Mais au fait, c’est quoi une scène d’action ?
Et bien, au risque de faire criser les réfractares de mon article de la semaine dernière sur la description, une scène d’action est aussi une description… sauf que l’on décrire… une action, et non pas une image fixe d’un paysage, d’un personnage, ou que sais-je.
Cette fois, on décrit un mouvement, et aussi une tension. Voilà le premier point :
L’importance du rythme.

Souvenez vous, il y a sept jours, enfin, une semaine, mon dernier article parlait de la notion de description. J’abordais l’idée du rythme, que j’estimais fondamentale. C’est toujours le cas ici.
Pour info, aussi, même si nous parlons beaucoup d’écriture, je vais faire beaucoup d’analogie avec le monde du cinéma. La raison, complexe et réfléchis, est la suivante : j’aime bien ! (et j’aime le cinéma).
Trop de scènes d’actions tue la scène d’action. Imaginez un bon gros blockbuster américain où littéralemetn, de la première à la dernière minutes, ça bastonne. Au bout d’un moment, vous prenez votre portable, et scrollez sur un site quelconque. Pourquoi ? Simplement que, ici comme ailleurs, la mesure est reine de toute chose. Une scène d’action s’apprécie car le calme, avant dans l’histoire, préparait la tempête.
Aussi, si vous voulez placer une scène d’action, n’oubliez pas que vous avez d’autres outils narratifs, la description, l’introspection, le dialogue, par changer de rythme avant, et / ou après votre scène d’action.
La fusion du fond et de la forme.
![[REQUEST] Squirtle and Charmander in the last pose of ...](https://i0.wp.com/s1.qwant.com/thumbr/700x0/8/4/096c78a34619685217e49c7cc03ecf8f0aa9eddba96b5642101d6511d358ea/fusion_dance_goku_vegeta_by_naruttebayo67240-d3h1qaw.png?w=640&ssl=1)
Mais au fait, qu’est ce que le fond, et qu’est ce que la forme ?
Grossièrement, le font, c’est ce que vous voulez raconter. La forme, c’est comment vous le raconter.
Au final, la frontière est très mince, puisque dès que vous racontez ou synthétisez ce que vous voulez dire, déjà, vous êtes dans la forme. Plus subtile encore, lorsque vous pensez à ce que vous aller raconter, vous entrez dans la forme ! Mais pas forcément celle que vous allez utiliser dans votre roman.
Fond et forme ne sont donc pas deux concepts distincts. Ils sont intrinsèquement liés.
Plus pervers encore : le fond va influencer la forme (logique), mais la forme influe aussi le fond (moins évident).
Prenons pour exemple cet article. Je souhaite parler des scènes d’action. Pour cela, j’écris les différentes parties que je vais aborder (dont celle que vous lisez présentement). Mais rien que le fait de mettre de l’ordre dans mes idées, pour trouver la meilleur forme, va influencer le fond : je vais penser à d’autres aspects. Je vais insister sur certains points, pour remplir mes parties. Au fil de ma plume, par effet de rétroaction, je vais avoir de nouvelles idées, et donc un nouveau fond. Il me semble donc important à la fois d’étudier vos idées dans le fond, mais aussi dans la forme, et surtout l’interdépendance de ces deux concepts.
Pour faire simple dans la tenue de cette article, nous allons simplement dire cela : le fond de votre scène d’action, c’est donc ce que vous voulez raconter. Personnage A se bat avec personnage B, mais en plus ils ont une relation personnelle, et donc au plus des coups qui sont échangés, un grand impact sentimental, et émotionnelle, surgit entre les deux.

La forme, c’est comment vous allez raconter cet évènement. Allez vous alterner scène d’action, dialogues, et introspection ? Allez vous faire une grosse partie baston, puis une grosse partie introspection ? Tout dépend de votre but, de vos intentions, mais aussi, il faut l’avouer, du fil de la plume (au défaut du fil de l’épée, ou du sabre laser).
Mais gardon cette analogie cinématographique. Généralement, quand une scène d’action apparaît, la manière de filmer change. La caméra est secouée. Les plans sont plus courts. Les angles de prise de vue se multiplient. Ou alors, un très long plan séquence permet au spectateur de savourer la performance :
Peut-on retransmettre cela dans un livre ? Et bien oui, et plus encore !
Vous pouvez adapter votre style. Faire des phrases plus courtes (analogie du plan court). Ou au contraire, et c’est à mon sens plus ambitieux, faite des phrases plus longues, plus calmes, pour contraster avec la violence de l’action (analogie du plan séquence).
Ainsi, par un changement de votre style, donc de votre forme, vous pouvez non seulement faire mieux transparaître votre scène d’action, mais en plus lui donner une tonalité particulière, par un décalage entre le fond et la forme.
Qu’est ce qui fait une bonne scène d’action ?
Et pour répondre à cette question, on va poser son opposé : qu’est ce qui fait une mauvaise scène d’action, en livre comme en film ? A quel moment, devant votre écran, vous êtes vous dit : bon, là, y’a de l’action, mais francement je me fais ***.
La réponse à mille points : le manque d’implication. Soit vous savez que le héros va forcément s’en sortir, soit vous ne connaissez les protagonistes ni d’Eve ni d’Adam, donc qu’ils vivent ou qu’ils meurent, franchement…
Une scène d’action est bonne lorsqu’elle est un aboutissement d’une tension. Malgré toutes les critiques que l’on peut émettre à l’encontre de l’épisode 3 de Star Wars, dont est tiré l’image plus haut, on ne peut pas nier une chose : cette bataille, entre un mentor et son ancien élève, entre deux amis, est émotionnellement forte (savoir si le film est parvenu à retranscrire cette émotion est une autre histoire, et à mon avis : non.). Et donc on est concerné par le destin de ces deux héros, que l’on suit depuis trois épisodes, ou plus.
Idem, concernant la vidéo de Old Boy placée plus haut : on a prit le temps de s’attacher au personnage principal. On souhaite qu’il s’en sorte.
Par contre, ce genre de scène d’action :

Est à mon sens parfaitement ridicule : même si l’on connait – et qu’on aime – les personnages, on ne connait pas les enjeux, ni les motications des héros. Il n’y a pas de conflit à résoudre (comme à la fin du premier Avengers où les héros mettent leur tension de côté pour affronter un ennemi commun), et surtout, on ne tremble pas pour eux, vu qu’on les sait quand même assez badass pour affronter quelques militaires, même entraînés. Reste l’esthétique, mais cela ne permet que de faire une belle scène d’action. Pas une bonne scène d’action.
Bon Antonin, c’est bien joli, mais pour l’instant tu parles beaucoup de films, pas trop de livres.
J’y arrive, lecteur impatient ! Et justement, cela me permet de montrer l’avantage du livre, pour décire une scène d’action !
La plue value du livre par rapport au film.

La différence fondamentale entre le film et le livre est la notion introspection. A l’exception du voix off qui raconterait les tourments d’un personnage (ce qui, vous le remarquerai désormais, se trouve surtout dans les films tirés de livre, à la première personne qui plus est), on ne peut que deviner les tourments d’une personne. Par une confession. Une dialogue. Une expression faciale. Un symbole. Un livre, par contre, peut généralement, tout simplement expliquer ce que ressent le personnage à tel ou tel moment, quelque soit le type de narration.
Nous avons vu plus tôt qu’une bonne scène d’action nécessite une implication de la part du lecteur, ou spectateur, pour la scène, pour les personnages. On tremblait devant Games Of Throne, car on savait que les personnages pouvaient mourir. Et justement, le livre, grâce à sa notion unique d’introspection, permet de créer de la matière, de la chaire, autours d’une scène d’action.
D’où l’importance, dans une scène d’action, (restons sur l’idée d’un affrontement de deux personnes), de ne pas se contenter de décrire les coups portés. Passez du temps sur l’état d’esprit des personnages, leur doute, leur tension. Ainsi, le combat du personnage ne sera pas uniquement contre son opposant. Il sera aussi, et surtout, contre lui-même.
J’espère que cet article vous a plu ! La semaine prochaine nous verrons ce sujet à la fois sensible et délicat : comment bien dégommer l’un de vos personnages. Un sujet d’importance, s’il en est. A plus !
Antonin A.
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
Rappel : vous pouvez recevoir les prochains directement dans votre boîte de réception, en vous abonnant à ce blog en haut à droite de cette page (garantie sans spam ;)).
Si vous aimez ces articles, le meilleur moyen de me soutenir, c’est de le partager sur vos réseaux sociaux favoris ;).
D’ailleurs, vous pouvez me suivre :
Sur Facebook
Sur Twitter
Sur Instagram
Pour consulter les autres articles Histoire d’Ecrire, c’est par ici.
Pour en savoir plus sur mon livre Interfeel, cliquez ici !
Enfin, laissez un petit commentaire ci-dessous, sympa, curieux, peu importante ! Le plus important dans un blog, c’est le dialogue !
















































![[Étale ta science !] Pourquoi les miroirs inversent-ils la ...](https://i0.wp.com/s1.qwant.com/thumbr/0x380/b/4/e31054237302308ef1c9d55bbc80ce5feb87ade5550299f70adb4ec343813f/ecriture-speculaire-leonard-de-vinci.jpg?w=640&ssl=1)

Histoire d’écrire #40 Faire lire à ses proches : une fausse bonne idée ?
Et comme la semaine dernière, nous allons voir les pros et les cons d’une telle pratique. Et contrairement au challenge précédent, mon avis sera moins tranché. À vous de décider !
Les côtés plus
Faire lire à ses proches peut se révéler très fructueux, pour de nombreuses raisons.
La conscience du regard extérieur.
Si l’on souhaite être publié, on écrit pour les autres. Cela ne veut PAS dire que l’on fera des histoires forcément neutres, commerciales, mièvres, ou ce genre de poncifs (et si vous voulez écrire ainsi, ce n’est pas un problème !), mais on écrit pour atteindre les émotions et la réflexion d’une personne extérieure à nous même. Voyez la même logique que pour l’écriture manuscrite : nous allons davantage nous appliquer si le texte sera lu, car un autre que moi ne sait pas que cette patte de mouche est un p, et cette autre patte un l. Il faut rendre ce qui est évident pour nous intelligible pour les autres. Il en va de même pour les histoires.
Or, savoir que notre texte sera lu rapidement – et pas dans une éventuelle publication, nous offre déjà un « aperçu » de ce regard extérieur. Surgira rapidement la question : « Est ce qu’ils vont comprendre ce que je veux dire », et ce raisonnement est très bénéfique, tant qu’il est pas envahissant.
Envahissant ? Que veux-tu dire ?
Excellente question, voix rhétorique dans ma tête ! Envahissant, au sens que la pression exercée par ces regards externes n’étouffent votre ambition créatrice. Écrire, c’est oser. Notamment de prendre le risque de décevoir.
Le délai imparti.
Écrire un livre sans promesse de publication est compliqué sur de nombreux aspects. L’un d’entre eux est l’absence totale de deadline. Que l’on veuille ou non, que l’on aime ou pas, la perspective d’une deadline aide beaucoup à avoir de la productivité. Savoir un public proche et impatient (je vous le souhaite !) de lire la suite, aide !
Les côtes moins
Comme nous l’avons déjà vu, faire lire à ses proches peut apporter une pression, soit dans la qualité de ce que l’on doit écrire, soit dans le timing, qui étouffe. Si toutefois vous souhaitez tenter cette expérience, à vous d’ajuster vos conditions. Par exemple :
Bref, fait une demande de relecture à la carte !
L’incapacité de penser l’histoire globalement.
Si vous demandez une relecture régulière, par exemple chapitre après chapitre, le problème peut être que vous ne pourrez plus penser l’histoire globalement, devant penser à ce chapitre, puis le suivant, puis le suivant. N’oubliez pas que les chapitres se tiennent dans une histoire globale. Ne quittez jamais le long terme.
Toujours sur cette remise de chapitre les uns après les autres, méfiez-vous d’un autre point : une tension narrative met parfois plusieurs chapitres à monter. Après le premier, le deuxième chapitre, les lecteurs peuvent penser que rien ne se passe (alors que ce n’est pas le cas et sur cela sera révélé à la fin de l’arc narratif que vous êtes en train de construire), et vous le dire. N’oubliez pas votre but. Précisez que cette lenteur est normale car elle installe la suite de l’histoire. Certains éléments ne se révèlent qu’une fois l’histoire complète.
Si vous choisissez de faire lire vos textes ? Mes conseils.
Choisir ses lecteurs.
Voici ma phrase fétiche, que je ressers à toutes les sauces, si vous me suivez sur les Réseaux, Twitter, par exemple :
Pourquoi ? Explications :
Une personne uniquement bienveillante, hésitera à critiquer. Au final, vous n’obtiendrez que des éloges, mais peu de retours pertinents.
Une personne uniquement honnête, vous dira certes ce qu’il ne va pas, mais ne mettra pas les formes. Or, se faire sèchement critiquer un travail de plusieurs dizaines, centaines d’heures, peut faire mal.
Une personne honnête et bienveillante aura l’avantage de dire ce qui va, et ce qu’il ne va pas. Mais en plus, elle saura mettre les formes.
Sachez recevoir les critiques.
Il est toujours difficile de recevoir des critiques. Car lorsqu’on présente un texte, au delà d’un retour honnête, on recherche également une approbation. Le fait que ce que l’on a écrit vaut quelque chose et, par corollaire, que l’ont vaut quelque chose.
Il est très dure de se séparer de son propre texte, pour plein de raisons. C’est pourtant indispensable. Si vous présentez un texte, partez du postulat indispensable que les retours ne se feront que sur votre texte, jamais sur votre personne. Et n’oubliez jamais qu’une personne qui fait des retours détaillés, positifs ou négatifs, est une personne qui a prit le temps de lire vos textes, d’organiser ses idées, de vous répondre. Vous vous rendrez compte que c’est rare. Je vous invite à les remercier. Et à ne pas prendre la mouche si les retours ne vous plaisent pas, car ils pourraient s’en sentir légitimement vexés.
Si les critiques vous blessent, considérez la chose suivante : si la personne vous fait ces retours, c’est qu’elle estime que vos pouvez les recevoir, que votre texte peut être améliorer, et donc qu’il est déjà bien. Et surtout, que vous avez les capacités de l’améliorer. Sinon, elle ne prendrait même pas la peine de vous faire un retour. En ce sens, toute critique, bonne ou mauvaise, est à la base un complément, pas forcément sur votre texte, mais sur vos capacités à l’améliorer.
On vous demande de relire un texte, que faire ?
Prenons le problème inverse : on vous demande, à vous, de faire un retour sur un texte. Nous retrouvons le même problème : comment faire en sorte que la personne ne prenne pas les critiques personnellement ?
A nous, alors, d’appliquer le concept d’honnêteté et de bienveillance. Eviter de dire que ce texte est à coup sûr le prochain Nobel (s’il ne l’est pas), car vous seriez bienveillant, certes, mais pas honnête. Je pars du principe que la personne que propose un texte ne cherche pas une approbation sur sa personne, mais un moyen d’améliorer son écrit. Mais même dans ce cas, il est possible qu’elle soit personnellement affectée par les critiques.
Evitez de dire que le texte est une daube sans fond, même si vous le pensez car vous serez certes honnête, mais pas bienveillant. Cela ne veut pas dire mentir, mais dire les choses de manière plus pacifique. Voyez si vous n’aimez pas le texte car il ne correspond pas à vos affinités (par exemple, si c’est de la SF et que vous n’aimez pas la SF), auquel cas le problème n’est pas forcément la qualité du texte, simplement que l’histoire ne vous interpelle pas. Si par contre le texte est qualitativement mauvais, vous pouvez simplement dire que le texte n’est pas en l’état publiable, qu’il y a un problème de fond, etc. Ce sera difficile à entendre, mais les retours servent à cela.
J’en arrive à un dernier point, que je fais à chaque fois qu’on me demande une relecture. J’avertis l’auteur / autrice. Je précise À L’AVANCE que vous serez honnête, et que les critiques ne porterons que sur le texte, rien que sur le texte, et en RIEN sur l’auteur. Et j’explique que si la personne n’est pas prête à recevoir ces retours, je préfère ne rien faire. Si l’auteur accepte, un contrat moral est passé : il est prêt à recevoir un retour, quelqu’il soit.
Faire lire un texte, ou lire le texte d’un autre, n’est pas chose aisée. Mais ces retours peuvent être utiles sous de nombreux aspects. Offrir la perspective du regard extérieur. Imposer un rythme. Favoriser les échanges. Il est juste fondamental de savoir distinguer l’oeuvre de l’auteur. Chose que nous oublions trop souvent de faire.
Important !
Vous avez des questions sur l’écriture ? Le mois suivant sera, une nouvelle fois, consacrez à vos demandes ! Mettez donc en commentaires les choses qui vous chiffonnent, qui vous bloquent, j’en ferai peut être un article ! Qui ne tente rien…
Belle journée,
Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
Rappel : vous pouvez recevoir les prochains directement dans votre boîte de réception, en vous abonnant à ce blog en haut à droite de cette page (garantie sans spam ;)).
Si vous aimez ces articles, le meilleur moyen de me soutenir, c’est de le partager sur vos réseaux sociaux favoris ;).
D’ailleurs, vous pouvez me suivre :
Sur Facebook
Sur Twitter
Sur Instagram
Pour consulter les autres articles Histoire d’Ecrire, c’est par ici.
Pour en savoir plus sur mon livre Interfeel, cliquez ici !
Enfin, laissez un petit commentaire ci-dessous, sympa, curieux, peu importante ! Le plus important dans un blog, c’est le dialogue !