Écrire un dialogue n’est pas facile. On peut être un très bon écrivain, avoir un style fluide, et buter sur les dialogues. Nous allons voir dans cet article quels sont les principales difficultés du dialogues, les différents moyens de les écrire, quelques astuces, et comment dynamiser les dialogues avec… Ce que l’on met autours des dialogues !
Un dialogue, c’est quoi ?

Faisons simple : c’est un échange entre plusieurs personnages (une seule personne parle : monologue). Cette partie prend une place plus ou moins considerable dans une histoire, allant du néant à l’ensemble du livre (« Péplum », d’Amelie Nothomb).

Mais, contrairement à la narration, un dialogue n’est pas le fruit du style du narrateur, mais de ceux qui parlent. Et c’est toute la difficulté et le paradoxe du dialogue : l’auteur doit céder sa place de narrateur, et laisser parler d’autres personnes, tout en laissant cela cohérent avec le reste de l’histoire.
A partir de là, il y a deux possibilités. Soit vous considérez que le dialogue n’est effectivement qu’une extension de votre narration. Après tout, c’est vous qui racontez l’histoire, et c’est vous qui décidez quels mots, quel style, mettre dans la bouche de vos personnages. Vous gagnerez, peut être, en fluidité (tout votre texte sera uni), mais vous y perdrez en cohérence (certaines tournures, qui vous sont propres, peuvent ne pas paraître pertinente dites par l’un de vos personnages).
L’un des grands tenants de cette pratique est Yasmina Khadra. Je ne vais citer qu’un de ses livresn mais tout ceux que j’ai lu possède la même logique : l’Attentat. Les discutions entre les protagonistes sont prétextes à des échanges philosophiques de haute volée, certes peu réalistes, mais fascinantes à lire.

L’autre solution est de réfléchir à la manière, propre à chacun, de parler. Que chaque personnage, en fonction de sa personnalité, son habitude, va s’exprimer d’une manière bien particulière. A vous de la trouver.
L’avantage de ce choix, c’est que vous gardez une cohérence avec vos personnages. L’inconvénient, c’est que varier de style peut être inconfortable à la lecture, et empêcher une véritable immersion.
Et bien sûr, il existe une infinité de choix entre ces deux extrêmes.
Les trucs pour écrire un dialogue :
L’une des problématiques principales, en écrivant un dialogue, c’est de trouver le style « oral »… Mais à l’écrit !
Cette transcription n’est pas toujours facile. Et la tentation est forte de raboter les mots, les négations, pour donner cette impression de fluidité parlée. Sauf que… Généralement, le rendu est illisible ! Car c’est là la complexité de la chose : il faut lire quelque chose qui est parlé. Aussi, il faut effectuer une adaptation de ces paroles.
Voici une solution très simple que je vous conseiller : écrivez les dialogues dans le même style que vous écrivez dans votre correspondance privée, avec des amis. Non pas comme vous parlerez, mais écrirez. La fluidité naturelle de l’écriture personnelle rendra parfaitement, à l’écrit, ce que le narrateur veut dire, à l’oral.
Méfiez vous des trops grandes coupures de mots.
Je reviens donc sur ce point : méfiez vous des trop grandes coupures de mots. Si vous retranscrivez à l’écrit exactement ce que vous entendez à l’oral, cela ne marchera pas.
« J’l’ai vu, l’t’ais pas au top »
Vite fatiguant.
Sans couper les mots, il existe pleins de moyens d’ajouter du dynamise et du « réalisme » à votre dialogue : vous pouvez par exemple abolire la première partie des négations :
« Je l’ai pas vu »
Et privilégier les phrases courtes :
« T’as vu ? Je l’ai fait. C’est fou ! »
Vous pouvez également mettre les éléments narratifs littéralement entre parenthèses, pour rester dans le dialogue.
« Tu vois ça (il désigna la boîte). C’est elle qui va tout changer. »
Mettre du dynamisme autours des dialogues.
De même, plutôt que faire des coupures narratives, vous pouvez sous entendre ce que font vos héros, à travers ce qu’ils disent. Ainsi, en lisant les paroles, le lecteur s’imagine l’action.
« Tu vois, si j’appuie sur ce bouton ? C’est la ville entière qui va sauter. »
(On devine qu’il désigne le bouton, en disatn cela)
Enfin, dernier truc : vous pouvez tout simplement lire le dialogue à voix haute. Après tout, c’est un échange oral. Vous verrez si vous lecture est fluide et dynamique, et pourrez changer en fonction.
Autours du dialogue.

Ce qui entours le dialogue est aussi important. Les « didascalies » théatrales. Les informations autours des paroles.
Pour ce faire, il y a aussi plusieurs trucs.
Déjà, évitez les verbes « faibles », c’est à dire : « dire, faire, répondre ». Trouvez des mots équivalents, mais avec une précision plus importante, témoignant de l’état d’esprit du personnage.
« Ce n’est pas ça ! hurla-t-il. »
« Tu ne me comprends pas, tu ne m’as jamais compris, sanglotait-elle. »
« Il est l’heure, chuchota-t-il. »
L’oeil humain ne s’arrêtant pas à chaque mot, mais lisant la phrase dans sa globalité, va colorer la phrase dîte de la tonalité suggérée par le verbe d’action.
Vous pouvez également, tout simplement, couper le dialogue, pour signaler un état d’esprit du personnage.
« Ce n’est pas possible ! »
Il se tenait, droit et décida. Andréa tenta une nouvelle fois :
« Tu m’as dis que tu le feras ».
Il secouait la tête, inflexible :
« Ce n’est pas possible. »
Notez que dans cet exemple là, pas une seule fois que je ne dis que les personnages parlent. Je le suggère à chaque fois. C’est un autre truc, pour ajouter du dynamisme.
En conclusion.
Le dialogue est une part essentielle de la narration. Vous pouvez vous contentez de les écrire, comme simples éléments d’information, mais il est bien plus important de les utiliser pour exprimer les émotions de vos personnages de manière plus directe, et empirique, qu’en l’expliquant. Les dialogues apportent quelque chose à votre histoire. Ils ne font pas que la compléter. J’espère que ces quelques conseils vous aideront à les formaliser !
N’hésitez pas si vous avez des questions, il y a une belle section commentaire juste dessous !
La semaine prochaine, nous verrons comment simplifier votre style d’écriture ! D’ici là, portez vous bien !
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
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Histoire d’écrire #28 Comment être concis ?
Il est tentant de faire une histoire avec 10 000 (ou 9998, ne chipotons pas) évènements, quêtes, et trames narratives qui se croisent et s’entrecroisent. Sauf que ce n’est pas (toujours) une bonne idée.
Nous allons déjà voir pourquoi il faut éviter les complexités narratives, puis comment obtenir cette simplicité. Allez, zou !
Pourquoi faire simple ?
C’est vrai ça ! Pourquoi faire simple lorsqu’il est aisé de faire compliqué et tortueux ? Et bien tout simplement faisons d’introspection : pourquoi faire volontairement compliqué ?
Et bien c’est parfois pour le simple plaisir d’impressionner, de faire de l’esbroufe. Mais généralement, on devine rapidement l’artificialité d’une telle complexité. Et le lecteur s’y perd, au mieux. Au pire, il a la tendre impression que vous vous moquez de lui !
La complixité artificielle c’est, généralement, un paravent pour masquer une pauvreté de construction, une faiblesse de la narration, bref, des choses qui vous arranges bien, vous, auteurs, mais moins les lecteurs.
Maintenant qu’on est à peu près d’accord sur le pourquoi faire simple, voyons le comment.
Avant d’écrire : Préparez votre histoire.
Pour être concis, il faut savoir où l’on va. Pour savoir où l’on va, il faut… Prévoir où l’on va ! En continuité avec à peu près tous mes articles précédents, construisez votre histoire avant de commencer à l’écrire. Vous éviterez ainsi de buter sur une impasse narrative, et essayer d’embrouiller le fil de l’écriture pour retomber maladroitement sur vos pattes.
Généralement, lorsqu’on commence à complexifier inutilement notre histoire en cours d’écriture, c’est que l’on cherche à noyer le poisson qu’on ne parvient pas nous même à trouver, le poisson étant ici le dénouement de notre histoire.
Résultat : on se perd en circonvolutions douteuses et rebondissements qui tombent à plat. Soyez honnêtes avec vous même. Prenez du recul, résolvez le problème, et ensuite décrivez l’histoire tracée, en montrant vous même le chemin que vous souhaitez, et non pas en cherchant à le défricher au hasard à coup de twists.
Faisons, ô, surprise, une analogie : pour expliquer facilement un concept, philosophie, scientifique, compliqué, il faut bien le maîtriser. Cela doit être pareil avec votre histoire.
D’accord, mais comment faire ?
Commencez par écrire l’essentiel, puis voyez si ce que vous rajoutez à un intérêt. Cette méthode a un double intérêt : elle vous force à voir vous même ce qui est essentiel dans une histoire, et vous permets d’ajouter volontairement un degré de complexité.
Après : enlever le superflux.
Vous avez terminé votre histoire. Bravo ! Pourtant, quelque chose vous chiffonne.
Il est difficile d’enlever quelque chose que vous avez écrit. Pourtant c’est parfois essentiel, pour le bien de l’histoire. Ne laissez pas votre orgueil (« je l’ai écris, donc c’est bien, donc je garde »), vos sentiments (« même s’il ne fonctionne pas avec l’ensemble, j’aime ce passage ») ou tout simplement votre flemme faire barrage.
Si une ablation brutale est trop dure, petit truc tout simple : fait une copie de votre texte, et modifiez l’original (pas la copie – psychologie, quand tu nous tiens !). Puis, le lendemain, relisez votre texte l’esprit reposé, rassuré de savoir que, dans tous les cas, il existe une copie de votre premier texte.
Ensuite, mettez de côtes toutes les (mauvaises) raisons qui vous empêcherait d’admettre que votre texte est mieux sans cet element. Si vous pensez objectivement que c’est le cas, choisissez cette nouvelle version ! Vous aurez l’impression de perdre un morceau de votre histoire, peut être, mais vous gagnerez bien plus : de la simplicité.
Voilà pour le fond ! La semaine prochaine, nous verrons la forme : comment simplifier votre style pour renforcer cette clarté !
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
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