Histoire d’écrire #19 Comment construire une histoire ?

Aujoud’hui, article un peu spécial : nous allons voir, ensemblen les schémas narratifs classiques.

Pourquoi? Car tout roman peut se décomposer en ligne narrative. Qu’il s’agisse de l’histoire en tant que tel, ou le parcours individuel des protagonistes.

Encore flou ? Pas de souci : avec des schémas élégamment tracés et une foison d’exemple, livres, films ou séries, vous comprendrez ! Et je vous expliquerai, à la fin, pourquoi il est indispensable d’avoir conscience de ces « lignes de forces » dans votre histoire. C’est parti !

NB : je ne parlerai pas ici du parcours initiatique du héros (situation initiale, élément perturbateurs, etc.), même si j’en ferai allusion. Ce sera le thème d’un prochain article.

NBB : ces lignes narratives ne sont, évidemment, pas de moi. Mais il me semble essentielle d’en parler et, par contre, la réflexion que j’y apporte est de mon propre fait.

NBBB : aussi et enfin, comme il y aura foison d’exemples concrets, des spoils sont à prévoir. Pour info, je parlerai ici de : l’Assomoir et le Bonheur des Dames, de Zola, les romans de Michel Houlebecque, Bel Ami de Maupassant, (vaguement) Games of Throne, Chronique de la Lune Noire, Star Wars (je suis ton…), Scarface, Le Loup de Wall Street, Matrix, Harry Potter, X Men 3, Le seigneur des Anneaux.

Cela étant dit et bien dit, entrons dans le vif du sujet !

Les schémas narratifs

Je vais parler de 6 schémas narratifs, avec une variation sur les deux premiers.

La chute sans fin

Donc là, c’est littéralement une chute sans fond. Les protagonistes essuient échec après échec, sans aucun espoir de rédemption. Parfois, même, leur déclin est annoncé dès le début du livre et nous ne sommes que les observateurs, impuissants, de cette déchéance.

Vous pourrez penser que ce genre de structure est rare, mais c’est loin d’être le cas, surtout en littérature classique. L’exemple qui me vient directement en tête (spoiler, mais quand même), c’est Zola, avec « L’Assommoir ». Aucun espoir pour nos héros. Et Zola est bien friand de ce genre de schéma, le coquin.

[Illustrations de L'Assommoir] / Gaston Latouche, F ...
C’est pas le livre le plus fun à lire.

La chute sans fin, variation.

Ça, c’est une version un peu plus « réaliste » de la chute sans fond de nos héros : il y a de vagues espoirs, des possibilités de rédemption, mais au final, rien n’y fait, la gravité (de l’histoire) reprend ses droits, et ils tombent.

Un auteur hyper friand de ce genre de structure est Michel Houellebecq. Quasi tous ces bouquins (du moins ceux que j’ai lu) suivent ce chemin, offrant de l’espoir, puis le réduisant en pièces. Plombant.

Les particules élémentaires - Michel Houellebecq - Babelio
Pour une grande poilade, lisez ce livre

Dans un exemple hors littérature classique, les parcours de certains personnages de Game of Throne suivent ce même schéma. (car je le répète, ces lignes narratives ne s’appliquent pas uniquement à l’hisoire en général, mais aussi à des personnages, ou des intrigues secondaires) Devinez-vous lesquels ?

Test de personnalité : quel personnage de Game of Thrones ...
Alors ? Indice, il n’est pas forcément sur cette image !

L’ascension.

Schéma suivant : l’assenscion permanente. Rien n’arrête notre héros dans ses succès. Généralement, d’ailleurs, ce héros devient un symbole.

Encore une fois, vous pouvez penser qu’une telle structure narrative est rare, et pas forcément intéressante à lire. Mais les exemples, en littérature classique, toujours, sont nombreux. L’exemple le plus frappant est George Duroy, héros du livre « Bel Ami », de Maupassant : à force de magouille politicienne et de séduction, le héros parvint à ses ambitions, toujours plus grandes.

Oui, je fais de la pub pour Edward, de Twillight ! Mais pour les puristes :
Guy de MAUPASSANT: Bel-Ami
Voilà.

Si on quitte le domaine du roman, la saga « Chronique de la Lune Noire » suit ce même schéma (c’est d’ailleurs pourquoi je considère cette saga assez chiante).

Chroniques de la Lune Noire -9- Les Chants de la négation
C’est chiant, mais chiant…

L’ascension (variations).

Version plus « réaliste de ce schéma, dans le sens où le héros est soumis à des épreuves qui ne vont pas le faire descendre, mais néanmoins se dresser face à lui, ou le faire douter (ou nous faire douter) de ses succès. Je pense par exemple à Octave Mouret (Zola toujours), dans « Le bonheur des dames ».

« Au bonheur des dames » d’Emile Zola - 12 romans à ...
What esle.

C’est aussi le cas de beaucoup de héros de série, plus spécifiquement de sitcom. Voyez vos héros classiques, dont les histoires sont résolus en 1 épisode. Généralement, les épreuves sont pour la forme, et au final, son succès est toujours assurer.

La raison est toute simple : le but des sitcoms est de faire le plus d’épisodes possibles, en suivant peu ou prouve le même schéma narratif. Aussi, il ne faut pas trop secouer le héros, simplement donner l’illusion qu’il galère un peu. En vrac : Arrow, Flash, Big Bang Theory… Au final, nous voyons que leur situation n’évolue que très peu au fil des épisodes.

La chute, puis le succès final.

On arrive sur un schéma plus « classique », dans le sens où il va vous paraître plus familier. La chute du héros / protagoniste, et son succès final, ou sa rédemption.

Je n’ai pas d’exemple à proprement parler, mais pensez à toutes ces personnes qui se rachètent à la fin d’une histoire (généralement en se sacrifiant). Je pense par exemple à Dark Vador, à la fin du « Retour du Jedi »

Bon papa. Mais mauvais Dark Lord.

Cela me permet de faire deux parenthèses importantes : cette évolution narrative dépend de nos critères de base. Ainsi, si on voit l’évolution de Dark Vador à travers le prisme de « Sith à succès », l’évolution sera diamétralement opposée ! Dans grand succès durant tous les épisodes et paf !, il gâche tout en sauvant, looser, son fils (spoiil ! Mais bon, je pense que vous le saviez déjà :)). Par contre sous le prisme de la rédemption, il suit ce schéma.

Autre point important : cette évolution est plutôt l’apanage des ennemis, ou des seconds couteaux. Rarement le cas du /des protagonistes principaux, pour lesquels l’évolution est plus complexe (nous le verrons plus bas).

L’ascension, jusqu’à la chute.

Justement, le schéma inverse. Succès du personnage, jusqu’à sa chute. On pense donc à Dark Vador en mode « Sith Puissant », mais c’est aussi le cas de beaucoup de protagoniste méchant, par exemple « Tony Montana » dans ScarFace, ou le Jordan Belford, heros du « Loup de Wall Street ». Généralement, ce schéma suit une valeur morale, et la chute du personnage, à la fin, est généralement la conséquence de ses méfaits précédents.

Say hello…
To money

L’ascension, la chute, la rédemption.

On arrive sur un schéma bien connu, hyper classique, qui ressemble beaucoup au « parcours » du héros (que l’on verra une autre fois).

Allez, un exemple : un/une protagoniste se découvre des pouvoirs/aptitudes. S’en suit différentes péripéties où il/elle use de ses pouvoirs. Mais à un moment, c’est la déchéance, la chute, l’échec, la presque mort. Heureusement, il/elle survit, affronte les obstacles, et finis plus puissant que jamais.

De quelle histoire est ce que je parles ?

Si vous avez répondu Matrix / Harry Potter / StarWars, vous avez raison ! Il s’agit de la trajectoire la plus classique du héros : la montée, le moment où il manque de tout perdre, puis la victoire finale. Combien de films, de séries, de mangas, de dessins animés, avec le héros sur le point de mourir face au méchant et qui, dans un ultime sursaut, trouve la force de s’en sortir ? Je vous laisse commencer la liste :).

Allez, pour le plaisir

La chute, espoir de succès, la fin.

Ce parcours là, je vais l’appeler la « rédemption avortée du méchant. » Le méchant semble faire preuve de magnanisme, de mansétudes, bref, de tous ces adjectifs compliqués. Comme ça, je pense à Gollum, dans le seigneur des anneaux, le mutan Dark Phénix de le (désastreux) X Men 3…

J’ai galéré à trouver des images, mais avant de tout détruire, Jean Grey a une lueur de rédemption (qu’on ne voit pas forcément là).

Très généralement, ce schéma fonctionne en symétrie avec le précédent. Prenom Mr Smith : l’émergence du héros provoque une chute. Il pense tuer Néo : espoir de succès. Néo n’est pas mort : bye bye Hugo (jusqu’au prochain épisode).

Alors : pourquoi parler de tout ça ? Est ce pour montrer, salaud que je suis, que toutes les histoires se ressemblent, qu’on ne peut rien inventer de nouveau ?

Oui mais non.

Je vous décris ces schémas pour deux raisons :

La première, c’est qu’il est important, je pense, de désosser votre histoire jusqu’à ces trames essentielles. Vous comprendrez mieux votre dynamique. Alors l’exercice du jour c’est : prenez vos personnages, et voyez à quel schéma ils se rapprochent le plus. Cela vous « forcera » a voir l’essentiel dans votre histoire.

Enfin (et, peut être, surtout), oui, réduit à l’os, les trames narratives peuvent se ressembler… Et alors ? Voyez plutôt cela comme un squelette. Tous les squelettes se ressemblent (plus ou moins). Mes la dynamique, les muscles, la chaire, vont individualiser les gens, les rendre unique. Ici c’est pareil : cette charpente est nécessaire, mais c’est ce que vous allez mettre autours qui sera la matière de votre histoire, ses caractéristiques.

Donc n’ayez pas peur de décortiquer vos histoires jusqu’à ces « briques » essentielles. Pas là peine qu’elles soient tordues dans tous les sens, pour le simple plaisir d’être tordues. L’importe, c’est qu’elles soient une structure solide ! Après, libre à vous de les orner comme bon vous semble :).

A bientôt !

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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A propos Antonin Atger

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