en plein cœur de l’été, je suis à mille lieux d’avoir envie de participer à un concours d’écriture, d’autant que le genre (la science fiction) et la tranche d’âge (Young Adult), ne me sont absolument pas familiers.

Et donc je suis en Bretagne, avec des amis, à faire tout, n’importe quoi, mais pas écrire.

Related image
Je suis plutôt sur ce genre de projet

Et puis, 48 heures avant la fin du concours, je me réveille. L’envie de gagner me gagne. Et l’idée d’un réseau de partage des émotions prend forme. A la réalité, je pense bien qu’il se formait tranquilou dans ma tête, à mon insu, et qu’il attendait le bon moment pour émerger.

Bon moment, d’accord, c’est cool, mais il ne me restait deux jours ! Et une fois l’idée présente, pas question de la lâcher. Alors s’en suivirent 48 heures d’écriture assez tenace, puisqu’il fallait écrire à la fois le premier chapitre du livre, la bible des personnages et le résumé du premier Tome.

24 heures chrono, Saison 8 (VF) sur iTunes
Je me senstais un peu comme ça. Mais sur deux jours.
http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=58.html

Je l’ai fait. Et, grosso modo, ce que j’ai rendu en si peu de temps est devenue peu ou proue la trame d’Interfeel : un personnage masculin principal : Nathan, une personnage féminin : Elizabeth, un antagoniste : le commissaire (une seule personne pour l’instant), un groupe d’ami autours de Nathan, le professeur, et leurs péripéties.

Et quelques mois plus tard, je m’en rappelerai toujours, je sortais du monop’ quand je reçu un email sur cet ancêtre de l’Opale qu’est le Smarthone. Vue la rapidité de mon envoi, je ne jugeais pas la chose lisible, voir visible, j’étais persuadé de ne pas avoir gagné. J’avais presque envie d’ignorer ce message qui avait des allures de spam.

Et pourtant ! J’avais gagné !

Puis l’écriture, la longue période d’écriture, a suivit. J’y reviendrais dans un prochain article. Il me semblait important de, déjà, tirer des leçons de cette genèse.

Les leçons à tirer

L’urgence a du bon.

48 heures pour sortir une vingtaine de pages. Ça paraît inconcevable, je n’y croyais pas non plus, et je l’ai fait (et je ne suis pas plus intelligent qu’un autre). Pour moi, la leçon à tirer c’est que, comme le titre l’indique, l’urgence a du bon. Bien utilisé le stress est un formidable catalyseur d’idées. On se perd moins dans les mémandres nébuleux de l’inspiration. On hésite moins : droit au but. Et généralement, c’est gagantn.

Attention seulement : cet état d’esprit ne peut pas fonctionner Ad Vitam. De même que vous ne pouvez pas taper un sprint sur 10 kilomètres, vous ne pouvez pas écrire un livre entier avec ce procédé là. Je le dirais toujours : l’écriture est un marathon (et je dois me le rappeler aussi, parfois :)). Si vous écrivez un roman dans le rush, du début à la fin, sans pause, je ne donne pas cher de votre état cardio vasculaire par la suite. Mourir pour des romans, d’accord, mais de mort lente, comme dirait l’autre.

parks and recreation running GIF
Métaphore d’un homme qui a voulu courir un marathon comme un sprint

Bref, le stress est un outil puissant. Mais comme beaucoup de choses, il est à consommer avec modération. Leçon numéro 1.

Faite simple pour commencer.

Seconde leçon à tirer : faire simple avant de faire compliqué. Cela me semble bien plus efficace que de faire un florilège d’idées complètement anarchiques, et de devoir tout retailler par la suite. Dans le contexte de la création d’Interfeel, le temps limité + le stress vue précédemment m’ont obligé à aller droit au but. Et comme je l’ai dit, l’histoire de base que j’ai proposé dans le concours était clair, et c’est celle que j’ai reprise dans la rédaction de mon livre.

C’est à partir de cette trame solide que j’ai pu complexifier mon univers. J’ai ajouté l’Opale. J’ai dédoublé l’antagonisme principal, le commissaire, en deux personnes : Vlad Ekaton et Kassandra Kacem. Bref, je me suis appuyé sur cette ligne narrative solide (qui plus ai approuvé par la maison d’Edition), pour sereinement aborder la complexité de l’univers d’Interfeel. Je suis persuadé que, sans ce concours et cette obligation de faire simple, mon histoire aurait été grandement différente, et pas forcément mieux.

Plus votre univers est fertile, plus je vous conseille d’avoir une trame narrative simple (mais pas simpliste), que vous pourrez ensuite complexifier. Vous pourriez, sinon, vous perdre dans vos nombreux détails et ne plus voir l’ensemble. De plus, il est très dur d’abandonner une idée qu’on aime, quand elle ne cadre pas notre histoire. Alors autant définir notre histoire en amont.

N’ayez pas peur de tenter : ce qui vous paraît nul ne l’est pas forcément

La dernière leçon à tirer est ma surprise à me savoir gagnant. Je n’aurai, sérieusement, jamais parié un kopek sur mon histoire (facile de dire ça a posteriori, mais c’est vrai). Ce n’est pas de la fausse modestie, j’avais limite honte de ce que j’avais envoyé.

La leçon a en tirer est : mettez à bas vos a priori, vos présupposés, vos « de toute façon ils ne vont pas aimer », peut être que non, en effet, et peut être que si. Il n’y a pas de pire juge que soit même, et ce magistrat est souvent très injuste. Essayez, présentez votre travail au monde extérieure. Et pour paraphraser Mandela : soit vous gagnez, soit vous apprenez pour la prochaine fois. Peace.

Et pour finir en musique :

Et pour finir en musique

Voilà, j’espère que cet « Histoire d’Ecrire » un peu particulier vous aura plus ! N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires, quant à moi je vous retrouve très bientôt, pour un nouvel article ! Tchu

Antonin A.

—-

J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Les CLA Books Awards, escale à Aublay sous bois !

Une belle journée que celle-ci ! J’avais été invité aux CLA Books Awards, organisés par les médiathèques d’Aulnay sous Bois ! L’idée est de faire vivre leur établissement, défendre la culture, et dynamiser les clubs ados. Bref, que des belles initiatives, dans lesquels je m’inscris à fond.

Chaque année, donc, sont organisés lew. CLA Books Awards, où plusieurs livres (francophones) sont choisis, et jugés.

Et cette année, mon livre Interfeel concourrait !

Après donc les (désormais habituelles) péripéties de train Lyon Paris, puis de RER D, puis A, me voilà à Aulnay sous bois, direction la bibliothèque Daudet !

Comme son nom l’indique.

Une belle accueil, par une équipe sympathique et motivée (cf. Leurs objectifs ci-dessus :)), et de bonnes rasades de café (important).

Puis commence la cérémonie ! Et ils n’ont pas fait les choses à moitié ! Tapis rouge, oui messieurs, oui mesdames, et trophée officiel réalisé à l’imprimante 3D.

Plusieurs catégories, et, bien sûr, loi de Murphy oblige, le mien passe en dernier.

Le stress monte, et j’entends :

Le CLA Books Awards 2019, catégorie meilleure duo, est attribué à Nathan…

Et là, durant une demi seconde, je me dis que je n’ai pas gagné, qu’elle n’a pas dit Antonin, que…

Puis la demi seconde passe et elle continue :

…Nathan et Elizabeth dans Interfeel, d’Antonin Atger.

Le cerveau, parfois…

Après ce petit ascenseur émotionnel, je grimpe sur l’estrade, bafouille un peu discours que peu globalement se résumer par « merci » et par une coupe de cheveux approximatives.

Mais qui est gagnant ??

S’en suit un petit pot (Big up au gateau fait maison), et surtout un super échange de près d’une heure, avec des ados passionnées et passionnantes. Sans faire dans le gros poncif, j’ai envie de dire :  » C’est pour ce genre de moment que j’écris ». Cœur avec les doigts. Je plaisante, mais c’est vrai.

Puis retour à la maison le cœur léger et le sac allourdit d’un super trophée !

Ah, et j’ai rencontré deux supers auteurs lors de cet événement ! Romain Sanchez et Natacha Henry !

On n’est pas beau tous les trois ? Et j’ai pas l’air hyper réveillé, quand même ?

J’ai profité de faire une petite interview d’eux, histoire que vous puissiez connaître leur travail !

Natacha Henry

Martin Sanchez

Et pour connaître le travail de ces gens qui s’échinent à faire vivre leurs bibliothèques, et à transmettre leurs passions, c’est par ici :

A bientôt !

Antonin A.

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Histoire d’écrire #16 Comment faire des recherches efficacement ?

Les recherches pour une histoire sont généralement indispensables. Et tout comme les idées doivent être classer et avant, et durant l’écriture (on l’a vu la semaine dernière), il est important de faire des recherches et avant, et pendant l’écriture également.

Pourquoi ?

Les recherches en amont sont indispensables pour donner un cadre à votre univers. C’est le cas, bien sûr, lorsqu’il se veut ancré dans un environnement réaliste (une période historique précise, une ville existante). Attention, par contre, à ne pas tomber dans l’écueil de l’hyperprecision : trop raconter, expliquer et décrire parce qu’on veut que le lecteur sache tout, ou qu’il sache tout ce qu’on sait. Ça peut être ou paraitre prétentieux, et cela marque un manque de confiance dans la capacité imaginative du lecteur.

D’un autre côté, la précision est importante, pour ne pas prendre le lecteur pour une buse, en mettant des informations grossières et fausses. Ce n’est que mon avis, mais je lis, et vois énormément d’oeuvre qui nous donne l’impression fondamentale de nous prendre pour des pigeons.

Bien sûr, un écrivain ne peut pas raconter avec une précision absolue une opération à cœur ouvert (quoi que…), mais il existe ce qu’on appelle en anglais « suspension of disbelief », la suspension consentie de l’incrédulité. Le regard critique, va accepter certaines torsions faites aux règles élémentaires de la réalité, pour entrer dans une histoire imaginaire. Voilà pourquoi on accepte des humains volants, ou des tapis magiques. Mais attention à ne pas pousser le curseur un peu trop loin, sinon l’illusion, dans laquelle le lecteur s’est volontairement mis, va se lever. Donc recherche.

Mais je ne conseille pas uniquement de faire les recherches dans le cas d’un souci de réalisme. Lire des informations sur des sujets proches de vos thématiques est un formidable déclencheur à idées nouvelles. Donc quelques soit votre type d’histoire, faite des recherches ! Que ce soit par souci de réalisme, ou au contraire pour titiller votre imagination.

Mais faire des recherches, comment ?

Résultat de recherche d'images pour "recherche en bibliothèque humour"
Certaines recherches sont plus compliquées que d’autres 🙂

http://partagemotopassion.eklablog.com/litterature-kulture-et-histoire-moto-a129178062

Excellente question ! Il y a deux manières de faire ses recherches : la recherche externe, et la recherche interne. Vous allez comprendre :).

Recherches externes

Les recherches externes, ce sont toutes les informations que vous allez glâner au dehors de votre petit esprit, dans les livres, Internet, etc.

Ma préférence (à moi)

Ma source d’information préférée, ce sont les livres. Romans, essais, scientifiques, peu importe : les livres. L’isolement, la nécessité de ne faire que cette tâche, favorise mon imagination, et j’ai souvent une feuille a porté de main, pour noter les idées (ce que je vous conseille). Les livres permettent d’avoir son propre rythme, et, autre aventage, me font décrocher de l’écran, devant lequel je suis en permanance pour écrire.

Internet

Album - Humour - pull.over-blog.fr
Mais les recherches, c’est parfois plus compliquées 😉

http://pull.over-blog.fr/album-2143348.html

Internet est un fabuleux outil, qui fait, entre autres, que vous pouvez lire ces lignes. Je ne serai jamais la voix du « c’était mieux avant Internet », qui revient pour moi à dire que c’était mieux avant l’électricité. Faire des recherches sur le web, c’est très bien, utile et complet. Simplement, méfiez de cette satanée sérendipité. La sérendipité, c’est le clic de trop, sur le lien pas utile mais rigolo, sur la barre de droite de votre navigateur. C’est la petite notification vous signalant que votre clan a besoin d’aide, maintenant. Internet, de part son fonctionnement actuelle, fait tout pour vous distraire, sauter d’appli en réseau social. Et cela est dommageable pour votre recherche. Pas uniquement en matière de temps, mais également en terme de concentration (comme vu plus haut). Si vous voulez néanmoins passer par Internet pour vos recherches, astreignez vous à une seule tâche. Résistez à la tentation. Et de manière pragmatique, désactivez les notifications ou les fenêtres pop up. Si vous êtes sur smartphone, vous pouvez également vous mettre en mode avion : la WiFi fonctionnera quand même.

Il y a, bien sûr, d’autres moyens de faire vos recherches. Visiter un musée, un monument, une ville. L’idée est de sentir la manière qui vous semble la plus pertinente et qui vous parle le plus. Et surtout, c’est un travail de chaque instant : gardez l’esprit ouvert, soyez prêt à accueillir les idées même quand vous ne vous y attendez pas. Et notez la immédiatement. Il n’y a rien de plus volatile qu’une bonne idée, et si vous ne comptez que sur votre mémoire, vous risquez fort de le regretter.

Comment classer ses recherches.

Dans toutes mes notes numériques, j’ai le dossier écriture (pour… L’écriture), le dossier Bibles (Qui recoupe les informations sur les personnages, les lieux, les objets, les évènements), et le dossier recherche. Ici, je mets toutes les informations tirés de l’extérieur.

C’est ma méthode, il y en a plein d’autres. Vous pouvez très bien mettre ensemble tel chapitre, et telle recherche associée.

Les recherches internes.

Ce sont les recherches qui proviennent de votre propre créativité, les objets que vous inventez (l’Opale, par exemple). J’ai déjà parlé de ce genre de travail dans les chapitres précédents, et j’y reviendrais certainement.

Pourquoi continuer à faire des recherches après avoir commencer à écrire ?

Il est illusoire de penser que vous allez planifier toute votre histoire, jusqu’à l’ordre exacte des mots, avant de commencer à écrire. Même si la préparation en amont – même si je ne le répéterai jamais assez, est indispensable. Et donc, les recherches doivent continuer durant l’écriture. Pour affiner, préciser, creuser les détails. Mais aussi trouver de nouvelles idées, fort de ce que vous avez déjà écrit. En effet si faites des recherches après avoir écrit la moitié de votre histoire, votre regard sera différent. Certaines informations qui seraient passés auparavant sous le radar de votre regard, deviendront saillantes, élémentaires, comment avez vous pu les laisser passer avant ? Tout simplement car vous ne saviez pas forcément ce que vous cherchiez.

Et vous, comment effectuez-vous vos recherches ? Laissez donc ces informations en commentaires !

A bientôt ! 

Antonin A.

—-

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Histoire d’écrire #15 Comment organiser ses idées ?

Mais une idée, c’est quoi ?

Il y a, on va dire, deux types d’idées dans le processus d’écriture. Celles qu’on utilise au sein de notre histoire, l’action, les péripéties, (machin rencontre machine, untel se fait sauvagement tuer), et celles qui constituent votre univers et vos bibles de personnages, qui ne servent pas directement votre histoire mais la nourrissent, l’enrichissent, et vous aident à mieux la connaître. Les deux sont nécessaires, et je préconise de justement séparer ces deux types d’idées.

Quand les classer ?

Tout le temps, ma bonne dame : avant d’écrire, bien sûr, pour avoir l’architecture nécessaire de votre histoire. En cours d’écriture, surtout. Pour ne pas perdre le fil, prendre du recul sur votre histoire. Ce n’est jamais une perte de temps que d’en prendre à trier vos idées… Il ne faut juste pas que cela devienne une fuite en avant, et un prétexte pour ne pas se lancer ! (en plus, ça rime !)

Pourquoi ordonner ses idées ?

Métaphore de la chambre

Is jouw kamer een bende? Dan ben jij een bovennatuurlijk ...
Ceci est, par exemple, la métaphore d’une histoire -un peu – bordélique
http://www.upcoming.nl

Faire une histoire, concrètement, c’est ordonner différentes idées dans un ordre bien spécifique. Sauf que l’esprit est capricieux, et les idées n’arrivent toujours (pas souvent même) dans le bon ordre ! Le problème survient quand vous êtes submerger par vos idées, au point de ne plus vous y retrouver et donc, de ne pas avancer !

La chose à ne pas faire (à mon humble avis), c’est d’écrire au fil de l’eau, espérant que les idées s’arrangent magiquement. Les histoires sont peut-être magique, mais comme dans tout tour de magie qui se respecte, il faut une bonne préparation pour que le tour fonctionne à l’instant T. Donc, pour vous y retrouver, voyez cette histoire comme votre chambre. Elle est personnelle, c’est la vôtre, vous y êtes bien mais, parfois, c’est le bordel. Et prendre le temps de tout ranger, ce n’est pas une perte de temps (j’ai mis des années à le comprendre : gagnez du temps, faites le dès maintenant !). Alors prenez une heure, un jour, une semaine, pour mettre de l’ordre. Vous verrez des choses que vous pensiez indispensables, mais que vous pouvez finalement mettre à la poubelle (ou au recyclage, c’est à dire dans un autre dossier. C’est écolo, et on pourra l’utiliser plus tard !).
Classez les choses en fonction de leur utilité, et de votre attachement. Et en guise de coup de balai symbolique, pour finir, supprimez les dossiers à peine commencés, pas mis à jour depuis trois ans, obsolète. Vous avez grandit, votre histoire aussi, il est tant que ça se voit dans vos écrits.

Comment les classer ?

Faites des fiches ! Des fiches des fiches des fiches ! J’en ai déjà parlé mais : mettre à plat ses idées sur le papier, changer de support, c’est un excellent moyen de les regarder d’un autre œil. Je suggère d’en faire beaucoup en amont, peut-être pas tout planifier (impossible et étouffant) mais au moins vous aurez le canevas nécessaire pour commencer correctement votre histoire. Un peu comme une Mental Map, pour ceux qui savent : vous gardez toutes vos idées à portée de main. Et ces fiches, reprenez les tous les mois, pour les relire et les mettre à jour, et prendre du recul !

Fiches Bristol quadrillées - 105 x 148 mm - Vert Lot de ...
Le cauchemare de tout élève en révision peut devenir votre meilleur ami !

Autre solution : le logiciel. Un support comme Scrivener permet d’avoir facilement tous les éléments en main pour arranger l’ensemble. Idem pour Aeon Timeline, j’ai déjà parlé de ces logiciels.

Mais quel ordre de classement ?

Et bien il y a déjà, le classique ordre chronologique pour les évènements, regroupement par personnages pour les bibles du même nom. Je conseille d’éviter le classement alphabétique (même pour les objets imaginés, par exemple), car c’est un classement arbitraire, qui ne vous parle pas.

Ma méthode : pour les évènements de l’histoire, je mets d’un côte le classement chronologie, et d’un autre, si nécessaire le classement narratif, c’est à dire l’ordre dans lequel apparaîtront les éléments dans l’histoire. Utile, quand notre trame se passe sur plusieurs périodes, ou plus simplement si nous devons parler d’éléments antérieurs à l’histoire et qu’on veut, un peu, s’y retrouver !

Et si vous êtes débordé par les idées, ne luttez pas contre ces moulins à vent : posez le stylo, prenez les fiches, et notez, notez tout ce que vous voulez mettre MAIS AUSSI celles que vous avez déjà écrit. Vous y verrez plus claire, et pour les idées à venir, et pour les idées passées. Et parfois, de nouveaux liens utiles apparaîtrons entre le fait et l’à faire !

Les idées en trop.

Comme une cuisine un peu trop généreuse, parfois, il y a du surplus. Il serait alors tentant de vouloir la rentrer au forceps, pour ne pas gâcher cette bonne préparation ! Mais attention à l’écoeurement. Comme une bonne recette, il ne faut pas voir chaque ingrédient de votre histoire comme un élément indépendant. L’important reste comment ils se marient ensemble.

Well, il y a bien une personne qui aimera la nourriture quoi qu’il en soit 🙂

Aussi il faut parfois – à regret, certes, mais quand même – se séparer d’une idée qui ne va pas avec le reste.

Mais ne la jetez pas ! Notez là dans un coin de votre « data base », elle le sera aussi dans un coin de votre tête et reviendra, peut être, sous un autre forme plus tard. Ou sur une autre histoire. Elle sera peut-être la porte d’entrée vers une réflexion totalement nouvelle qui, elle, vous serivra. On ne sait jamais. Par exemple, l’Opale, à la base, n’était pas du tout destinée à Interfeel ! Comme quoi, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises idées. Juste une bonne façon de les utiliser

A bientôt !

Antonin A.

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