Histoire d’écrire # 6 Quoi écrire ?

Voyons aujourd’hui les principaux vers lesquels veulent se lancer les apprentis auteurs, et (surtout) les écueils à éviter.

Les autobiographies

Lors de les dédicaces, je rencontre souvent des personnes me confiant qu’elles aimeraient beaucoup se lancer dans l’écriture, et raconter leur vie. Je comprends tout à fait cette démarche : l’écriture possède un effet cathartique phénoménale, et posé sur le papier, un problème paraît déjà plus distant.
Je ne peux donc qu’encourager toute personne désireuse de s’exprimer à travers un texte de se lancer. La grande force de l’écriture, c’est qu’il ne vous faut qu’un stylo et un papier, votre un ordinateur !
Mais si c’est le cas, il faut se poser une question très importante : pour qui écrivez vous ? Pour vous où pour les autres ?

Les pièges

Vous allez sûrement me répondre : « les deux, mon général », mais et vous aurez raison bien sûr. Mais je vais préciser le sens de ma question : votre récit s’adresse-t-il avant tout à vous, ou avant tout à un public ? Et s’il s’adresse à un public, est-ce pour que celui-ci puisse mieux vous connaître, ou cherchez vous à ce que ce récit fasse écho à sa propre expérience ?
Se poser ces questions est fondamentales. Bien sûr, il n’y a aucun bonne ou mauvaise réponse, mais celle-ci vous aidera à y voir plus clair dans votre démarche. Si vous voulez écrire pour vous, le journal intime est certainement la meilleure solution. Vous pouvez écrire comme vous le souhaitez, sans crainte d’approximation, ou de clarté, ou même de fautes d’orthographe, puisque vous écrivez pour vous, rien que pour vous.

Si vous écrivez pour être lu, mais pour que les personnes puissent mieux vous connaître (ou connaître un aspect de vous que vous n’osez pas mettre en avant, par crainte, par pudeur), il s’agira plutôt d’un témoignage. Auquel cas, la clarté est de mise, et libre à vous de le faire lire à une, deux, quelques personnes de confiance. L’intérêt du témoignage, c’est qu’il permet l’échange par la suite. C’est l’amorce d’un dialogue, car les personnes, ayant lu cet autre aspect de vous que vous avez mis par écrit, aurons un regard neuf sur vous.

Si vous souhaitez écrire pour les autres, pour que vos lecteurs trouvent un écho à leur propre expérience, ou matière à empathie, ou matière à réflexion, il s’agira là d’un roman autobiographique.

Un exemple de roman autobiographique


Dans ce cas, la clarté ne suffira plus. Il faudra que vous, écrivaine, écrivain, ayez assez de distance avec votre texte pour qu’il soit intelligible à d’autres qui, contrairement à la démarche du témoignage, ne vous connaissent pas. Et cette distance narrative n’est pas, vraiment pas facile à atteindre.

Pourquoi je vous dis cela ?

Car la confusion est souvent grande entre les trois types de rédactions sus mentionnées. J’ai parfois lu des textes que les personnes (que je ne connaissais pas) me confiaient gentillement, mais qui s’apparentait plus au témoignage, c’est à dire qu’il me manquait des éléments de compréhension pour vraiment être atteint par le texte. Je percevais qu’il était personnel, émouvant, mais il me manquait les clés pour le ressentir.

C’est toute la difficulté du roman autobiographique : il faut être assez proche de sa propre histoire, et avoir assez de recul pour la raconter. En conclusion, si vous voulez écrire sur vous, lancez-vous ! Posez-vous simplement les bonnes questions avant :).

Les saga de science-fi Ioction

Je fais régulièrement des sondages sur les réseaux sociaux, dont les questions concernent mon article à venir, pour avoir votre avis, ou votre vécu. Si vous voulez participer aux prochains, les réseaux sociaux se trouvent dans la colonne de droite :).

Une immense majorité de personnes a choisi les sagas de sci-fi et fantasy ! Bien sûr, ce sondage n’a aucune valeur scientifique, mais il est néanmoins intéressant.

Une histoire de science-fiction, c’est quoi ? Et bien, une aventure qui se passe dans un univers supposément futuriste, ou du moins d’apparence futuristique (car je rappelle que Star Wars, qui est une sage de science-fiction – sous catégorie « Space Opéra », est censé se passer dans il y a très, très longtemps).


La fantasy, quant à elle, se passe dans un univers apparenté au médiévale, dans laquelle se trouve généralement la présence de magie (ou apparenté). L’exemple type est le seigneur des anneaux.

Le résultat du sondage m’a fait me demander pourquoi un tel succès de cette catégorie ?

Quelques réflexions en vrac (mais n’hésitez pas à me dire vos raisons en commentaire) : le besoin d’évasion, l’influence de la culture pop (rien de péjoratif là dedans) depuis 40 ans, avec Star Wars, le Seigneur des Anneaux ou plus récemment Games of Throne.
L’envie de créer son propre univers… Une nouvelle fois, l’espace commentaire sous l’article est fait pour vous, n’hésitez pas à me dire vos propres raisons, ça m’intéresse !

Et pour info, Interfeel est apparenté à la Science Fiction, sous genre « Anticipation ».

Plus d’infos sur Interfeel

Dans les deux cas, donc, l’histoire se passe soit dans un simili futur, ou un simili passé. Et la part belle est faite à l’imagination ! Et c’est là que les écueils peuvent arriver.

Les pièges

Le problème de vouloir créer son univers, c’est qu’un univers, c’est vaste. D’aucun diront même que c’est infini. Et généralement, l’écrivaine, l’écrivain passionné.e voudra tout créer, la taille du verseau, la couleur de la corne du troisième dragon, l’espèce d’insectes qui sur la troisième étoile à gauche, puis tout droit jusqu’au matin.

D’où le piège : à se prendre dans les détails, on n’avance pas. Le    conseil que je vais vous donner est donc très important, et je reviendrai dessus dans de futurs articles : restez focus. Ne perdez pas le fil de votre histoire à cause de chemin de traverses intéressants. En fait, appliquez le même conseil que je donne concernant les romans autobiographiques : prenez assez de recul sur votre histoire pour qu’elle soit intelligible par un lecteur qui non seulement ne vous connait pas, mais ne connait pas non plus votre univers.

Cela ne veux pas dire rogner l’originalité de votre monde mais, au contraire, le rendre accessible aux autres. Surtout que, généralement, se perdre dans les détails est une excuse pour ne pas avancer. Un peu comme si, avant de vous mettre au boulot, vous réalisiez qu’il faut absolument passer l’aspirateur, puis laver les vitres, puis changer l’ampoule, puis… (Croyez moi, je sais de quoi je parles :)).

Ciblez vos priorités. Concentrez vous sur votre histoire. Le reste viendra après. Nous y reviendrons :).

Les polar

Ah, les polars… Les frissons, les coups de théâtre qui vous prennent aux tripes, les « bon sang, c’était lui ?? ». J’ai une grande appétence pour les polars (et pour les coups de théâtre : les lecteurs d’Interfeel le savent bien :)). Qui n’a jamais eu envie de jouer avec les nerfs du lecteur ? De le bluffer ? Et en même temps, de plonger dans un univers bien sombre, avec des personnages torturés, burinés, bref, qui en ont chié, et qui portent sur leur cuir les stigmates de cette vie qui décidément, n’en est pas une.

Et oui, sauf qu’il y a plusieurs écueils à éviter, aussi, lorsqu’on plonge dans l’univers noir (ou gris très foncé) du polar / thriller. Des faux pas à éviter absolument. Et après ce suspens terrible de deux phrases et demi, je vous les livre.

Les pièges

Le piège principal avec le polar, c’est de ne vouloir faire des rebondissements que pour la beauté du rebondissement. Uniquement parce que. Et de perdre ainsi, encore une fois, le fil de son histoire.

Pourquoi c’est un problème ? Parce que trop de rebondissements tue le rebondissement, et lasse le lecteur. Un rebondissement ne peut pas se suffit à lui même. Il s’incline forcément dans l’histoire, et doit être cohérent avec le reste.

Je vais prendre un exemple qui sort des sentiers battus du livre poir arpenter ceux des séries télés. Connaissez-vous la série Alias ?

Plus d’infos sur la série

Cette série, au demeurant fort sympathique, est symptomatique de ce dont je parle. Il y a pléthore de coups de théâtre, et untel est mort, et en fait une telle est vivante car c’était un sosie. Bref, du rebondissement pour du rebondissement. Ce qui est d’ailleurs souvent le cas avec les séries et films de J J Abraham, mais je m’égare.

Autre exemple d’une création de JJ Abrahams qui souffre des mêmes défauts.

Regarder les séries, surtout americaines, est assez intéressant pour étudier les coups de théâtre et les rebondissements. Pourquoi, car elles sont généralement dans une logique de maximum d’épisodes avec, idéalement, un twist à la fin de chaque. Et chaque épisode est tronçonné pour les plages de pub avec, idéalement, un twist avant chaque coupure, au sein de chaque, donc épisode. D’ailleurs, mettez-moi en commentaire vos pires twists de série :).

Évitez donc le twist pour le twist, pourtant tentant dans le monde du thriller / polar. Façonnez une histoire, intégré les twists au sein de cette histoire. Encore une fois, donc, gardez le fil :).

A bientôt !

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu ! Le suivant arrivera vendredi prochain, 18 heures bien sûr ! Il répondra à la question « pour qui écrire ? », Que nous avons déjà vu succintement dans celui-là.

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A propos Antonin Atger

Ecrivain, mon livre Interfeel est disponible aux Editions Pocket Jeunesse : https://www.lisez.com/livre-grand-format/interfeel/9782266248280
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