
Je vis de nombreux beaux moments depuis la sortie de mon livre.
Parmi eux, mes interventions en classe, à la rencontre des élèves, font partie des plus marquants. Beaucoup de professeurs souhaitent faire venir un écrivain dans leur classe. Pour expliquer le processus d’écriture. Proposer des pistes de réflexion. Permettre aux élèves de rencontrer un « vrai » écrivain, et pas une gravure dessinée sur la devanture d’un livre ancien !
Mon livre Interfeel se prête tout particulièrement à ce genre d’intervention en classe. En effet, traitant des réseaux sociaux (et de ses dérives), beaucoup de personnes, en particulier d’adolescentes, se sentent directement concernées. De plus, j’ai souhaité faire en sorte que mon livre soit le plus accessible possible (sans être simpliste), pour qu’une majorité de personnes, même (surtout ?) celles n’ayant pas un grand appétit pour la lecture, puisse l’apprécier. Mes interventions sont pour l’instant de trois ordres mais, bien sûr, il s’agit de catégories formalisées, et je peux facilement jongler entre celles ci en fonction de la demande de la classe, et des professeurs.
1. Comment écrire un livre
Ce type d’intervention se passe généralement auprès des clubs de lecture, ou des classe ayant lu mon livre (mais pas forcément).
Durant l’intervention, j’explique comment m’est venu l’idée d’Interfeel. Je leur précise ensuite les conditions de création de mes personnages, de mon histoire, comment j’ai organisé mon temps pour construire puis écrire mon roman. Tout cela, bien sûr, est interactif, et je m’adapte aux questions, souvent nombreuses, des élèves. Enfin, je leur explique en détail le processus de la chaîne du livre, comme se passe une publication de livre, les échanges avec l’éditeur, les diffuseurs, quel est mon rôle après que mon livre soit sorti. Les questions sont généralement nombreuses !
Et pour info, la première question que l’on me pose est généralement :
« Mais monsieur, vous avez quel âge ? »
Je vous laisse deviner ! (mais je donne la réponse en classe !).

2. Les réflexions autour des réseaux sociaux.
J’explique tout d’abord mon statut d’écrivain, démontant par là même quelques mythes (après le « vous avez quel âge ? », la question la plus courante est « vous gagnez combien ? ») sur le statut d’écrivain.
Je me concentre enfin sur les thématiques propres à Interfeel : l’omniprésence des réseaux sociaux dans notre vie actuelle (car bien sûr, comme beaucoup de récits de sciences-fictions, les thématiques d’Interfeel sont des problématiques que nous avons déjà de nos jours). Je parle aussi de la séparation entre les « connectés » et les sans réseaux, métaphore de la ségrégatio. Je mentionne également de la Guerre Numérique, qui a eu un impact dans la vie de chacun, mais personne ne sait vraiment de quoi il s’agit.
L’idée est, bien sûr, de faire réfléchir de manière ludique les élèves sur ces sujets d’actualité. La force de l’histoire d’Interfeel, je crois, c’est qu’elle permet de réfléchir sur plusieurs aspects de notre société actuel, et à venir.
Discuter avec moi d’Interfeel est donc un excellent moyen pour prendre du recul sur notre propre époque, ce qui est essentiel.

3. Discuter sur les innovations technologiques d’Interfeel.
Certaines de mes meilleurs expériences d’interventions se passent en lycées professionnelles. Pourquoi ? Plein de raisons. Je pense déjà que la présence des écrivains dans ces lieux est malheureusement bien trop rare. Ce sont pourtant à ces occasions que j’ai eu les questions les plus surprenantes et pertinentes ! Il y a un intérêt sincère pour les livres et beaucoup d’élèves m’ont confié leur envie d’écrire, même s’ils n’osent pas se lancer.
Passé les questions classiques de l’âge et de combien je gagne (qui survient quelque soit le genre de mes interventions), les questions fleurissent généralement, sur moi, sur mon livre, sur mes idées. Des questions surprenantes, pertinentes.
Je parle de mon parcours et des thématiques abordées dans le livre, comme précédemment. Mais l’un des points qui les intéressent souvent, c’est les inventions au sein de mon histoire. Par exemple, une classe de lycée professionnelle spécialisation mécanique s’est passionnée de mon invention des uniroues, ces véhicules autonomes à une roue, qui peuvent s’assembler les uns aux autres. Nous avons refléchis ensemble pour savoir si cette invention était réalisable, comment, quel matériau… Et l’Opale alors ? Possible un jour ? Et les élèves étaient ravis de m’apporter leur expertise sur ces domaines qu’ils connaissaient mieux que moi. On a toujours à apprendre, c’est la richesse de l’échange.
Il m’a toujours semblé important de démocratiser mon rôle et mon statut d’écrivain. Ces interventions en classe sont une part essentielle de cette démarche.

Vous êtes professeur.e.s, et seriez intéressé.e pour que j’intervienne dans votre classe ? N’hésitez pas à me contacter ! Il me reste quelques créneaux sur les deux prochains semestres 2019 !
Et si vous connaissez un.e enseignant.e, etc., susceptible d’être intéressé.e, n’hésitez pas à lui transférer cet article. Je pense que l’échange sera enrichissant et pour vous, et pour votre classe, et pour moi.
Par ici :
A bientôt !
Antonin A.




















Histoire d’écrire # 6 Quoi écrire ?
Voyons aujourd’hui les principaux vers lesquels veulent se lancer les apprentis auteurs, et (surtout) les écueils à éviter.
Les autobiographies
Lors de les dédicaces, je rencontre souvent des personnes me confiant qu’elles aimeraient beaucoup se lancer dans l’écriture, et raconter leur vie. Je comprends tout à fait cette démarche : l’écriture possède un effet cathartique phénoménale, et posé sur le papier, un problème paraît déjà plus distant.
Je ne peux donc qu’encourager toute personne désireuse de s’exprimer à travers un texte de se lancer. La grande force de l’écriture, c’est qu’il ne vous faut qu’un stylo et un papier, votre un ordinateur !
Mais si c’est le cas, il faut se poser une question très importante : pour qui écrivez vous ? Pour vous où pour les autres ?
Les pièges
Vous allez sûrement me répondre : « les deux, mon général », mais et vous aurez raison bien sûr. Mais je vais préciser le sens de ma question : votre récit s’adresse-t-il avant tout à vous, ou avant tout à un public ? Et s’il s’adresse à un public, est-ce pour que celui-ci puisse mieux vous connaître, ou cherchez vous à ce que ce récit fasse écho à sa propre expérience ?
Si vous écrivez pour être lu, mais pour que les personnes puissent mieux vous connaître (ou connaître un aspect de vous que vous n’osez pas mettre en avant, par crainte, par pudeur), il s’agira plutôt d’un témoignage. Auquel cas, la clarté est de mise, et libre à vous de le faire lire à une, deux, quelques personnes de confiance. L’intérêt du témoignage, c’est qu’il permet l’échange par la suite. C’est l’amorce d’un dialogue, car les personnes, ayant lu cet autre aspect de vous que vous avez mis par écrit, aurons un regard neuf sur vous.
Se poser ces questions est fondamentales. Bien sûr, il n’y a aucun bonne ou mauvaise réponse, mais celle-ci vous aidera à y voir plus clair dans votre démarche. Si vous voulez écrire pour vous, le journal intime est certainement la meilleure solution. Vous pouvez écrire comme vous le souhaitez, sans crainte d’approximation, ou de clarté, ou même de fautes d’orthographe, puisque vous écrivez pour vous, rien que pour vous.
Si vous souhaitez écrire pour les autres, pour que vos lecteurs trouvent un écho à leur propre expérience, ou matière à empathie, ou matière à réflexion, il s’agira là d’un roman autobiographique.
Dans ce cas, la clarté ne suffira plus. Il faudra que vous, écrivaine, écrivain, ayez assez de distance avec votre texte pour qu’il soit intelligible à d’autres qui, contrairement à la démarche du témoignage, ne vous connaissent pas. Et cette distance narrative n’est pas, vraiment pas facile à atteindre.
Pourquoi je vous dis cela ?
Car la confusion est souvent grande entre les trois types de rédactions sus mentionnées. J’ai parfois lu des textes que les personnes (que je ne connaissais pas) me confiaient gentillement, mais qui s’apparentait plus au témoignage, c’est à dire qu’il me manquait des éléments de compréhension pour vraiment être atteint par le texte. Je percevais qu’il était personnel, émouvant, mais il me manquait les clés pour le ressentir.
C’est toute la difficulté du roman autobiographique : il faut être assez proche de sa propre histoire, et avoir assez de recul pour la raconter. En conclusion, si vous voulez écrire sur vous, lancez-vous ! Posez-vous simplement les bonnes questions avant :).
Les saga de science-fi Ioction
Je fais régulièrement des sondages sur les réseaux sociaux, dont les questions concernent mon article à venir, pour avoir votre avis, ou votre vécu. Si vous voulez participer aux prochains, les réseaux sociaux se trouvent dans la colonne de droite :).
Une immense majorité de personnes a choisi les sagas de sci-fi et fantasy ! Bien sûr, ce sondage n’a aucune valeur scientifique, mais il est néanmoins intéressant.
Une histoire de science-fiction, c’est quoi ? Et bien, une aventure qui se passe dans un univers supposément futuriste, ou du moins d’apparence futuristique (car je rappelle que Star Wars, qui est une sage de science-fiction – sous catégorie « Space Opéra », est censé se passer dans il y a très, très longtemps).
La fantasy, quant à elle, se passe dans un univers apparenté au médiévale, dans laquelle se trouve généralement la présence de magie (ou apparenté). L’exemple type est le seigneur des anneaux.
Le résultat du sondage m’a fait me demander pourquoi un tel succès de cette catégorie ?
Quelques réflexions en vrac (mais n’hésitez pas à me dire vos raisons en commentaire) : le besoin d’évasion, l’influence de la culture pop (rien de péjoratif là dedans) depuis 40 ans, avec Star Wars, le Seigneur des Anneaux ou plus récemment Games of Throne.
L’envie de créer son propre univers… Une nouvelle fois, l’espace commentaire sous l’article est fait pour vous, n’hésitez pas à me dire vos propres raisons, ça m’intéresse !
Et pour info, Interfeel est apparenté à la Science Fiction, sous genre « Anticipation ».
Dans les deux cas, donc, l’histoire se passe soit dans un simili futur, ou un simili passé. Et la part belle est faite à l’imagination ! Et c’est là que les écueils peuvent arriver.
Les pièges
Le problème de vouloir créer son univers, c’est qu’un univers, c’est vaste. D’aucun diront même que c’est infini. Et généralement, l’écrivaine, l’écrivain passionné.e voudra tout créer, la taille du verseau, la couleur de la corne du troisième dragon, l’espèce d’insectes qui sur la troisième étoile à gauche, puis tout droit jusqu’au matin.
D’où le piège : à se prendre dans les détails, on n’avance pas. Le conseil que je vais vous donner est donc très important, et je reviendrai dessus dans de futurs articles : restez focus. Ne perdez pas le fil de votre histoire à cause de chemin de traverses intéressants. En fait, appliquez le même conseil que je donne concernant les romans autobiographiques : prenez assez de recul sur votre histoire pour qu’elle soit intelligible par un lecteur qui non seulement ne vous connait pas, mais ne connait pas non plus votre univers.
Cela ne veux pas dire rogner l’originalité de votre monde mais, au contraire, le rendre accessible aux autres. Surtout que, généralement, se perdre dans les détails est une excuse pour ne pas avancer. Un peu comme si, avant de vous mettre au boulot, vous réalisiez qu’il faut absolument passer l’aspirateur, puis laver les vitres, puis changer l’ampoule, puis… (Croyez moi, je sais de quoi je parles :)).
Ciblez vos priorités. Concentrez vous sur votre histoire. Le reste viendra après. Nous y reviendrons :).
Les polar
Ah, les polars… Les frissons, les coups de théâtre qui vous prennent aux tripes, les « bon sang, c’était lui ?? ». J’ai une grande appétence pour les polars (et pour les coups de théâtre : les lecteurs d’Interfeel le savent bien :)). Qui n’a jamais eu envie de jouer avec les nerfs du lecteur ? De le bluffer ? Et en même temps, de plonger dans un univers bien sombre, avec des personnages torturés, burinés, bref, qui en ont chié, et qui portent sur leur cuir les stigmates de cette vie qui décidément, n’en est pas une.
Et oui, sauf qu’il y a plusieurs écueils à éviter, aussi, lorsqu’on plonge dans l’univers noir (ou gris très foncé) du polar / thriller. Des faux pas à éviter absolument. Et après ce suspens terrible de deux phrases et demi, je vous les livre.
Les pièges
Le piège principal avec le polar, c’est de ne vouloir faire des rebondissements que pour la beauté du rebondissement. Uniquement parce que. Et de perdre ainsi, encore une fois, le fil de son histoire.
Pourquoi c’est un problème ? Parce que trop de rebondissements tue le rebondissement, et lasse le lecteur. Un rebondissement ne peut pas se suffit à lui même. Il s’incline forcément dans l’histoire, et doit être cohérent avec le reste.
Je vais prendre un exemple qui sort des sentiers battus du livre poir arpenter ceux des séries télés. Connaissez-vous la série Alias ?
Cette série, au demeurant fort sympathique, est symptomatique de ce dont je parle. Il y a pléthore de coups de théâtre, et untel est mort, et en fait une telle est vivante car c’était un sosie. Bref, du rebondissement pour du rebondissement. Ce qui est d’ailleurs souvent le cas avec les séries et films de J J Abraham, mais je m’égare.
Regarder les séries, surtout americaines, est assez intéressant pour étudier les coups de théâtre et les rebondissements. Pourquoi, car elles sont généralement dans une logique de maximum d’épisodes avec, idéalement, un twist à la fin de chaque. Et chaque épisode est tronçonné pour les plages de pub avec, idéalement, un twist avant chaque coupure, au sein de chaque, donc épisode. D’ailleurs, mettez-moi en commentaire vos pires twists de série :).
Évitez donc le twist pour le twist, pourtant tentant dans le monde du thriller / polar. Façonnez une histoire, intégré les twists au sein de cette histoire. Encore une fois, donc, gardez le fil :).
A bientôt !
Antonin A.
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J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu ! Le suivant arrivera vendredi prochain, 18 heures bien sûr ! Il répondra à la question « pour qui écrire ? », Que nous avons déjà vu succintement dans celui-là.
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