Mes livres de (p)référence

Voilà la liste de mes ouvrages préférés ! Pour les choisir, point de recherche minutieuses dans ma bilbiothèque, de classement hérmétique, ou de tri dans un tableau Excel où j’aurai consciencesement noté toutes mes lectures (la bonne blague !).

Plutôt, l’intuition, une réflexion, et les livres qui ont émergé naturellement au fil de mes pensées ! Liste donc totalement subjective, bien évidemment, mais vous vous en étiez douté !

La petite marchande de prose (Daniel Pennac)

Clairement, LE livre qui m’a donné goût à la lecture. Mon sou fétiche à moi.

La petite marchande de prise, kesako ? C’est le troisième volume de la « saga Maulaussène », où l’on suit le héros, Benjamin Malaussène, et sa folle famille et ses demi freres et sœurs tous aussi originaux, marqués (mais évitant la caricature, ce qui est fort). Benjamin Malaussène est bouc émissaire, c’est à dire que quand quelqu’un veut se plaindre, d’abord dans un grand magasin, ensuite dans une maison d’Edition, c’est lui qu’on va voir, et il admet que c’est sa faute, rien que sa faute. Mais comme Benjamin est sincèrement bon et empathique, les gens ne parviennent pas à continuer leur vociférations, et les mêmes qui étaient venus se plaindre repartent généralement en se confondant en remerciements et en excuses.

Sauf que Benjamin a un don : c’est de s’attirer à chaque fois un sacré paquet d’ennuis : accuser de meurtre de torture, il est innocent, nous, lecteurs le savons, mais il se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment, connait les mauvaises personnes et tout, absolument tout l’accuse ! Sauf qu’il est innocent. Reste à savoir comment il va se sortir de ce bourbier !
Pourquoi ? Déjà, l’écriture, fluide et légère, même pour parler des sujets les plus graves (il prend quand même cher, dans ce tome là, Benjamin Malaussène).
Ensuite, une construction au cordeau : de nombreux indices sont éparpillés tout le long du livre, pour rendre l’histoire, même si elle semble invraisemblable, cohérente.
A la réflexion, je pense que Daniel Pennac et sa saga Maulaussène m’ont influencé plus que de raison. Je pense (modestement) partager les mêmes objectifs que Daniel Pennac : rendre l’histoire accessible, sans la rendre simpliste. Teinter le tout de réflexion morale, mais pas moraliste. Divertir, aussi. Et proposer de bons gros twists !

La joie de vivre (Emile Zola)

Ah, Zola. C’est mon petit péché mignon des auteurs classiques ! J’ai commencé la sage des Rougons Macquart comme un challenge (idiot), et je me suis laissé embarqué dans les aventures de cette famille… Particulière.
Petit rappel des faits : Zola à écrit 20 romans, les Rougons Macquarts, retraçant la vie sous le second Empire. Chaque Tome suis un personnage, et (surtout) une thématique : la vie paysanne (La Terre), la naissance des grands magasins (Au bonheur des dames), les grèves minières et l’émergence du communisme (Germinal).
Et pourquoi j’aime bien ? Déjà parce qu’il écrit bien, ce con. Oui, il pose des tartines de description, allant sur le détail du détail du sourcils de l’héroïne, mais on se rend compte que ces descriptions sont indissociables du projet de Zola : décrire, avec le plus de concision possible, la réalité de l’époque.
(Bon il publiait dans un mensuel et peut être aussi qu’à l’instar de certains mangas aujourd’hui, il étirait en longueur pour publier plus de chapitres !).
Pourquoi j’ai choisi la joie de vivre ? Car c’est, à mes yeux, le plus violent. Zola décrit tout et quand, pars exemple, il décrit un accouchement, il le décrit. J’ai faillis sauter des pages, alors je n’imagine pas les réactions à l’époque. Et l’histoire de cette jeune fille, désespérément accrochée à sa joie de vivre malgré le paquet de problèmes qui lui arrive sur la tête, est déchirant. Un must read.

Vernom Subutex Tome 1 (Virginie Despentes)

Et si on parlait maintenant de la Zola de notre époque ? C’est clairement ce que j’ai ressenti en lisant le premier Tome de Vernon Subutex, de la Lyonnaise, Croix-Roussienne, même (d’où le pseudo « Des Pentes » – de la Croix Rousse).
On suit sur trois Tomes (mais j’ai préféré le premier, je l’expliquerais ensuite) les (mes)aventures de Vernon Subutex, ancien disquaire, ruiné par le numérique. Il croisera une foule de personnages au cours de son chemin de croix (les lecteurs de la trilogie savent pourquoi j’utilise cette référence), et chaque protagoniste sera le miroir d’un des aspects de notre époque. Le trader, la quarantenaire qui tente de rebondir, la jeune femme qui décide de porter le voile, au grand dam de son père. Et à chaque fois, ça tombe juste, ça évite le cliché et Virginie Despentes, percutante et engagée dans ses interviews, réussis le tour de force d’être tout aussi percutantes dans ces livres, tout en gardant le regard extérieur de l’écrivaine. Bravo !
Alors, pourquoi ce choix ? Déjà, parce que j’adore le style de Despentes, que je qualifie de « coup de poings ». Elle va droit au but, ne s’embarrasse pas de fournitures sémantiques, mais en même temps je cherche jamais la provocation gratuite (comme ça a pu être le cas dans ses premiers romans). Ensuite, les personnages. Ils sont tous ciselés, travaillé, nourrit d’informations crédibles qui nous les rendent réels. Pourquoi le Tome 1 ? Tout simplement car justement, l’histoire principal du livre, ce sont les personnes qui la composent. Ils sont l’histoire. Dans les Tomes 2 et 3, la narration reprend son cours, et j’ai trouvé cela moins intéressant.

Akira (Katsuhiro Ōtomo)

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Il est temps de faire un tour du côté des bds, et sa déclinaison japonaise : le manga. Généralement critiqués, considéré par certains puristes de la littérature en général, ou de la bande dessinée, comme un sous genre, une sous culture. Oui, mais il y a Akira (et Monster, et Taniguchi, et plein d’autres).
Akira se passe dans le futur, un futur plus très lointain puisque nous sommes en 2030, et qu’un explosion nucléaire à ravagé Tokyo 30 ans auparavant, faisant place à néo Tokyo. Dans ce monde post-apocalyptique, nous suivons Kaneda, un voyou (insupportable !), Tetuso, et différents protagonistes, tandis qu’une opération s’organise pour réveiller Akira, un jeune enfant capable de provoquer l’apocalypse, d’ailleurs responsable du premier drame.
C’est terriblement bien dessiné, quasi cinématographique (beaucoup de mangas sont ainsi, je conseille également Domu, du même auteur), l’évolution des personnages est bien faite, la fin crédible, l’univers réaliste et les thématiques abordées pertinantes. Bref, que demander de plus ?

La jeunesse de Picsou (Don Rosa)

Et oui : la jeunesse de Picson. La. Fucking. Jeunesse. De. Picsou. De Don Rosa.

(Et oui, mon exemplaire est vieux, usé, et encore en francs. J’assume mon âge.)

On suit les aventures de Balthazar McPicsou, de ses dix ans, dans l’Ecosse de la fin du 19ieme, jusqu’au milieu du 20 ieme, lorsqu’il devient l’homme (enfin, le canard) le plus riche du monde. Et il n’y a pas que le dessin terriblement bien chiadé, les références historiques bien placés et l’humour. C’est touchant, aussi, et montez l’évolution de ce jeune homme (oui, Canard), naïf et reveurs, à ce milliardaire au cœur de pierre que l’on connait tous. A lire.

The Curious Incident of the Dog in the Night-Time (Mark Haddon)

Votre niveau d’anglais n’est pas très bon ? Lisez quand même ce livre dans sa version originale. La lecture n’est pas très compliqué car le narrateur est un jeune autiste de 14 ans, et ses phrases sont excessivement simples et, surtout, logiques.
Ce livre est un petit bijou. Le héros découvre le chien d’une voisine mort, une fourche plantée dans le ventre, et décide de mener l’enquête pour savoir qui l’a tué. Ce qu’il va découvrir chambouler à son univers.
La force, la grande force de ce livre, et de l’auteur, c’est d’avoir pu se glisser dans la peau d’un jeune autiste, et de voir le monde à travers ses yeux, avec sa logique, son univers. Ni complaisant, ni mièvre, il est un exemple à suivre pour quiconque cherche à faire parler un narrateur, une narratrice, dont la vision du monde diffère de la sienne. C’est à dire, à peu près tout le monde. Bref, lisez le !

L’esprit de Warren (Brunschwig, Servain, Goth)

Retour à la bd avec « L’esprit de Warren », une tétralogie suivant les traces d’un serial killer, Warren, sur trois générations de personnages

Difficile de résumer l’esprit de Warren sans trop spoiler, donc je vais me concentrer sur ses atouts, nombreux : la transmission, l’influence du conditionnement, notamment chez l’enfant, le fait de faire jouer cette histoire sur trois époques de manière tout à fait cohérente, ainsi que la thématique des indiens d’Amérique, centrale dans le récit. Un bijou.

Universal War 1 (Denis Bajram)

Allons enfin faire un tour du côté de la science fiction ! Ce domaine est assez particulier, puisqu’il permet de s’évader, tout en offrant un regard pertinent et souvent critique sur notre présent.

J’ai beaucoup d’affection (à part la toute fin #nospoiler), pour Universal War 1. Pour des raisons personnelles, déjà, mais aussi par la très grande maîtrise du scénario, alors que l’auteur joue avec le principe pourtant casse gueule des voyages dans le temps. Mais ça marche, etc’est très bien dessinée, et les personnages sont forts et originaux. Bref, un Space opera comme on les aime. Je ne vais pas trop vous résumer l’histoire également, mais ça se passe dans l’espace (en grande partie), il y a des bons gros rebondissements et l’ensemble est cohérent jusqu’à presque tout au bout (à part la fin, donc !) Et j’ai beaucoup moins d’affection pour UW2, en cours de publication actuellement.

Le combat ordinaire (Manu Larcenet)

Enfin, toujours dans la bd, la semi autobiographie de Manu Larcenet, tout en finesse, aussi bien au niveau du dessin que sur l’histoire. C’est tendre, c’est touchant, c’est souvent drôle, ça raconte la vie de Marco, photographe un peu paumé et attachant, et ça aborde un paquet de thématiques universelles : la filiation, la paternité la politique. Un sans faute, et une tétralogie à découvrir.

Et voilà !

S’il y a une leçon à tirer de tout ça (même si ce n’est pas le but principal), c’est, comme j’en parlais dans un article « Histoire d’écrire », c’est qu’il n’y a pas de « genre » spécifique pour aimer la littérature. Je lis des classiques, des contemporains, des bds, des mangas. Mes influences proviennent également des séries télé, des films et (dans une moindre mesure) des jeux vidéos. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas grave ! Lisez ce que vous avez envie de lire ! Si une personne vous juge d’un air condescendant en voyant votre livre, continuer de le lire ! C’est le meillleur moyen de faire fermer le clapet aux soi-disants détenteurs du « bon goût ». Alors que le  seul goût qui importe, c’est le vôtre !

A votre tour ! Mettez en commentaires vos livres préférés ! J’ai hâte de mieux connaître mes lecteurs, et quoi de mieux pour cela que de savoir ce qu’ils lisent :).

A bientôt !

A propos Antonin Atger

Ecrivain, mon livre Interfeel est disponible aux Editions Pocket Jeunesse : https://www.lisez.com/livre-grand-format/interfeel/9782266248280
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