Les interventions scolaires sont, clairement, l’une de mes activités préférées. Permettez moi de vous expliquer pourquoi en quatre points :
La rupture du travail solitaire de l’écrivain.

L’écriture est un art solitaire. Je sais, j’enfonce des portes déjà bien ouvertes, mais il est toujours important de le rappeler. Ecrire, c’est passer des heures, et des heures, et des heures, face à son écran, ou son papier pour les plus tradi d’entres nous. A l’instar des salons, la rencontre avec les élèves rompt cette solitude, et nous offre de l’échange.
Avantage collatérale : chaque rencontre d’élèves, bien sûr, se prépare. Il faut savoir présenter son livre, ainsi que son métier d’écrivain. Il faut choisir les thématiques que l’on va aborder, généralement notre relation aux Réseaux Sociaux (dont Interfeel est, bien évidément, une extrapolation futuristique), et la discrimination (entre la ville et le Quartier Est).
Tout cela offre un recul très sain, presque nécessaire, sur sa propre histoire, et sur les thématiques que l’on souhaitait mettre en avant. Le piège de l’écriture, forcément solitaire, c’est d’être noyé au sein de nos propres concepts, au point de ne plus pouvoir les distinguer. Ce genre d’interaction offre une bouée de sauvetage salvatrice.
La confrontation.

Ce genre de rencontre est souvent bienveillante, et parfois (un peu) cash. Tant mieux ! Cette honnêteté un peu brute d’adolescents, qui n’est jamais irrespectueuse, permet de remettre les choses en place, et d’éviter une flagornerie envers l’écrivain certes flatteuse, mais contre productive.
Avec honnêteté, donc, les ados vont expliquer ce qu’ils ne comprennent pas. Ce qui les dérange. Et nous offrent, encore, une nouvelle perspective sur notre oeuvre, et sur la vie. Surtout lorsque nous mêmes, nous nous éloignons de cette tranche d’âge. De là à dire que ces rencontres éviter de devenir un vieux c…, il n’y a qu’un pas !
L’énergie.

L’énergie, c’est comme une technologie : elle peut être bonne ou mauvaise, tout dépend de comment on l’utilise. Elle peut devenir contreproductive, face à une classe trop dissipée. Mais orientée dans la bonne direction, cela permet une émulation incroyable, et un engouement stimulant. On sort de ces rencontres à la fois vidé (car nous aussi, nous avons dépensé de l’énergie), et revigoré (par la leur).
L’utilité.

Souvent, les élèves préparent des textes, des panneaux, des réflexions, qu’ils aient lu un simple début de livre, ou son entiéreté. Il est flatteur, certes, mais surtout touchant, de voir que notre travail à pu servir de graines de réflexion, offrant à ces élèves une parenthèse à leur travail habituel en classe, tout en restant dans l’objectif fondamental : développer la curiosité, l’appétance à la culture, et l’esprit critique. J’ai dernière visité une classe qui avait imaginé de nouveaux personnages au sein d’Interfeel. Tout y est passé : du cyborg bienveillant au vieux samourai. Quel plaisir de voir que ces élèves ont trouvé, dans ce livre, des graines d’inspiration à développer. Et j’ai l’impression qu’ils ont réellement pris du plaisir à le faire !
Lorsqu’on écrit, on se demande parfois (moi, en tout cas) : à quoi bon ? Ou alors : est-ce vraiment utile, est ce que mon livre permettra, un peu, de faire avancer les choses dans la bonne direction. Ces rencontres offrent une réponse. Le travail qu’ont effectué les élèves sur l’oeuvre est généralement génial, et preuve qu’à un moment, quelques personnes sur Terre se sont amusées à imaginer, penser, réfléchir autours de mon livre.
Cela se retrouve au sein des rencontres en tant que tel. Mes crédos sont les suivants : toute personne qui lit est un lecteur. Je commence souvent mes rencontres en demandant qui se considère comme un lecteur, et quelques mains, timides, se lèvent. Puis je demande qui lit des mangas, et une floppée de mains émergent (dont la mienne). Les mangas sont-ils des livres ? Enfin, je reviens sur ma première question. Y-t-il des lecteurs dans la salle ? Et je suis heureux de voir que, cette fois, beaucoup plus de mains sont levées.
Déculpabiliser par rapport aux différents styles de lecture. Sans renier les grands auteurs, mais en expliquant qu’il y a une diversité de style, et que ces catégories ne sont pas imperméables. On peut lire Naturo d’une main, et Balzac de l’autre.
Ensuite, j’invite à réfléchir sur les Réseaux Sociaux, que presque tous les élèves utilisent. Encore une fois, l’idée n’est pas de faire culpabiliser (moi aussi, j’utilise les Réseaux Sociaux), simplement d’offrir du recul sur ces médias. Ce qui est, par ailleurs, exactement ce que je fais pour Interfeel : le Réseau n’est pas explicitement mauvais, simplement mal utilisé.
Au final, je pense que, j’arrive lors de ces interventions, à divertir, et faire réfléchir ces élèves. ça tombe bien, c’est exactement ce que je cherche comme avec mes livres. Cela me confirme que, ces échanges, comme ces livres, ont leur part d’utilité.
PS : si vous êtes professeurs et souhaitez me faire intervenir, ce sera avec grand plaisir ! Je vous laisse avec cet article, qui détaille toutes mes interventions.

Antonin A.
—-
J’espère que ce conseil d’écriture vous a plu !
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Histoire d’écrire #56 Focus Interfeel : la vie après Interfeel.
C’est donc le dernier article de cette série, initiée il y a un peu plus d’un an !
Comme vous l’avez compris, ces articles suivaient, justement, le processus de création d’un livre. Des questionnements premiers (en janvier), aux techniques motivations, puis les conseils pour l’écriture à proprement parler, début, milieu, fin, et enfin la vie après la publication !
Je voulais conclure cette série en, déjà, vous remerciant si vous me suivez depuis le premier ! Affichez vous en commentaire si c’est le cas, que je vous congratule directement !
Et puis faire un article plus personnel, sur les choses qui ont changé, pour moi, après la sortie d’Interfeel.
Le train de vie d’une rock star (la drogue en moins)
Je rigole, mais : il s’est passé de nombreux mois où chaque weekend, j’étais en vadrouille. J’ai traversé la France, par trains, par trains ratés puis récupéré, par voiture (bouh !), et j’ai rencontré des lecteurs aux quatre coins du pays. De tout âge (le premier qui me sort que les jeunes ne lisent plus…), et tous sympa ! J’ai rencontré des libraires, qui se battent pour faire tenir leur magasin, poussées (accord de majorité) par la passion, l’envie de partage. Dans tous ces échanges, c’est ce qui revient. Pourquoi tenir une librairie ? Certainement pas pour ce faire un paquet d’oseille. Plutôt : pour échanger, faire découvrir une petite perle au lecteur, perle qu’il n’aurait certainement pas trouvé en suivant l’algorithme d’Amazon, par exemple.
J’ai croisé des responsables de festival, des bénévoles, tous poussés par cette envie de partager la culture et le savoir, à la fois attentif à l’accueil des lecteurs qu’à celui des auteurs. De rares expériences désagréables (il en faut), beaucoup de bons souvenirs.
Me concernant, ce qui m’a le plus touché n’est pas la sortie de mon livre, mais les retours des lecteurs. Sur les sites, les blogs, bien sûr, mais aussi les quelques messages, personnels, que j’ai reçu, comme celui-là :
Où une autre ado qui m’a contacté par Instagram pour me dire que mon livre lui avait redonné goût à la lecture. J’aime bien écrire des histoires, attention. Mais la solitude pèse, parfois. Savoir que ces créations touchent, émeuvent, est indescriptible ( pour paraphraser Ana). Et implique une responsable envers les lectrices et lecteurs : essayer de faire des histoires encore plus belles.
Le statut :
Être écrivain, ou simplement dire qu’on est écrivain, changé beaucoup de choses. Lorsqu’on est en « représentation » au sein des salons, ou des écoles. Mais aussi dans la vie privée.
Le rôle de l’écrivain.
Quand je suis en dédicace, par exemple, je suis assez naturel. C’est à dire que je peux faire des blagues, chambre un peu (je suis un petit rigolo, oui oui). Or il ne faut pas oublier quelque chose : vous n’êtes désormais plus uniquement vous, mais aussi vous, auteur. Celui qui parle à cette lectrice, ce lecteur, n’est pas uniquement une personne. C’est l’auteur du livre qu’il, elle a aimé. Qu’il, elle va découvrire. Une des erreurs est de se sentir gonfler des ailes et pousser les chevilles (ou l’inverse), et de devenir pédant au possible. L’autre erreur, est de faire comme si de rien n’était. Comme si on n’était qu’une personne random.
Parfois la personne ne veut pas parler. Souvent la personne ne voit en vous que l’auteur (en même temps c’est normal, elle ne vous connait qu’ainsi), et peut mal intérprêter une blague, même anodine. C’est une histoire de dosage, et de feeling. En fonction de la personne, de sa timidité, sa véhémence, on peut se permettre l’humour, ou simplement le sourire respectueux. Certains nous chambrent directe, et on peut se faire plaisir. Certains sont plus dans la retenue, et il faut le respecter. Avec l’expérience, vous verrez. Et cela vous apprendra à (encore mieux) lire les personnes. Toujours utile, pour vous, et votre écriture !
Le statut de l’écrivain.
Mais l’influence de l’écrivain transparait également dans la vie privée. Mettons une scène de rencontre ordinaire, autours d’un bon repas, d’une tablée :
Et là généralement, le silence se fait, flatteur, certes, mais génant aussi. Et après, votre statut change. C’est désormais l’écrivain qui parle, même pour expliquer que ce gigot n’est pas très cuit.
Bon, soit vous rêviez de ces moments où l’attention est tournée vers vous et vous kiffez, tant mieux ! Vous êtes alors celui qui a tenté, réussis, de vivre par son art. A titre personnel, je suis à la fois flatté et géné. Généralement, ensuite, des questions arriveront (presque toujours en fait), par ce que votre métier n’est pas anodin, et l’objet de fantasme. Si vous souhaitez rester dans votre coin à vous plaindre de la froideur de votre gigot, c’est raté ! Et je vous préviens, après, chacune de vos remarques sera passés au prisme de la « caution culturelle » de la table 🙂 !
Ce n’est pas un GROS problème, attention. En gros un problème d’artiste, et beaucoup seraient bien content de l’avoir. Mais je voulais simplement prevenir de ce changement de statut. Il arrive, que vous le vouliez où non. Et alors, les gens écouteront, même si tout ce que vous dîtes sera d’une banalité monstrueuse.
– Quel génie ! »
Bref, quoi qu’on fasse, on est toujours catalogué. Heureusement, le statut d’écrivain n’est pas le pire :).
Voilà ! Cet article conclue un an de conseils d’écriture, initié en janvier. J’ai pris grand plaisir à les écrire, et à échanger avec vous. J’espère qu’ils vous ont plu, amusées, parfois, intéressés, souvent. Bon réveillon, et je vous retrouve en début d’année prochaine pour plein de nouvelles surprises !
A très vite et… À vos stylos !
Antonin A.
—-
J’espère que ce (dernier) conseil d’écriture vous a plu !
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