Nous l’avons vu la semaine dernière, l’une des manières de conclure un cycle de personnage est de … Tuer le personnage ! Mais il y a d’autres méthodes un peu moins expéditives.
Mais c’est quoi, , déjà un cycle de personnage ?
Tout d’abord, un peu d’auto promo : allez faire un tour sur cet article.
Mais si vous avez la flemme (je respecte, attention), voici un petit rappel.
Grossièrement, un cycle de héros classique se résume ainsi :
Le héros est dans un univers familier. Agréable, pas agréable, peu importe.
Cet univers familier est perturbé soit par une menace, soit par un mentor qui propose un appel à l’aventure (en gros : Gandalf, ou Morphéus).
Le héros refuse l’aventure.
Puis le héros, qui décidément ne sait pas ce qu’il veut, accepte l’aventure.
S’en suit un petit paquet de péripéties, avec généralement au milieu la mort du mentor (Gandalf, donc, ou Obi Wan Kenobi), ce qui impose au héros de grandir et de découvrir lui même ses propres ressources. A noter que le mentor peut ne pas mourir, simplement disparaître (Morphéus, donc). Le procédé est le même.
Le héros se prend une sévère raclée et manque de mourir.
Le héros s’en sort, accepte son statut de héros (Néo devient l’élu, Luke Skywalker écoute la force, Miles Morales fait le « saut de la foi » pour devenir Spider Man), et vainct l’ennemi / la menace (Agent Smith, étoile noire).
Le héros retourne dans son univers familiers, mais changé (Néo est l’élu, Luke est un Jedi, Harry Potter est un sorcier, etc.)
Généralement, une histoire prenant ce chemin se termine lorsque le héros a accomplit son cycle, et que toutes les questions apparues en court de route (le héros est il vraiment l’élu ? le héros va-t-il s’en sortir) sont résolus, et que la réponse est oui (oui, c’est l’élu, oui, il s’en sort).
Cela, bien sûr, est la règle. Et comme dans toutes règles…
Généralement
Est il possible de ne pas terminer un cycle de personnage ?
Oui, bien sûr, mais c’est risqué. Voilà pourquoi d’ailleurs beaucoup de films gros budgets ne s’y risquent pas !
(trouvez moi un film blockbuster où le héros ne gagne pas à la fin, même indirectement, où ne se sacrifie pas pour gagner, ce qui est une autre manière de conclure un cycle narratif).
Important : ceux n’est pas parce que l’immense majorité des histoires s’achèvent en concluant le cycle narratif, qu’il ne faut pas le faire. Tout ce qui n’est pas mainstream est mauvais. C’est très personnel, mais je considère qu’il faut mieux faire une œuvre classique mais bien, qu’original mais ratée. Ce qui ne veut pas dire, attention, qu’il ne faut jamais tenter la nouveauté. J’y reviendrais.
Comment bien finir un cycle des personnages ?
Durant son parcours, le héros ça susciter des questions chez le lecteur : va-t-il réussir sa mission ? Va-t-il oser aborder cette fille ? Va-t-il sauver le monde ?
Ensuite, les choix sont au final très simple : soit la réponse aux questions est « oui » (satisfaction), soit la réponse est « non » (frustration), soit on ne répond pas à la question (incompréhension). Très, très grossièrement (et je suis certain qu’il y a pleins d’exceptions), la solution « oui » est la solution attendue, et correspond à l’immense majorité des œuvres. La solution « non » est beaucoup, beaucoup plus rare et risquée. Par contre, comme souvent lorsque le risque est grand, la satisfaction l’est tout autant. Les films qui m’ont marqués le plus, toute catégorie confondue, ne m’offraient pas la réponse attendue aux questions que soulèvent le parcours du héros.
Je vais vous donner des exemples, ce qui sera du méga spoil. Donc allez voir à la fin des Astérix… Heu : astérisques, non, finalement, Asterix, pour retrouver un article sans spoil :



Film 1 : Memories of murder.

Le chef d’oeuvre du cinéaste coréen Joon-Ho Bong, qui, décidément ne semble pas capable de faire autre chose, puisque parasite est tout aussi incroyable. Memories of Murder raconte la traque du premier tueur en série en Corée du Sud. Traque qui n’aboutit pas : les policiers ne trouvent pas le coupable. Mais une autre réponse apparent en sous texte, dans tout le film : l’assassin pourrait être n’importe qui. Notre voisin. Notre boulanger. Seule une petite fille, à la fin, vois le visage du meurtrier. Et quand le policier lui demande de le décrire, elle en est incapable. Elle se contente de dire « il avait l’air… Comme tout le monde ». Au final, la leçon sociale que nous apporte ce film vaut bien mieux que tout « véritable » coupable. Film à voir absolument, si ce n’est pas encore fait.
Alabama Monroe.

Chef d’oeuvre belge, sur le deuil. La beauté du film tient de sa construction a-chronologique (preuve que la forme influe fortement la perception du fond). Un couple se rencontre, fait une enfant. L’enfant tombe malade. Les réponses attendues à ces problématiques seraient : l’enfant s’en sort. Ou, plus tragique : l’enfant meurt, mais ils surmontent le deuil. Une fin où la notion d’espoir reste présente. Or, non seulement la fille meurt. Mais le couple se sépare, et la femme meurt par la suite. Mais la manière dont tout cela est amené… Ce réalisateur a gagné ma considération à vie.
Le tombeau des lucioles.

Encore un film lacrymale. Je reviendrais sur la force de l’image animée pour révéler les sentiments. Voilà deux enfants qui doivent survive durant la seconde guerre mondiale. L’innocence face à la cruauté. Des images dessinées mais crues, des symboles importants. La résolution naturelle de ces cycles narratifs est la survie des deux enfants. Perdu. Et pire encore : seul l’un des deux s’en sort. Pourquoi pire ? Car une mort mutuelle pouvait laisser présager une promesse de paix éternelle dans l’au-delà. Non. Un seul s’en sort, avec pour seule récompense le poids de la solitude, et le fait de n’être pas parvenu à sauver l’autre.
Pourquoi ça marche, dans ces trois cas ? Pourquoi est ce que là non résolution des questions narratives rendent le texte encore meilleure ? Car le propos du film dépasse ces questionnements. Mieux encore : c’est la non résolution du cycle narratif qui donne toute sa force au film, et son vrai message. Dans Memories of Murder, on ne trouve pas le meurtrier CAR le propos du film est que le pire des monstres peut être notre voisin, et qu’on ne le saura jamais.
Dans Alabama Monroe, la petite fille meurt, le couple se déchire, CAR la vie n’est pas un putain de compte de fée, que la maladie se fout de la mignonitude de sa victime, et que les couples ne résistent pas à tout.
Dans Le Tombeau des Lucioles, les héros ne s’en sortent pas CAR la guerre est aveugle et les victimes souvent innocentes. Les héros sauvés, le message aurait été beaucoup moins fort (« eux, au moins, s’en sont sortis »). Ici, on s’attache aux héros, et ils ne s’en sortent pas. Car chaque victime de la guerre est un être humain auquel on est susceptible de s’attacher.



Donc répondre aux questions posées par les cycles narratifs par la négative est risquée mais payant si cela marche. Et généralement, cela marche car cette résolution narrative apporte une toute autre perception de l’histoire et de son message. Cette réponse négative, bien faite, transcende le message.
Ne pas répondre aux questions posées.
Le cas où l’on ne répond pas aux questions posées par le cycle des personnages, il existe trois options :
1) l’idée du sequel.
Quoi de bon qu’une fin sans résolution complète pour donner envie de voir la suite ? Les séries, les mangas usent et et ressucent de se procéder, quitte à provoquer une certaine lassitude chez le public (euphémisme). Les films qui envisagent la création d’une saga utilisent ce procédé à outrance. Quoi ? En fait, le méchant du film n’était qu’un pion d’une organisation encore plus méchante ?? (Toute ressemblance avec une cinquantaine de films existants ne serait absolument pas une coïncidence). Quoi, mais en fait le héros et le méchant se connaissaient ? Quoi mais en fait le méchant n’est pas mort ? Tout cela peut se recouper sous la bannière de « nous n’avons pas répondu à toutes les questions ». Le problème, c’est que cela sous entends une autre promesse « nous y répondrons par la suite ». Et beaucoup de séries, par exemple, vous laisser des questions sans réponses, pour épaissir un mystère et capitaliser sur les attentes du spectateur. Mais à ouvre trop de pistes, on risque l’effondrement. La non résolution des questions, pourquoi pas. Mais cela doit être décidé comme un acte narratif, et non pas comme un simple outil de cliffhanger, sans quoi il est probable de ne jamais réussir à répondre à toutes les promesses.
2) L’ignorance du créateur.
Parfois, les questions restent en suspens car l’auteur ne sait tout simplement pas, non plus, comment résoudre ces questionnements. Cette raison peut d’ailleurs s’ajouter à la précédente : ne sachant pas comment résoudre un problème, on « procrastine la réponse », on la remet au lendemain, au tome, à l’épisode, à la saison suivante. Avec la même problèmatique : il faudra bien répondre à ces questions un jour ou l’autre.
3) laisser une part de mystère
Généralement, lorsque l’auteur ne sait pas comment conclure son histoire et qu’il utilise le « mystère », à savoir, ne pas répondre à ses propres questions, il va utiliser la phrase type : c’est au lecteur / spectateur de trouver sa propre réponse. Ce qui, et je m’excuse à l’avance de ma vulgarité, s’apparente tout de même un peu à du foutage de gueule (je m’excuse, donc). Je ne dis pas qu’il faille servir au public toutes les réponses, simplement qu’il y a des promesses implicites, un pacte, entre l’auteur, l’oeuvre et le public.
Mais certains auteurs peuvent aussi volontairement laisser le choix au public. Il faut simplement que ce soit un véritable choix, et non pas une facilité scénaristique.
Je vais tenter de réfléchir à tout cela, à travers trois exemples de films qui ne donnent pas de réponse à une même raison : sommes nous dans la réalité, ou pas ? Et pour éviter les spoils, rendez vous à la fin des amis d’asterix.



eXistenZ

eXistenZ st un film, à mon sens plutôt moyen, de Brian de Palma, qui imagine un jeu vidéo mettons, organique, qui permet d’entrer dans un jeu vidéo ressemblant comme deux gouttes d’eau à la réalité. Deux protagonistes, au début de l’histoire, entrent dans le jeu vidéo. S’ensuit plusieurs péripéties, jusqu’à ce que nos héros s’extirpent de ce monde virtuel et reviennent dans la réalité. Et à la toute fin, une personne, limite un figurant, va leur dire « mais attendez, on est encore dans le jeu ! ».
Pourquoi est ce que ça ne marche pas ? Car ça tombe de nulle part. La question de savoir si la réalité était la réalité ou un autre jeu vidéo n’a jamais été évoqué avant. Ainsi, en réalité il n’y avait eu aucune promesse quand à cette question de jeu vidéo / réalité. Donc cette absence de réponse quand à la réalité ne sert… À rien, car on ne s’était jamais interrogé à ce sujet ET que la remise en question de cette réalité ne change rien à l’histoire, ne remet rien en perspective. Le nom scientifique d’un procédé est :
Coup de théâtre un peu cheap.
Paul Verlaine
Inception

Inscription reprend le même concept de fin qu’Existens. À la fin, le héros que nous appellerons Léo car bon, soyons sérieux, est ce qu’on l’appelle autrement ?
Et bien, à la fin d’Inception, ce film, où il est possible d’explorer les rêves, Leo revoit enfin ses enfants, et tourne une toupie, qui est son totem, c’est à dire l’objet qui oui prouve s’il est dans un rêve ou pas. La toupie tourne éternellement, rêve. La toupie retombe : réalité. Ici la toupie tourne, flanche, tourne… Et fin.
Et pourtant, l’effet « cheap » que l’on ressent avec Existens. Et je vais essayer d’expliquer pourquoi.
Contrairement au premier film, déjà, la notion de confusion entre rêve et réalité est permanente. La femme de Leo s’est perdu dans cette confusion. L’équipe de Leo, pour implanter une idée dans l’esprit de quelqu’un, et de le visiter dans un rêve, en lui faisant croire qu’il est dans la réalité. Bref, contrairement à Existens, où la confusion entre jeu vidéo et réalité n’est jamais exploré dans tout le film (ce qui rend la fin absurde), ici, elle est au cœur de l’histoire. Donc beaucoup moins incohérentes.
Aussi, mais surtout… Comment dire… On se fout de savoir si la toupie retombe ou pas. Tous les cycles de narrateur ont été résolus. Soit il s’agit d’un rêve, et Leo ne revoit toujours pas ses enfants. Soit c’est la réalité, et tout va bien. Mais cela ne dénature pas le reste de l’histoire. Au contraire même, chaque possibilité offre une nouvelle grille d’interprétation intéressante de l’histoire qui vient de se passer. Ainsi, on devine qu’il ne s’agit pas d’un effet « cheap » de Nolan et Nolan frère pour mettre un coup de théâtre facile. Plutôt, une proposition de voir l’histoire de manière différente. Ce n’est pas une facilité, c’est un choix. Et la preuve ultime est : Nolan a déjà dit ce qu’il en était : la toupie finie par retomber. Leo revoit ses enfants. Couper le film avant la fin des tours de toupies est donc… Un choix esthétique. Et non pas une astuce pour un dernier rebondissement.
Enfin, un dernier point doit être souligné : dans Existens, on nous affirme quelque chose à savoir que nous sommes dans un jeu vidéo qui soulèverait beaucoup de nouvelles questions auxquelles ont ne répond pas. Dans Inception, que la toupie tombe, ou pas, peut importe : on sait quelles sont les conséquences de ces deux possibilités. Onirique ou réel, le terrain est connu.
Mulholland Drive.

Et enfin un dernier film de David Lynch, Mulholland Drive, explore aussi à sa manière la notion de rêve et de réalité. Honnêtement, si vous n’avez pas vu le film, il n’est pas la peine de vous faire un résumé : le film est divisée en deux parties, qui ne peuvent appartenir à la même réalité. L’une d’entre elle est clairement un rêve, et l’autre une réalité. Et le réalisateur ne nous donne pas beaucoup d’indices pour que l’on sache quelle partie est réelle, quelle partie ne l’est pas.
Et pourtant (à mon sens), ça marche. L’explication principale que je trouve est très simple : le réalisateur se contrefou de la connaissance, et l’exprime tellement bien que le spectateur oublie également rapidement toute prétention de cohérence.
En même temps, aussi, ce réal est aussi connu pour ça.
C’est très différent d’Existens. Car dans ce premier film, clairement, tous les éléments du film laissent à penser que l’histoire doit être cohérente. Il y a, à nouveau, un contrat moral avec le spectateur. David Lynche se mouche allègrement dans ce contrat, et propose aux spectateurs une expérience. L’intérêt n’est pas dans l’histoire, mais dans le ressenti, l’expérience, que sais-je.
J’entends souvent cette critique :
Tu critiques tel ou tel film d’action, mettons Fast and Furious 5, pour son faible scénario, alors qu’on va le voir pour de l’action. Mais tu vas encenser Mad Max Fury Road, alors que c’est exactement la même chose : des bécanes, de l’action, et un scénario qui tient sur un bout de feuilles.
Alors oui, c’est vrai, mais uniquement en surface. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un scénario n’est pas l’unique intérêt d’un film, de même que la trame n’est pas l’unique intérêt d’un livre. Beaucoup d’autres paramètres entrent en compte. Or, d’un côté, Mad Max regorge de créativité visuelle, scénaristique (oui, notamment l’absence de Des Ex Machina), graphique, qui sont des exemples de créativité. Par contre, Fast and Furious 5 possède un mauvais scénario, un mauvais jeu d’acteur, une mauvaise réalisation, et absolument rien d’original. Ainsi, si on apparence les deux films se ressemblent, je peux affirmer que j’ai déjà vu un film comme FF5 des dizaines de fois, alors que je n’ai jamais vu un film comme MMFR.
Bref, cettait un chapitreception, une critique de film dans une critique de film. Tout cela pour dire que le scénario ne fait pas tout mais que quand il existe, il doit répondre aux questions qu’il pose. Si l’absence de scénario est actée dès le départ, l’intérêt d’un film portera ailleurs. Ici, justement, sur la dimension esthétique et onirique du film. Or, pour qu’une immersion dans la rêverie fonctionne, il faut justement que la cohérence scénaristique n’existe pas. Une fois de plus, et comme lorsque la réponse aux questions posées par les trames narratives est la négative, l’idée est de transcender le simple scénario, pour donner une particularité spécifique à l’historique.



Attention aux personnages secondaires !
Nous l’avons vu la semaine dernière, les personnages principaux ne sont pas les seuls à avoir un cycle à accomplir. Les personnages secondaires également.
Voilà d’ailleurs pourquoi il est parfois risqué de trop développer un personnage qui je sera pas très important par la suite : nous allons créer chez les lecteurs une attente de résolution
En conclusion.
Il y a trois manières de répondre aux questions posées par les trames narratives : oui, non, et rien.
Oui : réponse la plus classique. Le héros arrive à destination, repousse l’ennemi, le père retrouve l’enfant, bref, tout fini plus ou moins bien. C’est la réponse la plus courante, la plus facile, mais ce n’est pas grave. Tout dépend de la manière d’arriver à cette réponse.
Non : beaucoup plus rare. Cela induit un malaise chez le spectateur qui, malgré tout, s’attend à ce que le héros réussisse, que le méchant russe meurt, etc. Ce malaise est risqué. Cette déstabilisation peut faire détester le film. Mais si c’est bien fait, c’est jackpot. Cela marque, Et définit le film comme unique.
Ne pas y répondre : très, très risqué, car cela peut s’apparenter à une facilité scénaristique (et c’est souvent le cas, soyons honnête). L’absence de réponse peut tout de même permettre à faire un sequel (mais dans ce cas, la promesse de réponse ne fait que se décaler d’un film : il faudra tout de même y répondre). Reste l’option, Lynchienne, de se foutre de la cohérence. Et de proposer, au delà d’un film, une expérience.
J’espère que cet article un peu particulier vous a plu ! Connaissez vous des films qui ne tiennent pas leur promesse ? Postez les en commentaires !
A bientôt !
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
Rappel : vous pouvez recevoir les prochains directement dans votre boîte de réception, en vous abonnant à ce blog en haut à droite de cette page (garantie sans spam ;)).
Si vous aimez ces articles, le meilleur moyen de me soutenir, c’est de le partager sur vos réseaux sociaux favoris ;).
D’ailleurs, vous pouvez me suivre :
Sur Facebook
Sur Twitter
Sur Instagram
Pour consulter les autres articles Histoire d’Ecrire, c’est par ici.
Pour en savoir plus sur mon livre Interfeel, cliquez ici !
Enfin, laissez un petit commentaire ci-dessous, sympa, curieux, peu importante ! Le plus important dans un blog, c’est le dialogue !











![[REQUEST] Squirtle and Charmander in the last pose of ...](https://s1.qwant.com/thumbr/700x0/8/4/096c78a34619685217e49c7cc03ecf8f0aa9eddba96b5642101d6511d358ea/fusion_dance_goku_vegeta_by_naruttebayo67240-d3h1qaw.png?u=http%3A%2F%2Ffc05.deviantart.net%2Ffs70%2Fi%2F2011%2F143%2F9%2Fb%2Ffusion_dance_goku_vegeta_by_naruttebayo67240-d3h1qaw.png&q=0&b=1&p=0&a=1)































Histoire d’écrire #40 Faire lire à ses proches : une fausse bonne idée ?
Et comme la semaine dernière, nous allons voir les pros et les cons d’une telle pratique. Et contrairement au challenge précédent, mon avis sera moins tranché. À vous de décider !
Les côtés plus
Faire lire à ses proches peut se révéler très fructueux, pour de nombreuses raisons.
La conscience du regard extérieur.
Si l’on souhaite être publié, on écrit pour les autres. Cela ne veut PAS dire que l’on fera des histoires forcément neutres, commerciales, mièvres, ou ce genre de poncifs (et si vous voulez écrire ainsi, ce n’est pas un problème !), mais on écrit pour atteindre les émotions et la réflexion d’une personne extérieure à nous même. Voyez la même logique que pour l’écriture manuscrite : nous allons davantage nous appliquer si le texte sera lu, car un autre que moi ne sait pas que cette patte de mouche est un p, et cette autre patte un l. Il faut rendre ce qui est évident pour nous intelligible pour les autres. Il en va de même pour les histoires.
Or, savoir que notre texte sera lu rapidement – et pas dans une éventuelle publication, nous offre déjà un « aperçu » de ce regard extérieur. Surgira rapidement la question : « Est ce qu’ils vont comprendre ce que je veux dire », et ce raisonnement est très bénéfique, tant qu’il est pas envahissant.
Envahissant ? Que veux-tu dire ?
Excellente question, voix rhétorique dans ma tête ! Envahissant, au sens que la pression exercée par ces regards externes n’étouffent votre ambition créatrice. Écrire, c’est oser. Notamment de prendre le risque de décevoir.
Le délai imparti.
Écrire un livre sans promesse de publication est compliqué sur de nombreux aspects. L’un d’entre eux est l’absence totale de deadline. Que l’on veuille ou non, que l’on aime ou pas, la perspective d’une deadline aide beaucoup à avoir de la productivité. Savoir un public proche et impatient (je vous le souhaite !) de lire la suite, aide !
Les côtes moins
Comme nous l’avons déjà vu, faire lire à ses proches peut apporter une pression, soit dans la qualité de ce que l’on doit écrire, soit dans le timing, qui étouffe. Si toutefois vous souhaitez tenter cette expérience, à vous d’ajuster vos conditions. Par exemple :
Bref, fait une demande de relecture à la carte !
L’incapacité de penser l’histoire globalement.
Si vous demandez une relecture régulière, par exemple chapitre après chapitre, le problème peut être que vous ne pourrez plus penser l’histoire globalement, devant penser à ce chapitre, puis le suivant, puis le suivant. N’oubliez pas que les chapitres se tiennent dans une histoire globale. Ne quittez jamais le long terme.
Toujours sur cette remise de chapitre les uns après les autres, méfiez-vous d’un autre point : une tension narrative met parfois plusieurs chapitres à monter. Après le premier, le deuxième chapitre, les lecteurs peuvent penser que rien ne se passe (alors que ce n’est pas le cas et sur cela sera révélé à la fin de l’arc narratif que vous êtes en train de construire), et vous le dire. N’oubliez pas votre but. Précisez que cette lenteur est normale car elle installe la suite de l’histoire. Certains éléments ne se révèlent qu’une fois l’histoire complète.
Si vous choisissez de faire lire vos textes ? Mes conseils.
Choisir ses lecteurs.
Voici ma phrase fétiche, que je ressers à toutes les sauces, si vous me suivez sur les Réseaux, Twitter, par exemple :
Pourquoi ? Explications :
Une personne uniquement bienveillante, hésitera à critiquer. Au final, vous n’obtiendrez que des éloges, mais peu de retours pertinents.
Une personne uniquement honnête, vous dira certes ce qu’il ne va pas, mais ne mettra pas les formes. Or, se faire sèchement critiquer un travail de plusieurs dizaines, centaines d’heures, peut faire mal.
Une personne honnête et bienveillante aura l’avantage de dire ce qui va, et ce qu’il ne va pas. Mais en plus, elle saura mettre les formes.
Sachez recevoir les critiques.
Il est toujours difficile de recevoir des critiques. Car lorsqu’on présente un texte, au delà d’un retour honnête, on recherche également une approbation. Le fait que ce que l’on a écrit vaut quelque chose et, par corollaire, que l’ont vaut quelque chose.
Il est très dure de se séparer de son propre texte, pour plein de raisons. C’est pourtant indispensable. Si vous présentez un texte, partez du postulat indispensable que les retours ne se feront que sur votre texte, jamais sur votre personne. Et n’oubliez jamais qu’une personne qui fait des retours détaillés, positifs ou négatifs, est une personne qui a prit le temps de lire vos textes, d’organiser ses idées, de vous répondre. Vous vous rendrez compte que c’est rare. Je vous invite à les remercier. Et à ne pas prendre la mouche si les retours ne vous plaisent pas, car ils pourraient s’en sentir légitimement vexés.
Si les critiques vous blessent, considérez la chose suivante : si la personne vous fait ces retours, c’est qu’elle estime que vos pouvez les recevoir, que votre texte peut être améliorer, et donc qu’il est déjà bien. Et surtout, que vous avez les capacités de l’améliorer. Sinon, elle ne prendrait même pas la peine de vous faire un retour. En ce sens, toute critique, bonne ou mauvaise, est à la base un complément, pas forcément sur votre texte, mais sur vos capacités à l’améliorer.
On vous demande de relire un texte, que faire ?
Prenons le problème inverse : on vous demande, à vous, de faire un retour sur un texte. Nous retrouvons le même problème : comment faire en sorte que la personne ne prenne pas les critiques personnellement ?
A nous, alors, d’appliquer le concept d’honnêteté et de bienveillance. Eviter de dire que ce texte est à coup sûr le prochain Nobel (s’il ne l’est pas), car vous seriez bienveillant, certes, mais pas honnête. Je pars du principe que la personne que propose un texte ne cherche pas une approbation sur sa personne, mais un moyen d’améliorer son écrit. Mais même dans ce cas, il est possible qu’elle soit personnellement affectée par les critiques.
Evitez de dire que le texte est une daube sans fond, même si vous le pensez car vous serez certes honnête, mais pas bienveillant. Cela ne veut pas dire mentir, mais dire les choses de manière plus pacifique. Voyez si vous n’aimez pas le texte car il ne correspond pas à vos affinités (par exemple, si c’est de la SF et que vous n’aimez pas la SF), auquel cas le problème n’est pas forcément la qualité du texte, simplement que l’histoire ne vous interpelle pas. Si par contre le texte est qualitativement mauvais, vous pouvez simplement dire que le texte n’est pas en l’état publiable, qu’il y a un problème de fond, etc. Ce sera difficile à entendre, mais les retours servent à cela.
J’en arrive à un dernier point, que je fais à chaque fois qu’on me demande une relecture. J’avertis l’auteur / autrice. Je précise À L’AVANCE que vous serez honnête, et que les critiques ne porterons que sur le texte, rien que sur le texte, et en RIEN sur l’auteur. Et j’explique que si la personne n’est pas prête à recevoir ces retours, je préfère ne rien faire. Si l’auteur accepte, un contrat moral est passé : il est prêt à recevoir un retour, quelqu’il soit.
Faire lire un texte, ou lire le texte d’un autre, n’est pas chose aisée. Mais ces retours peuvent être utiles sous de nombreux aspects. Offrir la perspective du regard extérieur. Imposer un rythme. Favoriser les échanges. Il est juste fondamental de savoir distinguer l’oeuvre de l’auteur. Chose que nous oublions trop souvent de faire.
Important !
Vous avez des questions sur l’écriture ? Le mois suivant sera, une nouvelle fois, consacrez à vos demandes ! Mettez donc en commentaires les choses qui vous chiffonnent, qui vous bloquent, j’en ferai peut être un article ! Qui ne tente rien…
Belle journée,
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
Rappel : vous pouvez recevoir les prochains directement dans votre boîte de réception, en vous abonnant à ce blog en haut à droite de cette page (garantie sans spam ;)).
Si vous aimez ces articles, le meilleur moyen de me soutenir, c’est de le partager sur vos réseaux sociaux favoris ;).
D’ailleurs, vous pouvez me suivre :
Sur Facebook
Sur Twitter
Sur Instagram
Pour consulter les autres articles Histoire d’Ecrire, c’est par ici.
Pour en savoir plus sur mon livre Interfeel, cliquez ici !
Enfin, laissez un petit commentaire ci-dessous, sympa, curieux, peu importante ! Le plus important dans un blog, c’est le dialogue !