Histoire d’écrire #49 Focus Interfeel : comment j’ai su que j’avais terminé l’histoire ?

Article plus personnel. Je vous parle des étapes, et de mon ressentit. Cela peut vous intéresser.

Ça, c’est mon livre

Il n’y a pas une seule fin à l’écriture d’un roman, nous l’avons vu lors des articles précédents. Mais ce sentiment existe aussi, intimement, au creux du créateur. Laissez moi vous raconter aujourd’hui comment, et quand, j’ai eu le sentiment d’avoir enfin terminé mon livre.

La première fin.

La première fin est arrivée lorsque j’ai posé le dernier mot de l’histoire.

99 Francs
Si vous ne connaissez pas le concept de fin multiple, voyez ce film.

À ce moment-là je n’ai pas ressenti de la satisfaction, encore moins un sentiment de fierté (je vous l’avais dit que je serai honnête :)). Plutôt un sentiment de fatigue totale. De

« enfin fini !!!! ».

Le nombre de points d’exclamation est important. Comme dans un texto.

Et oui. Je vous avais dit que j’étais honnête.

done. (@doneappco) | Twitter
Done. Just done it.

Il est à mon sens important d’en parler, car il ne faut pas oublier (et je ne le répèterai jamais assez) que l’écriture n’est pas toujours une partie de plaisir. L’abattement la fatigue de doute font partie intégrante de ce processus.

Fatigue, donc, et envie d’aller voir ailleurs. De lâcher le texte.

Mais je ne l’ai pas fait. Je me suis attaqué directement à la relecture. Et ce fut une erreur.

Pourquoi ? Laissez-moi vous rappeler les circonstances très particulières de l’écriture d’Interfeel : j’ai gagné le concours « Bug Social », sur le site WeLoveWords, dont le premier prix était un contrat d’Edition. Ainsi, contrairement à de nombreux écrivains, qui écrirent un roman, puis tentent leur chance à travers différents éditeurs, j’avais déjà une édition à la clé. Ce qui, bien sûr, était un immense confort.

Mais je me suis mis la pression. L’Editeur attendait le texte, je devais le rendre le plus vite possible (note importante : ce n’est pas ce qu’il m’a dit, c’est moi qui me le suis imaginé). Et donc j’ai directement enchaîné par la relecture.

Mais comme expliqué précédemment, il n’est pas opportun de s’attaquer directement à la relecture. Comme l’a dit un ancien président (à vous de trouver lequel) :

« Il faut donner du temps au temps. »

Un ancien président.

Et donc, je me suis attaqué à la relecture à contre-coeur. Et déjà que la relecture n’est pas une partie de plaisir… autant vous dire qu’à ce moment, Interfeel, après un an et demi d’écriture, et cette relecture attroce, j’en avais par dessus la tête. Ce qui, déjà, n’est pas bon pour nous (bien sûr), mais également, cela n’est pas bon pour la qualité du livre que l’on rend. Non-motivé, on bacle.

L’envoi du livre relu à l’éditeur ne m’a donc pas donné ce sentiment d’achevé. Plutôt de « ça, c’est fait ». Ce quoi, vous en conviendrez, est ballot.

Et puis

Et puis le temps, enfin, a passé.

L'équilibre du choix et du temps - la théorie applicative ...
Regardez, il passe.

J’ai pu me détâcher du livre. Le considérer comme quelque chose existant désormais à l’extérieur de moi (car il était chez l’éditeur : voir mon article précédent). J’ai pu le conceptualisé, y réfléchir… et avoir de nouvelles idées ! Non pas pour changer l’histoire, mais pour l’amérliorer (par exemplesn les prénoms des héros n’étaient pas ceux là à la base. Hanek s’appelait Thomas, Adila s’appelait Sophie…).

Aussi, en prévenant mon éditeur bien sûr, quelque six mois plus tard (amis jeunes écrivains, n’oubliez pas que l’oeuvre de patience ne se fait pas que lorsqu’on écrit un livre, mais également lorsqu’on attend un retour de l’éditeur), quelques six mois plus tard. Et j’ai rajouté ces éléments. Les prénoms. Quelques détails. Des indices sur ce qu’il se passera sur le Tome 2 (les avez vous trouvé ??).

Et alors…

Le premier vrai sentiment d’achèvement arriva. Comme si ces détails, que j’ignorais à l’époque de l’écriture, étaient nécessaires pour boucler le cycle. Ils étaient la dernière pièce du puzzle, le dernier artefact, le dernier rouage, celui qu’on ne trouve que lorsqu’on prend du recul, qu’on s’éloigne du tableau gavé de craie blanche.

J’envoyais à nouveau le texte. Et cette fois, j’avais le sentiment, c’est étrange, d’être en accord avec ce que je venais de transmettre. Je le considérais enfin comme un objet inachevé.

Quelques mois plus tard.

Il y a, depuis, pendant, dans … | Superblog de FLE
Quelques mois. Pas plus.

Quelques mois plus tard, enfin, l’Editeur m’envoya ses propres relectures.

Parenthèse : je pense qu’il y a beaucoup de fantasmes par rapport à ces remarques que fait l’éditeur, comme quoi il « dénature » le texte, impose des coupes, etc. Je pense que c’est vrai dans certains cas, que cela dépends beaucoup des éditeurs aussi, et surtout, il faut savoir de quoi on parle :

Il y a deux types de suggestions qu’un écrivain va refuser :

  • Car elles ne sont pas cohérentes avec sa vision de l’oeuvre (auquel cas il me semble légitime pour lui de refuser ces modifications).
  • Car il ne veut rien changer, non non, c’est lui l’auteur, toute modification de quelque d’autre que lui entacherait la pureté de l’oeuvre (auquel cas, je pense que l’écrivain ne considère pas encore son oeuvre comme un objet, c’est à dire quelque chose que l’on peut concevoir à l’extérieur de soit. Ouaip, l’article de cette semaine est un peu psycho ! Ou alors, c’est une histoire d’égo).

Pour reprendre l’exemple d’Interfeel, j’ai accepté beaucoup de remarques de l’Editeur. Il s’agissait généralement d’un choix de mot, plus pertinents. Qu’à cela ne tienne : l’important est de faire le meilleur livre possible. Il y avait d’autres suggestions, des passages qu’il voulait supprimer, que j’ai refusé, car pour moi il s’agissait soit d’éléments importants, soit il s’agissait d’éléments préparatifs au Tome 2 que lui, forcément, ne pouvait pas voir.

Donc pour résumé : j’ai accepté ses modifications pertinentes, il a accepté mes refus de modifications. Bref, un travail plutôt bien fait à mon sens. Fin de la parenthèse.

Mais le plus important n’est pas là : ce qui est fou, c’est qu’en relisant sa version du livre, avec ces modifications, j’ai commencé à lire Interfeel comme un lecteur (et d’ailleurs j’ai adoré l’histoire !! ;)). Sensation étrange mais délicieuse, d’être à la fois auteur et lecteur d’une oeuvre.

En renvoyant le manuscrit cette dernière fois, j’ai à nouveau eu cette sensation de finitude, et d’abandon, mais pas dans un sens tragique. Paradoxalement, voir par la suite mon livre en papier m’a fait de l’effet, mais c’est par ces multiples relectures et échanges que j’ai vraiment pu concevoir mon livre comme une entité à part entière.

En conclusion.

Quelles leçons tirer de cette expérience ? En vrac :

  • Prenez votre temps avant la relecture !
  • Acceptez vos sentiments de frustration lors de l’éccriture, lors de la relecture : ils font partis du processus.
  • Acceptez les conseils de modification sur votre livre s’ils vont dans le sens de votre livre !
  • Enfin, est c’est le plus important : l’écriture d’un livre ne s’achève pas en une seule fois ! De même, le sentiment de finitude se fait, ou peut se faire, par étapes. Mais n’oubliez pas d’en savourer chacune d’entre elles !

A bientôt !

Antonin A.

—-

J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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A propos Antonin Atger

Ecrivain, mon livre Interfeel est disponible aux Editions Pocket Jeunesse : https://www.lisez.com/livre-grand-format/interfeel/9782266248280
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