
Lors de son débat contre Thomas Guénolé, Alain Soral, antisémite notoire, a particulièrement insisté sur un point :
En réalité, il ne serait PAS antisémite.
Quand bien même il en coche toutes les cases : négation du nombre de morts de la Shoah, essentialisation des juifs, accusation outrancière concernant leur supposé mainmise dans les médias et la finance, etc.
Mais Soral refuse l’accusation d’antisémitisme.
Il se dit « judéophobe ».
Quand bien même sa définition de la judéophobie… coche toutes les cases de l’antisémitisme.
Alors pourquoi fait-il cela ?
Nous pouvons supposer deux raisons.
Déjà le sufixe « phobe » signifie une crainte. Une peur.
Ce qui implicitement transforme Soral non pas en coupable, mais en victime.
Après tout, la « peur » ne se contrôle pas.
Mais surtout, il utilise ce néologisme car ce dernier ne possède pas toute la charge accusatrice du mot antisémite.
Il s’agit, en quelque sorte, d’un recadrage sémantique, pour euphémiser la portée du mot antisémite.
En changeant un mot chargé négativement pour un autre, neutre, et en gardant les mêmes caractéristiques, Soral peut ainsi continuer à dire ce qu’il dit sans la charge morale et négative de l’étiquette « antisémite ».
Ce recadrage est très courant en politique, pour se dédouaner d’une accusation grave.
Par exemple, pour éviter d’être accusé de racisme suite à ces propos, Zemmour explique qu’il est « francophile ».
Il faut être vigilant face à cette astuce rhétorique, qui peut permettre de masquer, derrière un nouveau vocabulaire, des considérations anciennes, et condamnables.