Revenons plus en détails maintenant sur ce qu’il se passe une fois que le livre a été accepté par un Editeur.
Alors déjà bravo ! C’est, j’imagine, une très grande satisfaction.
Qu’est ce qu’il se passe après alors ? Et bien il se passe justement… du temps ! Il faut faire oeuvre de patience, ce qui, comme je l’ai déjà dit, peut être difficile à vivre, puisqu’on ne contrôle plus son oeuvre et que bon, c’est son bébé, comment ça, il n’est pas dans la top priorité de l’Editeur ?
Non.
Tristesse
Même avec la certitude d’une publication, il faut patienter au moins six mois. Car l’Editeur doit faire son job d’Editeur, c’est à dire relire, et annoter votre livre.
Comment ? Une modification sur mon oeuvre tellement parfaite ?
Comment ça ? Pas parfait, mon (hors d’) oeuvre ?
Oui, et ce n’est pas plus mal ! Car le regard de l’Editeur peut apporter un éclairage intéressant. Il a du recul sur votre texte, ce que vous n’avez pas forcément (et c’est normal). Il a l’expérience des textes. Cela ne veut pas dire qu’il a toujours raison, mais souligne au moins sa pertinence dans le retours. Et puis, il connait le marché du livre. Il sait comme vendre le vôtre.
Quoi ? Mon livre, un produit à vendre ?
Et bien… oui. Je trouve incroyable qu’il y ait encore un tabou par rapport à cela (même s’il s’explique très bien). Si vous voulez pouvoir vivre de vos écrits il faut bien… qu’ils vous rapportent de l’argent ! Cela ne veut pas dire pondre à la chaîne, cela ne veut pas dire écrire uniquement des textes complaisant. Mais un livre, c’est un rencontre entre le lecteur et son public. D’où les modifications de texte.
On n’est pas bien, là ?
MAIS
Cela ne veut pas dire tout accepter les yeux fermés (surtout que ainsi, la lecture est plus compliquée). J’estime que les échanges avec l’Editeur doivent être francs et utiles. Il est tentant de se dire que toutes les modifications qu’il propose sont forcément pour prendre possession de votre bébé. Prenez du recul. Même si vous n’êtes pas d’accord avec ces modifications, n’imaginez pas d’autres intentions que celles : 1) de faire le meilleur livre qu’il soit 2) de le vendre. A vous de voir où vous décidez de placer le curseur des modifications que vous décidez d’apporter.
A titre personnel, pour la construction d’Interfeel, mon Editeur a fait beaucoup de remarques très pertinantes, qui font du livre ce qu’il est aujourd’hui. Il voulait aussi changer d’autres choses, ce que j’ai refusé.
D’ailleurs,
(Ils sont cools mes titres dernièrement, non ?)
Ce n’est pas un marchandage, hein ? Il ne faut pas se dire « j’accepte 50 % de ses modifications, il accepte 50% de mes refus. Chaque argument doit être pris pour ce qu’il est, et réfléchit dans une seule optique : comment rendre le meilleur livre qu’il soit. Si vous êtes en désaccord, exprimez-le. Peut être que l’Editeur vous donnera des explications, des raisons qui vous avez échappées, et qui vous convaincront. Ou peut être pas. Mais au moins, vous aurez avancé. Car vous en aurez compris la raison.
Discussion habituelle avec son éditeur ? (Spoiler : non)
Note importante : je ne suis que chez UN Editeur. Ces principes ne peuvent pas s’appliquer à l’ensemble des maisons d’Edition dont la taille, l’importance, la politique éditoriale, vont forcément impacter la relation que vous aurez avec votre éditeur. Ne prenez donc (comme toujours d’ailleurs :)) pas ces remarques comme des vérités générales. Mais dans tous les cas, demandez des explications. L’échange, encore.
La couverture.
Oui, l’écrivain possède un sens de l’humour extrêmement développé
La couverture, comme pour le livre, fut décidée conjointement. Et je ne m’en plains pas ! Mais encore une fois, des échanges que j’ai eu avec d’autres auteurs et autrices, cela est loin d’être une vérité générale, et l’influence de la maison d’Edition peut être plus grande. Rien ne vous empêche, en amont même de la signature du contrat, d’en parler. L’échange, toujours.
Conclusion
Pour paraphraser maladroitement notre ami Edouart Baer, alias Otis, dans Astérix Mission Cléopâtre, il y a des bonnes et des mauvaises corrections. Mais il y en a des bonnes. Ne laissez pas votre égo reffuser une modification qui serait bénéfique pour votre livre. Mais écoutez votre courage pour vous opposer, quand une autre modification de vous convianct pas.
Et échangez ! L’échange, toujours.
A bientôt !
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
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J’ai le plaisir de vous annoncer que le premier volume de ma saga Interfeel paraîtra en poche le 9 janvier 2020 (en même temps que la sortie de sa petite soeur, enfin du grand format, Interfeel 2).
Bon, la couv ressemble quand même vachement au grand format, je suis d’accor d!
Plaisir, parce que la culture a un prix, mais tant mieux s’il est le plus réduit possible. Durant cette année et demi d’interventions, de signatures, de salons, j’en ai entendu beaucoup me dire que oui, le livre a l’air super, mais bon, 18 euros 50… et je comprend, bien sûr. D’où la sortie en poche, au prix de 8 euros 10.
Heureux également, car j’ai le pressentiment qu’un tel format et un tel prix ouvrira la porte de mon livre à des institutions. Des établissements scolaires. Qui ne pouvaient pas se permettre de commander autant de grands formats.
Bref, Interfeel 1 prend une nouvelle vie, une nouvelle forme. Belle évolution. Déjà car, vous ne le savez peut-être pas, mais un livre ne sort en poche que s’il a fonctionné en grand format. Je considère ainsi cette nouvelle publication comme une récompense, presque de cette année et demi d’échange, de diffusion et de promotion. Et de votre fidélité et votre bouche à oreilles à toutes et à tous.
Nouveau prix, nouveau format. Mutation. Plus compact. Se glisse dans les poches. Dans un sac. S’ouvre dans un métro, un bus, un train. Un compagnon de quelques semaines, quelques jours même, car je sais que vous lisez vite ! Bref, un renouveau ! Interfeel grand format n’est plus, vive Interfeel en poche !
Oui, littéralement, attendons. L’Editeur passe plusieurs mois sur un manuscrit de faire un retour. Et cela peut être très frustrant.
Le saviez-vous ? A la millière rotation, il se passe quelque chose de dingue.
Entendons nous bien : je le répète, j’ai écrit Interfeel suite à un concours qui m’assurait un contrat d’Edition. Encore une fois, c’est une situation très confortable.
MAIS
Mais il n’empêche, durant des mois et des mois, et parfois des années, l’avancé du livre ne dépend que de nous. On ne va pas assez vite, on rature, on réécrit, mais on avance. Concrète. Chaque mot, chaque relecture, fait aller dans le bon sens.
Et puis d’un coup, vous ne pouvez « plus rien » faire. Le livre est dans les mains de l’Editeur. Et le harceler tous les jours pour qu’il vous fasse un retour n’est pas forcément une bonne idée ! Comme, désormais, les prochaines étapes ne dépendent plus de nous, arrive un sentiment de frustration, de perte de contrôle, plutôt difficile à concevoir, surtout après « l’épreuve » de l’écriture. Le plus dur est passé, certes. Mais tout n’est pas fini.
Je n’ai jamais vécu ça. Mais j’imagine que cette sensation est tout aussi importante, sinon plus, lorsqu’on envoie un manuscrit à un (dix, vingts) éditeur. Car en plus de l’attente, il y a l’incertitude.
Nouvelle parenthèse : je reçois beaucoup de demandes, de la part d’écrivains souhaitant être publiés, concernant les démarches à effectuer pour prospecter les maisons d’Editions.
J’aimerai volontiers vous aidez, croyez moi, mais c’est une démarche que je n’ai jamais eu à effectuer, nanti de moi. Je ne peux donner que des conseils généraux :
Ciblez vos maisons d’Editions (pas la peine d’envoyer votre polar à une maison spécialisée dans les recueils de poésie).
Vérifier quinze fois l’orthographe.
Envoyez une version papier, et achevée.
Faîtes une belle note d’intention (voir ici, par exemple).
Allez sur chaque site des maisons d’Editions, voir déjà si elles acceptent de recevoir des manuscrits, et quelles sont les typos demandées. SUIVEZ CES RECOMMANDATIONS A LA LETTRE.
Commencez par les grandes maisons d’Editions, car vous serez frustrez si vous ne le faîtes pas. Si la réponse est négative, n’oubliez pas qu’il existe beaucoup de maisons d’Editions plus locales, mais extrêmement intéressantes et ambitieuses.
Fin de la parenthèse.
Bon, donc, il y a l’attente de la réponse de l’Editeur, et c’est frustrant. Mais il y a encore pire, si. C’est :
Le vide émotionnel.
Trop dark.
On est embarqué pendant un an et demi dans une histoire qui nous suit nuit et jour. Forcément, une fois parti, c’est à la fois la fatigue et la déprime.
Le piège (que j’ai fait), c’est de vouloir partir tête baissée dans une nouvelle aventure, une nouvelle écriture.
Je vous présente le GIF, je pense, le plus utilisé d’Internet
Vous êtes fatigués et, heureux d’avoir fini l’histoire. Vous avez oublié à quel point ce fut éprouvant, puisque vous êtes arrivé au bout. Reposez vous. Faites autre chose. Voyez des amis. Vivez. Laissez l’envie d’écrire revenir par elle même, n’utilisez pas l’écriture comme un moyen de combler un vide. Remplissez le de votre vie. Votre prochain désir d’écrire ne sera donc pas pour pallier un manque, mais pour construire un nouveau projet.
Donc, si nous devons résumé : le meilleur moyen de supporter la fin de l’écriture d’un livre, c’est de faire autre chose. Si, comme moi, quand vous écrivez un livre, vous avez tendance à oublier tout le reste, essayer justement de reprendre de vos anciennes habitudes, du sport, des verres avec des amis, des moments en famille. Cela est très importance. Retrouver son équilibre est nécessaire après le vertige de l’écriture.
Et surtout, cela vous permettra de patienter sereinement, en attendant le retour de l’Editeur (je croise les doigts pour vous :)).
Et puis…
Tout s’accélère ! Retour de l’Editeur, planification de la publication, cela se compte en mois, en semaines… échanges de relectures, interrogation sur tel mot, questionnement, validation de la couverture, et hop, le livre est dans les bacs !
Et alors, votre petit bébé ne vous appartient plus – vraiment. Il devient un objet. Il est vendu. Et comme tout objet de vente, une communication particulière va se produire autours de lui. C’est ce dont nous parlerons la semaine prochaine, et nous concentrant surtout sur le démarchage des librairies !
À la semaine prochaine, donc !
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Article plus personnel. Je vous parle des étapes, et de mon ressentit. Cela peut vous intéresser.
Ça, c’est mon livre
Il n’y a pas une seule fin à l’écriture d’un roman, nous l’avons vu lors des articles précédents. Mais ce sentiment existe aussi, intimement, au creux du créateur. Laissez moi vous raconter aujourd’hui comment, et quand, j’ai eu le sentiment d’avoir enfin terminé mon livre.
La première fin.
La première fin est arrivée lorsque j’ai posé le dernier mot de l’histoire.
Si vous ne connaissez pas le concept de fin multiple, voyez ce film.
À ce moment-là je n’ai pas ressenti de la satisfaction, encore moins un sentiment de fierté (je vous l’avais dit que je serai honnête :)). Plutôt un sentiment de fatigue totale. De
« enfin fini !!!! ».
Le nombre de points d’exclamation est important. Comme dans un texto.
Et oui. Je vous avais dit que j’étais honnête.
Done. Just done it.
Il est à mon sens important d’en parler, car il ne faut pas oublier (et je ne le répèterai jamais assez) que l’écriture n’est pas toujours une partie de plaisir. L’abattement la fatigue de doute font partie intégrante de ce processus.
Fatigue, donc, et envie d’aller voir ailleurs. De lâcher le texte.
Mais je ne l’ai pas fait. Je me suis attaqué directement à la relecture. Et ce fut une erreur.
Pourquoi ? Laissez-moi vous rappeler les circonstances très particulières de l’écriture d’Interfeel : j’ai gagné le concours « Bug Social », sur le site WeLoveWords, dont le premier prix était un contrat d’Edition. Ainsi, contrairement à de nombreux écrivains, qui écrirent un roman, puis tentent leur chance à travers différents éditeurs, j’avais déjà une édition à la clé. Ce qui, bien sûr, était un immense confort.
Mais je me suis mis la pression. L’Editeur attendait le texte, je devais le rendre le plus vite possible (note importante : ce n’est pas ce qu’il m’a dit, c’est moi qui me le suis imaginé). Et donc j’ai directement enchaîné par la relecture.
Mais comme expliqué précédemment, il n’est pas opportun de s’attaquer directement à la relecture. Comme l’a dit un ancien président (à vous de trouver lequel) :
« Il faut donner du temps au temps. »
Un ancien président.
Et donc, je me suis attaqué à la relecture à contre-coeur. Et déjà que la relecture n’est pas une partie de plaisir… autant vous dire qu’à ce moment, Interfeel, après un an et demi d’écriture, et cette relecture attroce, j’en avais par dessus la tête. Ce qui, déjà, n’est pas bon pour nous (bien sûr), mais également, cela n’est pas bon pour la qualité du livre que l’on rend. Non-motivé, on bacle.
L’envoi du livre relu à l’éditeur ne m’a donc pas donné ce sentiment d’achevé. Plutôt de « ça, c’est fait ». Ce quoi, vous en conviendrez, est ballot.
Et puis
Et puis le temps, enfin, a passé.
Regardez, il passe.
J’ai pu me détâcher du livre. Le considérer comme quelque chose existant désormais à l’extérieur de moi (car il était chez l’éditeur : voir mon article précédent). J’ai pu le conceptualisé, y réfléchir… et avoir de nouvelles idées ! Non pas pour changer l’histoire, mais pour l’amérliorer (par exemplesn les prénoms des héros n’étaient pas ceux là à la base. Hanek s’appelait Thomas, Adila s’appelait Sophie…).
Aussi, en prévenant mon éditeur bien sûr, quelque six mois plus tard (amis jeunes écrivains, n’oubliez pas que l’oeuvre de patience ne se fait pas que lorsqu’on écrit un livre, mais également lorsqu’on attend un retour de l’éditeur), quelques six mois plus tard. Et j’ai rajouté ces éléments. Les prénoms. Quelques détails. Des indices sur ce qu’il se passera sur le Tome 2 (les avez vous trouvé ??).
Et alors…
Le premier vrai sentiment d’achèvement arriva. Comme si ces détails, que j’ignorais à l’époque de l’écriture, étaient nécessaires pour boucler le cycle. Ils étaient la dernière pièce du puzzle, le dernier artefact, le dernier rouage, celui qu’on ne trouve que lorsqu’on prend du recul, qu’on s’éloigne du tableau gavé de craie blanche.
J’envoyais à nouveau le texte. Et cette fois, j’avais le sentiment, c’est étrange, d’être en accord avec ce que je venais de transmettre. Je le considérais enfin comme un objet inachevé.
Quelques mois plus tard.
Quelques mois. Pas plus.
Quelques mois plus tard, enfin, l’Editeur m’envoya ses propres relectures.
Parenthèse : je pense qu’il y a beaucoup de fantasmes par rapport à ces remarques que fait l’éditeur, comme quoi il « dénature » le texte, impose des coupes, etc. Je pense que c’est vrai dans certains cas, que cela dépends beaucoup des éditeurs aussi, et surtout, il faut savoir de quoi on parle :
Il y a deux types de suggestions qu’un écrivain va refuser :
Car elles ne sont pas cohérentes avec sa vision de l’oeuvre (auquel cas il me semble légitime pour lui de refuser ces modifications).
Car il ne veut rien changer, non non, c’est lui l’auteur, toute modification de quelque d’autre que lui entacherait la pureté de l’oeuvre (auquel cas, je pense que l’écrivain ne considère pas encore son oeuvre comme un objet, c’est à dire quelque chose que l’on peut concevoir à l’extérieur de soit. Ouaip, l’article de cette semaine est un peu psycho ! Ou alors, c’est une histoire d’égo).
Pour reprendre l’exemple d’Interfeel, j’ai accepté beaucoup de remarques de l’Editeur. Il s’agissait généralement d’un choix de mot, plus pertinents. Qu’à cela ne tienne : l’important est de faire le meilleur livre possible. Il y avait d’autres suggestions, des passages qu’il voulait supprimer, que j’ai refusé, car pour moi il s’agissait soit d’éléments importants, soit il s’agissait d’éléments préparatifs au Tome 2 que lui, forcément, ne pouvait pas voir.
Donc pour résumé : j’ai accepté ses modifications pertinentes, il a accepté mes refus de modifications. Bref, un travail plutôt bien fait à mon sens. Fin de la parenthèse.
Mais le plus important n’est pas là : ce qui est fou, c’est qu’en relisant sa version du livre, avec ces modifications, j’ai commencé à lire Interfeel comme un lecteur (et d’ailleurs j’ai adoré l’histoire !! ;)). Sensation étrange mais délicieuse, d’être à la fois auteur et lecteur d’une oeuvre.
En renvoyant le manuscrit cette dernière fois, j’ai à nouveau eu cette sensation de finitude, et d’abandon, mais pas dans un sens tragique. Paradoxalement, voir par la suite mon livre en papier m’a fait de l’effet, mais c’est par ces multiples relectures et échanges que j’ai vraiment pu concevoir mon livre comme une entité à part entière.
En conclusion.
Quelles leçons tirer de cette expérience ? En vrac :
Prenez votre temps avant la relecture !
Acceptez vos sentiments de frustration lors de l’éccriture, lors de la relecture : ils font partis du processus.
Acceptez les conseils de modification sur votre livre s’ils vont dans le sens de votre livre !
Enfin, est c’est le plus important : l’écriture d’un livre ne s’achève pas en une seule fois ! De même, le sentiment de finitude se fait, ou peut se faire, par étapes. Mais n’oubliez pas d’en savourer chacune d’entre elles !
A bientôt !
Antonin A.
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Vous le savez, je fais de nombreuses interventions en classe, partout en France. Ce sont à chaque fois d’excellentes rencontres, avec des élèves passionnés et passionnants, dynamiques. De beaux moments !
Lors de ma visite, les élèves de troisième du collège Léonard de Vinci me proposèrent une belle surprise ! Chaque groupe imagina une nouvelle histoire, après l’incipit, la première page d’Interfeel ! Ce sont donc plein d’autres possibilités, des histoires que j’aurai pu arpenter.
Je suis ravi que mon livre soit le champ d’une telle créativité pour les élèves. Une histoire n’est pas figée, ni sous verre (ou papier). Elle peut se malaxer comme de l’argile, et servir de terreaux pour l’imagination !
Voici les variations de ces élèves autour d’Interfeel. Cliquez sur l’image !
J’ai le grand honneur, la joie sans mélange, bref, je suis hyper content de vous présenter (enfin !) la couverture du Tome 2 d’Interfeel, tant attendue !
La voilà !
Bon alors, je ne suis peut-être pas très objectif, mais je trouve qu’elle déchire grave !
En premier lieu, je tiens à dire à grand merci à Léonard Dupond, l’audatieux, le talentueux artiste de la première couverture, et de celle-ci.
Je remercie aussi toute l’équipe de PKJ, qui se démène depuis déjà un an et demi pour faire découvrir, connaître, Interfeel et, très bientôt, Interfeel 2. Un merci spécial à Xavier, mon directeur de publication dont les conseils, sur le Tome 1 comme sur le Tome 2, ont été précieux, et on permit de vous offrir le meilleur livre qu’il soit.
Merci aux libraires (j’en ai rencontré un sacré paquet !), qui ont aimé le livre, et se sont battus pour le faire connaître au public.
Merci à toutes les chroniques, critiques, par rapport à mon sujet. Positives ou négatives, peu importe. Déjà parce qu’elles étaient essentiellement positives 🙂 ! Ensuite car le livre a ainsi atteint son but : être un moyen d’échanger.
Et merci à vous toutes et tous, qui avez lu ce livre, qui avaient rêvé avec les histoires de Nathan, Elizabeth, Hanek, Livia, Adila, Nadem… C’est un plaisir, et un honneur, de vous offrir désormais la suite de leur aventure.
Mais mais mais… quand, alors ?
Et bien, voici la date de sortie officielle :
Le 09 janvier 2020
Je vous donne donc rendez vous ce jour là pour harceler nos amis libraires :). Et j’attends vos retours, aussi, sur mon nouveau livre. Comme je l’ai toujours dit, un livre raconte un histoire. Mais il peut aussi relier les gens.
C’est un paradoxe : une fois que l’on a fini l’histoire, on ne veut plus y toucher, quitte à rechigner à faire la (les) sempiternelles relectures. Et pourtant, quand il est temps de lui dire vraiment adieu, de le lâcher dans la nature, que dis-je, dans la jungle des éditeurs, on renacle, on rechigne, on s’accroche. Une dernière correction. Une énième relecture. Je suis sûr qu’il n’est pas parfait, qu’il mérite… Tellement mieux…
Comment, alors, lâcher son texte ?
Si c’est écrit en gros sur une photo inspirante, c’est sûrement vrai.
La métaphore du chef de chantier
Je vous présente votre chef de chantier du jour
Je ne sais plus exactement d’où me vient cette image (si quelqu’un en connaît l’origine, qu’il n’hésite pas), mais elle me paraît être la parfaite analogie à notre situation.
Voyez un chef de chantier. Il a travaillé des mois sur, justement, un chantier.
(toute ressemblance avec notre comparaison entre écrire une maison et construire un roman… Enfin, l’inverse, ou pas, serait totalement infortuite).
Bref, il a érigé des murs, fait tombé des cloisons, il a passé des mois sur son œuvre, son chef d’oeuvre. Et maintenant que tout est construit, les fondations, les murs, les canalisations, la tapisserie… Le voilà qui laisse UNE porte non peinte. Une simple finissions, qu’il pourrait terminer en une demi-heure, café compris. Pourtant, non. Tout est monté, construit, fait, et… Il laisse cette porte.
Pourquoi ? Pourquoi tenir à l’inachevé ? La réponse est désespérément simple : une fois terminée, l’oeuvre ne lui appartient plus. Il ne peut plus répondre aux critiques : j’ai pas fini, attendez de voir quand ce sera achevé. Il ne lâcher son œuvre en pleine nature. L’œuvre est irrémédiablement achevée.
On revient sur l’écrivain et l’oeuvre. J’imagine que vous avez compris la -subtile- analogie. Terminer son histoire, c’est s’en détacher. C’est accepter ses imperfections. C’est voir notre travail pour ce qu’il est, et non comment on l’espère.
Lâcher son oeuvre, c’est faire preuve d’humilité. C’est accepter qu’il n’est, et ne peux pas, être parfait.
Quoi ? Pas parfaite, mon oeuvre ??
A dire avec la même intonation qu’Ordralfabétix
Oui. La perfection n’existe pas. Tendre vers la perfection est une nécessité. Mais pour effectuer ce cheminement, cette tension, il faut accepter l’imperfection. Vu comme cela ça paraît nébuleux, donc laissez moi vous proposer une autre analogie, celle du sculpteur.
Imaginez, donc, un sculpteur, qui vient d’achever une statue. Mais avant de la livrer, il se reprend. Est-elle vraiment parfaite ? Est-ce qu’il ne devrait pas faire faire cette petite modification, ce détail, cette main, cet oeil, et creuser un peu plus, juste un peu plus.
Il le fait. Il creuser. Mais maintenant que c’est fait, est ce qu’il ne devrait pas équilibrer avec ce qu’il se trouve autours ? Ajuster, modifier, peaufiner.
Puis arrive le moment où, épuisé, il prend du recul. Et se rend compte qu’il a enlevé toute la mtière. Qu’à trop vouloir creuser, il a vider son oeuvre de sa matière première, ici la pierre.
La conclusion de cette petite histoire est très simple : le perfectionnisme peut être néfaste, et les multiples infimes modifications que l’on veut faire peuvent dénaturer le grand oeuvre. Travaillez un texte aussi achevé que possible. Mais sachez vous arrêter à temps. Acceptez le risque de l’imperfection.
Gardez l’essentiel, en peaufinant le détail.
Si si, il y a un lien. Lisez la suite.
Nous le voyons dans l’exemple précédent, le problème principale de l’hyperrelecture est qu’elle risque de dénaturer l’ensemble pour un détail peut-être anodin.
Prenons l’exemple d’un coup d’échec. Réfléchir au meilleur coup, oui. L’erreur est de trop réfléchir, se perdre en conjoncture sur 10 coups à l’avance, multiplié par le nombre de pions jouables, au final choisir une action, qui nous semble pertinente, et se faire bouffer la reine juste après. À trop se perdre dans les détails, on perd de vue l’essentiel. Il vaut mieux rendre un texte (un peu) imparfait, que trituré dans tous les sens, avec ce détail (mineur) enfin réglé mais qui, au final, dénature l’ensemble.
L’intérêt des bêtas lecteurs.
J’utilise des bétas lecteurs au fil de mes chapitres. Cette relecture en continue (que je cale sur un calendrier précis), me « force » à rendre des textes en temps et en heures, malgré le fait qu’ils me semblent inachevés (il s’agit généralement d’inquiétude non légitime). Progressivement, je me détache de mon oeuvre, ce qui me permet de voir (le plus) objectivement (possible) ses défauts, et ses qualités.
Les bêtas lecteurs aident à accepter les défauts. Et à voir ce qui apparaît vraiment comme un défaut, objectif, et non simplement un stress de votre part de devoir achever l’oeuvre. Le diable se cache dans les détails, certes, mais à trop chercher la petite bête, votre pavé finira en enfer, avec tous les autres chargés de bonnes intentions.
En conclusion
Relire pour affiner, améliorer, affûter, préciser, oui. Maintenant, reprenez tous ces verbes, et rajoutez trop devant. Vous avez votre limite. Ne pas trop retoucher. Trop modifier.
Il vous faut savoir si votre retouche est vraiment nécessaire en soi, ou si c’est un moyen (prétexte ?) de ne pas finir votre livre, et « affronter » ce qu’il se passe après. Encore une fois et comme souvent, ça dépend de vous :).
Antonin A.
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La relecture d’un texte est compliqué, pour de nombreuses raisons. Voilà pourquoi (liste loin d’être exhaustive) :
Vous avez fini votre livre. En même temps vous ne l’avez pas fini. Cette notion d’entre deux n’est pas agréable à tenir. Un peu comme si vous étiez assis entre deux chaises.
Tentative de survie entre deux chaises
Après l’écriture d’un roman, généralement, plusieurs mois, vous êtes vidés. Comme après une période intense au boulot, votre corps, votre esprit ont tenus le coup jusqu’à la fin de l’écriture et se disent maintenant « hop ! C’est fini ! » et hop, relâchement immédiat, torpeur, etc. Sauf que non, ce n’est pas fini !
Non seulement ce n’est pas fini mais qu’en plus, allez, on va se l’admettre, la relecture, c’est chiant. Nécessaire, mais chiant. Il n’est plus question de créativité ou d’imagination, simplement de finalisation, de correction minutieuse, de détails tatillons. Et c’est long.
Et frustrant. Généralement, lorsqu’on termine un texte, on le garde en tête avec les lunettes roses de la nostalgie. On l’imagine parfait. Après tout, on a tellement sué : heureusement qu’il est parfait !
Et la relecture, avec son œil d’aigle mais parfois, aussi, de vautours, va nous pointer du doigt tous les petits défauts que l’on a pas vu, ou refuser de voir, à l’époque. Et ce ne sont plus de gros problèmes de narration (enfin, je l’espère pour vous), mais une multitude de petits détails, car des grains de sable qui vous font crisser des dents.
Y’a-t-il une seule relecture ?
On dit souvent « la » relecture. Selon moi, il y en a plusieurs. A titre personnel, je distingue trois catégories :
La relecture de fond (voir si tous les évènements s’enchaînent correctement),
La relecture de forme : voir si c’est bien écrit). L’attention est alors porté sur le style, sur les tournures de phrases, le rythme, si votre histoire est bien retransmise à travers les mots.
Relecture orthographe : voir si c’est correctement écrit. On s’occupe désormais de la syntaxe. Être certain que les mots soient bien écrits, les phrases complètes.
Or, je ne sais pas vous, mais moi, je ne peux pas me concentrer sur les trois types de relecture en même temps. Je reviens dingue. Mais alors, il faut relire son texte TROIS fois ? C’est bien possible ! (même si cela dépend de chacuns). Voici dans tous les cas une foule de conseils pour vous aider :
Mes conseils
Prenez votre temps !
Ne fait pas la relecture juste après la pose de votre point finale, croyez moi, ça va vous rendre fou ! Psychologiquement d’abord, si vous enchaîné écriture par relecture, vous aurez l’impression qu’il s’agit d’un petit boulot, allez quoi, une heure ou deux.
Relire, c’est long (et chiant, mais je l’ai déjà assez dit). Il faut l’admettre. Donc voyez cela comme une tâche importe, qu’il faut séparer de l’écriture. Et puis, laissez passer du temps. Six mois, si vous le pouvez, pour souffler un peu. Et congratuler me vous, que diable ! Oui, ce n’est pas encore finis, mais vous avez fait le plus dure ! Reste le plus chiant, certes, mais n’y pensez pas tout de suite.
Commencer par le fond
Commencez par la relecture de fond, celle où vous modifier le sens de votre histoire. Obviously, puisque les modifications indues par cette dernière vont impacter les deux suivantes. Mais restez sur celle ci. Il est tentant de corriger la faute, là, que vous voyez, mais vous allez vous éparpiller. Au pire, soulignez, surlignez… Mais ne corrigez pas !
Écoutez de la musique.
Il m’est toujours compliqué d’écrire en écoutant de la musique. Quand je le fais, je choisi des morceaux que je connais par cœur, ou des musiques sans parole, ou soft, comme le classique ou le Trip Hop, histoire que mon esprit ne s’accroche pas sur le son, mais sur l’histoire sur laquelle je travaille.
Sauf… pour la relecture ! C’est tellement chiant que, au contraire de l’écriture, où toute mon attention doit être sur mon travail, là, je n’ai qu’un souhait : que mon attention aille ailleurs ! J’en profite donc pour découvrir de nouveaux groupes, de nouveaux chanteurs, idéalement non francophone, histoire de ne pas être attiré par le sens des paroles. Vous trouverez rapidement votre paylist pour l’écriture (si vous êtes plus productif avec), et pour la relecture.
Musique et café : l’attirail complet du petit relecteur.
Connaissez-vous
Quand êtes vous mieux à l’aise pour la relecture de fond ? Pour l’orthographe ?
Votre esprit ne fonctionne pas pareil le matin à midi après le repas le soir ou en pleine nuit à vous de vous connaître découvrir et à quel moment par exemple vous êtes dans un bon état pour simplement vous concentrer sur l’orthographe de quel à quel moment vous êtes apte à faire une voiture plus en profondeur ou simplement me concentrer sur la forme une fois que vous savez cela choisissez les chapitres à travailler ou fonction niveau de relecture et on sait vous.
Alternez les types de relecture.
Je vous conseille de passer d’une relecture à l’autre en fonction du chapitre. Avancez sur différents chapitres à la fois.
Voyez les différentes relectures comme des « couches », que vous posez les unes sur les autres. Rien ne vous oblige à poser la première couche du premier au dernier chapitre, puis de passer à la couche deux, etc. Le fait d’avoir plusieurs chapitres, avec des niveaux de « couches » différents vous permettra de choisir le bon type de relecture, au moment qui vous semblera le plus opportun puisque, ayant suivis le conseil précédent, vous vous connaîtrez, et saurez quand vous êtes le plus efficace.
Déstructurez vos relectures.
Lisez votre histoire de manière déstructurés : commencez par la fin, par le milieu. Cela vous apportera un nouvel éclairage et vous evitera de vous laissez emporter par votre propre histoire (forcément géniale :)).
Par exemple, lire les chapitres dans le désordre vous permettra à la fois de vous concentrer sur la relecture spécifique que vous êtes en train de faire, mais également de sentir si votre texte est assez solide pour que vous vous y retrouviez, même dans le désordre. Enfin, cela vous permettra de voir si votre chapitre, votre paragraphe reste consistant et significatif, même s’il n’est pas directement lié à celui devant, et celui d’après.
Pour la relecture orthographique, idem : relisez en remontant à l’envers, un paragraphe après l’autre. Cela sera moins ennuyeux, vous découvrirez votre histoire sous un autre jour, un autre sens, littéralement, et cela vous permettra de vous concentrer uniquement sur la forme orthographique.
Je galère à trouver des illustrations pour cet article. Alors je mets ce que je peux.
L’impression
Imprimez votre texte. Ou, si votre conscience écolo vous titille trop (ce que je comprends tout à fait), convertissez le en PDF, cela marche aussi, par le pouvoir de la symbolique).
L’impression de votre texte vous donnera justement une nouvelle impression. Vous verrez les choses différemment, littéralement avec plus de recul. Il se produira une impression d’achevée, d’irrémédiable, qui justement vous fera réaliser toutes les erreurs que vous ne voyez pas avant, lorsque vous baignez dans ce bon vieux document Word.
Utilisez vos proches, et faites leur confiance.
l’écriture est un acte solitaire c’est sûr mais je pense qu’il est très important de s’entourer d’un groupe de béta lecteurs pour vous conseiller soit tout au long de l’histoire soit à la fin.
Le simple fait de savoir que vous allez leur envoyer vous permettra d’avoir un recul psychologique qui fera ressortir des erreurs autrement passées inaperçues.
Si vos proches sont prêts à vous aider sur la relecture, qu’ils s’agissent du fond :
« Dîtes, les gars, est ce qu’il y a des choses qui vous semblent incohérentes dans l’histoire ? »
La forme :
« Dîtes, les gars, est ce qu’il y a des passages qui vous semblent mal écrits ?
Ou l’orthographe :
« Dites, les gars, est ce qu’il y a des passages qui vous agressent les yeux ? »
Pour le fond et la forme, n’oubliez pas que leur retour ne sont que des conseils, pas des obligations. Et ne prenez pas la mouche s’ils ne sont pas d’accord avec certains de vos choix. Déjà, c’est leur droit le plus légitime (pas la peine de demander des conseils si ce n’est que pour recevoir de la flatterie), et ensuite, ce ne sont que des conseils. Retours bon ou mauvais, cela vous permettra d’avoir des exemples de l’impression que donne votre livre à l’extérieur.
Pour l’orthographe, ma foi, convention syntaxique oblige, c’est un peu plus que des conseils. C’est comme ça où ça ne l’est pas, il n’y a pas (souvent) de débat. NE NEGLIGER PAS l’orthographe. Votre histoire peut être la plus belle du monde, les fautes d’orthographe écorcheront les yeux de lecture, de l’éditeur, qui ne voudra pas aller plus loin.
Certains bétas lecteurs ne peuvent pas s’empêcher de faire des retours sur l’orthographe. Ma foi, tant mieux pour vous !
Hop, encore une illustration bien pourrie !
Quelques conseils généraux sur votre relation avec les bétas lecteurs.
N’oubliez pas qu’ils font cela pour vous rendre service. Partant de ce présupposé :
Ne les pressez pas de vous répondre. Ils ont une vie, qui ne tourne pas uniquement autours de votre livre (ce qui est par contre certainement votre cas).
Ne les engueulez pas s’ils n’ont finalement plus le temps de lire votre livre.
Ne les engueulez pas s’ils n’ont pas aimés : encore une fois, c’est leur droit le plus légitime.
S’ils vous semblent, par contre, un peu trop virulents et blessants, engagez le dialogue (idéalement en face à face, méfiez vous des messages numériques et écrits dans ce cas là). Remerciez de leur retour, mais expliqué que la manière est un peu dur. Généralement, les gens ne sont pas des monstres (je vous promets), ils comprendront.
Remerciez les à chaque retour. S’ils ont des questions, répondez-y. Je vous le rappelle, ils prennent, généralement, du temps pour vous aider.
Les illustrations n’ont plus rien à voir avec le sujet maintenant. Plus rien à fout’.
Voilà pour tous ces conseils de lecture lecture et un moment difficile frustrant et pourtant indispensable un texte ma orthographié remettra les éditeurs de la première page même si même si de vivre réveille la meilleure histoire du monde donc ne vous précipitez pas prenez le temps de relire le fond la forme orthographe et seulement après vous pouvez commencer à envoyer votre manuscrit aux éditeurs nous verrons cela une prochaine fois à bientôt.
Antonin A.
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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
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Comme nous avons vu la semaine dernière il y a en deux fins dans une histoire. La première fin est la fin de la trame narrative, du plot, c’est à dire que l’on resoud les questions posées par l’arc narratif principal. Généralement, ce moment s’appelle le climax, où tous les éléments se rejoignent et où les péripéties se résolvent. Le méchant est vaincu, le coupable est identifié, les héros arrivent à leur but. Etc. C’est la fin des « problèmes ». Reste à savoir ce qu’il se passera après ces problèmes. Cette fin est donc aussi un début : le début de l’histoire après les problèmes passés. Cette portion possède un nom que vous connaissez tous : c’est la conclusion.
Mais alors, c’est quoi, une conclusion ?
C’est, déjà, des recherches images un peu relou
C’est quand il n’y a plus de menace directe sur le héros mais pourtant que, telle une queue de comète, il reste des choses à réflers, des destins à tracer. Il ne faut jamais négliger une queue de comète. C’est ce qui restera imprimé sur la rétine de vos lecteurs, et ce seront les outils qu’ils utiliseront pour prolonger la vie de vos héros dans l’imaginaire.
Ainsi, si durant le climax, la question que se pose le lecteur est : le héros va-t-il atteindre son but ? La question qu’il se pose après le climax est : que va faire le héros maintenant ? Il a accomplit l’arc narratif. A-t-il encore une vie, maintenant qu’il a atteint son but ?
L’occasion de régler des arcs narratifs intimes.
Généralement, la fin du climax signale également la fin de la tension dans le livre. Il est ainsi improbable que le héros subisse, par exemple, une nouvelle épreuve, que sera moins intense que la précédente (sensée être le « bouquet final »), à l’exception notable d’un bon gros coup de théâtre ou du cliff hanger. Par contre, c’est souvent l’occasion de boucler des arcs narratifs personnels. Par exemple, le héros serait brouillé avec son fils, son père, et décide de le revoir, fort des épreuves qu’il a vécut. On ne sera donc plus dans la tension, mais dans l’attention. C’est Rocky, qui retrouve son fils, à la fin de Creed 2. C’est Franckie, qui accepte de revoir sa fille à la fin de Million Dollar Baby (j’espère que vous avez vu ce film !).
Le cycle du héros, fin.
Si l’on s’en réfère une nouvelle fois au parcours du héros, la fin de l’histoire correspond au retour du héros dans son pays natal, son univers habituel mais avec les connaissances qu’il a acquis tout au long de l’histoire. Néo revient dans la matrice, en tant qu’élu. Katniss revient dans le 9ieme district, en temps que Geai moqueur. Il y a une idée de retour aux origines, pour noter le contraste avec le début. Un autre exemple mythologique indéniable est l’Odyssé d’Ulysse. Enfin, d’Homer. Enfin, vous avez compris.
Au delà du lieu…
Au-delà du simple retour chez soi parfois de héros va se retrouver à reproduire exactement la même action qu’au début de l’histoire mais cette fois en mieux. Il mettra le panier qu’il avait toujours raté. Ce n’est plus qu’une histoire de fond mais une histoire de forme, car cette répétition trait pour trait n’est pas forcément nécessaire, surtout un jeu esthétique (pour le visuel), ou émouvant.
L’exemple qui me vient directement à l’esprit est la fin de Kingsman, les services secrets, où le jeune héros, Eggsy, revient dans sa banlieue natale après avoir sauvé le monde (retour du héros). Il n’est plus le petit loulou désabusé c’est un Kingsman. Ça, on le sait déjà. Mais une scène va très spécifiquement l’expliciter. Il va se passer une répétition visuelle d’un moment au début du film, ou Eggsy n’est pas encore Kingsman, n’a pas encore sauvé le monde. Dans un pub, il se fait harceler par des loubards et son mentor, le très british Colin Firth, leur colle une branlée mémorable, en commençant par balancer un verre de bière sur la tête du boss, avec la crosse de son parapluie. Le jeune Eggsy reproduira l’exacte même technique, preuve qu’il a changé, mais offrant également au spectateur une satisfaction esthétique en revoyant des repères visuels anciens.
Éloignons nous un instant du cycle du héros.
J’ai beaucoup parlé tout au long de ces articles du cycle du héros c’est normal il s’agit de la trame narrative la plus utilisée et celle avec laquelle nous sommes plus familier. C’est une manière de raconter des histoires que l’on connait tous, et que ce sont des structures que l’on peut reconnaître dans les romans, les bds / mangas, les films…
Mais il en existe plein d’autres. Principalement dans les livres. Le cinéma, pour diverses raisons et je dirais, à cause d’une certaine pression financière, et car cet art est surtout promu par les américains, friands de ce cycle, est moins enclin à s’éloigner de ce sentier (ra)battu (ce qui ne l’empêche pas d’avoir des excellents films, hein). Les livres osent plus de diversité. Proposant par exemple des histoires où l’on suit un personnage, pour comprendre une époque, une athmosphère, une psychologie, sans s’embarrasser d’un cycle du héros classiqeu. Cela offre tout autant de fins différentes.
D’autres manières de raconter – et terminer des histoires.
Si vous rappelez d’un ancien article, où je parle des lignes narratives, il y a pleins d’autres manières de raconter les histoires. Il y a par exemple celles ci :
Où, très logiquement, l’histoire se termine lorsque le personnage arrive au sommet de ce qu’il peut espérer. C’est Georges Duroy, qui devient un journaliste réputé dans Bel-ami. C’est Octave Mouret qui, dans le Bonheur des Dames, aggrandit indéfiniement son rayon et épouse Suzanne.
Ou celle ci :
Ici, le schéma est inversé : l’histoire s’arrête, très généralement avec la mort du personnage (et là, on va spoiler du Zola). C’est l’Assomoir. Ou alors, lorsque le personnage principal se trouve dans le dépouillement le plus total, signe de mort symbolique (et parfois de résurection, à travers ce dépouillement) : c’est la Joie de Vivre.
MAIS il y a aussi des livres qui ne s’embarassent pas de trames narratives. Et, c’est l’une des grandes forces du livre par rapport au film, est obligé de s’y accrocher. Parfois, le livre se contente de raconter un quotidien.
Dans « Entre les Murs », super petit livre de François Begaudeau, racontant le quotidien d’un prof de banlieue, par ailleurs adapté en film par Laurent Cantet et Palme d’Or 2008. L’histoire se termine… à la fin de l’année scholaire. Ce qui accroche le lecteur n’est pas une intense résolution narrative. Ce qui le maintient, c’est simplement de continuer la découverte du quotidien de ces élèves.
Le livre
Le film
Dans un autre style, mais avec le même principe, nous pouvons avoir « L’Histoire du Juif Errant », de Jean d’Ormeson.
Livre que je ne peux que vous recommander. Ce livre imagine la vie d’un coordonier juif, ayant refusé d’offrir un verrre d’eau à Jésus Christ lors de son chemin vers la crucifiction, et qui, en puntion, se voit refuser de mourir. Il va donc errer, pendant deux millénaires, endossants des dizaines, des centaines de personnalités, influençant des évènements majeurs (l’incendie de Rome, la découverte de l’Amérique, les guerre Napoléoniennes), aventures qu’il rencontre à un jeune couple rencontré à Venise, à la fin du 20ième siècle.
700 pages en deux millénaires. Ou l’inverse.
Le livre fait quelques 700 pages. Il pourrait en faire des milliers : il y aurait toujours quelque chose à raconter, un autre passage historique, une autre aventure. On n’accroche pas au livre car on veut connaître sa résolution, on la sait depuis le début : le Juif errant ne peut pas mourir, et est condamner à errer jusqu’au retour du Christ, faisant pour le moment une petite escale à Venise pour parler à ce couple. L’important n’est pas le but, c’est le chemin.
Et dans ce cas, comment finir ? Et bien, quand ce n’est pas une limite arbitraire, comme une fin d’année, le choix appartient directement à l’écrivain : quand il a décidé d’en avoir assez dit. Un livre comme « Histoire du Juif Errant » n’est pas temps un livre à « trame narrative », mais une réflexion philosophique sur l’homme et le monde. Ainsi, l’histoire s’arrête quand l’écrivain estime avoir assez philosophé. L’histoire qui, au final, n’était que le support de cette philosophie, s’arrêete en même temps.
Le mot final.
depuis le début de cet article nous avons surtout parlé de comment terminer concrètement une histoire. A quel moment de d’action faut-il laisser partir ses personnages ? Mais revenons sur la forme brute, les mots. Pour cela, je vais introduire un nouveau concept, que j’appelle les ancres.
Mais une ancre, qu’est ce que c’est ?
Excellente question (décidément !). C’est un concept que j’utilise pour parler d’une reprise sémantique dans votre histoire, histoire de créer des liens entre différents moments, sans que cela n’ait une invidence particulière sur le fond de votre histoire. En gros, c’est donc un fusil de Chekov, mais utilisé sur les mots.
(J’appelel cela « anccre », peut être y a t il d’autres noms, mais je n’ai rien trouvé).
Pourquoi le mot ancre ? Même pas l’homophonie avec « encre », rendez vous compte ! Je me suis inspiré du terme informatique où une ancre est un lien clicable, qui permet d’aller, ou de revenir, à un autre endroit de la même page.
Et bien il est possible de conclure une histoire en utilisant une ancre en rappeler d’autres, déjà dites plus haut, et pourquoi pas en tout début de livre.
L’exemple qui me vient directement provient de « Libre à jamais », la trilogie de BD qui suit la Guerre Eternelle.
(La Trilogie de la Guerre Eternelle est un petit chef d’oeuvre, la trilogie « Libre à Jamais est, mettons, Mheeeeee).
Bien
Moins bien
A la toute fin du tome trois de la seconde trilogie (vous suivez ?), le héros est de retour sur sa froide planète et dit, justement :
« Et il faut toujours aussi froid sur cette maudite planète ».
Référence, évidente au début de la seconde trilogie (vous suivez), où il est déjà sur cette planète, et où déjà il se plaint du froid.
Ce genre de détails est très important. Il ne change rien au fond, mais apporte une « couleur » particulière. En lisant ce « il faut toujours aussi froid », je sens une désabusement, une mélancolie du héros, incapable d’avoir pu changer les choses, contraints, encore, de subir. Une toute autre phrase, sans rappel à une citation précédente, ne m’aurait pas « coloré » cette conclusion ainsi.
Voilà qui clos ce chapitre, et cette longue suite d’articles sur l’écriture ! j’espère que cela vous a plu !
Mais nous, écrivains, savons que la plume qui se lève ne signifie pas la fin du travail ! Et nous verrons à partir de maintenant ce qu’il se passe, justement, après avoir aposé le point final !
Antonin A.
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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
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Une fin d’histoire, ça se prépare ! Qu’il s’agisse d’un fin définitive, ou de l’invitation à une suite.
Mais comment prépare-t-on une fin ? Cette problématique est tellement importante que nous utiliserons deux articles pour la développer (ne soyons pas chiche). Aujourd’hui, nous verrons la préparation en amont, dans l’histoire, pour amener à votre fin (car une fin ne s’improvise pas). La semaine prochaine, nous verrons, concrètement, comment terminer votre histoire, jusqu’à son dernier mot.
That’s all, folks !
Attention ! Comme je parle de fins, et que je prends des exemples, sachez que je vais spoiler aujourd’hui : Matrix 3, Iron Man, Avenger Infinity War, Hunger Game 3. Sur ce, bon article !
Mais qu’est-ce qu’une fin d’histoire ?
Il y a en réalité « deux fins ». La première, qui est la résolution du climax, la seconde, qui est la fin propre de l’histoire, qui se passe généralement après le climax.
Mais qu’est ce qu’un climax ?
Un climax est le moment où les questions, posée généralement depuis le début de l’histoire, et tout au long de cette dernière, se résolvent enfin. Les gentils vont-ils vaincre les méchants ? Le vaisseau arrivera-t-il a temps ? Qui a tué grand maman ? Qui est le coupable ? Il est résulte une augmentation de la tension et, généralement, du rythme, au sein de votre histoire. On pourra dire que c’est la résolution de la trame (Plot, en anglais). Et cette résolution ne se passe généralement jamais durant les dernières pages du livre, mais avant (le coup de théâtre final, s’il arrive, n’est pas un climax, mais une relance du climax, qui s’est déjà accomplit)
Et alors la vraie fin, c’est quoi ?
Ce sont les derniers mots que vous mettrez dans votre livre. Que deviennent les personnages après l’affrontement final. Comment se bouclent les destins personnels, après les affrontements. C’est une période de flottement, généralement plus calme, où les différents destins se prolongent les uns après les autres. Après le post climax, il faudra donc penser à tous ces éléments à mettre dans ces dernières quelques pages. Nous verrons donc cela la semaine prochaine ! (Patience !)
Comment se résoud un climax ?
Un climax se termine lorsque nous résolvons la problématique principale posée par l’histoire. Frodon détruit l’anneau. Néo, dans Matrix, annihile l’agent Smith. Dans à peu près tous les films de super héros, le méchant principale est vaincu. Ainsi, généralement, à la question « le/les héros résolvent-ils leur problème, la question est oui. »
Attention : comme nous l’avons vu les semaines procédentes, il est tout à fait possible que la réponse soit non. Que les héros ne réussissent pas à vainre l’ennmi. Mais encore une fois, c’est extrêmement risqué. Même dans les films envisageants déjà une suite, la problématique centrale est généralement réglée, seulement ensuite apprenons nous qu’en réalité, une autre menace, encore plus importante existe (le fameux twist de fin, parfois un peu ressassé). Le méchant n’était qu’un homme de paille, d’un autre méchant, encore plus malfaisant. L’Organisation était en fait internationale, nous n’avons détruit que la filliale locale, nous n’avons vu que la face visible de l’Iceberg, etc. Cela nous amène au problème de la surenchère dans les suites, thématique que nous n’arborerons pas ici.
Un blockbuster s’est risqué à cet « échec » de ses héros ces derniers années, avec un certain succès : Avenger Infinity War où, spoiler, Thanos dégomme tout le monde et achève son but : détruire la moitié de l’humanité. Ce n’est pas un hasard si ce film a reçu un tel succès critique et populaire : il proposait une alternative au schéma classique que nous possédons dans ce genre d’histoire. Même si la notion de suite était déjà envisagée. A mon sens, Avengers Endgame s’est quant à lui complètement viandé, mais cela est une autre histoire.
Coucou, je gagne à la fin
Un autre film a proposé une même originalité, avec beaucoup moins de réussite : Matrix Révolution. La Matrix n’est pas détruite, un compromis est trouvé… bon sang, mais à quoi sert l’élu dans ce cas ! Cette fin laisse clairement sur sa faim.
(Ce dénouement aurait pu fonctionner, mais il aurait du être préparé en amont, expliquant par exemple dès le début qu’il est impossible de détruire la Matrix sans détruire l’humanité, ainsi l’enjeu n’est plus la destruction du programme, mais la survit de l’humanité, ce qui implique le compromis).
Il pleut sur l’affiche. ça tombe bien, ce film fait un flope
Comment préparer un climax ?
Un climax se prépare généralement (notez bien le « généralement ») dès le début de l’histoire. Soit le méchant est présent dès le début (Dark Vador et l’Etoile Noire au début de Star Wars, Thanos au début d’Infinity War). Où alors il peut se révéler en tant que méchant en cours de route (Obadiah Stane – Jeff Bridge, quoi, dans Iron Man). Dans tous les cas, la notion de méchant, d’antagoniste, de crime à élucider, de lieu à atteindre, est prévue dès le début de l’histoire. Généralement, les films ou livres où les véritables enjeux apparaissent près de la fin sont difficiles à tenir, car l’implication émotionnelle n’est plus la même : on ne sait pas vraiment pourquoi on doit trembler, comme on n’a pas eu le temps de s’engager avec les personnages et leurs problématiques. De même, ne pas offrir le climax promis depuis le début de l’histoire est risqué car, comme nous l’avons assez dit, la relation entre une histoire et son public tient des promesses qui sont échangées.
Mais parfois, ça marche. Pour reprendre l’exemple de Hunger Games, j’ai trouvé intéressant que Katniss ne tue pas elle-même le Président Snow. Cela nous permettre de remettre l’histoire en perspective : le véritable antagonisme n’est pas la personne Snow, mais le système au-dessus de lui. A ce moment de l’histoire, Snow n’est plus l’homme politique qu’il était. Il n’est donc plus la menace.
On est pas bien, là, à papoter ?
Revenons à nos moutons : comment nous, écrivains, pouvons nous préparer cette fin ?
Je reprends les mêmes conseils avancés depuis le début : prévoyez ! Connaissez la fin de votre histoire (même vaguement), quand vous la commencez. Sans même que vous vous en rendiez compte, cela provoquera un effet entonnoir qui vous amènera plus facilement vers votre dénouement… En plus, cela évite les éparpillements, souvent légions dans l’écriture.
En prévoyant à l’avance votre fin, vous pourrez construire pleins de mini histoires, de mini arcs narratifs qui se résoudront également lors du climax. Une tension entre deux personnes qui se résoudront sur le combat final, où ils devront compter l’un sur l’autre. Une retrouvaille. Une vengance. Tout cela viendra nourrir votre arc narratif principal.
L’image qui me revient souvent, lorsque j’arrive vers la fin de l’histoire, c’est une idée de compression. Tous les enjeux de regroupent soudain et, comme vous vous rappelez parfaitement de vos cours de physique, plus il y a de pression, plus c’est chaud. Tant mieux ! Il faut que ça explose ! Ça tombe bien, voilà le climax.
La tentation de la suite.
Si vous avez déjà planifié vos cinq tomes, qui se passeront dans trois univers différents, comment finir le livre I ? Pourquoi créer un climax à la fin du premier Tome ?
Ce n’est effectivement pas une nécessité… Mais en réalité, tout dépend de vos arcs narratifs. Une histoire ne s’arrête pas forcément après la conclusion d’un arc narratif. Les mangas et les séries sont friands de cette séparation entre les deux. Un arc narratif, c’est à dire une histoire avec des prémisses, des enjeux, des épreuves, une résolution se fait, mais l’histoire globale n’est pas finie. En général, ce genre d’histoire possède un immense arc narratif, ponctué par des arcs plus restrains. Et généralement, encore, la conclusion de ces arcs narratifs plus restreint servent à faire avancer (un peu) l’axe principal.
Prenons un exemple de Manga. En fait le manga fleuve par excellence : One Piece.
One Piece, le manga marathon par excellence
One Piece se passe sur un monde imaginaire, entièrement constitué d’îles. Et cela tombe bien, car le personnage principal, Luffy, est capitaine d’un équipage de pirates, rêve de faire le tour du monde, de mettre la main sur le One Piece, trésor de l’ancien roi des pirates, histoire de devenir, à son tour, le roi des pirates.
Ça, c’est l’arc narratif principal. Sauf que sur la route, à chaque île qu’ils aborderont, ils vivront pléthore d’aventures, qui sont autant d’arcs secondaire. Chaque arc met en place des enjeux spécifiques, des problématiques, des épreuves, un climax (Bastooon !), et une résolution.
Mais chaque conclusion de ces arcs secondaires entraîne une évolution dans l’arc principal : Luffy devient plus fort, donc plus recherchés par la Marine (les « Forces Spéciales » de ce monde 😂). Ou il se rapproche de son but. Ou il se fait un nouvel ennemi. Les arcs secondaires nourrissent le principal et au fil de l’histoire, sont de plus en plus connectés.
On peut on peut également citer les séries TV où une histoire se déroule sur un épisode, mais la conclusion de chaque épisode permet de faire changer les relations entre les personnages ou apporter une nouvelle pièce à la trame principale de la série. Encore une fois, on retrouve ces deux logiques d’arcs narratifs secondaires et d’arc narratif principal.
Par exemple. Pas de raisons particulières quant à ce choix de séries plutôt qu’une autre, j’avais simplement envie de mettre Docteur House !
En conclusion, vous pouvez très bien garder votre climax pour la fin de votre 5 ième tome, dans le 3ième univers que vous explorer. Mais vous prenez alors le risque de faire décrocher vos lecteurs, qui ne sont pas portés par la tension dans les tomes précédents. Aussi, comme nous l’avons vu avec les mangas, rien ne vous empêche de créer des arcs narratifs plus restreints, un par Tome, qui offriront cette tension, et permettront d’avancer dans l’histoire (un peu comme la bataille du Gouffre de l’Helme dans le livre / film 2 du Seigneur des Anneaux).
Salut ! Je suis un climax en plein milieu d’une histoire ! Oui, c’est possible !
L’après climax
Nous verrons la semaine prochaine comment bien terminer une histoire jusqu’à ses derniers mots mais n’oubliez pas que même durant le climax, qui est censé être de passage le plus important de votre histoire, il faut aussi que vous anticipiez ce qu’il se passera après. Il faut prévoir la vraie fin. Ainsi au sein même de cette tension narrative maximale, vous devez imaginer la suite des aventures de vos personnages. Car une bonne conclusion d’histoire ne se fait pas uniquement quand le défi principal est résolu, ou que l’on connait le coupable, mais en prévoyant ce qu’il arrivera ensuite à vos personnages après, auxquels vos lecteurs se sont attachés.
En conclusion pour réussir un bon climax pensez-y déjà de début de votre histoire et de votre écriture, faites en sorte que les conflits générés entre vos héros se résolvent à ce moment, surprenez le spectateur, et prévoyez la suite, c’est à dire la conclusion de votre histoire. Et pour cette partie précisément… Rendez vous la semaine prochaine !
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Histoire d’écrire #49 Focus Interfeel : comment j’ai su que j’avais terminé l’histoire ?
Article plus personnel. Je vous parle des étapes, et de mon ressentit. Cela peut vous intéresser.
Il n’y a pas une seule fin à l’écriture d’un roman, nous l’avons vu lors des articles précédents. Mais ce sentiment existe aussi, intimement, au creux du créateur. Laissez moi vous raconter aujourd’hui comment, et quand, j’ai eu le sentiment d’avoir enfin terminé mon livre.
La première fin.
La première fin est arrivée lorsque j’ai posé le dernier mot de l’histoire.
À ce moment-là je n’ai pas ressenti de la satisfaction, encore moins un sentiment de fierté (je vous l’avais dit que je serai honnête :)). Plutôt un sentiment de fatigue totale. De
Et oui. Je vous avais dit que j’étais honnête.
Il est à mon sens important d’en parler, car il ne faut pas oublier (et je ne le répèterai jamais assez) que l’écriture n’est pas toujours une partie de plaisir. L’abattement la fatigue de doute font partie intégrante de ce processus.
Fatigue, donc, et envie d’aller voir ailleurs. De lâcher le texte.
Mais je ne l’ai pas fait. Je me suis attaqué directement à la relecture. Et ce fut une erreur.
Pourquoi ? Laissez-moi vous rappeler les circonstances très particulières de l’écriture d’Interfeel : j’ai gagné le concours « Bug Social », sur le site WeLoveWords, dont le premier prix était un contrat d’Edition. Ainsi, contrairement à de nombreux écrivains, qui écrirent un roman, puis tentent leur chance à travers différents éditeurs, j’avais déjà une édition à la clé. Ce qui, bien sûr, était un immense confort.
Mais je me suis mis la pression. L’Editeur attendait le texte, je devais le rendre le plus vite possible (note importante : ce n’est pas ce qu’il m’a dit, c’est moi qui me le suis imaginé). Et donc j’ai directement enchaîné par la relecture.
Mais comme expliqué précédemment, il n’est pas opportun de s’attaquer directement à la relecture. Comme l’a dit un ancien président (à vous de trouver lequel) :
Et donc, je me suis attaqué à la relecture à contre-coeur. Et déjà que la relecture n’est pas une partie de plaisir… autant vous dire qu’à ce moment, Interfeel, après un an et demi d’écriture, et cette relecture attroce, j’en avais par dessus la tête. Ce qui, déjà, n’est pas bon pour nous (bien sûr), mais également, cela n’est pas bon pour la qualité du livre que l’on rend. Non-motivé, on bacle.
L’envoi du livre relu à l’éditeur ne m’a donc pas donné ce sentiment d’achevé. Plutôt de « ça, c’est fait ». Ce quoi, vous en conviendrez, est ballot.
Et puis
Et puis le temps, enfin, a passé.
J’ai pu me détâcher du livre. Le considérer comme quelque chose existant désormais à l’extérieur de moi (car il était chez l’éditeur : voir mon article précédent). J’ai pu le conceptualisé, y réfléchir… et avoir de nouvelles idées ! Non pas pour changer l’histoire, mais pour l’amérliorer (par exemplesn les prénoms des héros n’étaient pas ceux là à la base. Hanek s’appelait Thomas, Adila s’appelait Sophie…).
Aussi, en prévenant mon éditeur bien sûr, quelque six mois plus tard (amis jeunes écrivains, n’oubliez pas que l’oeuvre de patience ne se fait pas que lorsqu’on écrit un livre, mais également lorsqu’on attend un retour de l’éditeur), quelques six mois plus tard. Et j’ai rajouté ces éléments. Les prénoms. Quelques détails. Des indices sur ce qu’il se passera sur le Tome 2 (les avez vous trouvé ??).
Et alors…
Le premier vrai sentiment d’achèvement arriva. Comme si ces détails, que j’ignorais à l’époque de l’écriture, étaient nécessaires pour boucler le cycle. Ils étaient la dernière pièce du puzzle, le dernier artefact, le dernier rouage, celui qu’on ne trouve que lorsqu’on prend du recul, qu’on s’éloigne du tableau gavé de craie blanche.
J’envoyais à nouveau le texte. Et cette fois, j’avais le sentiment, c’est étrange, d’être en accord avec ce que je venais de transmettre. Je le considérais enfin comme un objet inachevé.
Quelques mois plus tard.
Quelques mois plus tard, enfin, l’Editeur m’envoya ses propres relectures.
Parenthèse : je pense qu’il y a beaucoup de fantasmes par rapport à ces remarques que fait l’éditeur, comme quoi il « dénature » le texte, impose des coupes, etc. Je pense que c’est vrai dans certains cas, que cela dépends beaucoup des éditeurs aussi, et surtout, il faut savoir de quoi on parle :
Il y a deux types de suggestions qu’un écrivain va refuser :
Pour reprendre l’exemple d’Interfeel, j’ai accepté beaucoup de remarques de l’Editeur. Il s’agissait généralement d’un choix de mot, plus pertinents. Qu’à cela ne tienne : l’important est de faire le meilleur livre possible. Il y avait d’autres suggestions, des passages qu’il voulait supprimer, que j’ai refusé, car pour moi il s’agissait soit d’éléments importants, soit il s’agissait d’éléments préparatifs au Tome 2 que lui, forcément, ne pouvait pas voir.
Donc pour résumé : j’ai accepté ses modifications pertinentes, il a accepté mes refus de modifications. Bref, un travail plutôt bien fait à mon sens. Fin de la parenthèse.
Mais le plus important n’est pas là : ce qui est fou, c’est qu’en relisant sa version du livre, avec ces modifications, j’ai commencé à lire Interfeel comme un lecteur (et d’ailleurs j’ai adoré l’histoire !! ;)). Sensation étrange mais délicieuse, d’être à la fois auteur et lecteur d’une oeuvre.
En renvoyant le manuscrit cette dernière fois, j’ai à nouveau eu cette sensation de finitude, et d’abandon, mais pas dans un sens tragique. Paradoxalement, voir par la suite mon livre en papier m’a fait de l’effet, mais c’est par ces multiples relectures et échanges que j’ai vraiment pu concevoir mon livre comme une entité à part entière.
En conclusion.
Quelles leçons tirer de cette expérience ? En vrac :
A bientôt !
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
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