Pourquoi diable avoir maintenu la sortie d’Interfeel 3 au 12 novembre ?

La question est souvent revenue ! Pourquoi ne pas décaler – encore ! – la sortie d’Interfeel 3 ? Après tout, il était prévu pour juin, puis on l’a reporté pour septembre, maintenant novembre. Alors un mois de plus un mois de moins…autant éviter le confinement, non ?

Oui, mais…

C’était tentant. Un livre qui arrive durant le confinement est problématique. Sa visibilité est moindre. Il ne peut compter sur les conseils des libraires…

La raison de ce choix est simple : en cette période de difficulté nationale, nous avons fait le choix de préserver la chaîne du livre. Les librairies sont encore ouvertes, même si ce n’est que par l’intermédiaire du fameux « click and collect ». Si en plus de cette fermeture physique les nouvelles parutions sont annulées, ce sera un nouveau coup terrible.

Nous avons donc fait le choix risqué de maintenir les publications, en soutien à toutes ces professions qui dépendent du livre. Car on sait, aussi, que le public sera au rendez-vous ! De nombreuses personnes m’ont déjà contacté pour m’annoncer avoir réservé leur livre Interfeel 3 en ligne. J’en suis très heureux !

Petit rappel : vous pouvez déjà le précommander sur le site Les Libraires, sur la Fnac, Decitre, Furet du Nord, et bien d’autres. Et dès le 12 novembre, vous pouvez le récupérer dans toutes vos librairies indépendantes grâce au « clique et rapplique » !

A très vite !

Antonin Atger

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Interfeel 3 sort le 12 novembre !

Bonjour tout le monde ! Cela fait longtemps que nous n’avions pas échangé. Je reprends le clavier pour une bonne raison : Interfeel 3 sort dans une semaine !

D’ici sept jours, retrouvez Elizabeth, Nathan, Adila, Nadir, Hanek, Livia pour la suite de leur aventure ! Il y aura de l’action, de l’émotion et beaucoup de surprise ! De nombreuses questions, qui parfois remontent au tout début de l’histoire, trouveront enfin leur réponse dans les pages de ce volume. De nouveaux personnages intriguants feront leur apparition ! J’espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j’en ai eu à l’écrire !

Regardez comme il est beau !

La joie et le stress

Pour l’occasion de cette sortie, je navigue entre deux eaux ! Je suis extrêmement heureux de vous enfin présenter ce volume, fruit d’un an de travail, de doutes, et de nuits blanches accompagnées de café (on est écrivain ou on ne l’est pas). En même temps…

L’actualité (vous savez, le virus, tous ça), rend la sortie de ce livre très particulière : ce sera en plein milieu du second confinement. Les librairies seront fermées, les libraires ne pourront pas délivrer leur précieux conseils…tout cela rend la situation très délicate… Certaines publications de mars n’ont pas survécues au premier confinement. Elles ont disparu des étagères avant même la réouverture des librairies et n’ont pas pu rencontrer leur public…

Heureusement, VOUS êtes là !

The Marlowes Hemel Hempstead | Marlowes Shopping Centre
C&C pour les intimes 😉

L’immense majorité des librairies utilisent le fameux « click and collect ». Vous pouvez commander Interfeel 3 directement sur leur site. Mon livre sera distribué dans toutes la France et au-delà – Belgique, Suisse, Luxembourg, Canada. Il sera à coup sûr commandable dans votre établissement préféré. Grâce à ce moyen – et grâce à vous ! – nous offrirons une belle existence à Interfeel 3 !

Comment faire vivre Interfeel 3 ?

J’ai reçu énormément de message de personnes qui attendent Interfeel 3 depuis des mois, et de pied ferme ! Même dans cette période troublée, le livre atteindra son public. Nous avons beaucoup de moyen d’y parvenir !

Les premières semaines qui suivent la sortie d’un livre sont déterminantes. Dès le 12 novembre le Click and Collect (« Récupération en Magasin » pour les francophiles :)) vous permettra de récupérer Interfeel 3 chez votre libraire ou de le recevoir directement chez vous !

L’autre outil formidable, c’est la précommande ! Et non, celle-ci n’est pas réservée qu’à Amazon !

Sur le site « Les Libraires », Interfeel 3 est déjà précommandable dans plus de 32 librairies en France, et ce n’est que le début ! Voici le lien : https://www.leslibraires.fr/livre/16876407-interfeel-l-odyssee-atger-antonin-pocket-jeunesse

Vous êtes plutôt fnac ? Vous trouverez tout sur cette page : https://www.fnac.com/se81494/Interfeel

Amis de la région lyonnaise, le lien Decitre se trouve ici : https://www.decitre.fr/livres/interfeel-tome-3-l-odyssee-9782266310116.html

Plutôt au Nord ? Le furet est là pour vous servir ! https://www.furet.com/livres/interfeel-tome-3-l-odyssee-antonin-atger-9782266310116.html

Et il y en a plein d’autres !

Les premiers jours de la sortie d’un livre sont déterminante. Beaucoup, déjà, ont précommandés ce livre pour l’avoir le jour de sa sortie ! Vous serez nombreux à plonger à nouveau dans les aventures futuristes d’Interfeel ! Venez m’en parler, ensuite !

Prenez soin de vous. Malgré la distanciation sociale, serrons nous les coudes !

A bientôt !

Antonin Atger

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Rencontre allemande

Je suis intervenu cette semaine à l’Evangelische Schule Köpenick, à Berlin en Allemagne. Si tout cela était virtuel, l’échange fut incroyablement humain !

Le contexte

Maxime Stoecker, professeur de français passionné, a découvert Interfeel en se baladant dans une librairie française. L’ouvrage lui a plu, et comme l’une des thématiques de l’année scolaire était « l’éducation aux médias et aux Réseaux Sociaux », Interfeel sembla tout indiqué !

Une classe entière d’élèves allemandes, dont le français était la troisième langue, a dévoré le premier volume d’Interfeel ! Il est très plaisant de savoir que mon livre se balade au delà des frontières de mon pays !

Nous avons décidé d’organiser cette rencontre virtuelle, pour compléter cette lecture par un échange fructueux.

Histoires et Réseaux Sociaux.

L’intervention dura deux heures. Malgré leur français troisième langue, l’attention était parfaite et leurs questions clairs, pertinentes, enrichissantes ! Nous avons jonglé entre les multiples interrogations qu’ont toujours les élèves face à l’écrivain. Ensemble nous avons exploré les principes de création d’une histoire. Qu’est-ce qu’un « cycle du héros ». D’ailleurs, qu’est-ce qu’un héros ? Et qu’est-ce qu’une histoire ?

Lors de la deuxième heure, nous nous sommes attaqués aux Réseaux Sociaux. Par quelques énigmes et illusions d’optique, je leur ai montré à quel point l’intuition pouvait être mauvaise conseillère… c’est pourtant elle qui nous guide sur les Réseaux Sociaux ! Nous choisissons de croire, ou pas, une information, en écoutant ses conseils peut être trompeurs, mais persuadifs.

« Ce médecin m’a l’air sympathique… il doit certainement dire la vérité ! »

L’intuition nous disant (parfois à tord), qui croire.

Je fus comme toujours impressionné par le recul et l’esprit critique de ces jeunes, que l’on qualifie souvent d’irresponsables ou « d’accroc aux Réseaux Sociaux ». Rien n’est plus faux.

J’espère, par mon intervention, avoir stimulé l’imagination et l’esprit critique de cette classe. Les deux vont plus souvent ensemble qu’on ne le croit !

Voici l’article de mon intervention, sur le site de l’école ! Amis germanophones, à vous !

Antonin Atger

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Trois livres à lire

Hello !

Une professeure de collège m’a demandé de recommander trois livres pour cet été, à ses élèves. Voici ma sélection !

Avez-vous lu ces trois livres ? Qu’en avez-vous pensé ?

Excellent été à vous ! Moi je retourne à Interfeel 4 😉

Antonin Atger

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Interfeel remporte le prix des lecteurs en Seine 2020 !

Hello ! J’ai le plaisir de vous annoncer qu’Interfeel vient de remporter un nouveau prix : celui des lecteurs en Seine 2020 !

(Quatrième prix reçu pour Interfeel, yes ;))

Ce prix, décernée par des lycéens, récompense chaque année un livre. Je suis très honoré d’annoncer que cet année, ce fut Interfeel qui a remporta l’adhésion. Voici le lien vers le site du prix des lecteurs en Seine : https://lireenseine.jimdofree.com/

Ce prix, c’est aussi la concrétisation d’une aventure plus vaste. Comme souvent, la sélection de mon livre fut l’occasion d’intervenir au sein des classes, pour parler de littérature, d’écriture, de Réseaux Sociaux, à des élèves généralements avides de savoir, curieux, et heureux de ces rencontres originales, offrant une approche différente aux cours « traditionnels ». Apprendre par différents moyens est toujours intéressant.

Et donc, en mars 2020, je suis partis à la rencontre de ces élèves. Oui, coup de bol, cela s’est passé juste avant le confinement !

Voici quelques photos souvenirs de ce bel évènement :

Les mois ont passé et je garde de très bons souvenirs de ces rencontres. Des élèves curieux, intéressés et pertinants. Des questions de toutes natures, sur la littérature bien sûr, sur les Réseaux Sociaux aussi. Sur la politique. Sur la séparation de l’homme et de l’artiste (c’était le sujet brûlant de l’époque). Bref, de très bons échanges, riches et sans concessions.

L’une des classes m’avait également fait le plaisir de travailler en amont sur mon livre. Je suis toujours heureux de voir mon oeuvre servir de base pour la création. C’est l’une des plus grandes reconnaissances qu’un auteur puisse recevoir, à mon sens. Voici quelques visuels de ce superbe travail.

Pour conclure, je suis, bien sûr, ravi de ce nouveau prix que remporte Interfeel. Mais aussi, je suis très heureux de ces rencontres, humaines, vivantes, vibrantes, de ces questions, et de cette imagination dont font preuves les élèves autours de mon livre, sur les Réseaux Sociaux et sur la vie. J’espère vivre encore beaucoup de beaux moments comme ceux-ci ! Merci à eux !

A bientôt!

Antonin A.

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Interfeel a deux ans ! Les leçons tirées.

Hello !

Anniversaire aujourd’hui ! Nous fêtons les deux ans de la sortie d’Interfeel, premier du nom ! (la famille s’est aggrandit depuis).

Snif… je l’ai connu il était… de la même taille en fait. D’ailleurs, avec la version poche, il est plus petit maintenant. Mon livre, c’est Benjamin Button.

J’avais déjà fait un long article de remerciements. Tous ces remerciements sont toujours d’actualité. Interfeel a continué sa vie, malgré la présence d’un virus qui ne manque définitivement pas d’air, et qui a souffleté toutes ces belles activités pendant plusieurs mois.

Cette année, autre approcheJ’ai écris quatre romans depuis (notamment Interfeel 2, 3 et 4), et chaque nouvelle page rédigée a apporté son lot d’expérience. Le temps ayant fait son office, J’ai pu tirer des leçons et des erreurs de mon premier livre. Je vais donc effectuer un retour critique et honnête d’Interfeel 1, pointer en avant des erreurs que je vois maintenant, dans ce premier livre. J’espère que cette auto-pinaillage vous apportera quelques graines de réflexion (des graines pour éviter de se planter, c’est plutôt cocasse).

L'échange de graines
Espérons qu’il ne sorte pas que des navets

Interfeel 1 : les défauts.

Les persos

Quoi ? Ils sont pas beaux, mes héros ?

L’un des défauts qui revient le plus souvent, en parlant d’Interfeel 1, ce sont que les personnages ne sont pas assez développées. Chose intéressante, cette critique vient de moi et de certaines lectrices et lecteurs. Constat unanime ! Mais alors, pourquoi ? Il y a deux raisons : l’une volontaire, l’autre non.

Volontaire

Pour résumer grossièrement, il y a deux types de personnages dans Interfeel 1, les adolescents, et les adultes.

Je n’invente pas l’eau chaude, me direz vous, mais pour en rajouter au moulin, je précise : cette distinction ne se fait pas que sur l’âge, mais sur la nature même des personnages. Les adultes ont déjà leur personnalité définitive, arrêtées. Celle des adolescents est en devenir.

Prenez Kassandra Kacem (la commissaire des Forces Spéciales). Son caractère est déjà forgé, figé, par des années de guerre et les épreuves surmontées. Ce que nous allons apprendre au fil de ce livre (et des autres), c’est sont les nuances de son caractère. Elle n’est pas que autoritaire. Elle n’est pas que rigoriste. Vlad Ekaton (son assistant), c’est pareil : sa personnalité est déjà élaborée au début de l’histoire. Ce qui évolue, c’est notre perception de celles, au fil des pages (et elle ne fait pas plaisir à voir !).

De l’autre côté, nous avons les ados : Nathan, Adila, Livia, Nadem, Hanek et Elizabeth. Eux sont à l’orée de leur « aventure initiatique ». Ils n’ont pas encore les qualités inhérantes aux héros : ils les acquéreront au cours de l’histoire. Au début de celle-ci, ils sont encore « neutres », sentiments renforcés par le Réseau Social Interfeel, qui annihile toute tentative de distinction individuelle. Nous l’allons pas découvrir leur personnalité : nous allons suivre leur évolution jusqu’à l’âge adulte.

Coucou, mon vieil ami.

Voilà pourquoi, à l’origine, ces héros peuvent faire pâles figures : ils ne sont pas encore, ou pas totalement, eux. Chose heureuse : dans tous les retours que j’ai lu sur le Tome 2, cette perception disparaît. Tant mieux : avec le 3, ce sont les livres qui font la part belle à leur évolution. Je deviens jardinier, pour les connaisseurs.

Mais mais mais…

Je serai de bien mauvaise foi en affirmant qu’il s’agit là de la seule raison du « non développement » de mes personnages ! Très clairement, et malgré mon beau discours précédent, j’aurai pu y mettre du mien, pour qu’ils soient un peu plus « eux », dès les premières parge d’Interfeel. Pourquoi ne l’ai-je pas fait ?

Les raisons involontaires.

Créer un nouvel univers, c’est mastoque. Vraiment. Surtout quand on a l’esprit un peu tatillon, et qu’on veut que tout coïncide : les évolutions technologiques, la nourriture, la politique, l’urbanisme, la psychologie… et le système Interfeel. Dans la construction minutieuse de cet univers, les personnages sont passés, un peu, au second plan (j’étais plus architecte, à cet époque, toi même tu sais).

J’ai écris Interfeel 1 entre 2013 et 2014. C’était grosso modo mon premier bouquin. Je n’avais clairement pas l’expérience, à l’époque, pour me concentrer aussi bien sur les personnages que sur la construction de l’univers.

J’espère l’avoir fait sur les livres suivants. Je dis souvent que la saga d’Interfeel se découpe en trois cycles. Le Tome 1, premier cycle repose sur le système Interfeel. Les Tome 2 et 3 se concentrent sur les personnages. Le Tome 4, final, dressera un portrait de la société. Ce découpage est l’image de la critique sur les personnages : volontaire et involontaire. Il est un moyen pour moi de me concentrer sur une chose à la fois, de le développer à fond et d’avoir, une fois l’oeuvre achevée, couvert tout ce que je voulais exprimer.

Ce qui ne veut pas dire que je ne parlerai pas d’Interfeel sur les Tome 2 et 3, ou que les personnages disparaîtrons dans le dernier volume ! Le focus sera simplement différent.

Avec le recul…

Aurais-je pu parler autant du système Interfeel tout en développant davantage les personnages, dans le Tome 1 ?

On ne va pas refaire l’histoire (lol). Mais avec l’écriture de quatre autres bouquins dans les pattes, je sais désoramis quelle aurait été ma méthode pour mieux développer les personnages tout en gardant cette prédominance du réseau, dans le Tome 1.

On va considérer la construction d’un livre comme un mille feuille.

Le Gâteaux individuels | Boulangerie-Pâtisserie Nonnet
Et techniquement, s’il y a mille feuilles, c’est déjà un gros livre.

Une première feuille, c’est Interfeel. Une autre feuille, c’est un personnage, une autre feuille, un second personnage, la troisième feuille correspond à un lieu, etc.. Un bon livre possède un juste équilibre entre ces différents niveaux. Les personnages sont développés, et l’histoire est intéressante, et les lieux sont pertinents. Libre à chacun, ensuite, de se concentrer sur tel ou tel aspect de son histoire (plus développer les personnages / les lieux / l’histoire). L’important était que cela reste digeste.

Mon erreur a été de vouloir travailler sur toutes les feuilles en même temps : faire avancer l’histoire en même temps qu’expliquer l’univers en même temps que développer mes personnages. Par conséquent, et sans m’en rendre compte, je me suis concentré sur Interfeel, sur le réseau, au détriment de mes personnages.

En gros, j’ai écris mon livre comme si j’étais en train de me livre.

J’avançais dans l’histoire, en pensant, à tout moment, à tous les curseurs. Je déconseille absolument cette méthode. Outre le fait que cela va vous prendre monstrueusement la tête, vous ne pouvez pas penser à tout, tout le temps. Spoiler : même si votre narrateur est omniscient, vous n’êtes pas Dieu.

Ce que j’aurai du faire, ce que je fais maintenant pour le Tome 4, c’est de bosser déjà les idées générales de mon histoire. Des indication sur mes personnages, sur les lieux, vont poper. Je les mets dans un coin de ma tête / de mon ordi ; j’y reviendrai plus tard. Puis je fais un premier jet, qui est proprement dégueulasse, MAIS qui permet au moins d’assembler les différentes couches. Ensuite, je peaufine. J’affine les personnages. J’affine les lieux. Et oui : écrire, c’est l’art du repassage. Qui l’eut cru ?

The Most Clever Laundry Hacks You've Never Heard Of
Pas d’excuse : vous avez un livre à écrire.

Cela peut sembler plus long que l’écriture « d’un coup ». Mais le temps n’est pas le seul critère. La qualité finale s’améliorera avec cette méthode. Aussi (et surtout) votre sérénité sera plus grande en tant que créateur. Vous vivrez beaucoup mieux votre travail si vous ne vous prenez la tête que sur un seul thème en même temps.

2. Seconde critique : trop d’action.

Rambo III (1988) - A Review
Passage typique du livre Interfeel (non).

Une autre critique est souvent survenue : trop d’actions, de rebondissements, on n’a pas le temps de voir ce qu’il se passe ou d’apprécier une situation. Et… c’est une remarque également pertinente !

Mais alors, pourquoi donc ai-je mis ce déferlement de renversements dans Interfeel ?

Explication en trois points…

  • Quand on sort son premier livre, on a envie qu’il plaise. C’est tout simple, et ça explique beaucoup. Cela m’a incité à mettre des coups de théâtre, des « pages turners », généralement à la fin des chapitres. Quand on écrit, quand on débute au moins, on veut que le lecteur soit happé par notre histoire. Qu’il ne puisse lâcher le livre. Et pour cela, quoi de mieux que ce suspsens intenable ?
  • Cela est aussi dû à mon passé de novellistes : en écrivant Interfeel 1, j’ai souvent considéré chaque chapitre comme une nouvelle, avec son propre rythme, sa propre tonalité… et sa conclusion, généralement accrocheuse.
  • J’étais aussi dans une période de ma vie où j’adorais cette notion de rythme, de cliffhangers qui vous scotchaient à votre siège. Forcément, quand on écrit, nos propres aspirations transpirent.

Revers de la médaille : à l’instar d’un trampoline, trop de rebondissements usent les ressors narratifs de votre histoire. La répétition fatigue. Vous connaissez tous des séries télés qui usent et abusent de ce même stratagème avant chaque coupure pub : musique intense, situation dangeureuse, noir. Ainsi, vous restez pendant les réclames, le temps que Lactel vous disent que vous le valez bien, ou que l’essentiel est dans l’Oréal. Ces rebondissements deviennent des stimulis. Usés, ils ne vous accrochent que par habitude.

(Pour ma défense, et contrairement à beaucoup de ces « shows », tous mes rebondissements étaient construits et ne faisaient réellement avancer l’histoire, alors que certaines séries se contentent de faire des fausses frayeurs sans conséquence histoire que vous restiez jusqu’à la fin).

Outre mon plaisir personnel (clairement), l’utilisation de ces procédés de rythme est avant tout mis pour rassrer l’écrivain débutant : être certain que le lectorat ne décroche pas, que le roman ne tombe pas des mains. Plus serin désormais, je me suis employé à ralentir le rythme des tomes 2 et 3, pour entrer plus profondément dans l’histoire, m’approcher des personnages, et ne pas rester qu’à la surface des plots twists…

Quelle leçon tirer de cette « surabondance de rythmes » :

C’est simple : faîtes vous confiance. Parfois, il veut mieux un ou deux chapitres avec moins de rythme, mais qui installent plus profondément les personnages, et les enjeux. L’implication des lectrices et lecteurs sera plus profonde. Clairement, ils plongeront dans votre histoire ! Le maigre risque que vous prenez, de voir quelques personnes quitter votre livre, vous le compenserez rapidement, car quand tant d’autres s’investiront dans votre univers. A réfléchir !

Voilà ! J’espère que ce retour introspectif vous aura plu ! Je pense que c’est un exercice intéressant à faire pour toute autrice et auteur : cela permet de prendre du recul, de voir le chemin parcouru, et de faire preuve d’un peu de modestie :).

Attention !

Deux précisions : je n’ai pas souligné toutes les critiques portées sur Interfeel 1. Certaines, par exemple, parlaient de leur déception de voir l’histoire aller dans un sens et pas dans l’autre. Je ne parle pas de ces retours, car il s’agissait d’un choix légitime de ma part. Je voulais que l’histoire évolue ainsi. Pas de regret. Par contre, j’aurai aimé plus développer mes personnages, mais je n’en avais pas les compétences à l’époque. Donc j’en parle.

C’est très important : toute critique n’est pas à prendre au pied de la lettre (lol). Elle doit souligner quelque chose que vous auriez aimé faire, sans y parvenir. Si une personne est en désaccord avec certains de vox choix assumé, c’est très différent.

Je souligne également que ces critiques sur Interfeel sont non seulement minoritaires, parmi tous les retours que j’ai eu, et que certaines, beaucoup même, ont au contraire adoré le rythme du premier tome. Et c’est un point essentiel à ne pas oublier. On est plus enclin à commenter lorsque nous n’avons pas aimé, et nous, autrices et auteurs, avons tendance à surestimer les retours négatifs. Qui n’a jamais eu son moral en joie après plusieurs supers retours flamboyants, retomber à terre après la découverte d’une seule critique incendiaire ? Notre perception de l’éloge et de critique ne sont vraiment pas les mêmes, ne l’oubliez pas.

Nous devons, autrices, auteurs, prendre du recul. Ne vous laissez pas (trop) affectés pas la critique. Jugez-là. Si elle vous semble pertinente, utilisez là.. ou pas ! Ce choix n’appartient qu’à vous !

A très bientôt !

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Les Interventions Scolaires Numériques

Bonjour à toutes et à tous !

Vous le savez, ou pas, mais l’une des activités des auteurs sont les interventions scolaires. Nous rencontrons les élèves, parlons de nos livres, de l’écriture, et des sujets abordés dans nos histoires. Pour ma part, il s’agit surtout des Réseaux Sociaux.

Vous le savez aussi – ou pas, mais dans ce cas, c’est inquiétant !, un virus se propage actuellement, et met à l’arrêt un grand nombre d’activités… notamment ces interventions scolaires !

Au cours de ces deux derniers mois, j’ai dû annuler de nombreuses rencontres. Néanmoins, grâce aux professeures investies pour offrir aux élèves des évènements sortant du cadre traditionnel des cours à distance, nous avons transformé ces rencontres physiques en interventions scolaires numériques !

Comment ça marche ?

Par l’intermédiaire d’une plate-forme, j’échange avec les élèves pendant deux heures. Grâce au chat, ils me posernt toutes les questions qu’ils veulent pour rendre cette intervention dynamique : pourquoi ai-je écris Interfeel ? Qu’est-ce qui me motive dans l’écriture ? Quel est mon âge (puisque cela semble être un grand mystère pour eux !). Les retours de ces évènements, de la part des professeures et des élèves, ont été grandement positifs !

Je propose désormais une telle intervention à tous les professeurs qui souhaitent organiser une telle rencontre !

Mes rencontres durent deux heures et se découpent en deux parties. Durant la première, je réponds à toutes les questions que les élèves peuvent avoir face à un écrivain. J’aborde ensuite de nombreux concepts de narration, comme la différence entre les écrivains archtectes et jardiniers, la notion de rythme, et le cycle du héros.

Durant la seconde heure, nous nous concentrons principalement sur les réseaux sociaux, et les Fake News.

J’explique comment, pour plusieurs raisons psychologiques, les Fakes News et les théories du complot se propagent aussi facilement sur les réseaux et comment ceux-ci, par leur structure même, les encouragent. Je montrerai comment s’en prévenir, comment apprendre à rechercher les sources des informations, ou l’origine d’une photo.

J’ai fait une vidéo, qui explicite ma démarche, et le contenu d’une telle intervention :

Si vous avez des questions sur une telle intervention, ou si elle vous intéresse, contactez moi ! Vous pouvez me laisser un message directement sur ce site, dans la catégorie contact !

Je vous souhaite une excellente fin de semaine, et à très vite !

Antonin Atger.

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Interfeel 1 gratuit !

Breaking news !

Le confinement, c’est long. Pour vous changer, (un peu) les idées, on a décidé d’un truc super avec PKJ et 12-21 (l’éditeur d’ebook) : Interfeel 1, gratuit, en version numérique, ce weekend !

Celui-là même.

Attention, ça ne veut pas dire que vous devez le lire durant le weekend ! Simplement qu’entre aujourd’hui et demain, vous pouvez le télécharger !

Où ça ?

Excellente question !

Il faut tout simplement cliquer sur l’image ci-dessous :

Ou, plus prosaïquement, sur ce lien : bit.ly/39n1YSN !

Voilà. L’occcasion de vous occuper, et de vous permettre de vous évader quelques heures.

Vous y retrouverez tous les diffuseurs (les Libraires, Fnac, Decitre). A vous de choisir celui que vous préférez en votre âme et conscience 😉 (après tout, c’est vous qui choisissez !)

Vous avez toujours voulu faire découvrir ce livre à des proches ? Vous voulez relire ce premier volume, ou le découvrir vous-même ? C’est l’occasion !

Si vous avez des problèmes avec le téléchargement, contactez-moi en commentaire… mais normalement on a tout vérifié, ça devrait fonctionner du tonnerre.

N’hésitez pas à diffuser ce message, si vous pensez connaître des gens intéressés ! Rappel : l’opération s’arrête demain !

Excellente (re)lecture à toutes et à tous !

Antonin A.

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Interfeel 3 : la couverture !

Ceux qui ont lu le Tome 2 le savent : l’histoire ne PEUT PAS se terminer comme ça. Tant mieux, ce n’est pas le cas !

J’ai donc le plaisir de vous présenter la couverture, toujours réalisée par les soins du génial Léonard Dupond, d’Interfeel 3 :

Tadam !

Les vrais, c’est à dire ceux qui ont déjà lu les deux premiers tomes, savent déjà exactement où se passe cette scène. Mais chuuut :).

Le troisième volume était prévu pour juin. Mais au vu des circonstances que vous connaissez (une histoire de virus, un truc comme ça), on va très certainement décaller de quelques mois (quelques mois seulement) sa sortie, pour offrir à ce livre le meilleur accueil ! Je reviendrai, bien évidemment, vers vous pour vous en parler !

Alors, que vous inspire cette couverture ?

Excellente journée !

Antoin A.

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La preuve par trois – nouvelles du confinement – 14

« Stéphane Kraponne, 16 ans, retrouvé mort dans la forêt de Boileau, ce matin. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agit d’un meurtre à l’arme à feu. »

*

Jérôme et Simon Bouilly, 45 et 47 ans, patientent devant le lavomatic. Ce local a depuis longtemps dépassé sa fonction première de lavage. Il est devenu le centre vivant de la banlieue. Certains endroits possèdent une place, une fontaine pour lieu de rendez-vous. Ici, c’est le lavomatic. Il est le cœur du quartier, qui vit au rythme de ses battements de tambour. A l’heure des réseaux sociaux, il est un véritable forum dans lequel tous les sujets sont abordés, aimés, et partagés. La moindre information, la plus petite rumeur se propagent dans ce lieu, tandis que valsent les chaussettes, tintent les piécettes, tonnent les machines.

Jérôme et Simon Bouilly patientent devant le lavomatic depuis, déjà, un moment. Le temps d’un cycle et demi de machine, lavage à 60°, linge normal. Ils ne rentrent pas. Ne se mêlent pas au flux de personnes et d’échanges. Ils attendent, c’est tout, et justifient leur présence à l’extérieur en grillant cigarette sur cigarette. Sous prétexte de préserver la flamme du briquet, ils tournent parfois la tête en direction de l’intérieur du local, révélé par de grands murs vitrés. Le temps passe, les gens viennent, lavent, parlent, partent, à l’exception d’un jeune homme. Seul, silencieux, il se contente de fixer depuis trois quart d’heure déjà, dos à l’entrée, le contenu de sa machine.

Les autres arguent, draguent, lui regarde ses affaires passer et repasser, parfois changer de couleur à la faveur d’un sweater indigo. Un quart d’heure plus tard, à bout de cigarettes, de paquets de cigarettes, les deux hommes se regardent d’un air entendu et s’éloignent.

*

Mohammed Ahmadi, 16 ans, reste immobile dans le lavomatic. Il vient de voir le reflet des deux hommes disparaître sur la vitre de la machine. Il patiente encore quelques minutes, par principe, puis se risque à tourner la tête pour confirmer cette absence de réflexion. Au dehors, une lumière rasante, quelques voitures garées, un sac plastique s’agitant dans un tourbillon. Personne.

Il arrête la machine qui sèche depuis bien trop longtemps et sort ses vêtements brûlants qu’il fourre dans un sac. Au dehors, toujours personne. D’un pas rapide, il se dépêche de rentrer.

Il les percute au premier tournant. D’un geste plaqué au mur, chaque homme tient d’une main ferme l’une de ses épaules.

« Je sais rien, gémit-il.

– Tu ne sais même pas ce qu’on va te demander, répond fermement Jérôme Bouilly.

– Je sais très bien, affirme Mohammed d’un ton nerveux. Vous enquêtez sur le meurtre de Stéphane. (Il fixe Jérôme)  Le pote de ton fils (il regarde Simon) de ton neveu. Vous voulez savoir si j’y suis pour quelque chose.

– Alors ? Tu y es pour quelque chose ? demande Simon.

– Non, bien sûr que non, fait Mohammed en gémissant presque. Pas plus que Jérémie, d’ailleurs.

– Pourtant vous ne vous voyiez plus en ce moment, reprend le premier. Vous étiez toujours fourré ensemble auparavant. Stéphane, mon fils Jérémie, et toi. Vous avez fait les quatre cent coups ensemble, et certains coups étaient bien plus graves que d’autres. Ça fait six mois que vous aviez coupé les ponts. Pourquoi ? »

Mohammed les regarde en silence. Oubliant toute sa peur, il s’écrit soudain :

« Putain, Jérôme, j’ai coupé les ponts parce que j’en avais marre des embrouilles de ton fils. Ça allait trop loin. Des flingues, précise-t-il, presque incrédule. Ils s’étaient procurés des flingues, vous vous rendez comptes ? On n’était pas des anges quand on opérait à trois, mais là, c’était devenu infernal.

– Jérémie et Stéphane aussi avaient arrêté, reprend Simon avec rudesse. Ça faisait deux mois qu’ils essayaient d’être clean. Ne les jugent pas.

– Ouais, répond Mohammed. Et maintenant Stéphane est mort et Jérémie est accusé du meurtre de son ami. Ils ont vraiment suivit le droit chemin.»

Jérôme et Simon, simultanément, se crispent.

« Mon neveu n’a rien fait, murmure Simon en serrant les dents.

– Il n’a rien fait, continue Jérôme, et on va le prouver. Tu vas nous aider pour ça.

– Comment ?

– Tu retournes au lavomatic, dit Simon. Tous les jours. Je m’en fous si tu dois te rouler dans la boue pour avoir assez de vêtements sales. Tu captes les rumeurs. Tout ce qui se dit, sur Stéphane, sur n’importe quoi, tu enregistres, puis tu viens nous le rapporter.

– J’ai quoi en échange ? demande Mohammed, méfiant. »

Le second homme le regarde sentencieusement. Il sort de sa poche un sac plastique rempli de pièces de monnaie.

« De l’argent pour les machines. »

*

Jérôme et Simon Bouilly sont dans la voiture de Jérôme. Ce dernier conduit, l’autre occupe la place du mort, le silence qu’ils partagent est du même nom. Ils savent où aller, pourraient s’y rendre en quelques minutes mais Jérôme fait quelques détours pour partager ce mutisme nécessaire, suivi d’une discussion essentielle :

« Qu’est-ce que t’en penses ?

– Mohammed est flippé. Ça n’en fait pas un coupable.

– Et puis il faut trouver le motif.

Taciturne, Simon hésite.

« Ils se sont engueulés, il y a six mois, à cause de l’histoire des flingues. Il y a peut-être d’autres éléments qu’on ne connait pas encore. On doit creuser.

– On n’a pas beaucoup de temps, dit Jérôme d’un ton tendu. Mon fils est en garde à vue pour un meurtre qu’il n’a pas commis et je ne vais pas pouvoir supporter cette situation très longtemps…  vu comme la police l’a dans le nez, il faut se dépêcher.

– Pas besoin de me le rappeler ! hurla presque Simon. Jérém’ est mon neveu, mais tu sais bien que je le considère comme mon fils.»

Le silence revient, quelque seconde à peine, avant que Jérôme ne le brise d’une voix soudain faible :

« Quand je pense à tout ce qu’on a fait pour qu’il s’en sorte… qu’il puisse avoir une nouvelle vie… et maintenant il risque de partir en prison… »

Simon pose une main fraternelle sur l’épaule de Jérôme et dit :

« On trouvera le bon coupable. On fera tout pour innocenter ton fils, je te le promets.»

*

Isabelle Kraponne, 43 ans, attend sur le perron de sa maison. Il s’agit d’une résidence de banlieue, acquise en commun il y a dix-sept ans, mais qu’elle rembourse seule depuis seize, année de son accouchement et de sa séparation. De nombreux résineux parsèment les alentours de son habitation, prémisse de la forêt de Boileau.

Isabelle Kraponne attend sur le perron de sa maison depuis quelque temps déjà, mais un bruit de moteur qu’elle connait bien lui annonce qu’ils arrivent. Un créneau et deux portes qui claquent plus tard, Jérôme et Simon Bouilly s’approchent. Elle les embrasse l’un après l’autre, longuement. D’une voix douce, elle ajoute :

« Venez… il faut prier ».

Jérôme n’est pas croyant, Simon n’est pas chrétien, ils enlèvent néanmoins manteaux et vestons qu’ils posent à l’entrée. Tandis que Isabelle quitte la pièce pour aller chercher un cierge, ils s’agenouillent dans la petite pièce dans laquelle elle passe ses journées depuis la découverte du cadavre de son fils.

Cierge allumé, ils joignent leurs mains dans une prière commune. Isabelle, les yeux clos, murmure des phrases inintelligibles qui la font frissonner, tandis que la bougie saigne, et que les gouttes tombent sur le support de métal. Cette pluie durcit, forme un monticule de cire qui a le temps de refroidir avant qu’Isabelle n’ouvre les yeux. Elle semble plus apaisée. Elle se lève, éteint le cierge d’un doigt humecté de salive et leur demande :

« On recommence. Récapitulez tout ce qu’on sait. N’épargnez aucun détail. Je suis prête. Partez du principe que je ne connais pas la victime.

Jérôme s’éclaircit la voix et commence :

« Stéphane Kraponne a disparu il y a une semaine. Au début, les autorités pensaient à une fugue et une première enquête a été menée. La découverte de son… (Jérôme hésite, Isabelle insiste du regard) corps, il y a trois jours, dans la forêt de Boileau, par un chien domestique, nous prouve qu’il a été assassiné de deux balles tirées à bout portant. L’autopsie révélera que le meurtre a eu lieu le jour exact de sa disparition et qu’il s’est déroulé dans la forêt. Le corps n’a pas été amené jusqu’à la forêt. Il semblerait que Stéphane s’y soit rendu de son plein gré, puisque il n’y a aucune trace de lutte. »

Simon prend le relais :

« Un autre élément, que tu nous as précisé par la suite, est essentiel : une journée avant sa disparition, tu as eu le sentiment que quelqu’un s’était infiltré chez toi. Juste une impression, rien de plus. Mais rien n’a été volé ni déplacé, alors tu n’y as prêtée attention… jusqu’à la disparition de ton fils. »

Il conclue.

« Voilà tous les éléments dont nous disposons.»

Isabelle fixe Jérôme droit et lui demande :

« Quel est le principal suspect ? »

Jérôme soutient son regard un instant, puis baisse les yeux.

« Mon propre fils, le neveu de Simon, Jérémie Bouilly. Il n’a aucun alibi car au moment supposé des faits, il traînait dans la rue. Quant au mobile, le quartier savait qu’il y avait des tensions entre ton fils et le mien depuis plusieurs semaines, mais personne n’en connaissait la raison. » Il lève les yeux. « Moi non plus. »

Il laisse passer un nouveau silence, puis continue.

« Je sais que mon fils n’est pas un meurtrier. Je. Le. Sais, insiste-il. C’est pourquoi avec Simon, nous faisons une contre-enquête, en parallèle de la police qui semble bien pressée de tout coller sur le dos de mon fils.

– Il y a un autre suspect, reprend Simon, Mohammed Ahmadi. Le troisième élément du trio qu’ils formaient depuis des années. Depuis six mois, Mohammed avait pris ses distances, sans qu’on en sache vraiment la raison. Là encore, on ne le lâche rien. On finira par savoir. On fera la lumière sur toutes les zones d’ombre de cette histoire, je te le promets.»

Jérôme saisit soudain les mains d’Isabelle, et conclut :

 « A nous trois, nous apporterons la preuve que mon fils n’est pas un meurtrier et nous révélerons le véritable coupable. Je te le promets»

*

Jérôme et Simon Bouilly dorment, l’un sur un lit, l’autre sur le canapé de la même pièce, dans le studio qu’il partage désormais. Une semaine s’est écoulée depuis leur première rencontre avec Mohammed. Depuis, le rituel est inchangé. Recherche d’information, pièces de monnaie, prière, cierge, cire, résumé de l’histoire. Mais les éléments tardent, et les pièces de monnaie fondent, la cire s’accumule, les machines tournent et les  nuits sont agitées.

Le coup de téléphone, à deux heures du matin, ne les tire donc que d’un sommeil léger. Jérôme jette un coup d’œil, « Isabelle Port. », et répond d’une voix pâteuse malgré la nuit presque blanche.

« Quoi ?

– C’est moi. J’ai quelque chose de très important à vous dire. Venez vite.

– A deux heures du matin ?

– Ça concerne l’enquête. Et sa résolution. J’ai trouvé quelque chose.»

Jérôme a déjà bondi de son lit, réveillant Simon à coup de claques. Il répond néanmoins « on arrive », en forçant un bâillement fatigué, histoire de maintenir l’illusion d’une certaine nonchalance.

*

Jérôme et Simon Bouilly sont – encore, dans leur voiture, conducteur, place du mort, silence du même nom. La différence se fait dans la nuit ocre qui les entoure, lacéré par ses phares de routes. Cette fois, pas un mot ne vient couvrir le bruit du moteur. Une atmosphère de plomb, nappé d’inquiétude, dans une nuit de la même consistance.

*

Isabelle Kraponne attend sur le perron de sa maison. Elle entend le bruit de moteur, plus nerveux que la dernière fois. Ou alors, simplement, le silence apporte une résonnance inédite à ces chevaux de métal. Tout cela n’est pas très grave, se dit-elle. Créneau, portières, elle s’approche d’eux et les embrassent, longuement. La bouche fendue d’un sourire, elle annonce ensuite :

« Il faut prier ».

–  Maintenant ? dit Jérôme, énervé. A deux heures et demi du matin ? Tu ne veux pas plutôt nous dire pourquoi tu nous a fait venir ?

–  Non non, fait Isabelle en secouant la tête de manière aérienne. Il faut prier. Comme à chaque fois. C’est très important.

Sans ajouter un mot, ils défont leur manteau, qu’ils posent à l’entrée. Comme à chaque fois. Ils entrent dans la pièce qui semble contenir de plus en plus de crucifix. Isabelle part chercher un cierge neuf qu’elle pose sur un autel miniature arrivé en cours de semaine. Ils se mettent côte à côte et, mains jointes, restent ainsi durant presqu’une heure, tandis que la bougie saigne de cire, entaillé par cette flamme chancelante. Aucun bruit, à part quelques voitures égarées, n’interrompt le silence de cette prière dans laquelle les paroles d’Isabelle ressemblent à des babillages de plus en plus confus, d’où émergent uniquement quelques « pater » et autres « filius » à peine compréhensibles.

Après une éternité, elle se lève enfin et dit :

« Qu’est-ce que tu voulais nous dire ? demande Jérôme.

– J’ai résolu l’énigme, dit calmement Isabelle.

– Tu veux dire que tu sais qui a… tué Stéphane ?

– C’est plus compliqué, fait Isabelle en secouant encore la tête. Beaucoup plus compliqué…

– Plus compliqué ? Qu’est-ce que tu…

– Pas ici.

– Pas ici ? »

Le regard d’Isabelle se pose sur eux, mais semble les traverser

« Il faut retourner dans la forêt. Là où tout a commencé.

– Tu veux aller dans la forêt de Boileau à trois heures du matin ?

– Oui. Avant que le soleil ne se lève. S’il fait jour, plus rien ne sera pareil. Je dois vous montrer quelque chose là-bas. Vous comprendrez. Venez. »

*

Jérôme, Simon Bouilly, ainsi que Isabelle Kraponne, se trouvent dans la voiture de Jérôme. Conducteur, place du mort, passager arrière, au silence habituel des deux hommes s’ajoute celui d’Isabelle. Une autre tonalité de vide, bercé par le mince filet de bruit du moteur. Les arbres se multiplient, l’obscurité devient sylvestre. Au bout de quelques minutes forestières, sur une indication de Stéphane sur son épaule, Jérôme s’arrête. Ils sortent, trois portières claquent dans la nuit. Sans dire un mot de plus, Isabelle s’enfonce dans l’obscurité tandis que Jérôme et Simon tentent d’éviter les racines à coup de lumière de Smartphone

« On s’éloigne du lieu du crime, remarque Simon, évitant une branche basse.

– Je ne vais pas sur le lieu du crime. Vous allez comprendre.. »

Au bout d’un moment, enfin, ils s’arrêtent. Un léger vent fait bruisser les dernières feuilles d’automne. Isabelle se tourne vers eux. L’unique source de lumière provient des portables de Simon et Jérémie, qui n’éclairent que partiellement son visage, ne révélant rien de son expression. Après quelques secondes profondes, Isabelle annonce, tout simplement :

« Je vous ai menti, je n’ai pas résolu le meurtre.

– Qu’est-ce que tu racontes ? lance Jérôme, incrédule.

– Je n’ai pas résolu le meurtre, répète Isabelle d’une même voix monocorde. Par contre, j’ai acquis la conviction qu’on ne le résoudra jamais. Cette conclusion m’a amené à une décision. Mais je ne pouvais vous en parler qu’au fin fond de cette forêt, là où mon fils est mort.. »

Elle prend une grande respiration et ferma les yeux. Elle semble prier à toute vitesse, en silence puis, d’un coup sec, dit :

« Je vais accuser Jérémie Bouilly du meurtre de mon fils. »

Jérôme la regarde en silence, incrédule. La lumière de son portable tombe, plonge l’un des côtés d’Isabelle dans l’obscurité. Il se ressaisit, l’éclaire à nouveau, puis demande :

« Qu’est ce que tu racontes ? Pourquoi tu fais ça ? Tu sais très bien que…

– Qu’il n’est pas le coupable ? Peut être. Peut être pas. On ne saura jamais et désormais, ça n’a plus d’importance pour moi. »

Elle les regarde en silence.

« Ce que je sais, par contre, c’est que je veux un coupable. Avec la disparition de mon fils, ma vie est détruite. Quelque soit le nombre de cierges brûlés, je sais bien que je ne trouverais aucun réconfort. Je n’ai plus aucun but. Je n’ai plus rien. Il me faut un coupable à mettre derrière les barreaux, sans quoi je sais que je ne pourrais jamais aller de l’avant. Peu importe lequel, au fond, puisque mon fils ne reviendra jamais…

– Tu serais donc prête à accuser un innocent pour satisfaire ce besoin ? Même mon propre  fils ? »

Isabelle le regarde en silence, puis dit :

« Sans hésitation. Jérémie est le coupable le plus probable, et son inculpation tient à peu de choses. Il suffit que je raconte à quel point les tensions étaient importantes entre ton fils et le mien pour que la balance penche en sa défaveur. »

Elle claque des doigts, comme mue par une idée nouvelle :

« Tiens ! Je pourrais aussi dire que vous m’avez menacé de ne rien dire. Ça  fait deux semaines que je suis transmis d’angoisses et que je n’ose pas parler. Maintenant, enfin, j’avoue. J’aurais le rôle de la victime éplorée, endeuillée, harcelée… je plairais beaucoup lors du procès. »

Jérôme et Simon se regardent un moment.

« Je suis vraiment désolé, Isabelle, mais je ne pourrais pas te laisser faire cela.

– Ah bon ? demanda Isabelle. Et qu’est-ce que tu peux faire pour m’en empêcher ? »

Il soupire, lourdement, comme si respirer devenait soudain difficile. Il sort l’arme qui se trouve dans la poche intérieure de son manteau et le pointe vers Isabelle qui, très calme, demande :

« Tu serais prêt à me tuer pour protéger Jérémie ?

– Sans hésitation. Je serais prêt à tout pour mon fils. »

Isabelle le regarde. Elle ne semble pas effrayée. A peine éclairé, elle paraît pâle. Ailleurs.

« Tu ferais mieux de tirer, Jérôme, affirme Isabelle. Je ne reviendrais pas sur ma décision.

  • Je suis désolé…  commence Jérôme, dont les tremblements de corps affecte la voix.
  • Tu veux mourir ! »

Simon vient de crier, sans réfléchir. Isabelle le regarde, dans la lumière fragile des portables.

« Tu veux mourir, soutient Simon. Tu nous emmènes en pleine forêt, tu nous menaces, tu sais qu’on a une arme… ton but n’est pas de nous faire chanter. Ça, c’est le moyen. Tu veux qu’on t’assassine. »

Isabelle tourne son visage dans la direction de Simon. Elle semble le traverser de son regard frémissant.

« Tu as perdu le goût à la vie, tu n’as plus rien à quoi te raccrocher, mais tu ne parviens pas en finir par toi-même. Et à la vue de tes convictions, le suicide ne s’impose pas vraiment comme une évidence. Alors tu as imaginé ce petit stratagème. »

Il s’avance vers elle.

« C’est ça ? Tu cherches à nous pousser à bout, et nous acculer à ce choix ? »

De frémissant, le regard d’Isabelle devient tremblant, même s’il est difficile de distinguer cette nuance. Elle semble ne pas avoir prévu cette explication. Elle balbutie quelques mots, n’y parvient pas. Enfin, elle secoue la tête et se reprend, sereine :

« Même si tu as raison, qu’est-ce que ça change ? Je vous fais chanter, et vous savez très bien que j’irai au bout de ma démarche. Au pire, vous me rendez service et vous sauvez Jérémie. »

Son regard, jusque-là perdu, se retrouve à nouveau sur Jérôme.

« Quel que soit l’explication, l’enjeu reste le même. Soit tu vas jusqu’au bout, soit je vais révéler dès demain ma version des faits et condamne ton fils. »

L’arme de Jérôme s’était faite hésitant. Elle avait frémit en se dirigeant vers Isabelle, s’était baissée lors de l’explication de Simon… elle se redresse à nouveau, tremble moins, la main se contracte, va tirer…

 « Juste… murmure Isabelle

Jérôme lève légèrement son arme et attend :

« Avant de tirer, est-ce que tu peux me dire… est-ce que tu sais des choses que tu ne m’as pas raconté sur mon fils ? »

Simon regarde Jérôme en silence.

« Oui… »

Isabelle fixe le sol. Son expression reste impossible à traduire. Puis, calmement, elle dit :

« C’est vous, n’est-ce pas ?

– Tu savais ? demande Jérôme.

– Je m’en doutais. Je voulais avoir la certitude avant de mourir. Pourquoi ? »

Comme Jérôme ne parvient plus à continuer, Simon prend la parole.

« Ton fils voulait tout révéler, Isabelle. Lui, Mohammed et mon neveu avaient fait un sacré paquet de conneries. Ils avaient même réussi à se dégoter une arme pour chacun, la même, un semi-automatique. Ils étaient allés vraiment loin. Mohammed a décidé de se ranger, et ça les avait convaincus de faire pareil. Se calmer. Reprendre les études. Filer droit. Sauf que ton fils avait décidé qu’il fallait d’abord tout avouer. A cause de la religion. Une histoire de rédemption. Tous les larcins. Tu imagines ? Avec ce qu’ils ont fait, ils auraient fini au trou. Marqués à vie. Comment tu veux t’en sortir ensuite, avec un tel casier ? Il fallait l’en empêcher. Alors on a décidé de… de régler le problème. Ça nous a déchiré le cœur, mais on vient de te le dire : on serait prêt à tout pour Jérémie. Je savais où il cachait son arme chez lui, car Jérémie était au courant et me l’avait dit. Je me suis infiltré chez vous et j’ai enrayé l’arme. Au cas où les choses tournent mal quand on déciderait de… » 

« Il ne s’est pas méfié, quand on lui a dit de venir, continue Simon. Il n’a même pas pris son flingue, finalement. On l’a emmené en forêt, sous prétexte d’être au calme et….on a fait ce qu’on devait faire. On ne pensait pas que le corps serait découvert aussi vite, par un clébard à l’odorat trop fin. Et mon gamin a tout de suite été suspecté, avant qu’on ait eu le temps de lui trouver une histoire plausible pour justifier son absence le soir de la disparition.

«  Alors, termine Isabelle, vous avez décidé d’ « enquêter » sur le meurtre que vous avez-vous-même effectué. Ce que vous vouliez, n’était pas de trouver le véritable coupable. Il fallait trouver un coupable. Assez crédible pour déculpabiliser Jérémie.

  • Tu as tout compris, fait Jérôme. Il nous fallait trouver un nouveau coupable et un nouveau mobile. Je suis sûr qu’en creusant la piste de Mohammed, on aurait pu trouver. »

Jérôme commence à trembler.

« Tu n’aurais pas pu attendre un peu plus ? Rien qu’un peu plus ? Pourquoi est-ce qu’il a fallu que tu nous fasses ce numéro maintenant ? Tout aurait été réglé, Mohammed aurait tout pris. Qu’est ce qui t’a mis sur la voie, d’ailleurs ?

« Mohammed, justement, fit Isabelle. Il est venu me voir. Il a suivi votre recommandation à la lettre, il a écouté les rumeurs du Lavomatic. Une, surtout, l’a interpelée. On vous aurait vu discuter à plusieurs reprises avec mon fils, les jours précédents sa disparition.

«  Bien sûr, il a jugé plus sage de me rapporter cette discussion directement à moi. C’est alors que j’ai commencé à réfléchir différemment. A me dire que, finalement, le coupable n’était peut-être pas Jérémie ou Mohammed. Mais vous.

« Il me fallait trouver la preuve ultime. Ou un aveu. C’est pour cela que je vous ai fait venir ici et que je vous ai poussé à bout. Pour vous faire avouer. Savoir si vous seriez capable d’en venir au meurtre, après mes menaces. Savoir si après avoir tué mon fils, vous pourriez faire de même avec la mère.

  • Et maintenant que tu sais ? demande Jérôme d’un ton nerveux.
  • Maintenant, je peux m’en aller apaisée. »

Jérôme lève à nouveau l’arme qui tremblait, mais pointe directement Isabelle. Pour briser le silence pesant, Simon demande soudain:

« Tu veux faire une dernière prière avant, Isabelle ? »

Elle lève les yeux vers la cime des arbres.

« Pas encore. »

Elle fixe fermement le ciel tandis que Jérôme, fermant un œil, le canon tremblant, appuie sur la gachette.

Click

Jérôme regarde son arme, interloqué. Il appuie une nouvelle fois sur la détente, mais le même son se fait entendre : click.

Isabelle quitte les cimes des arbres des yeux pour les baisser vers les deux hommes :

« Il y a un élément que je ne vous ai pas encore précisé, dit-elle. Lorsque Mohammed est venu me parler, il m’a aussi montré la cachette de l’arme de Stéphane. En la sortant, il a constaté que quelque chose n’allait pas : elle était enrayée. »

Elle fait en premier pas dans leur direction.

« C’est là que j’ai compris. Quelqu’un s’était bel et bien infiltré dans mon appartement la veille de la disparition de mon fils. Cette personne n’avait rien déplacé, rien volé. Elle a simplement enrayé l’arme de mon fils. C’était donc une personne qui connaissait cette cachette. Soit Mohammed, soit Jérémie… soit un proche. »

Elle les désigne l’un et l’autre du doigt.

« Le père de Jérémie, par exemple. Ou son oncle.

  • Mais… comment… commença Simon
  • J’ai souhaité que l’on prie pour une raison très simple, ce soir. Lorsque je suis sortie de la pièce, je n’ai pas fait que chercher le cierge. J’ai vérifié que vous ayez bien pris une arme. Comme vous ne pouviez pas la cacher sur vous sans que je la voie, elle devait être dans l’un de vos manteaux. Celui que vous avez laissé à l’entrée. Ce fut la preuve définitive de votre culpabilité.»

Elle regarde de nouveau l’arme que Jérôme pointe toujours sur elle.
« Je savais que c’était celle qu’avait achetée Jérémie au marché noir. Celle qui avait tué mon fils. Je l’ai échangé avec la sienne que tu tiens dorénavant dans ta main. Qui est exactement la même. Sauf qu’elle est enrayée ».

Elle avance une nouvelle fois. L’ombre de son visage s’apaise. Son expression de résolution absolue apparait.

« J’ai dit que je partirai apaisé. Je ne voulais pas dire que j’allais mourir. Pas tout de suite.»

Elle s’avance d’un premier pas et sorti de son manteau une arme. L’exacte réplique que celle de Jérôme à la main.

« Je vais partir de cette forêt, apaisée, avec votre propre voiture. »

Jérôme cri soudain :

« Putain, Isabelle, fait pas ça ! Je sais que ce que l’on a fait est horrible. Mais on l’a fait car c’était nécessaire. On voulait que mon fils s’en sorte. Qu’il ait un nouveau départ dans la vie. Tu comprends, non ? Tout ce qu’on a fait, c’est pour amour pour mon fils !

  • Je sais, répond Isabelle et, calmement, elle pointa son arme vers lui.
  • Tu vas le faire ? Tu vas vraiment le faire, fit Simon, transit d’angoisse ? Attend… attend… t’es chrétienne, non ? La compassion, le pardon, c’est important pour toi ! Il dirait quoi, Dieu, s’il te voyait. Tu ne penses pas que s’il pouvait, il agirait ? Isabelle, merde, pense à ça ! Ton Dieu, il ferait bien un geste pour te dire d’arrêter, non ? »

Isabelle les regarde en silence. Elle lève les yeux vers la cime des arbres mais n’entend que le sifflement du vent et l’agitation des cimes.

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