Histoire d’écrire #10 Comment travailler son style ?

Le style ! Comment faire en sorte d’avoir une écriture qui nous ressemble, ou qui nous surprend, dans tous les cas, qui nous plaît ? Plusieurs points :

La fin des idées reçues

J’en ai déjà parlé dans un précédent chapitre, mais le premier jet n’est pas de l’or pur à graver dans votre livre. Il permet d’avoir une première idée,.une certaine authenticité, mais le garder tel quel est rarement une bonne idée. Écrivez, laissez le texte en jachère quelque temps puis reprenez le et demandez vous : est ce que j’ai écrit reflète bien ce que je voulais dire ?

Bien sûr, l’écriture n’est pas forcément la transcription parfaite de ce que l’on voulait, et on peut trouver l’inspiration, l’idée parfaite, portée par le fil du stylo. Mais méfiez vous du miroir aux alouettes. Apprenez le recul, même sur vos textes les plus intuitifs. Ils ne sont pas de marbre, ils ont la souplesse du roseau. On peut les mettre dans la meilleure direction sans avoir à tout arracher et repartir sur un terreau vierge.

Le mirage du style naturel.

Dans la même veine que le premier jet, on a souvent l’impression que l’écriture spontanée sera forcément plus naturelle pour le lecteur. C’est rarement le cas. N’oubliez pas une règle d’airain :

Il est bien plus difficile de faire simple que de faire compliqué.

Simple ou compliqué ?
https://pixabay.com/en/labyrinth-maze-meander-orientation-155972/

Donner une impression de naturel dans un texte, ce n’est pas la même chose qu’ecrire naturellement un texte. Quand on commence à écrire, il est très tentant de noyer notre incertitude dans des phrases alambiquées, et les zones d’ombres de notre histoire dans des elipses un peu faciles. N’ayant pas peur de simplifier votre texte, d’enlever le superflus, de ne garder que l’essentiel. Voilà un autre adage :

Faire simple ne veux pas dire faire simpliste.

Plus vous parvenez à écrire simplement votre histoire, plus vous la maîtrisez !

chaîne métal Matériel rouillé serpent des liens nœud serpent compliqué Enchevêtré
Facile à défaire… non ?

https://pxhere.com/fr/photo/1372288

« Je lis très peu pour ne pas me faire influencer »

« Je ne lis pas, c’est pour mieux écrire ! »
D’après : https://pixnio.com/fr/objets/livres-fr/crayon-apprentissage-connaissance-livre-lecture-etude

Cette idée repose sur un postulat faux, qui est quand sans lecture, votre style est pur, inné, et que c’est cela qu’il faut atteindre.

Sauf que ce n’est pas le cas et, que vous le vouliez ou non, votre style est déjà influencé par votre expérience, vos lectures, vos loisirs.
Écrire sans chercher à s’enrichir de lecture ne vous offrira pas une liberté totale de création. Au contraire : vous serez dans des archétypes d’écriture dont vous n’avez même pas conscience !

Alors qu’en lisant, en lisant et tentant de comprendre comment fonctionnent les histoires des autres, vous pourrez déjà les écueils de la rédaction, les clichés ressassés et que peut être vous auriez mis à votre insu dans votre histoire, pendant être original. Alors ayez confiance en vous ! Lire du Proust ne fera pas de vous une pâle copie de Proust. Au contraire, vous apprendrez son style, ses figures, sa structure pour, plus tard, décidez de vous en éloigner si vous le souhaitez.

L’expérience

L’écriture est un art. Et comme tout art, il se paufine avec le temps et la pratique. Alors écrivez ! Même quelques minutes par jour, même sur un sujet foncièrement différent de votre histoire, écrivez ! Je publie un article de conseils d’écriture par semaine, déjà, par ce que je souhaite aider les écrivaines et écrivains qui s’interrogent. Mais aussi, cela me permet d’avoir un travail d’écriture regulier, dans un domaine autre que la fiction. C’est important ! Écrivez !

Écoutez les retours.

N’ayez pas peur de faire lire et demander des retours. Au début ça taquine, comme une eau un peu froide, après on s’habitue. Et écoutez ce qu’on vous dit ! Ne vous drappez pas dans un suaire d’artiste. Si les lecteurs vous disent : »je ne comprend pas », essayez de comprendre pourquoi ils ne comprennent pas. Trouvez des bêta lecteurs assez intelligents et honnêtent, qui vous respecterons pour être franc. Choisissez les de telle sorte qu’ils n’aillent jamais dans la critique gratuite et inutile (« c’est nul ») ou la flagornerie obséquieuse (« tu es un génie »). Puis gardez ce groupe, car de telles personnes sont rares :).

Si, par exemple, ils trouvent votre style trop pauvre, avant de vous réfugier dans votre talent incompris, essayez de comprendre pourquoi. Cela ne veut pas dire être un béni oui oui et modeler votre texte uniquement pour plaire à votre lectorat, mais de voir si ce qu’ils relevent découlent d’un choix de votre part, ou d’une maladresse. Vous pouvez bien sûr ne pas écouter les critiques. Mais ce sera car vous avez volontairement choisi ce style, cette histoire, et non pas car vous savez qu’il/elle a raison mais que votre orgueil, ou votre flemme, parlent plus forts. Ainsi, pour résumer, pour bien écrire, il faut savoir écouter et s’écouter !

Cet article était un premier brossage des différents points à aborder pour affiner son style. Durant le courant de cette année 2019, je reviendrais sur plusieurs précisions (simplifier son style, enlever les phrases inutiles), pour que vous soyez toujours plus fier(e)s de ce que vous écrivrez ! Pour rappel, je sors un conseil d’écriture tous les vendredis à 18 heures ! Certains sujets, pour certaines semaines, ne sont pas encore défini, car je veux vous laisser la parole. Aussi, écrivez moi en commentaires les difficultés que vous rencontrez, les thématiques que vous souhaitez que j’aborde. Elles feront peut être l’objet d’un prochain texte !

Antonin A.

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Un commentaire pour Histoire d’écrire #10 Comment travailler son style ?

  1. Mattei dit :

    Salut Anto
    En lisant ton texte je pense au roman de Louis Calaferte,( écrivain qui m’est cher, )Septentrion. AU début du roman le narrateur apostrophe le lecteur et bien plus qu’un conseil, une injonction plutôt, il « l’invite »sur plusieurs pages à lire sans limites. Ce texte ne manque pas de souffle. La lecture est chez Calaferte un accomplissement, un dépassement de soi, une nourriture essentielle.

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