Dans cette vidéo, Jean-Luc Mélenchon explique de manière très claire pourquoi il ne soutient pas les attaques récentes de l’Ukraine contre Moscou :
A cause des Américains.
Il estime qu’en cas de victoire ukrainienne (à laquelle il ne croit d’ailleurs pas), l’influence des Etats Unis grandirait en Europe.
Cela éclaire le soutien, disons modéré, du leader de la France Insoumise vis à vis l’Ukraine depuis le début du conflit et son envie de vouloir maintenir le dialogue avec les Russes (il a néanmoins condamné l’attaque dans un billet de blog en 2022 et tenu les Russes pour responsable).
Cette réflexion internationale basée principalement sur l’opposition aux Américains possède un nom : le campisme.
Ce terme, hérité de la guerre froide, envisage la géopolitique sous le prisme de deux blocs, l’un occidental (mené par les américains), l’autre soviétique (mené par l’Union soviétique).
Après la Guerre Froide, le terme a été utilisé pour critiquer l’hégémonie américaine, et ses ingérences (bien réelles).
Ce terme permet d’éclairer beaucoup de positions de Jean-Luc Mélenchon sur le plan internationale : soutien au Venezuela, désir de collaborer avec la Chine, dialogue avec la Russie. Le point commun de tous ces pays, c’est qu’ils sont farouchement opposés aux Etats Unis.
Mais le campisme revient également à minorer des actions critiquables, lorsqu’elles sont faites par ces mêmes pays.
Mélenchon a par exemple publiquement soutenu les bombardements Russes en Syrie en 2015-2016, minoré le nombre de victimes civils (qui étaient autour de 5000) et nié les crimes de guerre russe fait par l’armée russe (« tout ça, c’est des bavardages »).
Le campisme, comme tout prisme unique, possède un double problèmes : une simplification évidente de la complexité du monde géopolitique contemporain, et un relativisme moral, lorsque les exactions sont produites par le « bon camp ».