Histoire d’écrire #45 Comment préparer la fin de votre histoire ?

Une fin d’histoire, ça se prépare ! Qu’il s’agisse d’un fin définitive, ou de l’invitation à une suite.

Mais comment prépare-t-on une fin ? Cette problématique est tellement importante que nous utiliserons deux articles pour la développer (ne soyons pas chiche). Aujourd’hui, nous verrons la préparation en amont, dans l’histoire, pour amener à votre fin (car une fin ne s’improvise pas). La semaine prochaine, nous verrons, concrètement, comment terminer votre histoire, jusqu’à son dernier mot.

The End - Movie Ending Title - Old Silent Movie Style ...
That’s all, folks !

Attention ! Comme je parle de fins, et que je prends des exemples, sachez que je vais spoiler aujourd’hui : Matrix 3, Iron Man, Avenger Infinity War, Hunger Game 3. Sur ce, bon article !

Mais qu’est-ce qu’une fin d’histoire ?

Il y a en réalité « deux fins ». La première, qui est la résolution du climax, la seconde, qui est la fin propre de l’histoire, qui se passe généralement après le climax.

Mais qu’est ce qu’un climax ?

Un climax est le moment où les questions, posée généralement depuis le début de l’histoire, et tout au long de cette dernière, se résolvent enfin. Les gentils vont-ils vaincre les méchants ? Le vaisseau arrivera-t-il a temps ? Qui a tué grand maman ? Qui est le coupable ? Il est résulte une augmentation de la tension et, généralement, du rythme, au sein de votre histoire. On pourra dire que c’est la résolution de la trame (Plot, en anglais). Et cette résolution ne se passe généralement jamais durant les dernières pages du livre, mais avant (le coup de théâtre final, s’il arrive, n’est pas un climax, mais une relance du climax, qui s’est déjà accomplit)

Et alors la vraie fin, c’est quoi ?

Ce sont les derniers mots que vous mettrez dans votre livre. Que deviennent les personnages après l’affrontement final. Comment se bouclent les destins personnels, après les affrontements. C’est une période de flottement, généralement plus calme, où les différents destins se prolongent les uns après les autres. Après le post climax, il faudra donc penser à tous ces éléments à mettre dans ces dernières quelques pages. Nous verrons donc cela la semaine prochaine ! (Patience !)

Comment se résoud un climax ?

Un climax se termine lorsque nous résolvons la problématique principale posée par l’histoire. Frodon détruit l’anneau. Néo, dans Matrix, annihile l’agent Smith. Dans à peu près tous les films de super héros, le méchant principale est vaincu. Ainsi, généralement, à la question « le/les héros résolvent-ils leur problème, la question est oui. »

Attention : comme nous l’avons vu les semaines procédentes, il est tout à fait possible que la réponse soit non. Que les héros ne réussissent pas à vainre l’ennmi. Mais encore une fois, c’est extrêmement risqué. Même dans les films envisageants déjà une suite, la problématique centrale est généralement réglée, seulement ensuite apprenons nous qu’en réalité, une autre menace, encore plus importante existe (le fameux twist de fin, parfois un peu ressassé). Le méchant n’était qu’un homme de paille, d’un autre méchant, encore plus malfaisant. L’Organisation était en fait internationale, nous n’avons détruit que la filliale locale, nous n’avons vu que la face visible de l’Iceberg, etc. Cela nous amène au problème de la surenchère dans les suites, thématique que nous n’arborerons pas ici.

Un blockbuster s’est risqué à cet « échec » de ses héros ces derniers années, avec un certain succès : Avenger Infinity War où, spoiler, Thanos dégomme tout le monde et achève son but : détruire la moitié de l’humanité. Ce n’est pas un hasard si ce film a reçu un tel succès critique et populaire : il proposait une alternative au schéma classique que nous possédons dans ce genre d’histoire. Même si la notion de suite était déjà envisagée. A mon sens, Avengers Endgame s’est quant à lui complètement viandé, mais cela est une autre histoire.

Why Thanos spared Avengers in Avengers Infinity War ...
Coucou, je gagne à la fin

Un autre film a proposé une même originalité, avec beaucoup moins de réussite : Matrix Révolution. La Matrix n’est pas détruite, un compromis est trouvé… bon sang, mais à quoi sert l’élu dans ce cas ! Cette fin laisse clairement sur sa faim.

(Ce dénouement aurait pu fonctionner, mais il aurait du être préparé en amont, expliquant par exemple dès le début qu’il est impossible de détruire la Matrix sans détruire l’humanité, ainsi l’enjeu n’est plus la destruction du programme, mais la survit de l’humanité, ce qui implique le compromis).

Matrix Revolution Quotes. QuotesGram
Il pleut sur l’affiche. ça tombe bien, ce film fait un flope

Comment préparer un climax ?

Un climax se prépare généralement (notez bien le « généralement ») dès le début de l’histoire. Soit le méchant est présent dès le début (Dark Vador et l’Etoile Noire au début de Star Wars, Thanos au début d’Infinity War). Où alors il peut se révéler en tant que méchant en cours de route (Obadiah Stane – Jeff Bridge, quoi, dans Iron Man). Dans tous les cas, la notion de méchant, d’antagoniste, de crime à élucider, de lieu à atteindre, est prévue dès le début de l’histoire. Généralement, les films ou livres où les véritables enjeux apparaissent près de la fin sont difficiles à tenir, car l’implication émotionnelle n’est plus la même : on ne sait pas vraiment pourquoi on doit trembler, comme on n’a pas eu le temps de s’engager avec les personnages et leurs problématiques. De même, ne pas offrir le climax promis depuis le début de l’histoire est risqué car, comme nous l’avons assez dit, la relation entre une histoire et son public tient des promesses qui sont échangées.

Mais parfois, ça marche. Pour reprendre l’exemple de Hunger Games, j’ai trouvé intéressant que Katniss ne tue pas elle-même le Président Snow. Cela nous permettre de remettre l’histoire en perspective : le véritable antagonisme n’est pas la personne Snow, mais le système au-dessus de lui. A ce moment de l’histoire, Snow n’est plus l’homme politique qu’il était. Il n’est donc plus la menace.

A Complete Breakdown of the Costumes in the Final 'Hunger ...
On est pas bien, là, à papoter ?

Revenons à nos moutons : comment nous, écrivains, pouvons nous préparer cette fin ?

Je reprends les mêmes conseils avancés depuis le début : prévoyez ! Connaissez la fin de votre histoire (même vaguement), quand vous la commencez. Sans même que vous vous en rendiez compte, cela provoquera un effet entonnoir qui vous amènera plus facilement vers votre dénouement… En plus, cela évite les éparpillements, souvent légions dans l’écriture.

En prévoyant à l’avance votre fin, vous pourrez construire pleins de mini histoires, de mini arcs narratifs qui se résoudront également lors du climax. Une tension entre deux personnes qui se résoudront sur le combat final, où ils devront compter l’un sur l’autre. Une retrouvaille. Une vengance. Tout cela viendra nourrir votre arc narratif principal.

L’image qui me revient souvent, lorsque j’arrive vers la fin de l’histoire, c’est une idée de compression. Tous les enjeux de regroupent soudain et, comme vous vous rappelez parfaitement de vos cours de physique, plus il y a de pression, plus c’est chaud. Tant mieux ! Il faut que ça explose ! Ça tombe bien, voilà le climax.

La tentation de la suite.

Si vous avez déjà planifié vos cinq tomes, qui se passeront dans trois univers différents, comment finir le livre I ? Pourquoi créer un climax à la fin du premier Tome ?

Ce n’est effectivement pas une nécessité… Mais en réalité, tout dépend de vos arcs narratifs. Une histoire ne s’arrête pas forcément après la conclusion d’un arc narratif. Les mangas et les séries sont friands de cette séparation entre les deux. Un arc narratif, c’est à dire une histoire avec des prémisses, des enjeux, des épreuves, une résolution se fait, mais l’histoire globale n’est pas finie. En général, ce genre d’histoire possède un immense arc narratif, ponctué par des arcs plus restrains. Et généralement, encore, la conclusion de ces arcs narratifs plus restreint servent à faire avancer (un peu) l’axe principal.

Prenons un exemple de Manga. En fait le manga fleuve par excellence : One Piece.

one piece
One Piece, le manga marathon par excellence

One Piece se passe sur un monde imaginaire, entièrement constitué d’îles. Et cela tombe bien, car le personnage principal, Luffy, est capitaine d’un équipage de pirates, rêve de faire le tour du monde, de mettre la main sur le One Piece, trésor de l’ancien roi des pirates, histoire de devenir, à son tour, le roi des pirates.

Ça, c’est l’arc narratif principal. Sauf que sur la route, à chaque île qu’ils aborderont, ils vivront pléthore d’aventures, qui sont autant d’arcs secondaire. Chaque arc met en place des enjeux spécifiques, des problématiques, des épreuves, un climax (Bastooon !), et une résolution.

Mais chaque conclusion de ces arcs secondaires entraîne une évolution dans l’arc principal : Luffy devient plus fort, donc plus recherchés par la Marine (les « Forces Spéciales » de ce monde 😂). Ou il se rapproche de son but. Ou il se fait un nouvel ennemi. Les arcs secondaires nourrissent le principal et au fil de l’histoire, sont de plus en plus connectés.

On peut on peut également citer les séries TV où une histoire se déroule sur un épisode, mais la conclusion de chaque épisode permet de faire changer les relations entre les personnages ou apporter une nouvelle pièce à la trame principale de la série. Encore une fois, on retrouve ces deux logiques d’arcs narratifs secondaires et d’arc narratif principal.

House M.D. Quotes. QuotesGram
Par exemple. Pas de raisons particulières quant à ce choix de séries plutôt qu’une autre, j’avais simplement envie de mettre Docteur House !

En conclusion, vous pouvez très bien garder votre climax pour la fin de votre 5 ième tome, dans le 3ième univers que vous explorer. Mais vous prenez alors le risque de faire décrocher vos lecteurs, qui ne sont pas portés par la tension dans les tomes précédents. Aussi, comme nous l’avons vu avec les mangas, rien ne vous empêche de créer des arcs narratifs plus restreints, un par Tome, qui offriront cette tension, et permettront d’avancer dans l’histoire (un peu comme la bataille du Gouffre de l’Helme dans le livre / film 2 du Seigneur des Anneaux).

AlloCiné : Forum Général : Le Cercle des profileurs disparus
Salut ! Je suis un climax en plein milieu d’une histoire ! Oui, c’est possible !

L’après climax

Nous verrons la semaine prochaine comment bien terminer une histoire jusqu’à ses derniers mots mais n’oubliez pas que même durant le climax, qui est censé être de passage le plus important de votre histoire, il faut aussi que vous anticipiez ce qu’il se passera après. Il faut prévoir la vraie fin. Ainsi au sein même de cette tension narrative maximale, vous devez imaginer la suite des aventures de vos personnages. Car une bonne conclusion d’histoire ne se fait pas uniquement quand le défi principal est résolu, ou que l’on connait le coupable, mais en prévoyant ce qu’il arrivera ensuite à vos personnages après, auxquels vos lecteurs se sont attachés.

En conclusion pour réussir un bon climax pensez-y déjà de début de votre histoire et de votre écriture, faites en sorte que les conflits générés entre vos héros se résolvent à ce moment, surprenez le spectateur, et prévoyez la suite, c’est à dire la conclusion de votre histoire. Et pour cette partie précisément… Rendez vous la semaine prochaine !

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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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A propos Antonin Atger

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