Bilan du weekend Parisien

Mon weekend parisien fut bien chargé ! Il a commencé un jeudi soir, après une course contre la montre pour éviter de courir derrière le train. Bien au chaud dans le wagon filant, j’ai pu récapituler les quelques jours à venir.

Weekend double. Côté pile, les spectacles que j’allais me faire chaque soir. Côté face, les faces à faces lors de la double séance de dédicaces aux Cultura Belle Épine et La Défense (pardon : 4 Temps).

Les spectacles

Haroun

Le premier spectacle, sitôt sorti du train, puis du métro, fut celui d’Haroun. Jeune humoriste (trentenaire, donc jeune :)), à l’humour et au style pince-sans-rire, et aux répliques piquantes. Scénographie minimaliste, Stand Up oblige, il y a un micro, un siège, sur le siège une limonade, dans la limonade une touillette. Quand Haroun pousse parfois le bouchon du rire un peu trop loin et menace de faire sauter le couvercle, il possède une astuce imparable pour faire retomber la pression : il touille sa limonade. Gimmick absurde, qui désamorce les blagues un peu explosives. Malin !

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Est ce que j’ai aimé le spectacle ? Connaissant beaucoup de ses répliques par fragment de vidéos Youtube, l’artifice de la spontanéité des blagues (que je cherche tant dans ce genre de stand up) manquait. J’avais plutôt l’impression d’être devant quelqu’un qui récitait bien son texte, sans la fraîcheur de la première écoute. Je me suis plus marré lors de ses « blagues de chauffe », qu’il garde pour la fin de son spectacle. Testant ses nouvelles vannes, celles-ci étaient bien sûr inédites et me semblait plus naturelles – et elles étaient très drôle !

Bref, si vous aimez l’humour caustique et sans tabou (et que vous ne connaissez pas encore tous ses sketchs ;)), je vous recommande Haroun.

Par ici les billets.

Verino

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Deuxième one man show du weekend : Vérino. Découvert avec ses vidéos d’actualité « Dis donc Internet », j’aime son côté naturel, bon enfant (vraiment, il a l’air d’un enfant tout joyeux lorsqu’il arrive sur scène), et sa capacité d’impro extraordinaire. Il mêle les vannes de son spectacle avec une interaction avec le public incroyable, mélangeant ses sketchs habituels à ses observations des spectateurs. Il parle de tout, de politique, de sexe, de baston, de sa famille, il n’est pas toujours facile de démêler le vrai du faux et c’est ça qui est bon. Et si on trouve qu’il va trop loin, il prend soin d’y aller encore plus, avec son sourire bon enfant qui désamorce toutes les critiques.

A la fin du spectacle, j’ai attendu dans le froid, seul, telle une groupie de (feu) One Direction pour croiser Verino, lui redire le plaisir que j’ai eu a voir son spectacle, lui offrir un exemplaire d’Interfeel dédicacé… Et faire un selfie ! (groupie, je vous dis)

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Et en plus, il est super sympa ! Et en plus, il aime les bouquins de science-fiction… alors…

Par ici les billets.

[Mise à jour]

Et Vérino a particulièrement bien aimé Interfeel :

https://twitter.com/verinaze/status/1064938830418141185

https://twitter.com/verinaze/status/1064938830418141185

Merci à lui pour le coup de pub !

Roukiata OUEDRAOGO

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Roukiata Ouedraogo est une femme Burkinabè qui est arrivée sur Paris dans l’espoir de faire du théâtre. Je l’ai découvert via l’émission « Par Jupiter », où elle donne une chronique hebdomadaire, et je voulais la découvrir en « live ».

Bien m’en a prit ! Roukiata raconte sa vie, et elle la raconte bien. Tout commence à 8 ans quand, dans sa classe, au Burkina Faso, elle récite, fière, une fable de la Fontaine. Et nous voyons l’actrice Roukiata, la trentaine, redevenir l’enfant Roukiata sur une estrade improvisée, narrer des péripéties de cigale et fourmi. Puis les événements s’enchaînent, Roukiata grandit sur scène, et l’on suit ses aventures de Ouagadougou à Paris. Elle nous raconte ses rires, ses pleures, ses souffrances. Elle parle d’expériences, de souvenirs, de politique et d’excision. Elle n’élude aucun détail et évite tous les clichés. C’est drôle, émouvant, bien mis en scène, bref, on voyage avec elle, emporté par ses histoires, ses gestes et son rire.

Ah, et en plus elle est super sympa !

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Par ici les billets

Les dédicaces

Bon, c’est pas tout ça, mais j’étais quand même sur Paris pour faire des dédicaces. Et des dédicaces, j’en ai fait. Deux séances, une quinzaine d’heure au total. Je ne parlerai pas ici du rendu, du nombre de bouquins vendu, mais plutôt de quelques réflexions.

Le diable se trouve dans les détails et, dans le cas des dédicaces, c’est diablement vrai. C’est parti.

Réflexion sur la position (physique) de l’écrivain.

Sur une même librairie, avec à peu près les mêmes conditions en terme d’affluence, la simple position de la table de dédicace va avoir un impact fondamental sur le nombre de signatures.

Exemple : table située dans le rayon jeunesse, en retrait de l’allée principale. Les gens sont à l’arrêt. Ils s’interrogent. Et ils sont déjà intéressés par le genre que je propose avec mon livre. Ils sont ouverts à la discussion, et quand je les aborde, ils écoutent.

Même magasin, mêmes conditions, mais table située à l’entrée : beaucoup moins de succès. Les gens sont encore dans la vitesse de marche qui sied aux centres commerciaux. Ils n’ont pas assez ralentis pour être à l’écoute. Nous ne sommes qu’une interférence dans leur objectif de rentrer dans le magasin.

A méditer pour les prochaines dédicaces ! La table à une incidence sur les dédicaces qu’on fait dessus !

 

L’importance du libraire.

Sans le/la libraire qui a lu votre bouquin, on a parfois l’impression d’être vendeur de poisson sur un marché du dimanche, à alpaguer le client / futur lecteur, pour convaincre la qualité de notre brochet/roman. Donc, d’instinct, c’est la méfiance. On veut vendre quelque chose, on est fourbe. Les conditions ne sont pas optimales :).

Avec un libraire qui a lu notre ouvrage (et, idéalement, qui l’a aimé), tout va mieux. Le librairie est la caution sérieuse et authentique. Il/elle connait parfois les clients. Il/elle nous introduit : on n’est plus un élément étranger au magasin, on en fait partie intégrante. On mérite l’attention !

L’échange avec les lectrices et lecteurs.

L’auteur en dédicace est toujours dans une situation paradoxale. Il parle de ses bouquins, mais il les vend aussi. Or, les gens vont hésiter à s’approcher de la table car, ne connaissant pas souvent le livre, ils ne sont pas sûres d’être intéressés, et de l’acheter.

Mais comme le fait de s’approcher de l’écrivain semble impliquer cet achat, ils marmonent qu’ils sont pressés, qu’ils reviendront plus tard (phrase classique d’échappatoire à peu de frais), et s’enfuient de l’autre côté du magasin.

La vraie question est donc : comment amorcer le dialogue avec le, la passante, sans donner l’impression que l’achat est la conclusion obligatoire à ce dialogue. Qu’on peut, aussi, juste papoter, et que prendre le bouquin à la fin, c’est le petit bonus. Chaque autrice, chaque auteur à sa technique. Quelle est la vôtre ? Vous avez trois heures ;).

A bientôt.

Et maintenant, quelques photos 😉

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A bientôt

Antonin A.

A propos Antonin Atger

Ecrivain, mon livre Interfeel est disponible aux Editions Pocket Jeunesse : https://www.lisez.com/livre-grand-format/interfeel/9782266248280
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