Histoire d’écrire #26 Ce que les règles du dessin nous apprennent sur l’écriture

Le dessin implique des règles. Bien sûr, il est possible de faire sans, bien sûr, il est possible de donner l’impression de ne pas en avoir. Mais, par exemple, la confection d’un visage réaliste, suit un processus de création qui n’est certe pas indispensable, mais bien utile pour comprendre et la construction du dessin et, par extrapolation, la structure d’un texte. Explications :

PS : tous les screens shots sont extraits d’une vidéo du dessinateur / profs de dessin en ligne qui m’a gentillement autorisé à les utiliser ! Pour voir la vidéo complète, par ici (je la mettrais aussi en bas ).

Et pour avoir plus d’informations sur ce qu’il propose : https://www.apprendre-a-dessiner.org/

La feuille blanche.

L’angoisse de la feuille blanche peut elle exister aussi pour le dessinateur ? J’imagine que oui. Au niveau de l’écriture, je vois deux raisons, bien différente, à l’angoisse de la feuille blanche :

Si vous n’avez pas d’idées, c’est qu’il n’est pas encore temps pour vous d’écrire :). N’hésitez pas à vous reporter à mes articles pour « trouver l’inspiration ».

Si vous avez trop d’idées, les règles du dessin peuvent vous être utile. Car plutôt que de partir dans un fouillis de personnages ou d’éléments éparses, générant plus le chaos que la créativité, vous allez apprendre à structurer vos idées, avant de les poser sur le papier. Commençons.

Tracer les formes essentielles.

Un dessin, au début, ce sont quelques lignes, généralement des formes géométriques : cercle, sphère, cube, ligne droit. Tout dessin peut de résumer à ces traits forts et symboliques.

La leçon à tirer est que, en dessin comme en écriture, il est important de savoir distinguer ce qui est essentielle de ce qui ne l’est pas.

Attention : le non essentiel devra aussi se mettre ! Il donnera de l’épaisseur, du relief, au dessin comme au texte. Mais il ne faut pas commencer par lui. Il faut commencer par la colonne vertébrale, sphère, carré et, pour l’écrit : événement principal, personnage principal, trame narrative.

Pourquoi c’est important ? Car cela vous apprend à voir au delà des apparences. Le dessinateur, en traçant ce cercle, ce cube, voit déjà le dessin final à travers ces formes. De même, en écrivant la trame narrative principale, vous devez être en mesure de deviner le potentiel de votre histoire.

Un des nombreux conseils en dessin sera que, lorsqu’on commence une séance, il faut s’entraîner à faire des formes « simples », des cercles par exemple (d’où les guillemets, car faite donc un cercle à main levée !). Ce que je préconise pour l’écriture, ce n’est pas d’écrire des trames narratives simples avant chaque séance, mais de commencer pour aventure dans l’écriture avec justement des histoires simples, à l’intrigue claire (j’ai commencé par les nouvelles : excellente école d’apprentissage). Ensuite, complexifiez. Il est toujours impératif de connaître et maitriser les structures de base, pour avoir des fondations solides dans votre art. Et cela, je pense, fonctionne pour tous les arts, et pas seulement l’écriture ou le dessin (les gammes en musique, les mélanges de base en cuisine…)

Placer les traits secondaires

Revenons à votre dessin. Vous avez les formes basiques, très bien. Vous y avez réfléchit, chaque trait est à sa place (vous pourrez faire évoluer ces formes après, mais cela ne se fera qu’à la marge.) A present, places aux traits secondaires !

Les traits secondaires, c’est quoi ? Ceux qui ne sont pas nécessaires pour comprendre ce qu’il se passe, mais qui permettent de le saisir. Nous sommes déjà dans une étape d’affinage (je ne parle pas de fromage :)).

Les liants.

Maintenant que vous avez toute cette structure, vous pouvez enfin donner corps à vos personnages, forts de la structure solide que vous avez. Désormais, cette sphère peut devenir un visage, ces cubes un corps, ces bouts de cercle les jonctions, etc.

Pareil pour l’écriture. Maintenant que vous avez établis toutes les péripéties, vous pouvez donner du liant à vos actions. Vous avez, enfin, le support assez solide pour laisser court à votre créativité.

(sachant que cette créativité s’est également développée durant le tracer de ces formes de base, mais elle était moins évidente et, peut être, plus contraignante).

Ajoutez les détails.

Alors que le dessin semble terminé, et l’histoire complète, le plus long reste à faire… mais pas le plus difficile ! Si votre structure est solide, si vous y avez assez réfléchit, le reste est un travail minutieux plus que compliqué. L’idée est de donner corps à l’image, au texte. Donner, littéralement, du relief à votre hisoire. En ajoutant des ombres, en faisant jouer la lumière. En éclairant, pour votre histoire, une psychologie de personnage, une description de lieu, en ralentissant le rythme par une narration. Bref, en donnant littéralement corps à tout ce que vous avez écrit avant !

 Pour résumer

Pour résumer : en dessin comme en écriture, il faut éviter certains écueils, et il est préférable de commencer par :

Les formes fondamentales, ou les éléments clés. Qu’ils ne soient pas esthétiques ou artistiques, pour le moment, on s’en fout. Cela vous aidera à garder une vision d’ensemble, et placer correctement les éléments les uns envers les autres.

Ensuite, restez sur les formes primitives, ou les éléments clés de votre histoire, et ajoutez les aux éléments principaux, pour densifier le tout.

Maintenant que vous avez enfin établit votre « vue d’ensemble » (il est impératif de prendre son temps), vous pouvez (enfin !) vous concentrer sur le détail : créer vos dessins, écrivez votre histoire.

Mais elle manque de relief. C’est la dernière étape, la plus longue et, peut être, la plus plaisante : affiner, paufinez, épurée, vous avez une structure assez solides pour vous amuser.

Et voilà ! Vous avez un dessin !

Et voilà ! Vous avez une histoire !

 Une fois que vous aurez fini le dessin : non seulement vous aurez fini votre travail, mais vous aurez compris les structures internes qui le régissent. Il en va de même pour la construction d’une histoire. Vous aurez créé et, en même temps, vous aurez appris.*

Idem pour l’histoire : en procédant par étapes, non seulement vous écrivez une histoire solide, mais en plus, vous comprenez son fonctionnement interne, ses forces, sa dynamique. Elle vous appartient. Et vous pouvez utiliser cet apprentissage ad vitam ! Elle est pas belle, la vie ?

La semaine prochaine, changement de registre : on verra comment écrire des dialogues percutants ! Rendez vous vendredi, à 18 heures, comme d’habitude !

A bientôt !

 PS : pour voir la vidéo totale du dessin de Pit :

Que voilà !

Et son site, que j’ai personnellement utilisé pour apprendre les bases du dessin (et qui m’a donné envie d’écrire cet article :)) : https://www.apprendre-a-dessiner.org/.

Antonin A.

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Histoire d’écrire #25 La métaphore de la maison

 

Vous le savez, surtout si vous suivez mes vidéos YouTube, mais j’aime bien les métaphores (même si les esprits taquins, et je sais qu’il y en a, préciseront qu’il s’agit plutôt de comparaisons). Or, il y en a une que je trouve tout indiquée pour décrire le travail de construction d’un roman : la métaphore de la maison.

Le magazine de votre habitat | Futura Maison
Ceci est votre histoire.

Ça tombe bien, c’est le titre de cet article.

On pourrait résumer cette idée par une simple phrase (comme ça, les plus faineants d’entre vous peuvent s’arrêter là sans finir l’article :)).

Écrire un livre, c’est un peu comme construire une maison.

Moi (et pleins d’autres, en fait)

Mais pourquoi ? Comment ? Qu’ouies-je ? Voyons cela de plus près (avec ceux qui sont encore là :)).

Les choses à prendre en compte avant de construire sa maison.

Construire une maison ne se construit pas d’un claquement de doigts. Cette décision implique généralement une chose fondamentale : cela prendra du temps. Pour l’instant, nous sommes d’accord ?

Retour à l’aspect écriture. Il faut raisonner de la même manière : écrire prendra du temps. Si vous montez une cabane en deux semaines, vous aurez peut être un abris pour quelques jours, mais la première bourrasque un peu forte balayera votre travail avec la force d’un souffle de loup. La première étape est : cela prendra du temps.

Et le temps, c’est de l’argent. Allons sur le second paramètre : écrire vous coûtera, rarement en pièces sonnantes et trébuchantes, mais en temps passé chaque jour. La contrainte sera donc sur le long terme (en années), et au quotidien (il faudra écrire un peu, tous les jours).

Une fois que vous avez accepté ce paramètre de temporalité, on peut passer sur la question de l’espace.

Guy regarde un film effrayant avec son chien. Photo Premium
« Quoi ? Je dois vendre kiki pour financer ma maison ? Jamais ! »

Trouver l’emplacement

Et oui : une maison ne se créée pas n’importe où. Il faut penser à la place que l’on peut s’offrir, le terrain, l’ensoleillement. Savoir combien de matière nous avons pour cette construction.

Comment transmettre cette image en écriture ? Très simple : quelles sont vos capacités ? Écoutez vous avec bienveillance, et ne jouez pas les Icares. Si vous n’avez jamais écrit de votre vie, et que vous voulez vous lancer dans une oeuvre de science fiction avec 15 personnages principaux et 6 Tomes (et je sais qu’il y en a parmi vous :)), je vous conseille de commencer par des projets plus modestes. Avec de construire un palace, apprennes sur un studio. Plus l’oeuvre est grande, ambitieuse, plus vos compétences, votre motivation, votre organisation, va être mise à rude épreuve. Commencez petit, apprenez, grossissez.

https://s2.qwant.com/thumbr/0x380/4/b/60c5c21a72d72e782dc6c2314cf9b59d03ad6ced6be6651eb7264c58e52278/maxresdefault.jpg?u=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FngKlRKwwc5E%2Fmaxresdefault.jpg&q=0&b=1&p=0&a=1
Genre construire un palais du premier coup, n’est pas forcément une idée de génie 😉

Avant de construire une maison

Dessiner les plans

Ok ! Vous avez l’emplacement, et le projet qui vous semble à la fois assez excitant pour vous satisfaire. Reste à savoir la taille de votre maison. Un étage ? Deux étages ? Un jardin ? Vous devez composez avec le réel : la place que vous avez, vos moyens, la matière.

Idem pour votre histoire : avez vous assez de matière pour faire un roman ? Un petit roman ? Une nouvelle ? Une saga ? N’ayez pas les yeux plus grands que le ventre, vous le regretterez si vous vous engagez sur une construction sans issus.

Chaque histoire possède son support. Quelque fois, on veut développer une nouvelle en roman, mais attention : s’il vous manque de la matière, les parois de votre histoire ne seront pas assez solide. Même si vous ne pouvez (bien évidemment !) le nombre de pages exacte, en avoir une idée générale vous aidera.

Dessin Maison Architecte
« Alors tu vois, là c’est le chapitre 3, qui communique avec le chapitre 6… »

Construire les fondations

Les fondations sont invisibles, et indispensables. Sans fondation, votre maison prend l’eau ou s’effondre (et par conséquent, prend l’eau).

En écriture, ce travail de solidification invisible est tout aussi nécessaire. Préparez vos personnages. Effectuez les recherches sur les lieux de l’intrigue, les thématiques abordées. En gros, avant de poser le premier mot, vous devez déjà parfaitement connaître pas forcément votre histoire, mais son environnement.

Fondations - construction maison - 5 messages
Invisible au final, mais indispensable pour que tout tienne.

Ériger les murs porteurs.

Idem : après les fondations, invisibles, les murs porteurs. Présents, apparents et indispensables pour la tenue de votre maison et pour l’installation du toit.

Retour sur la littérature : quels sont les éléments clés sur lesquels s’articulera votre histoire ? Connaissez vous le début, les péripéties principales ? Sans cela, inutile de continuer : votre histoire ne tiendra pas.

Une fois que vous les tenez, éprouvez les. Testez les. Sont ils cohérents les uns les autres ? Sont ils solides, assez pour résister aux libertés de l’histoire que vous allez forcément prendre en écrivant ? Plus ces murs sont solides, plus votre histoire le sera.

Mur porteur - fragalisation autour d'une ouverture
Avec ça, ma maison, c’est du béton !

Affiner la structure de la maison.

Ok ! Maintenant, les fondations, les parois et les murs porteurs sont installés. Votre maison est solide ! Est-elle habitable pour autant ? Non, car solidité ne veut pas dire accueillante. A vous maintenant de rajouter des parois, de définir les pièces comme vous le souhaitez. Vous n’êtes pas encore dans la finition ou la décoration. Simplement, vous n’avez plus à vous soucier de la solidité globale de l’ensemenble. Vous pouvez vous faire plaisir.

Pareil sur votre histoire. Vous avez les éléments clés, ceux qui structurent l’intrigue. Maintenant, occupez vous du reste. Ajoutez d’autres événements secondes, des personnages. Ils ne sont pas forcément indispensables à votre histoire, mais ils la densifient. Lui apportent à la fois de la profondeur et du relief.

Placo
C’est bon, la charpente du livre est mise en place !

Mettre les réseaux.

Mettons un peu de vie dans votre carcasse de pierre : ajoutez l’eau, l’électricité, Internet ! Bref, de quoi rendre l’ensemble vivable, en connectant les pièces entre elles.

Back to the story ! Vos chapitres, petites entités indépendantes, se lient ils bien les uns les autres ? Les transitions sont elles logiques et cohérentes ? Vous avez pensez chapitre par chapitre, ils faut maintenant pouvoir circuler entres eux avec fluidité.

Intérieur Industriel Et Canalisations – Photos et plus d ...
C’est bon, envoie l’encre, le style fluide, et une narration inninterrompue !

Ajouter la déco.

Enfin tout est près. La structure supporte, le fonctionnel fonctionne. Reste la partie la partie finale, et la plus importante : décorez à votre guise, agencez vos pièces de la manière que vous le souhaitez. Votre structure est désormais assez solide pour satisfaire votre création !

Cette étape, en écriture, à ne multiple visages : épaisseur des personnages, densification des lieux : faite vous plaisir ! Non seulement vous avez des structures assez solides pour agrémenter à votre guise l’intérieur de votre histoire, mais en plus, vous maîtrisez la structure, vous savez donc, intuitivement, ce qui conviendra à votre histoire.

Appartement, décoration d'interieur. - YouTube
Une petite psychologie de personnage par ici… un environnement plus étoffé par là… et voilà !

Le contrôle final

Avant de vivre dans une maison, il faut faire un check (postal) : l’eau fonctionne-elle ? Le lit est il bien positionner ? Si vous avez suivis les étapes suivantes, cela ne devrait pas poser de souci.

En écriture, c’est l’heure de la relecture. Elle existe en plusieurs formes : la relecture structurelle, pour voir si vos événements s’enchaînent bien. La relecture d’ajout : pour changer des détails, des dialogues, qui rendront l’histoire plus fluide (notamment car maintenant vous connaissez parfaitement votre histoire : vous l’avez écrite !). Enfin la relecture orthographique, pas la plus marrante, mais indispensable, surtout si vous voulez présenter le texte aux éditeurs.

Contrôleur financier : salaire, études, rôle, compétences ...
« Je vois dans votre livre qu’il y a une incohérence entre le chapitre 3 et le chapitre 21. ça peut vous coûter cher, vous savez ? »

Et voilà ! Vous avez désormais entre les mains votre bébé finalisé ! Et en bonus, si vous avez suivis ces mêmes recommandations vos travaux, vous avez également une belle maison, pour le lire une nouvelle fois, bien à l’abris !

 La semaine prochaine, nous resterons dans le monde des métaphores (enfin, des comparaisons), et je vous montrerai comment les règles de création d’un dessin peuvent être des outils puissants, aussi, pour écrire. Crayon à dessin ou stylo plume, même combat ! Pas la peine d’être un esthète du crayon, pas d’inquiétude. Bref, rendez-vous la semaien prochaine !

Antonin A.

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Présentation d’une chouette « Librairix » !

Hello tout le monde !

Vous le savez, je fais pas mal de dédicaces !

Vendredi dernier (17 mai), j’étais à Bourges, et j’ai fait des signatures à « Librairix », une charmante librairie (comme son nom l’indique plutôt clairement) du centre de la ville vachement sympa, et son proprio tout aussi sympa !

Et j’ai eu envie de faire une petite vidéo pour présenter sa boutique ! Voilà :

Si vous voulez voir toutes mes autres vidéos (notamment des conseils d’écriture), ma chaîne Youtube est par ici !

A bientôt !

Antonin A.



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Histoire d’écrire #24 Focus Interfeel : la construction d’Interfeel

 

  On a passé les semaines précédentes à voir toutes les constructions narratives possibles et innimaginables ! Le parcours du héros, les trames d’évolution de l’histoire, bref, je vous renvoie à cet article, et cet article. Voyons maintenant celles que j’ai utilisé pour Interfeel, et pourquoi ?

Pour rappel, Interfeel, c’est ça :

Couverture du livre

Et pour plus de précisions sur le livre, allez donc sur la page dédiée en cliquant ici 🙂

Il est quand même recommandé d’avoir lu Interfeel pour comprendre entièrement cet article. L’autre raison, c’est que je vais éviter au maximum des spoils sur ma propre histoire, mais sait-on jamais, certaines informations pourraient m’échapper !

Interfeel : une trame simple ?

Permettez moi de vous rappeler les conditions d’écriture de mon livre Interfeel (conditions qu’on retrouve plus en détails dans ce chapitre) : j’ai écris la trame principale du livre en 48 heures, puis construit le roman autours de cette trame.

La conséquence directe de ces conditions, c’est que si on élague l’histoire, qu’on enlève l’environnement, la réflexion, les inventions, le noyau de l’histoire est relativement direct : Nathan subit péripétie sur péripétie, jusqu’à la fin. Et c’est tout ! C’est une ligne relativement droite.

Est ce à dire que l’histoire est simpliste ? J’espère que non ! Car, comme nous l’avons vu avec l’exemple de Matrix, qui dit trame narrative simple ne veut pas dire histoire simpliste. Au contraire. Avoir une ligne directionnelle aussi « évidente » pour Interfeel m’a permis de construire un environnement intéressant tout autours, sans trop craindre d’altérer le cœur de l’histoire. En gros, accrochés à une trame narrative solide, vous profitiez de l’univers d’Interfeel.

Nathan, le héros d’Interfeel : un parcours du héros ordinaire ?

On a vu le parcours du héros précédemment. Situation initiale, un message alerte le héros (parfois un mentor), le héros refuse la quête, puis l’accepte, affronte des péripéties, des ennemis, le mentor meurt (parfois), le héros manque de mourir, ne meurt pas, vainc le danger, et revient à la situation initiale, transformé. Pour plus de détails, se porter sur l’article correspondant.

Votre Voyage du Héros en 9 étapes - Delta CP
Une version du parcours du héros, que vous pouvez retrouver ici :
http://www.deltacp.fr/220-formation/votre-voyage-du-heros-en-9-etapes/

Est-ce que notre ami Nathan, héros du livre, suit ce parcours initiatique ? Oui et non, j’ai envie de dire.

Oui, car on retrouve certains éléments clés : le monde initiale (la ville de Nathan) le message (le professeur), les péripéties, etc.

Mais non également car, sans spoils (pas facile !), la boucle de ce parcours n’est pas achevée ! Deux raisons à ce choix : déjà, car je voulais dès le début dès le début développer l’histoire sur plusieurs volumes. Et généralement, les histoires qui bouclent entièrement leur cycle de héros dès la fin du premier tome, puis font un deuxième tome en reprenant les mêmes éléments, non seulement rate les suites, mais en plus défont toute la tension du premier tome.

Par exemple, le film Kingsman 2 est pour moi un profond échec, car non seulement l’histoire n’est pas terrible, mais en plus tous les éléments dramatiques du premier film, qui voulait le cycle d’Egsy, sont effacés. Le film 2 saccage donc le premier film de manière rétroactive ! Chapeau (anglais) !

L’autre raison de mon choix – volontaire – de ne pas boucler le cycle du héros est parce que, justement, c’est attendu. On s’attend à ce que le héros révèle ses pouvoirs, sauve le monde etc. Donc quoi de mieux, pour surprendre son public, que de transformer ce beau cercle que forme le cycle du héros en spiral infernale 😉 ?

Trouver un point d’équilibre, puis rompte l’équilibre à nouveau.

Mon idée était la suivante : trouver une situation stable dans l’histoire, puis mettre un bon coup de pieds dans la fourmilière. Laisser les héros reprendre leurs esprits, une situation stable, et paf, nouveau coup de pieds dans la fourmilière, à chaque fois avec des conséquences (je n’aime pas les péripéties anodines, c’est mon petit côté « fusil de Tchekhov »).

Technique : Set Up/Pay Off et Fusil de Tchekhov | L ...
Celui là même !

En cela, ma structure narrative s’apparente, tenez vous bien, aux livres de Michel Houellebecq. Si si ! Pas sur le style, les thématiques ou autre, mais sur la structure narrative même, de donner régulièrement un sentiment de stabilité, de « c’est bon, ça peut pas descendre plus bas », et en rajouter une couche.

Même combat !

Ainsi, l’intérêt, en observant les histoires uniquement par le prisme de la structure narrative, on se rend compte que des ponts existent entre des arts, des textes, des films, fondamentalement différents. Je dis souvent que Game of Thrones est une grande source d’inspiration pour moi, et les gens ne comprennent pas, ne voyant pas mes histoires se dérouler dans un univers pseudo médiéval. Mais là, il s’agit de forme. Sur le fond, Game of Thrones, ce sont des ruptures totales de lignes narratives, de cycle de héros, et l’absence de Deus Ex Machina. Et ces principes, on peut les retrouver dans n’importe quel univers.

La semaine prochaine, on s’arrêtera sur une métaphore que j’utilise souvent en intervention pour expliquer la construction d’un livre, mais que je pense intéressante de développer ici aussi : écrire un livre, c’est comme construire une maison. Pourquoi ? Rendez-vous la semaine prochaine !

A bientôt !

 Antonin A.

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Une vidéo de conseils d’écriture !

Bonjour tout le monde !

Vous le savez, peut-être, mais en plus des conseils d’écriture que je publie sur ce site même, tous les vendredi à 18 heures, je fais régulièrement des vidéos de conseils d’écriture !

En plein écriture d’Interfeel 2 (mais vous le savez désormais :)), je pense à des détails, des astuces, et je fais une vidéo pour les partager !

A partir de maintenant, je les diffuserais également sur ce blog ! Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces conseils sur ma page Youtube :

Et voici la vidéo du jour :

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

A demain, 18 heures, pour un nouveau conseil d’écriture !

Antonin Atger

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Histoire d’écrire #23 Comment terminer son histoire ?

« Ce n’est pas du tout ce que je m’imaginais, mais ça ne pouvait pas se terminer autrement ! »

DANS LA MAISON | Bande originale composée par Philippe Rombi
Le film, plutôt sympa au demeurant

Cette phrase, peu ou proue prononcée par Fabrice Luchini dans le film de François Ozon « Dans la maison », résume, à mon goût, comment doit se terminer une histoire. Surprenante et logique à la fois. Fouillez dans vos souvenirs. Refaites-vous les films, les livres, que vous connaissez dans votre esprit. Une fin trop convenue ne vous a-t-elle pas déçue ? Une fin illogique ne fruste-t-elle pas ?

Crédible et surprenante. Crédible, car il faut que cette conclusion s’inscrive dans la même logique que le reste du livre. Que le lecteur n’ait pas l’impression qu’une poudre de perlimpinpin, ou un lapin sortit du chapeau, ne règle tous les problème posés par le livre. Surprenante, car une fois convenue apporte, certes, un sentiment de confort au lecteur, qui n’est pas en territoire inconnue mais, franchement, qui se souvient des fins franchement attendue ?

C’est donc cet équilibre qu’il faut trouver, où le déplacement de chaque paramètre va influer sur l’autre. Et, pour vous aider à trouver votre propre gravité

Et c’est cet équilibre, ô combien fragile, qu’il faut chercher à atteindre. Et pour cela, il faut éviter de nombreux écueils que je vais citer.

1)Crédible

Pour cela, il est important de prendre en compte plusieurs paramètres.

a) Résoudre les arcs narratifs.

Diamond Edge SB1, kit incomplet - Erhart Sports
Rien à voir mais : bel arc, non ?

Regardez comme ces articles sont bien faits : on parlait des arcs narratifs la semaine dernière, ils ressortent aujourd’hui !

Bref, vous avez créé des tensions particulières au sein de votre histoire (où, je le rappelle, les choses sont rarement décrites sans raison). Ces tensions, il faut les résoudre.(Dis le mec qui a laissé à peu près une centaine de points de tension en suspens à la fin d’Interfeel 1). Pour chaque arc, il faut donc trouver un dénouement qui vous plaît, et sera satisfaisant pour le lecteur.

Bien sûr, il est possible de laisser des questions en suspens (Interfeeeeel). Mais il s’agira : – soit d’un projet de suite. – Soit d’un choix volontaire de l’auteur pour laisser le doute.

L’exemple cinématographique récent le plus frappant sera Inception (spoil :)). A la fin, le héros est il encore dans le rêve, ou non ? La toupie qui tourne continuera t elle indiffiniement (rêve), ou tombera-t-elle sur le côté (réalité) ? Le plan coupe, et le mystère reste entier.

Inception GIF - Find & Share on GIPHY
Fixez cette toupie 19 minutes. A la fin, vous saurez si elle tombe ou pas.

Pourquoi ça marche ? Car le réalisateur a fait le choix, assumé, de laisser durer cette tension et de ne pas la résoudre. Il ne s’est pas servi de cette facilité pour conclure de manière simpliste l’histoire.

Conclusion : résolvez les arcs narratifs. Si vous souhaitez en laisser certains en suspens, faites le de manière consciente, et pas par facilité scénaristique.

b) Connaissez la fin dès le début.

Je ne le dirai jamais assez mais : avant de commencer le début de votre histoire, connaissez la fin. Pourquoi ? Car, de manière consciente ou non, vous laisserez des indices du dénouement tout au long de votre texte. Et ainsi, même si cette fin est prenante, surprenante, déprimante, vous aurez préparé le terrain tout au long de l’histoire, et le lecteur sera peut être pris, surpris, déprimé, mais il n’aura pas le sentiment que cette fin est comme un cheveux sur la soupe, écrite avec un poil dans la main.

Cela ne veut pas dire de faire une fin convenu, attention ! Cela veut dire qu’on connait son histoire et qu’on la jalonne. Le terme à retenir, là, est « Fusil de Tchekov ». Fusil de Tchekov, kesako ? Et, laissons notre ami russe l’expliquer lui-même :

« Supprimez tout ce qui n’est pas pertinent dans l’histoire. Si dans le premier acte vous dites qu’il y a un fusil accroché au mur, alors il faut absolument qu’un coup de feu soit tiré avec au second ou au troisième acte. S’il n’est pas destiné à être utilisé, il n’a rien à faire là. »

(Source : Wikipédia)

Et ce procédé est utile justement pour tromper le lecteur. Ainsi, le dénouement final ne sort pas du chapeau, mais des indices ont été placés, ça et là. Assez subtilement pour que le lecteur les oublie en cour de lecture, assez important pour que, quand arrive le dénouement final, il s’en rappelle et se dise : « Bon sang, mais c’est bien sûr ». Il s’est fait avoir, et en plus, il est content de s’être fait avoir.

c) Restez cohérents dans votre univers.

Le contraire, justement, de ce fusil de Tchekov, c’est la fin magique. On ajoute un élément extraordinaire, et tout se résoud d’un claquement de doigts.

Imaginez une histoire complexe, avec de nombreux arcs narratifs à résoudre, des situations inextricables, où le lecteur se dit « bon sang, mais comment vont ils s’en sortirent ? »

Alors l’histoire conclut par cette phrase magique :

Et en fait, c’était un rêve.

Alors oui, c’est surprenant, oui, on ne s’y attendait pas, mais bon sans, on a l’impression malsaine de s’être fait filouté. Car rien ne prédestinait justement à une telle fin, qui semble être une facilité scénaristique plus qu’autre chose. Et généralement, c’est par facilité que l’auteur utilise ce stratégème.

Exceptions notables : Les parodies peuvent allègrement briser le quatrième mur (celui, supposément, qui existe entre les lecteurs et l’histoire : comme il y a ce mur, les héros ne savent pas qu’ils sont observés. Un héros comme Deadpool brise ce mur à peu près tout le temps). L’exemple le plus typique est la fin de « Monty Python Sacré Graal », dont la fin (que je ne spoilerai pas ici) est… Surprenante !

Allez, juste le trailer, pour le plaisir des yeux.

Un autre exemple, non parodique, où la fin change complètement d’univers, c’est est « Abre los Ojos », film espagnol, dont le remake américain se nomme « Vanilla Sky ». Ici, la fin fait complètement changer le genre du film. Mais ça fonctionne (du moins, à mon avis), par une subtile utilisation du fusil de Tchekov, laissant des indices quant au dénouement dès le début du film, ce qui « prépare », même inconsciemment, le lecteur à ce changement d’univers (indices qui, déjà, se trouvent dans le titre).

En version VF, pour les non hispaniphones.

Terminer par un twist changeant d’univers n’est donc pas une interdiction formelle (de toute façon, en écriture, rien n’est interdit, et je ne donne que des conseils). Mais si vous tenez absolument à le faire, encore une fois, préparez le terrain dès le début. Disséminez des indices, en gros, préparez le lecteur à être surpris ! La phrase semble paradoxale, elle ne l’est pas.

2) Surprenante

Maintenant, comme surprendre ? Comme happer le lecteur, lui laisser une marque indélébile de votre histoire ? Par une fin marquante. Et pour cela, plusieurs conseils :

a) Évitez les clichés.

C’est rassurant, les clichés. On est en terrain connu. Mais est ce que beaucoup de films avec des fins convenus vous ont marqué ? Parmis les clichés, citons en vrac : le parcours du héros (manque de mourir, se relève, tue l’ennemi). Sacrifice du héros. Le méchant est détruit par sa propre création (SpiderMan 1, Spiderman 2, le Roi Lion, etc.)

Attention : les clichés, c’est mal, certes, mais ils peuvent être bien utilisés. Si je reprends l’exemple de Matrix par exemple, comme je l’ai dit dans un article précédent, il s’agit du parcours type du héros. Mais selon moi, ce choix est judicieux car l’univers de Matrix est en soit déjà bien complexe, et il était donc utile de donner au héros un parcour classique pour que les spectateurs ne soient pas complètement perdu. Un sacrifice final peut toujours être touchant. Tout dépend de la manière dont il est amené. Encore une fois, c’est une question de détails, de forme, et de choix.

Attention aussi : vouloir briser les clichés à tout prix peut être contreproductif. Il vaut mieux un cliché bien réussi plutôt qu’une surprise mal amenée. C’est une défaut qui arrive souvent aux jeunes écrivains : vouloir étonner, à tout prix. Sauf que dans ce cas, l’histoire devient plus un terrain d’expérimentation, plutôt qu’une véritable création émotionnelle, ce qui peut laisser sur le carreau le spectateur, au profil d’un plaisir, mettons, orgueilleux et égoïste. Et cela nous amène donc au point n°2.

b) Prenez en compte les attentes du lectorat… Et jouez avec !

Un lecteur a des attentes. Il souhaite que le héros réussisse, que le méchant perde, que la planète soit sauvée. Vous ne pouvez pas ne pas en tenir compte lorsque vous écrivez : l’histoire se construit avec votre imagination, certes, mais aussi avec la vision du lecteur. Un arbre qui tombe en forêt sans que personne ne l’entende fait il du bruit ? Un livre sans lecteur est-il encore un livre ?

« Nous créons la bibliothèque d'Alexandrie du code source
Il y avait certainement d’excellents livres dans la bibliothèque d’Alexandrie. Mais personne ne les a lu. Ont ils donc encore, aujourd’hui, une valeure de livre ?

Cela ne veut pas dire, bien sûr, qu’il faut à tout prix satisfaire les attentes du lecteur. Mais si vous voulez que le héros échoue, que le méchant gagne, que la planète soit détruite, il faut le faire avec finesse. Il faut expliquer votre intention. Si vous ne changez la fin que pour montrer que vous êtes différent, c’est bien, mais pas sûr que le livre soit apprécié à sa juste valeur. Je conseille personnellement de commencer par des histoires à la structure classique, pour vous faire la plume et, une fois que vous maitrisez les codes de la narration, vous pouvez commencer à dévier, et jouer avec votre lecteur. Le changement à outrance, pour le simple principe du changement, n’est pas souvent efficace. Si vous décidez de briser les codes, il faut déjà savoir les codes que vous cassez, et pourquoi.

c) Laissez des indices sur la fin.

Ce qui nous amène à mon conseil initial : connaissez votre histoire dès le début. Non seulement vous pourrez laisser des indices sur la fin, mais également de faux indices, pour tromper le lecteur (attention de ne pas abuser de ce procédé). Il n’y a rien de plus sublimement frustrant pour le lecteur d’avoir eu tous les indices sous les yeux, et d’être néanmoins incapable de voir le dénouement (et pas seulement pour les thrillersà ! C’est pour cela que je reviens à la phrase du début : « Une bonne fin, c’est quand le lecteur se dit : je ne m’y attendais pas du tout, mais ça ne pouvait pas se terminer autrement. » En terminant le livre histoire, le lecteur aura réalisé ses limites, et son incapacité à voir l’évidencee, pourtant présente dès le début. Et dès lors, en plus de l’émotion propre à votre histoire, il en ressortira grandit, apprenant – ce qui est paradoxale pour un livre !- à lire entre les lignes dans ses prochaines lectures !

La semaine prochaine, je ferai un focus sur la construction de mon livre Interfeel. J’expliquerai les ressors narratifs utilisés, et comme j’ai anticipé la fin de l’histoire, pour surprendre le lecteur ! J’espère que ça vous plaira !

Antonin A.

—-

J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !

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Histoire d’écrire #22 Comment terminer ses chapitres ?

Pourquoi « bien » terminer ces chapitres ? Et bien, pour répondre à cette question, il faut se demander « Mais c’est quoi, un chapitre ? »

Mais oui, c’est quoi ?

Un chapitre, c’est un bout de votre histoire. Les « règles » d’usages voudraient qu’ils fassent tous la même taille, découpant ainsi le livre de manière régulière. Mais si vous tranchez votre histoire à, exactement, 15 pages et demi, tout simplement car votre livre fait 155 pages et que vous voulez dix chapitres, vous vous doutez bien que ça ne fonctionnera pas. Il faut une raison pour que le lecteur se dise « Ok, là, je comprends que quelque chose vient de se terminer, et quelque chose d’autre va commencer. Il faut qu’il y ait un sens à votre construction de chapitres.

Il existe des constructions « logiques » de chapitre. S’il y a deux narrateurs, et que les chapitres oscillent naturellement de l’un à l’autre (exemple : la fille du train). Ou plusieurs narrateurs qui se passent la parole tel un relai (exemple : Game of Throne – enfin : a song of Ice and Fire).

Auto promo : j’ai fait une petite vidéo sur Game of Thrones (sans spoils des dernières saisons), où j’explique mon désamour de la série et, justement, parle des arcs narratifs que nous verrons plus bas.

Idem si l’histoire se passe sur plusieurs époques (encore la fille du Train ou plus récemment, « Nous sommes l’étincelle »)

La Fille du train - poche - Paula Hawkins, Corinne ...
La fille du train combinne à la fois un découpage de chapitres suivant à la fois une alternance temporelle, et de narratrice

Prenons, pour l’instant, une histoire plus classique, avec un seul narrateur, et une histoire chronologique. Et dans ce cas :

Comme découper son histoire en chapitres ?

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par la propre expérience, inspirée, je pense, par les polars, et la structure narrative des séries. Et pour cela, il faut parler des arcs narratifs.

Qu’est ce qu’un arc narratif

Qu’est ce qu’un « arc narratif » ? Un fragment d’histoire, plus ou moins grand, qui contient sa situation initiale, sa problématique, ses épreuves et sa résolution.

Il est possible qu’un roman, ou n’importe quelle histoire, ne contiennent qu’un seul arc narratif, mais c’est rare, car c’est un peu pauvre. Généralement des arcs narratifs secondaires, de moindre importance, viennent enrichir l’intrigue principale, et densifier le récit. Il peut s’agir de tout, et de rien : une tension entre deux personnages, qui se resolvera à un moment (opportun) de l’histoire. Parfois, plusieurs arcs narratifs se déploient en parallèle. Parfois, la résolution d’un arc narratif entraine la résolution de l’autre. Si vous êtes familiers de la série « Dr. House », vous savez de quoi je parle. Généralement, le génial et misanthrope docteur comprend la solution d’un problème qui paraît anecdotique, et cela lui donne la réponse pour le problème médical qui leur donnait du fil a retordre depuis le début de l’épisode.

dr house oops GIF
Oups, j’ai encore résolu un mystère insondable, en regardant une petite fille jouer avec sa peluche !

Parfois, enfin, un arc narratif qui paraissait anodin à la base devient insurmontable, ce qui entraîne une surprise assez efficace envers le lecteur (Game of Thrones regorge de ce genre de procédé).

Mais, cher Antonin, allez vous me dire, tout cela c’est bien beau, mais quel rapport avec « Comment terminer ses chapitres » ? Car, et je viens de vérifier, c’est bien de cela dont il est question dans cet article.

Patience, petits chenapans, je vais y venir. Car les deux sont liés ! Reprenons l’exemple des séries : nombre, nombre d’entres elles utilisent un double arc narratif : un premier, principal, que l’on suit durant toute une saison, voir plusieurs saisons. Un autre, plus restrictif, le temps de l’épisode concerné. Pour unique exemple, je vais prendre « The Mentalist », que je n’ai pas vu, mais qui, je sais, utilise bien ce procédé : la recherche de John le Rouge est principale pour le héros. A chaque épisode, également,il va résoudre des arcs narratifs plus restreints. Et une structure en chapitres procède de la même manière : à la fin de chaque chapitre, les questions que vous vous posez en début de chapitre sont résolues (en partie), mais pas l’histoire principale. Par contre, un jeu d’interaction doit jouer entre l’histoire principale et les histoires secondaires.

Mentalist image #3775
Je l’aurai un jour, je l’aurai !

Ces histoires secondaires n’ont pas besoin d’être indépendantes de l’histoire principale. Elles apportent, peu à peu, des éléments, soit de mystère, soit de réponse, à l’histoire principale. Une enquête policière va être construite ainsi.

Enfin, l’autre raison à cette constrcution en arc, et sous arc narratifs, est de maintenir l’intérêt du lecteur. Si l’histoire est d’un calme plat pendant 400 pages, et que tout s’explique lors des 50 dernières, certes, l’histoire peut être la meilleure du monde, mais l’ennui peut rapidement gagner le lecteur. Chaque étape de la résolution de l’intrigue principale peut, donc être une histoire en soit, qui enrichit la principale.

Concilier les chapitres, leurs fins, et les arcs narratifs de votre histoire.

J’utilise abondamment ce procédé dans Interfeel : A la fin du chapitre 1, la présentation d’Interfeel est fait, mais je sous-entends qu’elle n’est pas sans poser problème. A la fin du deux : perturbation de la trame principale. Chapitre 3 : interventions des Forces Spéciales, etc..

Une histoire bien construite est donc un agrégat interessant d’arcs narratifs mineurs qui, mis bout à bout (sous la forme de chapitres, donc), créé l’histoire principale, sans la perdre dans les détails, sans ajouter des contraintes « pour la forme ».

Car c’est l’écueil que peuvent avoir certains livres, ou certaines séries : le cliffhanger de fin de chapitre (dont personnellement, je raffole), mais qui ajoute des arcs narritifs accessoires, et inutiles. Ça va marcher une fois, deux fois, puis le lecteur va réaliser que vous vous foutez un peu de lui (et il aura raison :)).
Prenons un exemple :

Il se retourna et soudain il vit…

Le lecteur se dit bon sang : une nouvelle peripétie ! Mais que va-t-il advenir de notre héros ??

Chapitre suivant :

… Qu’il avait oublié son portable sur le bureau !

Vous pouvez sentir poindre la déception dans les yeux du lecteur :). Je vous laisse devinez quelles séries usent et abusent de ce principe de trames annexes, simplement pour faire apparaître un bon gros cliffhanger à la fin (je ne citerais aucun nom, sinon je parlerais des séries créées par JJ Abrahams – je l’aime bien, c’est pourquoi je le charrie autant !).

Lost TV Show Meme
Bin tiens

Donc pour conclure, un chaptre, c’est l’équivalent en musique d’un phrasé : un univers propre, riche en lui-même, avec ce qu’il faut de mystère à la fin, ou de résolution, pour donner envie de lire la suite. Et qui ne doit pas donner l’impression de n’être là que pour remplir de la page, ou créer un rythme artificiel, qui ne bluffera pas le lecteur longtemps

Antonin A.

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Histoire d’écrire #21 Elipse ou pas élipse?

Definition : mais une élipse, c’est quoi ?

"Je ne sais pas"
from: journaldunet.com

C est l’absence d’un passage de la narration. Elle peut prendre plusieurs formes. D’un passage abrupte d’un moment à l’autre, d’un bout de phrase transitoire (« le lendemain matin…), ou d’un petit paragraphe qui explique que l’on va accélérer un peu (« Durant deux semaines, il s’entraîna, sans relâche. A la fin, il était prêt. Il serait le meilleur dresseur de l’arène.)

L’elipse est ce qui differencie la vie réelle, où, à l’exception du sommeil ou des pertes de conscience, le temps s’écoule sans transition, et la narration qui, et c’est une manière de voir une histoire, n’est qu’avant tout une sélection des « meilleures morceaux choisis » du périple d’un héros.

Il y a beaucoup, beaucoup d’elipses dans un roman. Pour taquiner, on pourrait même dire qu’une histoire est une succession ininterrompu d’élipse, même d’un temps très courts, puisqu’aucun roman de d’écrire l’action seconde après seconde.

On recule d'une heure ce week-end en Atlantique | ICI ...
Techniquement, même si on décrit toutes les secondes, on fait quand même des élipses (d’une seconde)

Cette rupture narrative est utilisée en abondance, et vous l’utiliserez aussi. Le but de cet article est donc de voir les us et usages de cet outil narritif, quand l’utiliser et ne pas l’utiliser. Commençons !

Quels sont les types d’élipses ?

Il existe ce que l’on va appeler des élipses implicites. Des moments de la journée du héros que l’on va passer pour silence, car traditionnellement tabou, ou inintéressante, ou qui rendrait l’histoire confuse. Comment cela marche ?

Traditionnellement tabou

Le passage au toilette, le coït, ces choses qui tout le monde fait, mais auquel il n’est pas naturel de parler supplément. Tarantino, d’ailleurs, se fait un joie dans ses films de ne pas passer le passage des toilettes sous silence. Si vous voyez « Pulp Fiction », au moins trois évènements clés du film vont arriver lorsque Vince Vega est aux toilettes (Overdose, mort, braquage).

Dans des contextes particuliers (lorsque l’accès à des toilettes n’est pas évident ou possible), c’est tabou vont être mis sur le devant de la scène, au moins une fois, pour expliquer, et ôter cette interrogation au lecteur. Dans le premier livre Hunger Game, l’héroïne Katniss, dans l’arène, est décrite une fois en train d’uriner, pour éviter que le lecteur, bien que conscient du tabou, se pose la question. Nul doute qu’elle le fera plusieurs fois dans l’histoire, mais ce n’est plus la peine de l’expliciter : on sait.

Katniss - Katniss Everdeen Photo (28914701) - Fanpop
Hello Katniss

Dans le livre Jessy, de Stephen King, la femme se retrouve arracher à un lit, dans un chalet en pleine nature, pendant des jours. Bien évidemment, la question des besoins naturelles va resurgir, aussi Stephen King prendra soin, au moins un fois, d’expliquer qu’elle se fait dessus (pas d’autre choix…).

Jessie de Stephen King Format Poche - Achat vente neuf ...
Livre, d’ailleurs, que je vous recommande

Attention : ce tabou est généralement accepté par le lecteur. Aussi, à l’exception des cas cités plus haut, si votre protagoniste va aux toilettes, cela va sembler suspect. Pourquoi ? Va se demander le lecteur, et il va se mettre en garde. Si vous comptez que se déroule quelque chose de surprenant dans l’absence du héros, je vous invite à imaginer une raison annexe, qui détournera l’attention du lecteur.

Dans cet épisode de Bref par exemple : le héros va aux toilettes, sans raison apparente pour la narration. Bam, on sait qu’il va se passer quelque chose.

Pour le cas de Pulp Fiction, c’est plutôt bien amené : Vince Vega par aux toilettes pour « permettre » à Mia Wallace de faire son overdose. Mais on le voit parler avec lui même, réfréner ses pulsions de coucher avec elle. Le spectateur a donc la raison, et l’overdose (véritable raison de son passage aux toilettes) peut arriver, et avoir l’effet de surprise convenu.

Les passages inintéressants

Beaucoup de passage sont passés sous silence car inintéressant. Il ne faut jamais oublier qu’une histoire, tout réaliste qu’elle soit, ne reflète jamais la réalité. Simplement une transcription d’un univers plus ou moins réel, dans laquelle de nombreux éléments sont passés sous silence, histoire de ne pas freiner / perturber la compréhension de l’histoire.

Attention justement : lorsqu’on ne passe pas ces moments anodins sous silence, le lecteur s’attend qu’il se passe quelque chose.

Les moments confus

Imaginons une scène : un homme est marié, heureux, puis rencontre une autre femme dans l’ascenseur, avec qui le courant passe bien. Dans le langage narratif, cela signifie que cette rencontre sera importante pour la suite (c’est le fameux fusil de chekov, dont je parlerai plus tard). Or, non, l’homme ne reverra plus la femme, qui n’a aucune incidence sur l’histoire. Donc mettre cette rencontre fortuite dans l’histoire non seulement ne sert à rien, mais en plus entretien une confusion qu’il n’y a pas lieu de mettre. Il est donc conseillé de mettre en élipse, pas seulement ce qui tabou ou habituel, mais aussi ce qui ne sert pas l’histoire. Chaque ligne, chaque image, dans une histoire, sert un propos.

Bien sur, il ne s’agit là que de règles générales. Vous pouvez très bien semer le doute (surtout dans un polar / thriller), et des fausses pistes. Mais attention, c’est un exercice intéressant, efficace, mais difficile à mettre en place. A utiliser avec précaution et doigté, pour emmeler le lecteur juste assez pour le suspendre, et pas assez pour le décevoir.

Quand utiliser une élipse ?

Nous avons déjà vu plus haut qu’elles sont une partie intégrante de la narration. Mais il y a deux autres usages sur lesquels je voulais m’arrêter :

Pour donner du rythme.

Mettre des élipses, c’est enlever le mou de l’histoire, et ne garder que le dur. Cela permet de dynamiser l’histoire. C’est, mettons, l’utilisation la plus classique, celle qui justifie toutes les raisons précédemment citées.

Le rythme est important !

Par contre attention : méfier de l’usage abusif. Les temps de respiration sont nécessaire, pour laisser, justement, le temps au lecteur de souffler. Le ralentissement permet aussi de donner du sens à ce qu’il va arriver, et lui faire gagner en intensité. Une mélodie forte est d’autant plus épatante qu’elle est amené avec douceur. Dosez votre musique :).

Pour créer un effet (généralement comique).

Imaginez une personne qui doit partir d’une soirée. Mais ses amis le retiennent, et qu’il dit « bon, juste un verre ». Le plan suivant, cinq pintes de bières vides sont sur la table, table sur laquelle il fait la chenille avec ses potes. Élipse a ressort comique. On ne montre pas sa dégustation savoureuse de ces différents breuvages, un à un. L’effet produit est un contraste entre « un dernier verre », et sa passion pour cette sympathique danse des cours de maternelle ou des fins de soirée. L’elipse, ça peut aussi servir à ça !

Pour perturber le lecteur.

Amener le lecteur directement au milieu de l’action, plutôt que lui en montrer toutes les étapes. Cela peut permettre à ce dernier d’être aussi perdu que les héros. Ou de montrer, en une seule fois, l’étendu de ce qu’il s’est passé. Dans tous les cas, cela doit être un choix volontaire de la part de l’auteur. Ne pas montrer peut être autant efficace, voir plus, que de tout révéler.

Ce ne sont pas – exactement – des élipses, mais ce film montre à quel point la construction narrative d’un film peut en modifier sa perception.

Pour cacher un élément qui ne sera ressortit qu’à la fin.

Les polars et thrillers, bien sûr, son très friant de ce procédé. Masquer un élément au lecteur, qui sera le noeud de l’enquête. Dans le film « Prisoners », nous ne voyons pas l’enlèvement des deux fillettes. Le film peut donc commencer, pour comprendre ce qu’il s’est passé. Il en va de même pour Gone Girl. L’elipse la plus marquante dans ce genre, c’est l’un des livres d’Agatha Christie où le narrateur est en réalité le coupable. Nous suivons ses faits et gestes à la première personne. Pourtant, grâce aux élipses, les éléments clés nous sont cachés, pour que nous, lecteurs, ne puissions pas le penser assassin (je tairais le nom du livre pour éviter le spoil…Et car je ne m’en souviens plus !)

Pour laisser l’imagination du lecteur imaginer le reste

Imaginez une scène de torture de notre héros, ou vous voyez tout. Douloureux, hein ? Maintenant, voyez le couteau s’approcher, et vous le retrouverez 3 heures plus tard, tout sanguinolent. Pas mal aussi, non ? Et ce procédé peut aussi servir un autre but :

Pour ne pas perturber votre vision du héros.

Parfois, votre héros fait des choix moralement répréhensible. Au hasard, il tue quelqu’un. Mais ça doit rester le héros. On doit toujours ressentie de l’empathie pour lui. Et bien, l’une des solutions les plus courantes est de, tout simplement, masquer cette action. Magie de l’elipse ! Le héros tue quelqu’un, mais comme on ne le voit pas, on n’éprouve pas de pitié pour l’antagoniste, et les rôles restent bien stable.

Mais justement, sachant cela, vous pouvez jouer avec la perception qu’on les lecteurs de votre héros. Vous voulez lui ajouter une ambiguïté morale, réduisez, un peu, vos élipses – œillères. C’est une question de dosage :).

Pour éviter une censure.

Villanova University law school busted/ censured by ABA ...

La censure, ce n’est pas bien, d’accord. Mais pour pleins de raisons, utiliser une élipse pour passer sous silence une scène de violence, ou une scène de sexe, va être utiliser (le fameux couple qui s’embrasse langoureusement dans le lit et hop, on passe au réveil, le lendemain matin).

Mais vous pouvez justement utiliser les élipses pour jauger, le nombre d’éléments généralement « tabou ». Car ne pas raconter une scène de sexe n’est pas uniquement une histoire de censure. Cela peut aussi être de la pudeur. Tout dépend de votre choix, encore une fois.

Quand ne pas utiliser les Ellipses.

Pour pallier un problème narratif.

Lorsque l’écrivain coince dans son écriture, l’une des tentations est de passer par une élipse, raccourci narratif, pour ne pas avoir à s’embarasser d’explication. D’accord, très bien, mais ça ce voit. Deux exemples me viennent en scène : la dernière bataille de la saison 5 de Games of Throne. On voit l’assaut, puis les conséquences de la bataille et .. comment dire : on est un peu sur sa faim ! Ce procédé est plus compliqué à faire en livre (tant mieux), où la compréhension du texte implique la compréhension de l’histoire, alors qu’on se laisse (à mon sens), plus facilement abusé par ce genre d’artifice dans les arts visuels.

Pour ne mettre que les actions que l’on considère important.

Sauf que parfois il est, justement, important de mettre en place des situations, pour qu’elles prennent toutes leur saveur. Le contexte favorise l’immersion, n’oubliez pas cela.

Trop d’élipses tue l’elipse.

Il est parfois important de balancer de bonnes grosses élipses à toutes les pages, pour mettre du rythme et, certainement, se donner un style particulier. Sauf que… Perdre le lecteur n’est jamais une bonne chose. N’oubliez jamais que, quelque soit l’outil narritif que vous utilisez, il faut se rappeler comment le prendra le lecteur. Si, par amour d’un style, vous sacrifiez le sens de votre texte, vous êtes perdant. Croyez moi.

Dans tous les cas, l’elipse est un outil, de la même manière que la description, la narration, le dialogue. De même que dans l’art du jardin japonais, c’est du vide, qui révèle l’espace. À utiliser, donc, en tant que tel.

Antonin A.

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Histoire d’écrire #20 Comment développer des personnages

Pour que le lecteur s’implique, ressente de l’empathie avec les héros, il faut qu’ils douillent ! C’est cruel, mais c’est comme ça ! Un héros qui traverse l’histoire sans une égratinure n’est pas un héros, ça devient un symbole, une incarnation, comme James Bond ou Superman.

Ce que beaucoup de gens ont, par exemple, apprécié avec les prestations de Daniel Craig, le dernier James Bond en date, c’était que pour une fois, il en prenait sévère.

daniel craig GIF

Et c’est d’ailleurs le reproche inverse qui a été fait au dernier film en date : Spectre, où rien ne semblait atteindre notre héros.

Dans beaucoup d’histoire, nos personnages vont suivre un parcours initiatique, c’est à dire vivre des évènements qui vont les transformer, les faire évoluer. Avant, et après l’histoire, ils ne seront plus les même.

Le cheminement le plus célèbre s’appelle le chemin du héros. Si vous avez vu Matrix, Harry Potter, ou Star Wars, vous le connaissez forcément, même si vous n’en avez pas encore conscience. C’est ce qu’on va voir aujourd’hui !

Le chemin du héros, qu’est ce que c’est ?

Un peu d’histoire !

(Je me base principalement sur cette page wikipédia pour synthétiser ce concept).

Tout est partit d’une théorie de Joseph Campbell, affirmant en 1949, dans son livre « le héros au mille visages », que la presque totalité des mythes connus s’appuyait sur le même processus narratif (on parle alors de monomythe). Autant le dire tout de suite, beaucoup d’expert en la matière réfute cette hypothèse. Il n’empêche que ce concept est très intéressant pour nous, auteurs, autrices.

Cette même théorie sera reprise dans les années 1990 justement comme un outil narratif essentiel, par Christopher Vogler dans son livre emblématique The Writer’s Journey: Mythic Structure For Writers, que, d’ailleurs, je dois lire. Ce parcours de héros peut se synthétiser en 12 étapes et, pour montrer son actualité, je vais prendre, pour chacune d’entres elles, à titre de comparaison, le film Matrix, monument de la science ficiton contemporaine, qui à mon sens suit parfaitement ce schéma.

keanu reeves neo GIF
Bring it on.

Les étapes du voyage du héros

Avant de commencer, quelques précisions :

  1. Je vais spoiler Matrix ! Vous serez prévenu, mais je ne pense pas que cela vous enlève le plaisir de cette expérience cinématographique esthétique et visuelle.
  2. Tout héros à une quête, appelé ci dessous « Elixir ». Dans Matrix, la quête de Mr. Anderson (Keanu Reeves) est de devenir Néo, l’élu, celui qui mettra fin à la Matrix.
  3. Les phrases en gras sont directement tirées de la page Wikipédia sus nomméée.

Le héros dans son monde ordinaire : il s’agit d’une introduction qui fera mieux ressortir le caractère extraordinaire des aventures qui suivront.

On plante ici le décor original : le héros est tranquillement, dans son univers familier. C’est Luke Skywalker chez ses oncle et tante. C’est Frodon Sacquet, à la comté. C’est Harry Potter chez les Dursley (univers familier ne veut pas forcément dire positif :)).

Et pour Matrix, c’est Anderson, Keanu Reeves quoi, dans sa vie quotidienne de hacker et d’employé de bureau

keanu reeves 90s GIF
Le gendre idéal.

L’appel à l’aventure, qui se présente comme un problème ou un défi à relever.

C’est 63PO et R2D2 qui débarque sur la planète de Luke. C’est Hagrid qui arrive chez les Durlsey. C’est Gandalf qui réalise que Bilbon détient l’anneau. Et pour le futur Néo de Matrix, c’est le message mystérieux qu’il reçoit sur son ordinateur, qui l’invite à suivre le Lapin Blanc.

keanu reeves film GIF

Le héros est d’abord réticent, il a peur de l’inconnu.

Mr. Anderson refuse de suivre Morphéus, pour commencer. De même, alors qu’il doit sauter d’une corninche, la peur le retient, et il se fait arrêter par les agents Smith, pour un entretien des plus cordiales qui et n’implique PAS DU TOUT la pose d’un insecte dans son corps (pas de spoil, on vous dit :)).

sci-fi GIF

Le héros est encouragé par un mentor, vieil homme sage ou autre. Quelquefois le mentor donnera aussi une arme magique, mais il n’accompagnera pas le héros qui doit affronter seul les épreuves.

Alors là, il y en a à foison : pour Harry Potter, c’est Hagrid dans un premier temps, puis Gandalf. Pour Frodon, c’est Gandalf. Pour Luke Skywalker, c’est Obi Wan Kenobi. Et pour Néo…

the matrix GIF
Hellooooo Morpheus !

Le héros passe le « seuil » de l’aventure, il entre dans un monde extraordinaire, il ne peut plus faire demi-tour.

Harry Potter découvre le monde des sorciers (il ne peut plus retourner dans le monde « normal », sachant que les sorciers existent). Luke Skywalker décolle de sa planète (il ne peut plus rester : sa famille est morte). Frodon part en quête. Et Néo choisit la pilule rouge, celle qui lui permet d’accéder au monde « réel ».

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Morhpeus dit littéralement qu’il n’y a pas de retour possible avec la pilule rouge.

Le héros subit des épreuves, rencontre des alliés et des ennemis.

Combats de sorciers, combats de sabres laser, combat contre les monstres de la Terre du milieu, et combat pour les agents Smith, pour l’ami Néo.

keanu reeves GIF
ça chauffe, pour Mr. Anderson

Le héros atteint l’endroit le plus dangereux, souvent en profondeur, où l’objet de sa quête est caché.

Harry Potter affronte Voldemor (dans à peu près tous les Tomes). Luke Skywalker intègre l’étoile noire. Frodon atteint le Mordor. Et Néo affronte les agents Smiths, tout en sachant qu’ils sont plus fort que lui.

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« Je vais prendre grand plaisir à vous voir mourir, Mr. Anderson ».

Le héros subit l’épreuve suprême, il affronte la mort.

Dans le Tome 1 d’Harry Potter, Ron manque de mourir. Frodon douille sévère avant de détruire l’anneau (qu’il ne détruit pas lui même, d’ailleurs), et Néo meurt, littéralement :

Le héros s’empare de l’objet de sa quête : l’élixir.

Luke Skywalker détruit l’étoile noir à lui tout seul, en acceptant d’utiliser la Force (qui est un peu son Elixir, durant les trois films de la trilogie originale). Harry Poter trouve la Pierre philosophale. L’anneau est détruit. Et Néo, tout fringuant (et il n’a même pas attendu trois jours), démolie les Smiths et acquiert son statut d’élu :

Le chemin du retour, où parfois il s’agit encore d’échapper à la vengeance de ceux à qui l’objet a été volé.

Dans tous les exemples cités, le chemin du retour est assez tranquille : Frodon et compagnie, par la grace des aigles, arrivent en lieu sûr (il s’agit d’un Deus Ex Machina, d’ailleurs, on reparlera de ce concept plus tard). Luke Skywalker revient à la base rebelle, Harry Potter retourne dans les endroits « sûr » de Poudlard. Et Néo revient dans le vaisseau de Morphéus.

Ce passage est assez court dans le film, tellement court que je n’ai pas trouvé d’images ! Néo court jusqu’au téléphone, pour réintégrer le monde réel et sauver le vaisseau des bestioles métalliques.

Le retour dans le monde ordinaire et l’utilisation de l’objet de la quête pour améliorer le monde (donnant ainsi un sens à l’aventure).

Néo est l’élu, l’espoir renait dans la résistance. Luke Skywalker a terrassé l’empire, la sécurité reigne sur la Terre du Milieu.

matrix-trinity | Tumblr
Et les héros s’embrassent.

Le héros revient du monde extraordinaire où il s’était aventuré, transformé par l’expérience.

Harry Potter revient chez les Dursley, son environnement familier d’origine, mais il sait désormais que la magie existe, et peut donc l’utiliser à son avantage (« car ils ne savent pas que l’on ne peut pas utiliser la magie dans le monde Moldu » – citation approximative !). Et Néo revient littéralement dans son monde d’origine, avec… un petit truc en plus :

Petit ajout personnel

A ce parcours du héros, je rajouterai une étape : le décès du mentor, ou son immobilisation temporaire. Gandalf meurt (un momen), Morphéus se fait kidnapper, Obi Wan se fait désinguer, et Dumbledor…

Cette disparition est fondamentale : après avoir été, littéralement, le « tuteur » du héros, ce dernier doit continuer le chemin seul.

Ce schéma fonctionne-t-il à tous les coups ?

Non, bien sûr. Il faut le voir comme une trame, un repère pour comprendre la structure d’une histoire, et du parcours d’un héros. Certains passages seront plus rapides, ou absent. C’est, avant tout, un outil qui vous aide à décortiquer les histoires que vous lisez, voyez, et à structurer la votre. Il n’est pas nécessaire d’y coller, en partie ou totalement.

Est ce que ce schéma n’est pas trop classique ?

Tout dépend du point de vue, et de l’oeuvre en question. N’oublions pas qu’il ne s’agit là que d’un outil narratif parmi tant d’autres. Et que même s’il est suivit à la lettre, cela n’empêche pas l’immersion dans un univers. Au contraire, cela peut même l’aider.

Revenons sur Matrix : la structure narrative simple de l’histoire permet, justement, de plonger dans la complexité de l’univers créé, et les questions philosophiques qui en découlent (qu’est ce que la réalité ? Quelle est la force de mon esprit sur mon corps), et la beauté esthétique qui, elles sont originales. Une trame narrative plus complexe aurait peut être rendu l’immersion moins facile. Tout est donc une question de dosage

Et puis, n’oublions pas qu’il n’est pas obligé de suivre ce schéma à la lettre. Vous l’avez vu, je n’ai pas pu trouver des exemples de chaque étape avec les œuvres que je citais. Il ne faut pas considérer cette liste comme obligatoire, mais comme une corde supplementaire à votre arc narratif.Enfin (surtout ?), Si ce schéma habituel est attendu par le lecteur, pourquoi ne pas, justement, jouer avec ces attentes ? Il est tout à fait possible de semer des fausses pistes, de faire croire qu’après avoir faillit mourir, le héros va s’en sortir, et .. non ! Attention, c’est un procédé casse gueule, car la déception du lecteur peut survenir. Mais si c’est bien fait, vous laisserez une empreinte mémorable dans son imaginaire. Et à titre d’exemple de ces voyages du héros avortés qui fonctionnent, je n’ai qu’à vous rappeler sur la série la plus visionnée au monde est Games of Throne :).

J’avais envie, pour conclure, de parler des conséquences de suivre ce schéma initiatique, dans les suites de films et les séries. Et généralement, ça ne fonctionne pas très bien :).

Le problème des suites

Le problème des suites de film (quand celles ci n’étaient pas prévues à la base), c’est que nous nous trouvons à la fin du premier dans une situation satisfaisante. Or, il faut à nouveau créer de la tension dans l’épisode 2. Mais comment faire évoluer un héros qui a, déjà évolué ?

La première erreur (à mon sens), et ce qui fait qu’une suite ne marche pas, c’est d’anhilier les conséquences du premier film pour « repartir à zéro » dans le 2. L’exemple qui me vient en tête est Kingsman, et la figure de Galahad, jouée par Colin Firth, mentor du jeune Eggsy. Parcour classique du héros, qui refuse la quête, l’accepte, et paf, Galahad meurt, donc Eggsy doit continuer par lui même. Très bien. Efficace.

Et dans le volume 2, qui fait-on ? Par la magie du abracadabra, on réssucite Galahad ! Et c’est une autre figure de mentor, Merlin, qui écope cette fois. L’effet est, selon moi, désastreux, car le volume 2 non seulement efface toute l’implication émotionnelle du volume 1, efface ses conséquences, et surtout donne un sentiment d’immortalité de ses personnages (à quoi bon trembler avec eux, s’ils ne peuvent pas mourir). Pour ma part, on passe alors du film, au divertissement.

L’autre problème est de refaire un parcours du héros, comme si le héros, justement, était à nouveau innocent, vierge, et que les mêmes problèmes revenaient, sans qu’il ait tiré les leçons du premier. Tentant pour le producteur / écrivain / réalisateur : on prend la même recette, et rebelotte. Dans la Trilogie Cars, de Pixar Disney, le héros, Flash Mc Queen, apprend la modestie dans le premier film. Mais ensuite, il reste à nouveau de petit prétention pistonné.

Matrix se casse la gueule dans son volume deux pour beaucoup de raisons, l’une d’entre elles étant que, finalement, que Néo devienne l’élu faisait partit d’un procéssus beaucoup plus grand et complexe (et auquel, d’ailleurs, on n’a rien comprit). De fait, tout le parcours du héros de volume 1, et l’impliquation émotionnelle que nous avons eut en le suivant, devient caduque.

Mais alors, comme faire une bonne suite ? Et bien, tout simplement, en changeant les enjeux, sans nier les conséquences du premier volume.

La duologie Batman Begin et The Dark Night s’en sort très bien. Dans Batman Begin, le héros, Bruce Wayne, suit donc un parcour classique : refus de l’aventure (devenir Batman), acceptation, blablabla, à la fin, c’est Batman.

Dans le Dark Night, il est toujours Batman. Rien de ce qui est arrivé dans le premier volume n’a disparut ! Il ne remettra en question son statut qu’à la fin du film 2. On introduit, par contre, un nouveau personnage, le Joker (magnifiquement interprété par Heith Ledger, comme chacun sait) qui est d’ailleurs pour moi le personnage principal du film. Et cette fois, Batman ne suit pas le parcours initiatique du héros, au contraire, il cherche à lutter contre un ennemi qui, justement, n’a aucun plan, aucune origine, aucun parcours. De mon point de vue, c’est brillant.


Le problème des séries.

Le problème est le même avec les séries, surtout les sitcoms, pour lesquels il n’est jamais certain qu’il y aura de nouveaux épisodes. Comment faire évoluer un personnage, si on ne connait pas sa fin ? Et comment faire évoluer un personnage, si les spectateurs l’aiment tel qu’il est ? Barney Stinson, de la série How I Met Your Mother est un bel exemple de ce paradoxe entre « évoluer pour ne pas lasser » et « rester tel quel, car les gens l’aiment comme ça ». De nombreuses astuces sont effectuées, notamment des FlashBacks, de la période d' »avant », où il était « marrant ». Compliqué.

Et dans la logique du parcours typique du héros, on peut penser à la série Dardevil où, après que Matt Murdoch a complément accepté son rôle de justicier à la fin de la saison un, des remises en questions, à mon sens artificiel, surviennent dans les saisons 2 et 3 (d’après ce que j’ai entendu, n’ayant pas vu la saison 3), où, à nouveau, on détricote ce qui était installé. Et je ne parle même pas des séries low cost type Arrow, où le héros change de motivations et de valeurs comme de chemise, pour faire croire à une tension narrative quelconque

Et comment faire une bonne série ? Déjà, en l’arrêtant à temps. Breaking Bad suit l’évolution de Walter Withe devenir un magnat du crime, puis. 5 saisons, emballé c’est pesé.

L’autre solution, c’est de ne pas suivre le parcours initiatique du héros ! Prenons la série culte Friends, par exemple. Durant les dix saisons, il ne se passe au final, pas grand chose, quand à l’évolution des personnages. Joey est toujours ce dragueur un peu niais, Ross est toujours amoureux de Rachel… Mais il se passe beaucoup d’évènements. Et c’est sur cela qu’on s’attache. Sans oublier les dialogues, croustillants. En gros, il n’est pas obligé de suivre le chemin du héros. D’autres ficelles narratives peuvent être actionner. Mais si on le fait, il faut avoir conscience des conséquences : il n’y a pas de retour en arrière

Antonin A.

—-

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Histoire d’écrire #19 Comment construire une histoire ?

Aujoud’hui, article un peu spécial : nous allons voir, ensemblen les schémas narratifs classiques.

Pourquoi? Car tout roman peut se décomposer en ligne narrative. Qu’il s’agisse de l’histoire en tant que tel, ou le parcours individuel des protagonistes.

Encore flou ? Pas de souci : avec des schémas élégamment tracés et une foison d’exemple, livres, films ou séries, vous comprendrez ! Et je vous expliquerai, à la fin, pourquoi il est indispensable d’avoir conscience de ces « lignes de forces » dans votre histoire. C’est parti !

NB : je ne parlerai pas ici du parcours initiatique du héros (situation initiale, élément perturbateurs, etc.), même si j’en ferai allusion. Ce sera le thème d’un prochain article.

NBB : ces lignes narratives ne sont, évidemment, pas de moi. Mais il me semble essentielle d’en parler et, par contre, la réflexion que j’y apporte est de mon propre fait.

NBBB : aussi et enfin, comme il y aura foison d’exemples concrets, des spoils sont à prévoir. Pour info, je parlerai ici de : l’Assomoir et le Bonheur des Dames, de Zola, les romans de Michel Houlebecque, Bel Ami de Maupassant, (vaguement) Games of Throne, Chronique de la Lune Noire, Star Wars (je suis ton…), Scarface, Le Loup de Wall Street, Matrix, Harry Potter, X Men 3, Le seigneur des Anneaux.

Cela étant dit et bien dit, entrons dans le vif du sujet !

Les schémas narratifs

Je vais parler de 6 schémas narratifs, avec une variation sur les deux premiers.

La chute sans fin

Donc là, c’est littéralement une chute sans fond. Les protagonistes essuient échec après échec, sans aucun espoir de rédemption. Parfois, même, leur déclin est annoncé dès le début du livre et nous ne sommes que les observateurs, impuissants, de cette déchéance.

Vous pourrez penser que ce genre de structure est rare, mais c’est loin d’être le cas, surtout en littérature classique. L’exemple qui me vient directement en tête (spoiler, mais quand même), c’est Zola, avec « L’Assommoir ». Aucun espoir pour nos héros. Et Zola est bien friand de ce genre de schéma, le coquin.

[Illustrations de L'Assommoir] / Gaston Latouche, F ...
C’est pas le livre le plus fun à lire.

La chute sans fin, variation.

Ça, c’est une version un peu plus « réaliste » de la chute sans fond de nos héros : il y a de vagues espoirs, des possibilités de rédemption, mais au final, rien n’y fait, la gravité (de l’histoire) reprend ses droits, et ils tombent.

Un auteur hyper friand de ce genre de structure est Michel Houellebecq. Quasi tous ces bouquins (du moins ceux que j’ai lu) suivent ce chemin, offrant de l’espoir, puis le réduisant en pièces. Plombant.

Les particules élémentaires - Michel Houellebecq - Babelio
Pour une grande poilade, lisez ce livre

Dans un exemple hors littérature classique, les parcours de certains personnages de Game of Throne suivent ce même schéma. (car je le répète, ces lignes narratives ne s’appliquent pas uniquement à l’hisoire en général, mais aussi à des personnages, ou des intrigues secondaires) Devinez-vous lesquels ?

Test de personnalité : quel personnage de Game of Thrones ...
Alors ? Indice, il n’est pas forcément sur cette image !

L’ascension.

Schéma suivant : l’assenscion permanente. Rien n’arrête notre héros dans ses succès. Généralement, d’ailleurs, ce héros devient un symbole.

Encore une fois, vous pouvez penser qu’une telle structure narrative est rare, et pas forcément intéressante à lire. Mais les exemples, en littérature classique, toujours, sont nombreux. L’exemple le plus frappant est George Duroy, héros du livre « Bel Ami », de Maupassant : à force de magouille politicienne et de séduction, le héros parvint à ses ambitions, toujours plus grandes.

Oui, je fais de la pub pour Edward, de Twillight ! Mais pour les puristes :
Guy de MAUPASSANT: Bel-Ami
Voilà.

Si on quitte le domaine du roman, la saga « Chronique de la Lune Noire » suit ce même schéma (c’est d’ailleurs pourquoi je considère cette saga assez chiante).

Chroniques de la Lune Noire -9- Les Chants de la négation
C’est chiant, mais chiant…

L’ascension (variations).

Version plus « réaliste de ce schéma, dans le sens où le héros est soumis à des épreuves qui ne vont pas le faire descendre, mais néanmoins se dresser face à lui, ou le faire douter (ou nous faire douter) de ses succès. Je pense par exemple à Octave Mouret (Zola toujours), dans « Le bonheur des dames ».

« Au bonheur des dames » d’Emile Zola - 12 romans à ...
What esle.

C’est aussi le cas de beaucoup de héros de série, plus spécifiquement de sitcom. Voyez vos héros classiques, dont les histoires sont résolus en 1 épisode. Généralement, les épreuves sont pour la forme, et au final, son succès est toujours assurer.

La raison est toute simple : le but des sitcoms est de faire le plus d’épisodes possibles, en suivant peu ou prouve le même schéma narratif. Aussi, il ne faut pas trop secouer le héros, simplement donner l’illusion qu’il galère un peu. En vrac : Arrow, Flash, Big Bang Theory… Au final, nous voyons que leur situation n’évolue que très peu au fil des épisodes.

La chute, puis le succès final.

On arrive sur un schéma plus « classique », dans le sens où il va vous paraître plus familier. La chute du héros / protagoniste, et son succès final, ou sa rédemption.

Je n’ai pas d’exemple à proprement parler, mais pensez à toutes ces personnes qui se rachètent à la fin d’une histoire (généralement en se sacrifiant). Je pense par exemple à Dark Vador, à la fin du « Retour du Jedi »

Bon papa. Mais mauvais Dark Lord.

Cela me permet de faire deux parenthèses importantes : cette évolution narrative dépend de nos critères de base. Ainsi, si on voit l’évolution de Dark Vador à travers le prisme de « Sith à succès », l’évolution sera diamétralement opposée ! Dans grand succès durant tous les épisodes et paf !, il gâche tout en sauvant, looser, son fils (spoiil ! Mais bon, je pense que vous le saviez déjà :)). Par contre sous le prisme de la rédemption, il suit ce schéma.

Autre point important : cette évolution est plutôt l’apanage des ennemis, ou des seconds couteaux. Rarement le cas du /des protagonistes principaux, pour lesquels l’évolution est plus complexe (nous le verrons plus bas).

L’ascension, jusqu’à la chute.

Justement, le schéma inverse. Succès du personnage, jusqu’à sa chute. On pense donc à Dark Vador en mode « Sith Puissant », mais c’est aussi le cas de beaucoup de protagoniste méchant, par exemple « Tony Montana » dans ScarFace, ou le Jordan Belford, heros du « Loup de Wall Street ». Généralement, ce schéma suit une valeur morale, et la chute du personnage, à la fin, est généralement la conséquence de ses méfaits précédents.

Say hello…
To money

L’ascension, la chute, la rédemption.

On arrive sur un schéma bien connu, hyper classique, qui ressemble beaucoup au « parcours » du héros (que l’on verra une autre fois).

Allez, un exemple : un/une protagoniste se découvre des pouvoirs/aptitudes. S’en suit différentes péripéties où il/elle use de ses pouvoirs. Mais à un moment, c’est la déchéance, la chute, l’échec, la presque mort. Heureusement, il/elle survit, affronte les obstacles, et finis plus puissant que jamais.

De quelle histoire est ce que je parles ?

Si vous avez répondu Matrix / Harry Potter / StarWars, vous avez raison ! Il s’agit de la trajectoire la plus classique du héros : la montée, le moment où il manque de tout perdre, puis la victoire finale. Combien de films, de séries, de mangas, de dessins animés, avec le héros sur le point de mourir face au méchant et qui, dans un ultime sursaut, trouve la force de s’en sortir ? Je vous laisse commencer la liste :).

Allez, pour le plaisir

La chute, espoir de succès, la fin.

Ce parcours là, je vais l’appeler la « rédemption avortée du méchant. » Le méchant semble faire preuve de magnanisme, de mansétudes, bref, de tous ces adjectifs compliqués. Comme ça, je pense à Gollum, dans le seigneur des anneaux, le mutan Dark Phénix de le (désastreux) X Men 3…

J’ai galéré à trouver des images, mais avant de tout détruire, Jean Grey a une lueur de rédemption (qu’on ne voit pas forcément là).

Très généralement, ce schéma fonctionne en symétrie avec le précédent. Prenom Mr Smith : l’émergence du héros provoque une chute. Il pense tuer Néo : espoir de succès. Néo n’est pas mort : bye bye Hugo (jusqu’au prochain épisode).

Alors : pourquoi parler de tout ça ? Est ce pour montrer, salaud que je suis, que toutes les histoires se ressemblent, qu’on ne peut rien inventer de nouveau ?

Oui mais non.

Je vous décris ces schémas pour deux raisons :

La première, c’est qu’il est important, je pense, de désosser votre histoire jusqu’à ces trames essentielles. Vous comprendrez mieux votre dynamique. Alors l’exercice du jour c’est : prenez vos personnages, et voyez à quel schéma ils se rapprochent le plus. Cela vous « forcera » a voir l’essentiel dans votre histoire.

Enfin (et, peut être, surtout), oui, réduit à l’os, les trames narratives peuvent se ressembler… Et alors ? Voyez plutôt cela comme un squelette. Tous les squelettes se ressemblent (plus ou moins). Mes la dynamique, les muscles, la chaire, vont individualiser les gens, les rendre unique. Ici c’est pareil : cette charpente est nécessaire, mais c’est ce que vous allez mettre autours qui sera la matière de votre histoire, ses caractéristiques.

Donc n’ayez pas peur de décortiquer vos histoires jusqu’à ces « briques » essentielles. Pas là peine qu’elles soient tordues dans tous les sens, pour le simple plaisir d’être tordues. L’importe, c’est qu’elles soient une structure solide ! Après, libre à vous de les orner comme bon vous semble :).

A bientôt !

Antonin A.

—-

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