
J’ai regardé le débat Soral-Guénolé pour que vous n’ayez pas à le faire.
(Oui, on occupe ses dimanches comme on veut.)
Je vais essayé d’en faire un retour objectif.
Tout d’abord, et il faut reconnaître, Thomas Guénolé était solide, plutôt carré, et connaissant ses dossiers. Il avait de vrais arguments pour démonter les thèses antisémites de son contradicteur – le but affiché de ce débat.
Le problème, c’est qu’en face, il y avait Alain Soral, qui se moque totalement des arguments et de la logique, bien qu’il s’en revendique. Il a ressassé incessamment les mêmes clichés sur les Juifs qui contrôleraient absolument tout, et seraient responsable de l’assassinat de Kennedy, du 11 septembre ou de l’incendie de Notre Dame.
Soral n’écoute aucun argument, prétend se baser sur le « vrai » et la « vraie science », sans jamais définir ce qu’il entend par là, et refuse toutes les sources de Guénolé puisqu’elles font « partie du système » (juif, ou judéo-maçonnique).
Ses « preuves » sont en réalité son postulat de base (les Juifs contrôlent tout), et les seules sources qu’il sortira durant le débat sont les livres qu’il édite lui-même dans sa maison d’édition… qu’il a choisi justement car ils valident sa thèse.
Nous sommes dans un exemple assez fabuleux d’argument circulaire, où la conclusion est décidée par la conviction d’origine et validée par des preuves pré-sélectionnées.
Soral est vraiment le prototype du complotiste, prétendant « douter » de la vérité officielle alors qu’en réalité il la réfute totalement, enchainant le mille-feuilles argumentatifs, changeant de sujet dès qu’il est mit en défaut et cherchant avant tout à imposer ses obsessions. Il a, en outre, tenté à plusieurs reprises d’amalgamer détestation des juifs et critique Israël, dans l’espoir de piéger Guénolé, connu pour ses positions propalestiniennes.
Et c’est tout le problème avec ce débat, qui ne POUVAIT pas se passer autrement.
Guénolé a fait un travail plutôt rigoureux pour souligner l’absurdité des thèses antisémites de Soral.
Mais peu importe, puisque s’il contredit Soral, c’est qu’il fait partie du complot, et ses preuves sont celles de « l’élite » donc, par principe, irrecevables, puisque l’élite est complice (et juive).
Au final, les soraliens ne changerons pas d’avis, les sceptiques non plus. Tout cela n’aura permis qu’à replacer Soral sur le devant de la scène et mettre en lumière cette chaine Youtube complotiste qui, franchement, ne le mérite pas.
Voilà pourquoi il est toujours nécessaire de réfléchir à l’impact de ce genre de débat, avant de vouloir le mettre en place.
Qui a le plus à y gagner, quelque soit l’issu ?
Pour ce qui est de l’affaire Kennedy, les récents rapports declassifiés démontrent que le mossad est dans l’équation, faites vos mise à jour avant de publier un article!