La grande opération d'influence russe dont vous n'avez jamais entendu parler.

La grande opération d’influence russe dont vous n’avez jamais entendu parler.
Le Centre de Recherche Social est un institut en Amérique Latine, dirigé par Mia Clark, qui produit de nombreux documents scientifiques sur l’économie brésilienne ou les relations entre l’Amérique Latine et l’Inde.
C’est aussi un centre factice, dirigé en sous main par la Russie.
S’il possède bien un site internet, Mia Clark n’existe pas, et une grande partie de leurs rapports de suivis étaient générés par IA. C’est d’ailleurs comme cela qu’Open IA a pu révéler la supercherie, il y a quelques jours.
Pourquoi un centre de recherche ? Pour apporter un vernis de crédibilité scientifique à ces publications, diffusées ensuite via les réseaux sociaux.
Et le plus intéressant, c’est que de VRAIS chercheurs avaient bel et bien été recrutés.
Ce n’est pas la première fois. Quelques semaines plus tôt, OpenAI avait révélé une autre opération similaire avec le Burke Institute.
Il s’agit d’un think tank présenté comme israélien, dont les articles tentaient de pousser un narratif favorable à la Russie.
Ces différents évènements nous rappellent l’exemple célèbre des compagnies de tabac dans les années 50, qui créèrent des institutions dans le simple but de faire douter de la causalité entre cigarettes et cancers.
Alors, quel était le but de la Russie dans tout ça ?
Influencer l’opinion publique non pas par le mensonge direct, mais par la mise en avant de certains éléments par rapport à d’autres.
Certains font l’hypothèse qu’elle souhaitait pousser l’élection de Lula, jugé davantage conciliant envers la Russie que son adversaire. Mais nous n’avons aucune preuve, d’autant que Bolsonaro a également tenté de se rapprocher de Poutine dernièrement.
Est-ce que l’influence a réussi ?
Nous n’en savons rien !
Les facteurs poussant les électeurs vers un parti ou l’autre sont nombreux. Les gens seront influencés par des articles scientifiques biaisés… notamment s’ils ont déjà des raisons d’y croire !
Ainsi l’influence a peut être été réelle, ou pas. L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence.
Cette opération nous révèle néanmoins trois choses :
Les tentatives d’ingérence russes sont réelles, documentées, et mondiales.
Leurs impacts n’est pas toujours démontrables.
L’usage de l’IA permet de multiplier ce genre d’opérations, et de les produire à échelle industrielle.
Faisons preuve de vigilance.
PS : ironiquement, suite à ces révélations, le « Centre de recherches sociales » a publié un démenti sur son site, jugeant ces accusations comme des attaques pour semer le discrédit. A vous de voir si vous êtes convaincus par cette réponse !
Commentaires
Réagir à ce billet
Merci, votre commentaire est bien arrivé. Il sera publié après relecture.